Je déteste les enfants des autres

Un petit film français comme on sait si bien les faire, une comédie douce-amère toute en demi-mesure : ni drôle ni triste, ni prenant ni complètement chiant, ni vraiment réussi ni franchement raté, des acteurs à la fois excellents (Axelle Laffont en tête) et très mauvais (Valérie Benguigui, le salut amical le moins convaincant de l'histoire du cinéma monde)... Ce qui est bien c'est qu'on sait à quoi s'attendre uniquement à l'affiche : des amis partent en vacances ensemble, et... tout le monde déteste les enfants des autres, et vous imaginez la suite (sérieusement hein, imaginez, c'est pas la peine d'y aller).

D'après le vieux trentenaire avec qui je l'ai vu, la frustration de ne pas pouvoir dévisser la tête au petit merdeux qui menace de vous gâcher les vacances juste parce qu'il est sorti de l'utérus d'une amie est bien rendue (moi je ne sais pas, mes ami(e)s ne se reproduisent pas encore). Le problème c'est que ça ne suffit pas.

Oui, ne pas pouvoir engueuler un enfant parce que ça n'est pas le notre, c'est dur, on en fait l'expérience tous les jours : le petit con qui renverse toutes les chaises dans la salle d'attente et à qui sa mère ne dit rien, la petite chieuse dans le métro sur le siège en face, qui vous donne des coups de pied et que les parents regardent avec un regard attendri... Ou pire encore, la petite pisseuse dans le cinéma, sur le siège d'à côté, qui a un ressort dans le cul et qui ne comprend pas tout au film, alors il faut que sa grande soeur lui explique, et elles s'amusent à imaginer les scènes suivantes, et comme elles s'aiment fort elles se font des câlinous, mais putain connasses regardez l'écran, là, ça montre des enfants qu'on veut étriper tellement ils sont insupportables, vous y voyez pas un message caché ?!. On n'en fait pas un film pour autant.

Là, c'est juste une succession de situations de ce genre, bien rendues, certes, mais sans y ajouter une pointe d'humour ou un soupçon de scénario, hein, juste un brin d'histoire, ben c'est pas facile d'accrocher. Au début du film, on se demande où ils veulent en venir. Au milieu, on se demande où ils veulent en venir. À la fin, on se demande où ils voulaient en venir.

Et en sortant de la salle, on se souvient que tenir une heure trente sans chercher à aller nulle part, c'est un peu la raison d'être du cinéma français. Un film sans grand intérêt, donc.