Procellus

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Il n’y a que des sottes gens

20 juillet 2008

Mon plus grand drame, c’est de ne pas savoir quoi faire comme boulot, ni même de ma vie. Bien sûr, je pourrais en parler à tous les gens que je rencontre, au cas où quelqu’un aurait une idée de génie à me proposer, la vision des choses qui éclairera toute mon existence sous un jour nouveau et me fera dire “mais oui, c’est ça que je veux faire !”.

Mais en plus de ne pas être du genre à aller parler aux autres de mes soucis, je me suis rendu compte, malin que je suis, que les gens ont tous la même réponse face à ce problème. Enfin non, pas une réponse, une question. Parce que les gens, c’est trop des surdoués, ils savent présenter l’équation simplement, et ils pensent à poser la question fatale, qui bien sûr ne m’était jamais venue à l’esprit avant leur brillante intervention :

- Ah bah c’est facile t’aimes quoi dans la vie ? Qu’est-ce qui t’intéresse ?

Sur un ton condescendant insupportable, avec un sourire satisfait et agacé. Satisfait d’être le petit génie qui va trancher mon nœud gordien, et agacé, parce que franchement si je ne trouve pas, c’est que je n’y mets pas du mien, je pourrais être comme tout le monde et avoir imaginé ma carrière de juriste depuis le collège, quand même !
C’est pour ne plus voir ce sourire ni entendre cette question qu’à chaque fois que le sujet pointe le bout de son vilain museau, je sors un mouchoir de ma manche, ou je me fous à poil, pour faire diversion.
Et en général, ça marche plutôt bien.

Ca m’évite d’avoir à me sentir un peu plus un loser à chaque fois, d’avoir à expliquer pour la enième fois que non, je ne sais pas ce que je veux faire, ce que j’aime ou ce qui me plaît, et de voir qu’en face on s’imagine que je suis un gros flemmard qui ne veut même pas se sortir les doigts du slip trois secondes pour se trouver un vrai job, alors que c’est franchement pas sorcier.

C’est aussi pour ça qu’Happy Time est si confortable. Je fais mes petites affaires tranquillement, en étant juste assez occupé pour ne pas déprimer à me dire qu’il faut trouver un vrai boulot, parce que eh, j’en ai un ! Le travail est rigolo, pas trop stressant, avec des horaires assez arrangeants… Bref, le petit boulot de rêve.

L’ennui, c’est qu’autour de moi personne ne loupe une occasion de me rappeler que c’est un petit boulot. Chaque fois que je vois ma mère, dans les dix minutes elle va me parler de mon petit salaire d’un ton chagriné, et en remettre une couche avec la régularité d’une horloge suisse, mes grands-parents proposent tout le temps de me payer pour reprendre des études, n’importe quoi, pourvu que ça soit autre chose…

Et plus le temps passe, plus mes compagnons d’infortune trouvent des vrais jobs, arrêtent d’être des pires losers que moi, et ça n’aide pas mon moral. Surtout que grâce à ce formidable outil qu’est facebook, je retrouve la trace de pleeein de copains d’école qui forcément ont tous des situations de rêve : “je viens de monter ma boîte ça marche super”, “on vient de me nommer à la tête d’une chaîne de télé câblée”, “je suis l’assistant personnel de Chris Evans, c’est vraiment l’enfer ma vie, je te raconte même pas”, “j’ai trouvé par hasard un job de voyageuse temporelle, d’ailleurs je pars avant-hier poser pour De Vinci, en fait la Joconde c’est moi”.

Pourtant, c’est pas faute d’avoir eu des idées et des projets fous. Depuis mon entrée en seconde (putain, en 1996, non mais je veux dire quoi, je suis entré au lycée il y a douze ans !), je me suis vu -dans le désordre- astronaute, avocat, journaliste, entrepreneur de pompes funèbres, patron de bar, prof, conseiller d’orientation, sans oublier le projet récurrent de fuite à l’étranger : en Australie, en Angleterre, au Danemark…
Comme je suis quelqu’un de très constant, courageux et optimiste, chaque projet a eu une durée de vie approximative d’un mois, avant abandon total et re-déprime parce que “je trouverai jamais ma voiiie”.

Surtout que chaque abandon est suivi des gros yeux pleins de reproches de la famille, et de l’inéluctable question, “mais tu vas faire quoi maintenant ?”. Ben continuer Happy Time, mais ça n’a pas l’air de compter pour “faire quelque chose”…
C’est dire si j’étais content de moi, avec mon projet de tourisme. Un vrai boulot, dont on peut parler la tête haute, un vrai avenir, quoi !
Je me voyais déjà tout ébloui par l’étincelle de fierté que j’allais allumer dans les yeux de mes parents, qui depuis le début me poussent à trouver autre chose que ce “boulot minable”. J’imaginais une scène bien gnian-gnian quand je leur en parlerai, où tout le monde se tomberait dans les bras les uns des autres en pleurant, genre “le retour du fils prodigue”, avec si possible un accompagnement au violon, des ralentis et une image grainée.

C’est dire si je me suis senti soutenu et encouragé quand mon père comme ma mère m’ont demandé du bout des lèvres, comme s’ils parlaient de fist-fucking : “le… tourisme…? Mais… Ca mène à quelque chose ?”.

La fuite à l’étranger, donc.

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au boulot, l'avenir, non, rien

Ma vie en main : jour 1

12 mars 2008

Aujourd’hui, comme l’année dernière (et comme l’année d’avant, je suis un homme qui aime les traditions), je passais un concours administratif. Et comme l’année dernière, c’était le CAPES d’Anglais, parce qu’I have in ze bilouque, quand même.
Et à la différence des autres fois, aujourd’hui j’y suis allé. Yay me ! (Oui moi !, pour nos amis non bilingues)

J’y allais surtout par curiosité, parce que la malédiction qui pèse sur mes frêles épaules est bien douloureuse : que je l’aie ou que je le foire, ma vie sera foutue et je n’aurai plus qu’à m’acheter un koala et un fusil, faire un carton dans la rue et m’enfuir au Pérou pour tenter de repartir de zéro.
Oui je sais, ça paraît un peu complexe comme plan, mais c’est dire à quel point je suis désespéré.

Surtout que là, ça serait bien le diable que je l’aie, ce putain d’exam de sa mère la pute. Aujourd’hui c’était l’épreuve de civi, et déjà à la fac j’étais une grosse merde en civi. Je m’entendais bien avec la prof, on passait tous les cours à se vanner mutuellement, mais c’est pas pour ça qu’elle me mettait des bonnes notes, apparemment elle attendait surtout que je lui parle de son cours.
Pov’ fille, va.

Et aujourd’hui, ça m’a pas l’air tellement mieux parti : on a eu un texte sur la dévolution à analyser, et moi la dévolution, à part le fait que ça prend un accent en français et pas en anglais, j’ai pas grand chose à en dire.
En plus c’est pas facile de se concentrer pour faire la paraphrase trop discrète de la mort qui tue qui passera pour des vraies connaissances, parce qu’en anglais il y a 90% de filles et 10% de pédés, et une salle d’examen pleine de filles à petites vessies, ça passe son temps à se lever pour aller faire un petit pipi et remplir sa bouteille pour boire et re-avoir envie de pisser, et c’est chiaaant !

Mais bon on s’en fout, je suis juste là pour voir comment c’est, et pour pouvoir dire “j’y étais”.
Mon seul problème c’est qu’il faut tenir 2h30 avant d’avoir le droit de sortir, et ce que j’ai à dire peut se synthétiser en une petite dizaine de minutes.

C’est pour ça qu’au bout d’un moment j’ai craqué. Tel le couguar bondissant sur sa proie, souple, félin et mortel, j’ai sauté sur l’opportunité que les gens de la maison des examens m’avaient fournie. Profitant du petit miyon de feuilles de brouillon mis à notre disposition (pour fabriquer des profs, on s’en moque pas mal de la déforestation, bande de salauds), j’ai complètement lâché cette affaire si chiante d’Edward Heath et de dévolution bla bla bla, et je me suis servi du brouillon pour écrire ce post. :mrgreen:

En plus c’est cool, parce que ça me permet d’écrire plein de choses très vite, alors ça me donne un air de savant, cool, ils vont tous être dégoûtés et laisser tomber et je l’aurai par défaut.
C’est donc ainsi que vous profitez en différé de mes impressions en direct, j’espère que vous êtes impressionnés, bande de moules.

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l'avenir, les études

Old Age

9 octobre 2007

Quand j’étais en Sup’ d’Happy Time, pour apprendre les rudiments de ce difficile métier, la méchante formatrice avait fait une petite parenthèse sur “Comment s’adresser aux collègues ?”.

Parce que c’est un truc qu’apparemment il faut savoir.

La leçon pouvait se résumer en deux points principaux :

1. On tutoie tout le monde;

2. Mais on vouvoie les vieux et les vieilles, qui risquent de mal prendre notre tutoiement amical de d’jeuns in da move, ils trouvent que c’est irrespectueux, tout ça tout ça, fossé générationnel, bla bla bla.

Et samedi, je me suis retrouvé à bosser avec une petite nouvelle toute mignonne, qui a dû suivre la même formation que moi.
Sauf qu’elle doit être un peu conne sur les bords.

Elle n’a pas arrêté de me vouvoyer.

Ca doit venir d’elle.

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au boulot, l'avenir

Han lágar mat. Han står och lágar mat. (2/2)

29 juin 2007

L’autre jour, j’étais dans le métro, les portes se sont ouvertes (à la station hein, pas comme ça poupouf d’un coup), et un groupe de jeunes est monté.
Hmmm, en cherchant bien y’en a un ou deux qui sont quand même pas si moches, dans le lot… Mais putain, qu’est-ce qu’ils sont bruyants ! Et c’est rigolo, ils parlent une langue qui ne ressemble à rien de ce que je connais. Ah mais ça c’est trop fort !
Du coup, ma curiosité était piquée, aïeuh ça fait mal.

Un…. hnnnnng…. rapide…. ptin, tu vas arrêter de bouger connasse…. coup d’oeil à une étiquette sur un sac à dos, et oh mon Dieu et ma Déesse, ils sont de Stockholm !
Mais oui, maintenant je reconnais les traits sensuels des Suédois, même la grosse moche qui ressemble à Cascada (ok, juste parce qu’elle était blonde et qu’elle avait des jambes comme des poteaux) devient une noble Walkyrie !

Vite vite vite, il faut absolument que je les écoute parler, que j’habitue mon oreille à la si douce musicalité de leur langue -non, je ne veux pas dire que je leur ai demandé de me léchouiller l’oreille, pas dans le métro.

Et écoutés je les ai.
Et problème il y a eu.

Parce que dans ma tête, le suédois c’est une langue belle et forte, qui impose le respect, et que j’arriverai sûrement à apprendre comme je suis quand même super doué, si si.

Mais en fait, le suédois, ça ressemble un peu à ça :


Et le Suédois aussi, faut croire.
Putain, ça va pas être facile.

Sinon, j’aime bien l’Australie aussi…

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l'avenir

Han lágar mat. Han står och lágar mat. (1/2)

28 juin 2007

Un de mes grands projets, c’est d’aller vivre en Suède. Et quoi que vous ayez pu lire sur ce blog, ça n’est encore qu’un vague projet parmi tant d’autres, rangé entre “écrire un best-seller” et “devenir le Maître du monde”.
Mais David, pourquoi la Suède au juste ?

Ben déjà, c’est l’Europe, donc ça doit pas être trop chiant de s’y installer, et puis c’est une monarchie, ce qui est quand même plus classe que notre présipauté.
En plus, un pays où au plus fort de l’été les températures ne dépassent pas 23 degrés, ça ne peut pas être un mauvais pays. J’veux dire, ouah, c’est possible de ne pas fondre à 35 degrés entre juin et septembre ?!
La Suède, terre promise qui a offert au monde Ikea, Abba, les Cardigans, les Krisprolls, les Daims (les bonbons hein, parce qu’on s’en foutrait un peu qu’ils nous aient refilé Bambi)…

La Suède, pays de tous les possibles, où non content de célébrer le hareng fermenté et les anguilles, on fait des sacrifices rituels à la fin de Noël. Bon bien sûr, ça se pratiquait surtout à la glorieuse époque des fiers Vikings, je crois que c’est malheureusement un peu tombé en désuétude, mais bon, quand même, des sacrifices rituels !

Et puis la Suède, pour les aurores boréales, les beaux Suédois (hiiiii, Nallé je te veux !), les fleuves propres, les saunas, et surtout parce que le suédois c’est une langue nordique, et les langues nordiques, ça donne envie de se faire crier dessus menotté à un radiateur.

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l'avenir

Ne regarde pas. Ni en avant, ni en arrière.

7 mai 2007


À gauche, ma grand-mère, trente-sept ans, à droite, ma mère, neuf ans.

Tout va bien, on fait bronzette tranquille en Espagne, merci le Front Populaire pour les congés payés.

Évidemment, Mamanprocellus fait un peu la gueule, mais c’est juste parce qu’elle a le soleil dans les yeux, elle n’a pas la chance d’avoir des jolies nunettes comme môman.

Elles s’en font pas, toutes les deux, elles claquent la pose sur le matelas pneumatique que Pépéprocellus a dû gonfler avant d’aller prendre la photo, pour que quarante-quatre ans plus tard David puisse tomber dessus. Bon bien sûr, personne se doute qu’un jour quelqu’un ira scanner la photo et la mettre sur son blog, déjà s’ils la font développer ça sera pas mal.

Et puis personne ne pense à dans quarante-quatre ans, c’est trop vieux, c’est trop loin, on a le temps de voir venir !

Méméprocellus est contente. Elle est fière de sa petite famille, son beau mari, ses beaux enfants. Elle a encore le temps de faire plein de trucs de femme de l’époque, mais dont je n’ai aucune idée (aller épier chez les voisins pour prouver que Samantha est une sorcière ?).
De son côté, Mamanprocellus est une petite fille espiègle, qui aime bien qu’on la prenne en photo avec sa maman, qui tape sur les garçons avec sa copine Sylvie, et peut-être même qu’un jour elle sera institutrice ou star de cinéma, elle sait pas elle hésite, en tout cas ça sera un truc où elle pourra continuer à taper sur les garçons et jouer avec ses copines et bien s’amuser dans la vie.

Elle sait pas qu’en fait les garçons vont tellement se venger qu’elle finira par ne plus oser voir personne, qu’elle ne sera jamais institutrice ou star de cinéma ni même heureuse dans la vie.
Méméprocellus non plus, elle ne sait pas que dans quarante-quatre ans, sa fille la détestera, son fils sera mort, et qu’elle passera ses journées à faire sous elle, baver, avoir de la purée dans la tête et attendre d’y passer en jouant au rami -parce que ouais, moi aussi si je devais mourir quand je mourrai, ça sera à cause du rami.

Et moi aussi pour l’instant, je joue avec les garçons (sans leur taper dessus), un jour j’aurai un métier qui me plaît, et je serai heureux dans la vie et après quand je serai plus vieux je pourrai mater chez les voisins pour prouver que Samantha est une sorcière.

Et après, ça sera à mon tour de pleurer ma vie ratée, faire sous moi et baver en attendant de crever.
Mais ça on n’y pense pas, pas encore.

Procellus, ou le plaisir de vieillir. Oh oui alors.

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l'avenir, la famille addams

David et la recherche d’emploi

3 mai 2007

Étape 1 : les petites annonces :


Oh my God ! It’s like the mothership is calling you home !

Étape 2 : l’attente.

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au boulot, l'avenir

À nos actes manqués

21 mars 2007

D’après l’ordinateur, je suis donc fait pour être psychologue ou écrivain.
Psychologue ? Veni, vidi, et j’ai abandonné. Enfin, j’ai tenu bon trois ans, mais la dernière année, je me demande encore comment j’ai fait.
Écrivain ? Moui, cracheur de feu, ça a son charme, dommage que ça ne soit pas un vrai métier, et puis ça doit être difficile…

Je peux aussi continuer et essayer de faire carrière à Happy Time, sauf que je suis à peu près au point culminant dans cette boîte, et il y a des prises de courant qui sont plus hautes que moi.

Donc tout ça nous amène au point zéro, au pied du mur, au moment où il faut faire quelque chose de drastique.
Ouais, et avec le sourire !

Je défie le destin, je ne serai ni psychologue ni écrivain. Je veux plus, plus, toujours plus, alors je vais braver les éléments déchaînés et enseigner l’anglais à des élèves assoiffés de sang dans un lycée du 9-3.

Bon évidemment, ce concours je ne l’ai absolument pas préparé, j’ai appris il y a une petite semaine qu’il y avait un programme, ouah, mais je savais pas, des trucs à lire, tout ça ? Heureusement que je m’en fous un peu, sinon je pourrais m’inquiéter…

Surtout que j’ai pas envie d’y aller, j’ai passé la soirée d’hier à peser le pour, et le contre, et le pour, et le contre, à me dire que je voulais pas y aller, mais il faut, mais je veux pas, mais c’est bien d’y aller, mais je suis sûr de pas l’avoir, bref, des jérémiades à n’en plus finir (pardon Garoo d’ailleurs).

J’ai même fini par demander à la Magic 8 Ball, pour qui la réponse a été claire à deux reprises : “YES” il faut que je passe le concours, “Signs point to yes” il faut que je passe le concours, et “My Sources say NO” il faut pas que je reste chez moi.
Traîtresse.

Alors voilà, parce qu’un jouet m’y a forcé, je dois rassembler tout mon courage, être fort, ne pas avoir peur, tout ça tout ça.

Je me décide à y aller, je prépare toutes mes affaires, je mets la convocation dans le sac, je mets le réveil à l’heure, j’ai rien oublié ?
Non, c’est bon, je me couche…

… Et je n’entends pas le réveil, j’émerge trop tard pour pouvoir le passer.

- That was the bravest thing I’ve ever seen !
 
- That was nothing really, I…
 
- Oh it’s not a compliment. To a possum, bravery is just dumb.
 
- Yeah, we’re spineless.

- Lily-livered.

- Maybe mammoths are going extinct because they put themselves in danger too often ? Maybe you should run away more.

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l'avenir

Moi je tourne en rond, je tourne en rond

11 mars 2007

Après avoir lâchement abandonné des brillantes études d’anglais et de psychologie, après avoir perdu une année, puis une autre, après s’être rendu compte qu’en fait Happy Time n’était pas la solution, notre valeureux héros a décidé de prendre son avenir en main (oui, encore).

Direction La Villette et la Cité des Métiers.

Ouaiiiiiiis, je va faire plein de tests pour savoir pour quel métier je suis fait !
L’ordinateur est bon et généreux, grand est son coeur, et il va me donner la formule magique, la solution à tous mes problèmes, m’indiquer la voie, la porte à ouvrir, et s’assurer que ma route soit à tout jamais bordée de soleil et de pétales de roses.

Alors, il y a plein de questions rigolotes, tiens par exemple, sur une île déserte, est-ce que j’emporterais une radio, une chaîne hi-fi, des armes de chasse, des livres sur l’agriculture ?
J’ai assez regardé Lost, Seul au monde, lu Robinson et assez de bon sens pour répondre : des armes de chasse. Par contre, je ne vois pas trop en quoi ça va m’aider pour mon avenir… Félicitations, vous êtes fait pour être échoué sur une île déserte ?

Et puis après m’avoir demandé ce que je fais le dimanche, ce que je pense des vaisseaux spatiaux et où j’irais me faire des amis après un déménagement (nulle part ?) le test est fini.
Oh ben non, pas déjà !
Je clique, et je clique encore, et la réponse, et… Non, c’est pas possible.

On va jouer la carte de la sécurité, et passer un autre test.
Ordinateur suivant ? Merci.
Tiens, déjà c’est pas les mêmes questions. Je réponds “oui / non” à une dizaine de questions avant de découvrir qu’il existe une case “je ne sais pas”.
Sur soixante questions, j’ai dû m’en servir une bonne trentaine de fois.

Et une fois le test fini, clic clic pour savoir, pour être sûr.
La réponse est la même qu’à l’ordinateur précédent, juste dite avec d’autres mots.

Je suis fait pour être psychologue ou écrivain.

Pas plus avancé qu’en entrant, mais je me suis bien amusé.

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au boulot, l'avenir, les études

Dans un an et un jour, il sera mien. Un an. Et un jour.

3 février 2007


Je sais, je sais, trop bon trop con, trop honnête trop bête. J’aurais dû le mettre dans ma poche comme on me l’a conseillé…
Mais on ne se refait pas !

Et puis, comme collègue me l’a fait judicieusement fait remarquer, “maintenant t’es obligé de rester encore un an pour gagner vingt euros !”.

Procellus, ou je gagne ma vie en différé.

Gnihihi, et en plus du coup j’ai un autographe de ma chef trop cool !

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au boulot, l'avenir

Ca se précise

14 janvier 2007

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Cassandre vous parle

10 janvier 2007

Ca commence par des petits détails insignifiants : TF1 passe une version non édulcorée de Twister, pendant les vacances, et du coup Helen Hunt dit “sac à merde” à une heure de grande écoute, comme ça, sans que ça ne choque personne.

Après, on se rend compte qu’il n’y a pas eu de neige à Noël, et que pire encore, il fait chaud, on ne sait plus trop quelle saison c’est, on est tout perturbé ma pauvre dame.

Et puis les signes se font de plus en plus clairs : on fait gagner Cyril à la Starac, on teint la grosse Magalie Vaé en blonde, comme si elle avait besoin de ça pour qu’on se foute de sa gueule, Ségolène continue de faire coucou tout autour du monde, Luc Besson fait des promesses qu’il ne tiendra jamais (Le cinéma ? Demain, j’arrête !), Mimie Mathy, la femme préférée des français, sort son premier album, et les oiseaux chantent jusqu’à deux heures du matin.

Bientôt, le feu du ciel s’abattra sur nous, il pleuvra des crapauds, Nicolas Hulot sera président, et on périra tous dans des souffrances atroces pendant que les forces des Ténèbres tenteront d’arracher le pouvoir des mains pattes des insectes qui nous auront tous latté la gueule, je vous le dis, moi.

Procellus, ou la fin des temps est proche. Tremblez.

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l'avenir

Raaaaaaaaaaaah

12 décembre 2006

Bon, ok, pour le moment c’est juste une pub pour une future précommande, mais voilà quoi…

Procellus, ou bientôt.

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Le jour où

27 octobre 2006

Aujourd’hui, j’ai fait un grand pas vers ma vie d’adulte.
Un pas que j’avais un peu honte de n’avoir pas encore fait, surtout à mon âge, et du coup j’étais un peu stressé.
Et si ça se voit ? Et si je me plante ?

J’ai essayé de me raisonner, après tout, c’est une pratique sociale très répandue, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat, je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un qui en serait mort.
Mais bon, ça risque quand même de me changer, plus rien ne sera comme avant.
Adieu innocence et jeunesse éternelle.

Aujourd’hui, j’ai passé mon premier entretien d’embauche.

Et comme si ça n’était pas assez stressant de passer un vrai entretien, il a fallu que ce soit en groupe.
Retour à l’école, on se présente devant toute la classe et on raconte sa vie.

Et comme à l’école, le temps de me demander “bon alors, je me lance, ou je laisse quelqu’un d’autre parler ?”, tout le monde est passé, il ne reste plus que Jolibrun et moi.
Échange de regards, et il me fait comprendre qu’il est aussi adepte du “laissons passer tout le monde et on verra”.
Sauf que je suis plus malin (héhéhé), et je sais que c’est mieux de ne pas parler en dernier.

Alors undeuxtrois je me lance.
En n’oubliant pas de sourire énergiquement mais pas trop, faut pas leur faire peur.
Et ne pas oublier de respirer, non plus.

Oui, bonjour, je m’appelle David, j’ai 24 ans et je suis en train d’oublier de vous parler de mon cursus. Je tiens juste à dire que ce boulot, c’est mon rêve de toujours ! Je ne vis que pour travailler chez vous, et je sais que je suis FAIT pour ce job, les produits d’animalerie, c’est toute ma vie !

Le temps de rentrer chez moi, de laisser le charme opérer, et à peine mon manteau posé, ils me rappellent pour savoir quand je peux venir signer.

Procellus, ou un pied dans la porte du monde des grands.

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au boulot, l'avenir

Heigh-ho, heigh-ho

5 octobre 2006

Evidemment, quand j’ai su qu’il n’y avait plus le choix et que j’allais devoir faire comme les pauvres gens normaux, j’ai eu un peu peur.
Fini de rire, maintenant, il faut devenir one of them, entrer dans le moule, métro-boulot-dodo, et mourir un peu, se transformer en clone décérébré avec des collègues insupportables et des soucis de merde dans un travail inintéressant et je vous hais je vous HAIS JE VOUS HAIS !!! trouver un job.

Au début, j’ai fait comme je fais toujours, je me suis assis devant la télé, à me gaver de Kit Kat Balls en attendant que ça tombe du ciel.
Et j’ai attendu.
Et regardé un épisode de Veronica Mars.
Et un autre.
Et encore un.
Mais rien, personne n’est venu sonner à ma porte pour me proposer un travail bien payé, demandant un minimum de qualifications, des horaires peu contraignants libres et un gros salaire.
Les gens ne veulent plus rendre service.

- Maman Gabrielle, maman Gabrielle, my hero, que ferais-tu en pareil temps de crise ?
- Je cherche un boulot, doofus !
- Ah, ouais, ok.

Alors je me suis mis à chercher. Après tout, c’est peut-être vrai qu’internet ne sert pas qu’à chatter, faire des copier/coller pour les devoirs et télécharger du porno, c’est aussi un formidable outil de gnagnagna…

Je n’ai pas tenu dix minutes, le temps de voir qu’aucune offre ne me convenait (hé, il faut savoir être exigeant pour survivre dans ce monde de brutes !).

- Maman Bree, maman Bree, my hero, c’est trop dur, toi que fais-tu quand tu n’y arrives pas ?
- Des travaux ménagers !

Du coup comme j’avais un panier à épices à accrocher, j’ai été acheter une barre qui se fixe au mur et à laquelle on peut suspendre des trucs, je pensais que ça s’appelait une crédence, mais en fait on m’a dit que non c’est une barre de crédence, enfin bon, le nom on s’en fout, je savais ce que je voulais et où c’est rangé dans mon Castorama, et eux ils appellent ça un tube crédence.

Une fois rentré (une barre de 60 centimètres, en vélo et sous la pluie, c’est trop du bonheur à rapporter), je me suis mis au bricolage, à chercher les bons outils, attraper une scie à pleine main sans faire exprès, aïeuh les petites dents !, et essayer de fixer une barre plus ou moins horizontalement sur un mur en plâtro-briques*.

Ca y’est, HURRAY ! je peux accrocher le joli panier à épices qu’on m’a offert !
C’est chouette, quand on pense que j’aurais pu occuper tout ce temps à faire quelque chose de vraiment constructif !

Bon allez, cette fois ci, je m’y mets pour de bon, ANPE à nous deux.

Procellus, ou pas.

* Le plâtro-briques est une matière composée d’une couche de plâtre puis une couche de briques, et c’est vachement trop galère à percer, c’est tout mou, et après c’est tout poreux et dur.

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l'avenir, non, rien

Remind me later

2 octobre 2006

Pourtant, j’ai tout fait, tout, tout, TOUT pour que ça n’arrive jamais, ou alors le plus tard possible, histoire de ne plus avoir à y penser :

- refuser les chemins tracés d’avance et les opportunités qu’on me proposait, comme reprendre la grooosse boîte de papa qu’on se transmet pourtant de père en fils depuis trois générations;

- dire non (NON !) à papy-mamie et leurs bons plans pour être engagé dans l’hôtel où bosse la voisine qui doit être super bien placée pour pistonner, ben ouais, elle est femme de ménage quand même, et puis même que son beau-frère est électricien dans ledit hôtel;

- recommencer un cursus dès que j’arrive à la licence, sans jamais avoir rien vu de la vie en maîtrise, comme ça les études n’ont pas le temps de devenir rébarbatives, et la routine ne vient pas nous tuer.

Mais on a beau essayer d’y échapper, d’acheter plein de chaussures pour être plus rapide, apparemment la vraie vie nous rattrape toujours.
Et quand elle vous chope, elle est grave vénère d’avoir eu à courir, alors elle se venge, sans savoir que la rancune est mauvaise conseillère (la conne) et qu’un jour, quand je serai grand et fort et que je m’habillerai chez Capel, je lui ferai pas payer, parce que c’est mal (et aussi parce que je suis en train de condamner la vengeance), mais c’est l’intention qui compte.
 
Les années gâchées, les responsabilités et les études inutiles (si si, quand même un peu), in your face petit padawan.

Welcome to the real world

Procellus, ou la recherche d’emploi. Et fissa.

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au boulot, l'avenir

Et c’est le temps qui court

29 mai 2006

Aujourd’hui, c’était l’anniversaire de ma filleule.
Enfin non, c’est nul de mentir. Je n’ai rien à prouver à personne.

Je ne sais pas quand était l’anniversaire de ma filleule. Tout ce que je sais, c’est que la semaine dernière, ma mère m’a dit que ça allait être son anniversaire. Comme on fait toujours dans ces cas là, j’écris la lettre, je la laisse à ma mère qui va ensuite la signer et la poster, et grâce à un calcul connu d’elle seule, la carte arrive pile le jour de l’anniversaire, et oh, surprise, bon anniversaire !
Je sais, je suis un mauvais parrain.

Enfin bon. Je ne sais pas quel jour elle est née, mais au moins, je sais quel âge elle a : à peu près 6 ans.

Du coup, j’ai été un peu surpris, aujourd’hui, quand ma mère m’a forwardé le mail de remerciement que Marion (ma cousine / filleule, gouziguiliguili) nous a envoyé. C’est curieux, elle a 6 ans et déjà son adresse mail ? Et elle écrit rudement bien, quand même.
Et elle nous raconte qu’elle va aller au bowling pour fêter son anniversaire la semaine prochaine.

Hein ? Je suis le parrain d’une fille vachement précoce, quand même. A son âge, elle va au bowling ?
Mais au fait, quel âge elle a ?

Je calcule vite fait. Voyons voir. Elle est née en 1994. On est en 2006.
Tac, quatre pour aller à six… Deux…
Neuf pour aller à zéro… Je retiens un…
Ah ouais, quand même ?

Elle n’a pas 6 ans, elle en a le double. Elle a probablement déjà ses règles, et si ça se trouve, elle est enceinte.
Elle a l’âge que j’avais quand elle est née, putain !
D’ailleurs, on peut dire que je suis un mauvais parrain, mais à la base, c’était un peu idiot de confier cette responsabilité à un gamin de douze ans.

J’ai encore du mal à m’en remettre. Ca fait douze ans qu’elle est née. Douze ans.
Mais il est passé où, le temps ? La dernière fois que je l’ai vue, elle était grande comme ça et elle faisait des câlins en veux-tu en voilà. A quel moment elle a arrêté d’avoir six ans ?!
Non, vraiment, je ne comprends pas.
Pourquoi ça va aussi vite ?

Il est où, le bouton pause ?

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Joyeux Anniversaire

22 janvier 2006


Et maintenant, je suis officiellement vieux. Je n’ai même pas 24 ans depuis une journée que déjà, le téléphone sonne pour m’annoncer que mes amis de lycée commencent à se marier.

Bientôt, ça sera les naissances.

Après, on m’appellera “monsieur” dans la rue. On s’attendra à ce que je parle avec sagesse. Des gens se proposeront de me laisser leur siège dans le métro. Je tendrai mon porte-monnaie aux caissières parce que je ne pourrai pas reconnaître les petites pièces de notre nouvelle monnaie. Je serai obligé de me faire vacciner contre la grippe si je veux avoir une chance de fêter mon anniversaire, alors que je ne me souviendrai même plus de l’âge que j’ai.

D’ailleurs, si ça se trouve, je ne me souviendrai plus de rien du tout, je serai placé (par qui ?) dans une institution à cause de mon Alzheimer. Une infirmière viendra me changer ma couche entre deux parties de Bingo, avant de me donner ma soupe à 18 heures, et au lit à 20h.

Procellus, ou la peur de l’avenir.

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l'avenir, mon nombril

Choix

14 novembre 2005

Je dois choisir entre :

“La masturbation rend neurasthénique” et “un enfant de sixième devrait avoir un projet professionnel défini”.

Je me tourne vers ma Magic 8 Ball, qui me répond “very doubtful”.

Qu’on se demande encore pourquoi mon avenir m’inquiète…

P.S. : ce post n’invalide en rien la politique du David Nouveau. C’était juste une remarque comme ça, en passant.

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magic 8 ball, masturbation

Le monde tourne

26 septembre 2005

Bilan sur 3 ans:

S. m’envoie ses photos de sa nouvelle vie à Vancouver;
A., et P. s’amusent beaucoup avec leur nouvelle vie en Australie;
E. veut que je lui rende visite dans sa nouvelle vie à Amsterdam, maintenant qu’elle a fini les Etats Unis, et avant qu’elle s’attaque à l’Espagne;
Britney Spears a eu un bébé (ok, elle je n’ai pas été à l’école avec);
Gwen Stefani est devenue une pouffiasse infecte (Gwen, si tu me lis, pardon mais c’est vrai);
Un bébé né il y’a 3 ans peut maintenant manger des Kinder Surprise sans risquer d’avaler les petites pièces;
F. a une nouvelle vie à Londres;
D., c’est le Quebec;
Et moi, je suis parti de l’avenue des Gobelins pour aller habiter à Vincennes.

Alors bien sûr, ça pourrait me faire déprimer: 85% des gens que je connais ont quitté le pays, certains ont même quitté le continent, résultat, il ne me reste quasimment plus personne en région parisienne. C’est encore une chance que ça ne soit pas en haut de ma liste et stabiloté en orange de “PARTIR. LOIN”, sinon je pourrais même être dégoûté. Mais non madame, le David préfère être content pour ceux qui ont eu le courage de le faire.
Et puis ça n’est pas comme si ma vie n’évoluait pas non plus: il y’a 3 ans, j’abandonnais la fac d’Anglais. Aujourd’hui, j’abandonne la fac de psycho.
Groooooooosse évolution: cette fois-çi, j’arrête APRES avoir eu le diplôme, ce qui prouve à quel point j’ai mûri.

Alors non, je ne déprimerai pas. Just say no.
Et puis, je n’ai qu’à me dire que tout est question de point de vue. Si tout le monde bouge, et pas moi, ça doit vouloir dire que je suis en quelque sorte le centre de l’univers. Un peu comme l’étoile polaire. Voilà.
Je suis une étoile polaire.
Et je ne déprime plus, je suis devenu schizophrène.

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l'avenir, mon nombril
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ailleurs, fac, gwen


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