Procellus

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Le lutin de Procellus

6 février 2007

Dans ma famille, quand un enfant naît, un lutin malicieux lui est assigné, pour veiller sur lui, qu’il soit toujours heureux, et qu’il ait toujours à ses côtés un petit compagnon rigolo.
C’est une chouette tradition, je trouve.

Le problème, c’est que mon lutin avait un jumeau. Ils ont été séparés à la naissance, et le frère de mon lutin a grandi avec plein de haine dans son petit coeur. Forcément, il a fini par basculer du côté obscur, et un jour il a pris la place de son jumeau.
Il lui a tendu une embuscade, lui a mis un mini masque de fer sur la tête, et il l’a enfermé dans une petite prison sur une des îles de Lérins.

Maintenant, où que j’aille, quoi que je fasse, c’est le jumeau maléfique de mon lutin qui veille sur moi.
Et il est méchant. Oh ça oui alors.

Sa dernière trouvaille, ça a été de me blesser au pied. Comme une petite photo vaut tous les longs discours, voyez plutôt :

Voilà, ça c’est mon pied, et le truc rouge qu’on voit (mais siiiiii, regardez !), c’est la plaie béante qui me fait souffrir comme c’est pas possib’.
Je me souviens juste que je me suis fait ça en me grattant et en une seule fois, mais je ne comprends pas vraiment comment on peut arriver à ce résultat juste en se grattant, si ce n’est en faisant intervenir les pouvoirs magiques d’un lutin.

Et ça va faire une semaine que ça dure, et en plus c’est situé à un endroit bâtard où le jean frotte contre la chaussette et ça fait encore plus mal et aïeuh ouin.

Bon bien sûr, ça pourrait s’arrêter là, un méchant bobo mal placé.
Mais le méchant lutin m’en veut, en ce moment, et depuis que je me suis blessé, il n’arrête pas de mettre plein d’obstacles sur mon passage, si si je le sais c’est lui je l’ai vu !

Alors dernièrement, il m’a jeté sur le pied un bureau, une chaise (plusieurs fois), une porte, la roue de mon vélo, et même, mon autre pied.
‘Culé de lutin, va.

Heureusement, comme je suis quelqu’un de prévoyant, j’avais mis un pansement.
Du coup, ça me permet de ne pas trop souffrir de ses tours pendant la journée.

Mais quand vient le soir, que je pense que je suis en sécurité et que le monde extérieur ne peut plus m’atteindre, je retire mon pansement.
À ce moment là, le lutin met tous ses petits pouvoirs au service du mal en augmentant la capacité de collage du sparadrap.
Et je me fais une épilation de la cheville.

Le lutin maléfique de Procellus, un jour il dominera le monde.

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The terrible curse of the trip

26 janvier 2007

Aujourd’hui en arrivant au travail, je me suis pris les pieds dans un tapis. Personne n’a rien vu, je ne suis pas tombé, c’est l’avantage d’avoir un équilibre aussi précaire : au bout d’un moment on s’habitue.

Après, j’ai passé la journée à trébucher contre les pieds de ma chaise, glisser en me levant, essayer d’ouvrir des portes désespérément closes…
A deux reprises, j’ai descendu un escalier un tout petit trop vite. Je n’ai pas glissé, je ne suis pas tombé, non, je l’ai juste descendu un poil trop vite, pendant un instant j’ai senti que je n’avais plus totalement le contrôle de mes jambes.

Et là ce soir, je viens de manquer de tomber de ma chaise à bascule Ikea qui est censée être plus pratique pour la masturbation, sauf que j’ai jamais vraiment compris pourquoi, mais c’est pas grave c’est quand même rigolo un fauteuil qui s’incline.

Procellus, ou la crainte du moindre geste.

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Le parfum

23 janvier 2007

Hier, je faisais un tour au BHV, je voulais acheter plein de trucs, faire souffrir la carte bleue, brûler mon petit salaire, kill kill kill, tout acheter, plus rien ne peut m’arrêter, je suis le roi du monde !!!
Mais ils n’avaient rien de ce que je voulais : pas de petit manteau pour que mon iPod passe l’hiver bien au chaud, pas de crochet à torchons Koziol pour arrêter de poser les trucs à même le sol, rien, la dèche, le BHV c’est bien tombé, je vous dis que ça.

Mon besoin frénétique d’achats compulsifs n’allait pas se satisfaire de cette déception, il avait faim, il fallait lui trouver quètchose. Und schnell.
Alors zou, quatrième étage, la décoration d’intérieur, réveille le Queer qui est en toi.

Là je suis tombé sur la jolie gamme Goa, de mâles tiges de rotin plantées dans un flacon de parfum très masculin pour diffuser dans la pièce une odeur des plus viriles.
Chébeau et cha chent bon, miam.
David aime beaucoup. Ca ira très bien chez lui.

Bon, mais il y a plein de parfums, je sais pas lequel choisir, bouhouhou !
Alors méthodiquement, je les porte tous à mon nez délicat (mais pas en même temps, eh l’autre !).
Hmm, celui-là, c’est quoi ? Oh, fruits rouges ? Ah oui, en effet c’est très rouge hein… et très fruité en plus, presque trop ! Plutôt non, du coup.

Et ça, hmm, j’aime bien la couleur, ça doit sentir b… Oh mon Dieu mais quelle horreur, ça sent comme des toilettes de gare, sans la bonne odeur de parfum synthétique !

Celui-ci, jasmin et ylang, ça peut être pas mal… Ouais, enfin, c’est peut-être pas mal, mais ça serait tout aussi bien si ça ne puait pas autant !

Et puis je suis tombé sur un flacon sympa, une couleur agréable, une robe riche, pas d’arrière-goût âpre (non je rigole hein, faut pas boire le parfum, c’est mal !) avec un nom rigolo, Bergamote & Tonka, j’aime bien.
Ca sent… ça sent… bon, ça me rappelle quelque chose, mais quoi…?

Je passe à la caisse, je fais trois ou quatre boutiques pour habiller l’iPod qui est difficile, il n’aime rien, et je rentre.
J’installe délicatement mon bouquet de tiges dans son vase, je le dépose sur son meuble, et j’attends “quelques minutes que le parfum s’émane des tiges de rotin et se répande dans [mon] intérieur”.
C’est magnifiquement dit, surtout le “se répande dans votre intérieur”, c’est assez suggestif, Régine Desforges ne l’aurait pas mieux écrit.

Et au bout de quelques minutes, en effet, je commence à sentir.
Et je me souviens.
L’odeur.
Mâle.

La fève tonka, c’est ce qui donne sa pleine saveur au parfum de Jean-Paul Gaultier.
Chez moi, ça pue maintenant Le Mâle.
J’ai plus qu’à ressortir mes vieux posters de Wham et le tableau sera complet.

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I’m walking on sunshine (woah !)

19 janvier 2007

En ce moment, je vais bien (tout va bien).
Vraiment.

Pas de problèmes d’argent, plus de crises d’angoisses quant à mon avenir à vouloir m’en exploser la tête contre le mur, que sera sera, pour le moment vive Happy Time, yay !
Non, tout va bien, pour de vrai.

Ca en est même bizarre. En plus de ma crainte du vilain retour de karma, ça m’inquiète (enfin non, vu que tout va bien…), je suis pas habitué à tant de non-malheur ! Du coup je passe mon temps à me demander ce que je dois faire.
Euuuuh, mais je stresse pas là, comment ça s’appelle, ce que je ressens ? Je fais quoi là euh ?

Et puis, en y regardant de plus près (j’ai une formation de scientifique et de détective privé, rapport à mes années de regardage de Julie Lescaut), je me suis rendu compte d’un truc bizarre : ça va encore plus loin.
Mens sane in corpore sano, mais non seulement je ne stresse plus, je ne suis plus triste gna gna gna, mais en plus je vais trop bien dans mon corps, genre j’ai fait une cure de 20 ans de vitamines et ça porte enfin ses fruits.

Je ne suis plus fatigué le matin en me réveillant, je pourrais résoudre des équations au troisième degré (si je savais le faire à la base, that is) comme ça au saut du lit.
Je ne suis même plus essouflé quand j’arrive à Happy Time après avoir couru du métro jusqu’au sixième étage.
Et aujourd’hui, à mon heure de déjeuner, je me suis rendu compte que je n’avais plus la dalle comme avant (je mange sans déplaisir hein, faut pas m’en promettre, n’est-ce pas Darien), mais je n’ai plus la sensation désagréable de faim.

Donc voilà. Plus rien ne va pas.
Tout le temps la pêche, je ne suis plus déprimé, je n’ai plus faim ni sommeil.

Hmmm…

Si ça se trouve, je suis mort et je le sais même pas.

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Elle est revenue

23 décembre 2006

Souvenez-vous.
En septembre, la cohabitation avait été difficile, mais on y était arrivés.
Là, en raison des congés de Noël, elle m’est revenue.

Pour sceller nos retrouvailles, on a décidé de regarder un peu la télé, comme un vieux couple. Je nous ai installés la couverture, parce qu’on se caillait les miches sévère, on s’est mis dessous, elle allongée sur mon bidou.

Ca n’a pas été facile de trouver une bonne position, parce que dès qu’elle bougeait un peu, c’était pour poser la griffe pile sur mon téton, et je n’aime pas du tout. Mais vraiment, pas du tout.

Ensuite, je me suis levé, et elle est restée.
Elle s’est lovée dans la couverture. Et je l’ai bordée, parce que trop bon, trop con.

C’est comme ça qu’a commencé la bataille pour la nuit. Qu’il semblerait que j’ai perdue, puisqu’à 1h19, elle est encore allongée sur le canapé, bien au chaud. Dans ma couverture, dont elle a bien l’intention de ne pas bouger.
Couverture dans laquelle je comptais m’emmitoufler pour la nuit, parce que la couette ne suffit pas toujours, et en bon citoyen, je ne pousse pas trop le radiateur, “si j’ai froid, je mets un pull”.

Je crois que c’est bon, là, on s’est bien retrouvés.

Procellus, ou la bitch du chat.

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Ma différence

3 décembre 2006
Vieux machin rabougri : Ah la la, je sais pas comment vous faites pour écrire de la main gauche !

David : L’entraînement mon petit, l’entraînement…

V.M.R. : De mon temps, vous savez, on obligeait les enfants à écrire de la droite…

D. (allez, on va être poli et faire la conversation) : Oui oui, je sais, c’est arrivé à ma grand-mère !
(Voilà, on a fait la conversation, ça suffit maintenant, laissez-moi)

V.M.R. : Mais de nos jours, on les laisse faire…

D. : Bah oui, c’est quand même pas plus mal hein !

V.M.R. : Enfin bon… (Puis sur un ton lourdement condescendant et dédaigneux et supérieur et faussement compatissant : ) Tant que vous êtes capable d’écrire…

D. : Monsieur je vais vous demander de partir.

Les vieux, ou faudrait vraiment tous les brûler.

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La Salle de Bains (d’après l’oeuvre d’Astrid Veillon)

27 novembre 2006

 
Bon, je ne vous fais pas un rappel de la situation hein : fausse dent, bougé, douleurs, dois appeler le dentiste mais ne le fais jamais, gnagnagna.

De toute façon, ça fait mal depuis tellement longtemps que je finis par m’y habituer.
Et si je ferme les yeux très très fort, ça disparaîtra peut-être tout seul.

D’ailleurs, un matin, je me suis réveillé et je n’avais plus mal !
Sauf qu’au bout d’un moment, j’ai eu l’impression qu’un truc me gênait. Pas comme l’autre fois, le poil de brosse à dent, non, plutôt comme si j’avais un petit pois coincé sous la gencive.
Je suis allé voir dans le miroir : c’était un abcès. Là, gros comme un grain de maïs, à un demi centimètre au dessus de ma dent.
Aaaaaaaaaaaaaaaah !

Bon, ne paniquons pas. Première chose à faire : prendre rendez-vous chez le dentiste.
Voilà, c’est chose faite. Il va juste falloir tenir une semaine avant de la voir.
Ca devrait aller, ça ne me fait même pas mal.
Mais le lendemain, il a commencé à me gêner. Alors je l’ai remontré à qui voulait (encore) le voir :

- ‘iens ‘e’arde, il a ‘as em’iré ?
- Ah ben si, on dirait… Et puis c’est blanc un peu… Ca doit être le pus qui essaie de sortir…

Ah, ok. Tu m’excuses trente secondes, je vais vomir, mourir, et je reviens.
Ne paniquons toujours pas, ça ne servirait à rien (oui mais quand même quoi !).

Quelles sont mes options ?

- Soit je le laisse comme ça en attendant de voir le dentiste.
- Soit je fais ce qu’on fait en général avec les abcès : je le perce.

Mais il est au niveau de la gencive, c’est impossible !

Je demande conseil autour de moi, et je récolte un “ah oui, je me l’étais fait une fois, percer un abcès dans la bouche… Ca ne fait pas si mal, la peau est tellement gonflée…”, qui est presque rassurant.

Bon, bah on va le percer alors… Un dernier conseil pour la route ?

Tu prends un verre de tequila pour le courage, et pour désinfecter la bouche et l’aiguille, et bonne chance.

Bien sûr, j’aurais pu désinfecter à l’alcool à 90°, mais 1) je n’en ai pas, et 2) c’est beaucoup plus amusant de faire ça à la barbare.
Allez, un dernier verre, et à l’attaque…

L’aiguille est bien désinfectée, mais n’étant qu’humain, j’ai du mal à volontairement me l’enfoncer dans la gencive.
Alors je la positionne, je ferme les yeux et j’appuie. Quand je les rouvre, pour vérifier ce que je viens de faire, un liquide blanchâtre est en train me couler sur les incisives.

Encore une victoire de canard !

Oui, mais l’abcès ne désenfle pas, il est toujours aussi gros, et plus rien ne coule, et ça me fait encore mal. Et je ne me vois pas recommencer avec l’aiguille, c’est carrément pas pratique.

C’est là que j’ai eu l’idée de me le faire à la main. Un peu comme on peut s’exploser un bouton.
A la une, à la d… splatch.
Ca a… marché, kind of.

Bon, j’en peux plus, j’ai mal, j’ai plus de gencive, et je pense que si c’est encore enflé, c’est à cause de ce que je viens de faire.
Je vais me coucher, ou je m’évanouis, je ne me souviens plus trop.

En fait, percer un abcès, c’est pas si dur.
Non, la vraie difficulté, c’est les jours suivants, quand le trou qu’on a fait n’est pas encore cicatrisé et que le pus s’écoule par intermittences.

Pendant la formation, d’un seul coup, boum, un goût salé au niveau des incisives ? Ah, c’est mon pus, je vais prendre un tic-tac.

Le point positif à cette histoire, c’est que ce matin, j’étais presque content de voir ma dentiste.

Procellus, ou je vous rassure, c’était pire à vivre.

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Teaser

26 novembre 2006

Bientôt sur ce blog :


La salle de bains

Un article palpitant. Ceux qui savent en frémissent d’avance.

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La petite frayeur du lundi matin

13 novembre 2006

Je ne sais pas s’il y a encore des gens qui ne sont pas au courant, mais j’ai une fausse dent, là, devant. Mon sourire Colgate qui fait tant de ravages et tourner tant de têtes dans la communauté, c’est du faux.
Oui, c’est un choc, j’imagine.

Enfin bon.
Depuis quelques temps (genre un bon mois), ma dent a beaucoup bougé. Et depuis un bon mois, je dois prendre rendez-vous chez le dentiste, parce qu’en plus d’être moche car de travers, ça fait de plus en plus mal.

Et ce matin, en me brossant les dents, j’ai ressenti une vive douleur eu un mal de chien de sa mère la pute.
J’ai passé la langue sur ma gencive, et senti un truc bizarre. J’ai regardé attentivement dans la glace, et là, horreur malheur, à la verticale de mon incisive, de la base jusqu’à loin sous la lèvre, il y avait un truc qui dépassait.

Nooooon ! J’ai trop attendu, et à force de bouger, la dent a entraîné le pivot qui a lui aussi bougé dans ma mâchoire, et il commence à m’attaquer la gencive pour sortir !
Et ça fait mal, et c’est horrible, mais qu’est-ce que je vais faire ?

Quelques minutes de pure terreur abjecte, j’ai vu toute ma vie défiler devant mes yeux.
Et si ça se trouve, il va falloir opérer, j’aurais du m’en occuper avant, mais pourquoi, pourquoi, pourquoi ?!

Finalement, j’ai été bien rassuré quand je me suis rendu compte qu’en fait, le truc qui me gênait, c’était ma brosse à dents qui avait perdu un poil.

Procellus, ou demain j’appelle.

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Record personnel

10 novembre 2006


Six jours.

C’est le temps que j’ai tenu avant de me raser.

Au début, ça a été par fainéantise, nan je veux pas ça fait mal bouhouhou.
Ensuite, c’est devenu un défi : non, aujourd’hui, je ne me rase pas, de toute façon, être mal rasé ça fait grimper mon potentiel sexuel, et on va bien voir combien de temps je résiste (à me raser hein, pas à me violer dans un coin sombre).

C’était amusant, quand la peau commence à ne plus faire mal du précédent rasage, on s’habitue vite.
Et ça fait schhhkrriiiii schhhkrriiiii quand on se gratte la joue.
Et en prenant le bon regard, on peut jouer au bad guy en se regardant dans la glace de l’ascenseur.

Y’a pas à dire, la barbe, c’est trop fun.

Mais, au bout de six jours, c’est devenu trop désagréable, ça gratte, ça tient chaud, et puis ça ne ressemble à rien.
Au moins ça m’a permis, pour une fois, de me raser sans me vider de mon sang dans le lavabo. Et j’ai pu retrouver plein de sensations, comme quand on arrête de fumer : oh, quand on est dehors ça fait tout froid sur les joues !, ou oh, je peux sentir ma peau, en me passant la main sur la figure !.
En plus, pendant quelques jours, tout barbu que j’étais, j’ai eu l’impression d’être un vrai homme.

Procellus, ou il n’y a pas de petite victoire.

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mon nombril, non, rien

Longview

6 novembre 2006

Aujourd’hui, je ne suis pas sorti de chez moi, sauf pour aller acheter de la tequila.
Je ne me suis pas rasé depuis une bonne semaine, pas douché depuis longtemps, je ne ressemble à rien et je pue.
Je suis resté collé à l’ordinateur, à essayer de trouver un plan cul, mais comme les mecs c’est tous des cons et que je n’habite pas à Paris (et que je ne ressemble à rien, et que je pue), personne n’a voulu venir.
Et je me suis explosé le pied je ne sais pas comment, donc je ne peux pas bouger (sauf pour aller acheter de la tequila).

Procellus, ou la dépression.

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Chronique d’une mort annoncée

L’autre fois, en sortant du ciné, je suis allé à Nature et Découvertes. Meryl Streep avait été tellement méchante avec Anne que je devais me changer les idées.

Le vendeur était très beau, alors quand il s’est approché “bonjour vous avez besoin d’un renseignement ?”, j’ai attrapé le premier truc que j’ai trouvé : un “bonsaï à faire soi-même”, on plante les graines et poupouf au bout de quelques jours, on a un bonsaï.
Je lui ai expliqué que j’avais déjà essayé d’en faire pousser un, que ça n’avait rien donné, mais que j’avais très envie de retenter l’expérience.

Il était beau, souriant, et m’a dit qu’il ne voyait pas pourquoi ça ne pousserait pas. Alors je l’ai acheté, pour lui faire plaisir, en me disant que si vraiment rien ne se passait, je pourrais toujours revenir le voir pour me plaindre.
Ho, le vilain vendeur…

Cette fois-ci, j’ai bien lu le mode d’emploi, j’ai bien tout fait comme ils disaient.
Et ils disaient que la germination était rapide, et qu’au bout de deux ou trois jours, les plantules devaient sortir de terre (c’est d’ailleurs suite à ça que j’avais fait ce rêve).

Au bout de plusieurs semaines, il ne s’était toujours rien passé.

Comme je suis d’une patience angélique, j’ai décidé d’y croire encore, et j’ai continué à méticuleusement arroser ma terre de coco.

Et puis il y a quelques jours (plus d’un mois après l’achat), oh, surprise, un truc sort du pot.

J’ai réussi ! J’ai créé la vie, à force de soins, de patience et d’amour !
JE SUIS UN SURHOMME, JE SUIS DIEU !!!

Maintenant, je peux passer des heures à observer ma pousse de bonsaï, à m’émerveiller de comment en fait “on ne naît pas arbre, on le devient” : il n’a pas encore son petit tronc en dur, juste cette espèce de mini tige verte.
Oui, je suis un gosse des villes, je pensais que les arbres sortaient de terre avec déjà leur tronc et l’écorce.

Procellus, ou c’est beau la nature, quand même.

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Et pour le pire

14 octobre 2006


Aujourd’hui, je suis invité à un mariage. C’est chouette les mariages.
On peut faire la fête, féliciter les heureux mariés, leur souhaiter tout le bonheur du monde, plein de bonheur, tiens, encore du bonheur, tellement de bonheur qu’ils s’étouffent avec, et non, je ne suis pas aigri. J’aime voir les gens heureux autour de moi. Oh oui alors.
Le bonheur des uns…

Enfin bon.
Dimanche dernier, après un rapide calcul, j’ai vu qu’il ne restait que six jours avant la date fatidique. Et que je n’avais rien à me mettre.

C’est pas grave, je vais sûrement trouver quelqu’un qui peut me prêter un costume.
Tiens, toi !

Mais l’inconvénient quand on essaye les vêtements de gens qui font facile dix centimètres de moins que vous, c’est que leurs fringues sont trop petites.
L’avantage, c’est qu’en croisant les bras, je peux jouer à “regardez-moi je craque ma veste je me transforme en Hulk !“.

Donc, on abandonne l’idée de l’emprunt.

Jeudi (oui, je sais, mais j’étais malade c’est pour ça), je file au magasin le plus proche (et le plus abordable), où je me rends compte qu’il n’y a manifestement pas de rayon hommes.
Je repars bredouille, parce qu’aller à un mariage en robe, si quelqu’un a acheté la même que moi, ça va faire désordre, et il faudra que l’un d’entre nous aille se changer dare-dare.

Le destin a l’air de s’acharner.

Cool, je n’ai plus qu’à trouver des vêtements qui font habillé, “je fabrique mon costume avec mes oripeaux”, ça va être facile.
Mais je ne trouve rien, c’est pas possible, j’ai que des trucs moches, moches, moches, et je veux mourir !
(Grands cris hystériques en tapant du talon sur le sol et du poing sur la table. Si possible, pleurez)

Finalement, je pars chez ma mère, comme le mariage a lieu à cinq minutes de chez elle. J’irai à la cérémonie en jean baskets, elle sera déjà contente de me voir.

Et là en arrivant chez Mamanprocellus, je me souviens que j’ai un costume qui me va, qui est beau et qui fait habillé juste ce qu’il faut pour me donner ce petit truc en plus qu’on appelle la classe et que d’autres n’auront jamais.
Et que ledit costume est chez môman, dans l’armoire de ma chambre.

C’est dans ces moments là que la vie (enfin, la mienne) vaut trop d’être vécue.

Procellus, ou des gros soucis en ce moment quand même.

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Malade

12 octobre 2006


L’inconvénient avec les chaud et froid (les conneries de chaud et froid, oui !), c’est que ça rend malade, ça nique la gorge aïeuh, ça fait éternuer, pleurer les yeux, et se ruiner en mouchoirs (enfin aussi, quelle idée d’en mettre aussi peu dans les paquets ?).

L’avantage, c’est que ça fait une voix à la Sarah Bettens / Courtney Love, donc plus virile et glamour que jamais.
Je vais en profiter pour refaire mes annonces de répondeurs (j’ai l’impression d’avoir déjà lu ça quelque part ?).

En plus (et surtout), ça permet de se bourrer la gueule au rhum en faisant croire qu’en fait on se soigne avec des remèdes de grand-mère.

Le grog, ou l’alcoolisme* thérapeutique.

* Oui parce que ça fait deux jours que je n’ai plus mal. Là c’est en préventif.

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Ma dent

23 septembre 2006

Ma dent, ça n’est pas n’importe laquelle, c’est mon incisive.
La première fois qu’elle est morte, je devais avoir dans les douze ans. Je courais comme un fou, les cheveux au vent et les bras levés vers le ciel, quand mon pied a roulé sur une pomme de pin. Ma dent a amorti le choc.
Ma jolie incisive définitive. Tschbam, niquée.
Votre sacrifice ne sera pas oublié. Pour la remercier, le dentiste l’a ressuscitée du mieux qu’il a pu, hop on recolle, ni vu ni connu.

Ensuite, elle s’est recassée un mois plus tard, quand je suis tombé dans les couloirs de l’école.
Cette fois-ci, le dentiste n’a pas pu la réparer, il a fallu la limer (aïïïïïïïïïeuh !) pour en mettre une fausse.

Depuis six ans, j’ai la même dent devant.
Oui, parce que c’est ça qui est rigolo, quand on se casse une incisive avant d’avoir fini sa croissance, il faut la changer régulièrement, pour qu’elle soit de la même taille que les autres, qui continuent de pousser.

Et Céline (ma dentiste) me l’a dit, la dernière fois :
“Ah monsieur Procellus, vous n’avez pas de chance, ce que je dois vous faire, c’est la pire chose que l’on puisse vous faire chez un dentiste !”.
Curieusement, on ne s’est pas revus, depuis.

Mais là, le problème, c’est qu’au fil des ans, ma dent a bougé.
Maintenant, elle a tourné selon un axe vertical ET horizontal, commençant à grimper sur sa voisine, incisive elle aussi.
Et pourtant, elle tourne !

Bon, rien de bien méchant, ça n’entache NULLEMENT mon sourire Colgate (quitte à faire de la pub, je devrais parler de mon sourire Parodontax, qui m’aide à ne pas me vider de mon sang dès que je me brosse les dents), pensez-vous, bien au contraire.

Mais là, ça commence à me gêner pour garder la bouche fermée, ma dent frotte contre ma lèvre.

Alors, soit je continue à me donner des coups de manche de brosse à dents pour redresser tout ça (de l’avantage d’avoir une fausse quenotte à cette endroit…), soit je vais voir Céline.

Procellus, ou la non-motivation (ou encore la non-mofivafion).

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Un temps pour tout

5 septembre 2006


En ce moment, je m’ennuie, donc je déprime et je pense beaucoup à mon avenir. Celui que je n’ai pas, et pour lequel il faudrait que je trouve une solution fissa.

Et ce soir, j’ai soudain eu une idée. Si je pense à ça, c’est parce que j’en ai le temps.
Alors, une chose à faire : m’occuper.
J’ai déjà nettoyé tout ce qu’on pouvait nettoyer chez moi.
Je n’ai plus d’argent, je ne peux donc pas aller faire du cyber-shopping.
Mon meuble n’était pas en kit, je ne peux donc pas m’occuper avec ça. Pas grave.
De toute façon, think bigger, comme dirait Kevin Williams.

Si je refaisais la cuisine ?
J’ai un carrelage immonde au mur, mon petit tournevis et un marteau. Je peux changer la face du monde, avec mes outils. Et changer la face du monde je vais, en commençant par la cuisine.

J’ai de la chance, les carreaux s’en vont tout facilement.

Il faut juste que je fasse une pause, j’ai des courses à faire. Ce soir, Procellus reçoit à dîner.
Mais ça tombe bien, j’ai déjà enlevé les carreaux sur tout un pan de mur.

Je fais mes courses (en banlieue, un lundi, je déconseille, tout est fermé. Essayez donc d’acheter du provolone à Vincennes le lundi ! Vous rigolerez moins !).
Je fais à manger.
On dîne.

Et puis, une fois que l’hôte s’en retourne en sa demeure, je débarrasse la table, en bonne maîtresse de maison que j’ai appris à être.
Et c’est là que je me retrouve dans la cuisine. Avec le mur pas fini.

Je pose mes assiettes, et comme ça, là, pour essayer, je commence à nettoyer le mur, le poncer, le polir. A 23h30, il n’y a rien de bien à la télé, de toute façon. OUI, je suis prêt à rater Grey’s Anatomy pour mon mur.
Quoi qu’il en soit, il est maintenant 1h35, les trous sont rebouchés, j’ai refait le joint d’étanchéité, il n’y a plus qu’à poser le papier-peint.

Quelqu’un sait où je peux en acheter, là maintenant ?

Procellus, ou l’hyperactivité nocturne.

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Tu vas et tu viens

28 août 2006

La première fois que je l’ai vu, je ne savais pas vraiment quoi en penser.
Rien, comme pour tous les autres. Il est là aujourd’hui, et demain il sera parti.
Ca m’a fait tout bizarre, et je n’ai pas fait attention à ce que je ressentais.
C’était la première fois.

Comment reconnaître quelque chose qu’on n’a jamais rencontré avant ? (Sans passer par le karma, vies antérieures, et autres conneries dans le genre).

Pourtant, il était là, le picotement. Tout comme on en parle dans les livres et à la télé !
C’était à la fois agréable et un peu douloureux.
Comme quand on gratte une piqûre de moustique : ça fait mal, et en même temps ça fait du bien.

Au début, j’étais un peu stressé.
On m’a dit que c’était normal, les deux vont souvent ensemble.

Il était là tout le temps. Tous les soirs, je m’endormais avec lui, en espérant qu’au petit matin, il serait parti, discret comme un chat.
Mais non. Il est de ceux qui s’accrochent.

Et puis, j’avais beau l’avoir dans la peau, un jour, j’ai décidé qu’il fallait qu’il me laisse tranquille. Qu’il arrête de me faire souffrir.
Et puis il faut dire qu’il est plutôt moche.
Alors, j’ai tout fait pour qu’il parte.
C’est à cette époque là que j’ai le plus souffert, je crois.

J’ai même cru que j’avais gagné, et que je ne le reverrais plus jamais.
David triomphe de toutes les batailles.

Et puis, hier, je l’ai ressenti, de nouveau, le picotement.
J’ai regardé dans la glace, et je l’ai vu, là, me narguant de sa laideur et de ma douleur.
Mon bouton de fièvre est revenu.

Aïeuh.

Mais cette fois, je suis prêt.

Procellus, ou béni soit l’Activir.

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Je suis le seigneur du château

26 août 2006


Pour cause de déménagement, et parce que j’ai une âme de bon samaritain qui me perdra (enfin, si tout le reste ne m’a pas perdu avant), quand on m’a demandé de baby-sitter le chat, le temps que les cartons libèrent l’espace vital, j’ai dit oui.

Oui à l’invasion des poils chez moi !
Oui au ramassage du caca à la pelle dans une caisse qui pue l’ammoniaque !
Oui au chat-démon qui peut aspirer ton âme d’un simple regard et t’envoyer dans les tréfonds de la douleur d’un simple coup de patte !

En fait, elle n’est pas si méchante. Au début, elle a passé tout son temps à se cacher derrière le canapé ou sous le lit, et à essayer de dormir dans la corbeille de fruits, qui est ce qui ressemble le plus à son ancien panier. Dommage, tu es trop grosse pour tenir là-dedans !
T’es cool toi, au moins tu vas pas me faire chier !

Ensuite, elle a commencé à s’habituer à son nouvel habitat (PROVISOIRE), et à son nouveau maître (PROVISOIRE) : elle me suit partout.
Du coup, je m’en moque bien qu’on ait un mois d’août horrible ma pauvre dame : il n’y a plus de soleil, mais j’ai remplacé mon ombre par un chat. Dès que je change de pièce, elle est collée à ma jambe, toute trottinante.
J’ai essayé de ruser (attention pour les plus lents d’entre-vous, c’est toute une technique, n’hésitez pas à me faire répéter si vous n’avez pas compris) : Si je sors d’une pièce très vite, et que je reviens à mon point de départ (ou que je vais dans une autre pièce) en courant en marche arrière, elle vient aussi.
Pas folle la guêpe chatte !

Du coup, ça pose quelques problèmes.
Par exemple, le fait qu’elle me suive partout, jusqu’aux toilettes, et qu’elle se frotte à mes jambes pendant que je suis… occupé. Du coup, je peux dois caresser le chat en chiant.
Ensuite, je crois qu’on va inverser les rôles : je vais lui demander de me masser les pieds pendant qu’elle est dans sa caisse, on va voir ce qu’elle en pense.

Non, vraiment, avoir un chat c’est amusant. Il faut être son esclave, et répondre dans l’instant, quand elle réclame des papouilles.
Même si à ce moment précis, on est déjà en train de se papouiller soi-même. Elle arrive, pose une papatte sur le rebord de la chaise, me regarde dans les yeux et fait de grands mouvements avec son autre patte, toutes griffes dehors, en direction de ma main. En poussant des petits meow ! plaintifs.
Ma main, qui est donc déjà occupée avec une des parties les plus sensibles de mon pauvre corps.
Donc, peur et fin de l’action.
J’ai juste le temps de ranger le dossier sur lequel je bossais que j’ai déjà la chatte sur les genoux, prête à recevoir ses calinoux.

Mais c’est pour ça qu’on l’aime.

Procellus, ou l’ami des animaux. De tous les animaux. Même s’il aimerait aussi retrouver son intimité perdue.

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Furniture Wars : Episode II

6 août 2006

Déjà commencé la guerre des transporteurs a.


Après avoir commandé et payé mon meuble, en une fois comme il se doit, oh mais qu’est-ce que c’est que ce trou dans mon compte ? C’est mon meuble !, vient l’étape tant attendue de la livraison.
Pendant la commande, je coche l’option “être livré samedi, entre 7h et 14h”. Plus c’est long, plus c’est bon. Et une plage horaire de sept heures, un samedi matin, ça devrait être orgasmique.

En plus, c’est facile, de s’occuper, en attendant le livreur, j’ai plein de (desperate) housewife activities à faire, chez moi. Tiens, par exemple, je vais descendre la poubelle.
Ah, non, ils risquent de sonner quand je serai au local à ordures.
Forcément, c’est toujours comme ça, il suffit qu’on s’absente 5 minutes pour que ça soit les 5 minutes où ils surgissent du néant, apparaissent sur le pas de la porte, sonnent, s’impatientent et disparaissent, ne rappelant jamais, et emmenant mon meuble dans les abysses de l’oubli.

Oui, je vis les livraisons de façon traumatique et paranoïaque, et alors ?

Bon, ça n’est pas grave, j’ai plein d’autres trucs à faire.
Tiens, les courses. Ah non en fait, ça ne va pas être possible.

Et puis, ils ne vont pas tarder, il est quelle heure ? Ah, quand même. Neuf heures. Dans cinq heures au plus tard, j’aurai mon meuble !
Je n’ai qu’à m’armer de patience.
Et commence l’attente.
Comme un chien qui regarde vers l’horizon, là où son maître à disparu, je regarde par la fenêtre, n’attendant qu’un geste, un signe de vous. Mais rien ne vient.

Bon allez, ça fait un moment, il est quelle heure, là ? Neuf heures cinq ? Ah, ouais…

Finalement, de console en Famille Delajungle, de lecture en coups de téléphone, de coloriages en fixage intensif de l’interphone pour le faire sonner, on arrive à 13 heures. Comme le temps passe quand on s’amuse !
Je vais commencer à manger, ça va les faire arriver.
En fait, non.

Et là, je bascule, je sombre dans la folie, et en les attendant, je commence à penser à mon meuble. Ce que je vais en faire. Comment je vais l’aménager. Dans ce tiroir là, je mettrai ça ! Et dans ce tiroir là, ça… Ah oui, il y a celui-ci, aussi !..
A force de rêver, on arrive à 14h30. Là, le téléphone sonne.

- Allô, c’est le transporteur !
- (Ah ben quand même, j’ai failli attendre !) Oui ?
- Je sais pas ce qu’il s’est passé, je suis désolé, il y a eu une boulette (On a retrouvé Diam’s ! Quand elle ne chante pas, elle livre des meubles, et en plus elle parle avec une voix d’homme (duh !) et un fort accent portugais !), votre meuble vient d’arriver dans nos entrepôts, et je vois que vous deviez être livré aujourd’hui…
- Ben oui… Il était temps de vous en apercevoir, d’un autre côté, mon brave monsieur !
- Mais ça ne va pas être possible, à l’arrivée du meuble, il faut au moins un délai de 48 heures pour décider d’un rendez-vous (et après, c’est moi qu’on traite d’indécis ?!), donc on peut vous livrer mercredi entre huit et dix heures, ça vous va ?
- …

Adieu, veau, vache, cochon, couvée. Le meuble n’arrivera pas aujourd’hui. J’ai perdu une matinée de mon existence, pour rien. Nada. Nothing. Nichts. Que tchi. Des clous.

Must. Kill. All. Humans.

Procellus, ou la lente mais inexorable descente vers le côté obscur.

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Stairway to Hell

1 août 2006

Il arrive un jour, dans la vie d’un homme, où il en a assez de vivre dans un show-room Ikea. Alors, il se décide à s’acheter des nouveaux meubles.

Pendant des jours, des semaines, des mois, il erre dans les magasins de meubles, passant son temps chez Fly, Atlas, Domus… Il lui arrive même d’aller dans des magasins qui vendent des trucs franchement moches et pas vendables, même pour une mauvaise émission de télé-réalité.

En plus, il y a des contraintes d’espace, pour les nouveaux meubles. Et l’homme sait ce qu’il veut : un meuble d’une forme qui semble n’exister que dans son imagination.
Deux solutions s’offrent à lui : fabriquer le meuble lui-même, de ses mains viriles et pourtant délicates, ou changer d’avis, et se trouver un autre modèle.
Evidemment, plan B).
L’homme aime l’originalité : pourquoi ne pas se mettre au mobilier asiatique ? Après le show-room Ikea, le show-room Omote.
Faut vivre avec son temps !

Bon, il ne reste plus qu’à trouver une bibliothèque-escalier aux bonnes dimensions, qui s’intègrera parfaitement sur le bout de mur qu’on lui réserve.
Le problème, c’est que ce type de meuble a une forme carrée, et que ce qu’il me faut, c’est un meuble plus haut que large.
Je pourrais en acheter un qui ait la hauteur désirée, et le scier sur le côté, mais en fait, je ne suis pas sûr.

Quand soudain, au détour d’une navigation sur le ternet, je le trouve.
Le meuble de mes rêves. Un escalier plus haut que large. Tout pile aux bonnes dimensions !
Je te veux !
Qu’importe, si tu as été fait à la chaîne dans une usine de Vasavoiroù, et pas construit à la main par un moine Tibétain, tu es beau !
Come to daddy !

Ah mais ouais, quand même, tu coûtes cher, un peu…
Plus la livraison… ah, p’tin, ils se touchent, là ?
Bon, c’est pas grave. Le comptable de père l’a toujours dit, “la meilleure façon de gagner de l’argent, c’est d’en dépenser !”.
Cool, je vais être riche !

En plus, ça va, ils proposent le crédit sur 10 mois. Ce qui du coup rend le meuble presque abordable.

Alors, clic, je prends le meuble… Non, pas le choix du coloris… Oups, j’ai recliqué, je l’ai mis deux fois dans mon panier, huhuhu, il faut en enlever un.
Hoooop, numéro de carte, je clique, je valide, YIHAAA ! Je serai livré samedi.

Et soudain, un doute.
A quel moment j’ai dit que je voulais le paiement en 10 fois ? Ah, aucun. Je ne l’ai pas dit. Je me suis foiré. Je paye en une fois.
Oups, bêtise.

Procellus, ou à ce rythme là, je serai bientôt millionnaire.

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