Procellus

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Redrum

14 novembre 2006

Imaginez un oiseau tout mimi tout gnon-gnon tout mignon.

Imaginez ce même oiseau chantant d’une voix douce quoique stridente, pour attirer l’oiselle et tirer son coup.

N’imaginez plus, un tel animal existe*.

Cet oiseau, probablement un migrateur, est tout juste revenu des Amériques, jet-laggé comme c’est pas permis, et ne sait pas qu’ici, il est bientôt deux heures du matin.

Ca doit être pour cette raison que ça fait une heure qu’il piaille sous mes fenêtres sans savoir qu’à Vincennes, on ne peut pas trouver un plan cul après 21 heures, c’est peine perdue, ta gueule le piaf !

Ou alors mon horoscope avait raison, et ça va être une semaine de merde, si même Dame Nature fait gueuler sa musique de sauvage à des heures pas possibles pour m’empêcher de dormir.

*Procellus, ou plus pour longtemps.

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Comment être un invité modèle

12 novembre 2006

1. Mettez-vous en route un bon quart d’heure après l’heure à laquelle vous êtes attendu : plus vous arriverez tard, plus vous aurez de chances d’être pile à l’heure pour vous mettre les pieds sous la table.

2. Attention néanmoins à ne pas arriver trop tard, il faut quand même avoir le temps de se bourrer la gueule à l’apéritif.

3. Ne décrochez pas quand votre hôte vous téléphone. Laissez-le trépigner, ça lui fera les pieds, il n’avait qu’à pas vous demander de venir si tôt, c’est vrai quoi.

3. Arrivez les mains vides. On vous a invité à dîner, après tout.

4. Quand tout le monde commence à dresser la table, allez plutôt vous laver les mains.
Après tout, vous ne savez pas ce qu’il va y avoir à dîner. Et puis même, vous n’allez pas porter des assiettes avec vos mains dégueulasses, vous avez touché les transports en commun, beurk.

5. Veillez à finir tous les plats, qu’on comprenne que a) vous avez la dalle, ou b) vous avez de gros soucis que vous essayez de compenser avec la nourriture.

6. Ayant appris très tôt que mentir est une bien vilaine habitude, ne complimentez pas la maîtresse de maison sur sa cuisine.
Au contraire, rigolez bien fort quand on lui fait remarquer que ses crêpes ont l’air d’avoir été découpées à la grenade.

7. Dès que le repas est fini et qu’on commence à débarrasser la table, regardez votre montre. Ho ho, vous ne pensiez pas qu’il était si tard !
Faites-le remarquer à qui veut l’entendre, et laissez-les travailler, pour mieux vous préparer à partir.

8. Ne remerciez personne pour le dîner, l’invitation ou la charmante soirée. Attendez plutôt qu’on vous remercie d’être venu.

9. Soyez surpris qu’on vous demande de revenir bientôt.
N’en laissez rien paraître, au contraire, ayez l’air agacé “oh, écoute, on verra !”.

10. Attendez votre RER 20 minutes. Mourez de froid, au sens propre.
Fatalement, ne revenez pas dîner.

Procellus, ou fallait pas l’inviter.

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Jamais content

2 novembre 2006

Parfois en début d’après-midi, quand il fait beau et soleil, on met juste un t-shirt et un blouson léger, et comme Martha Stewart, d’un geste énergique mais classe, on ouvre grand les fenêtres pour aérer. Puis on s’en va tout guilleret parce que la vie c’est trop chouette quand même, or something like it.

Après, quand on repart le soir, il est onze heures et des brouettes, les thermomètres dehors indiquent qu’il fait 7° (putain, SEPT !!!), alors je ferme mon blouson, mais j’ai quand même froid aux mains et aux oreilles, aïeuh.

Et puis après je rentre chez moi, fenêtres ouvertes en grand, et là le thermomètre de ma chambre indique qu’il fait 12.9°, et en effet, il caille sa mère la pute, c’est horrible j’ai froid, ouin.

Procellus, ou y’a que les imbéciles…

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Le jour d’après

24 octobre 2006

16h30
Comme il a fait beau toute la semaine et qu’il fait de plus en plus chaud, je sors en t-shirt. Je vérifie que cette fois-ci, les roues du vélo sont bien gonflées.

Je fais vingt mètres, pan v’la la pluie !

Au bout d’une demi-heure de vélo sous ce déluge, je suis bien évidemment trempé comme une soupe.

Heureusement, au fur et à mesure de mon avancée, ça se calme.
Et quand j’arrive enfin, il fait beau c’est magique !
J’ai donc réussi à sortir, léger et court vêtu, pendant la seule demi heure où il a plu comme vache qui pisse ?
Mais où s’arrêtera ma chance ?

Comme mes cheveux sont faits de sphaigne*, ils ont emmagasiné plusieurs litres d’eau, qui s’écoule sur mon visage à chaque coup de pédale, et donc je n’y vois rien, et si j’ouvre trop la bouche, je risque de boire la tasse (hein quoi, non je n’exagère pas !).

A peine arrivé, j’enlève tout, désolé, mais je suis trempé et c’est froid.

20h30
C’est chouette, on dirait qu’il ne pleut plus, au moins je vais rentrer au sec, ce soir !

Ah tiens, c’était quoi ça ?
Un éclair.
Oh, encore un ?
Bon, ben j’ai rien dit hein.

22h50
Finalement, ça a l’air de s’être calmé, je vais y aller, entre deux averses, en plus il commence à se faire tard.
Euh attends, qu’est-ce qu’ils disent à la télé ?

Tempête ?
La mairie de Paris déconseille les sorties après 23 heures, ce soir ?

Tant pis, vivons dangereusement.
J’enfile mes fringues mouillées et glaciales, et je pars me suicider à grands coups de mauvais temps.

Procellus, ou si Dame Nature me cherche…

*Non, en fait j’ai des vrais cheveux hein !

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Être un loser, en 5 étapes

20 octobre 2006

1. En partant de chez soi, voir que le vélo a une roue crevée. La regonfler et partir, en se disant que bon, ça tiendra bien pour la soirée, parce que je suis un warrior, et il suffit que je le veuille pour que ça arrive.

2. En repartant sur le coup de minuit, pester parce qu’en fait, ça n’a pas tenu, et que la roue est complètement à plat.
Se dire qu’on aurait mieux fait de prendre au moins une pompe à vélo.
Repartir en métro, en abandonnant la saloperie de vélo contre sa rambarde.

3. Au bout de quelques jours, se rendre compte qu’être un piéton, c’est vraiment trop naze. En plus le métro ça pue et ça coûte cher.
Se décider à aller (en transports en commun, forcément) réparer la roue pour ensuite rentrer en vélo.

4. Arrivé sur place, se féliciter d’avoir eu l’idée d’emporter une chambre à air de rechange (au cas où ça ne serait pas réparable), un kit de réparation et tout ça.
Démonter la roue en pleine rue, à grand peine.

5. Se dire que c’est bête d’avoir oublié la pompe cette fois encore.
Contempler ses deux chambres à air toutes raplapla.
Envisager l’exil, puis la mort, puis un sacrifice, puis re-l’exil.

Procellus, ou quand on n’a pas de tête…

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Et pour le pire

14 octobre 2006


Aujourd’hui, je suis invité à un mariage. C’est chouette les mariages.
On peut faire la fête, féliciter les heureux mariés, leur souhaiter tout le bonheur du monde, plein de bonheur, tiens, encore du bonheur, tellement de bonheur qu’ils s’étouffent avec, et non, je ne suis pas aigri. J’aime voir les gens heureux autour de moi. Oh oui alors.
Le bonheur des uns…

Enfin bon.
Dimanche dernier, après un rapide calcul, j’ai vu qu’il ne restait que six jours avant la date fatidique. Et que je n’avais rien à me mettre.

C’est pas grave, je vais sûrement trouver quelqu’un qui peut me prêter un costume.
Tiens, toi !

Mais l’inconvénient quand on essaye les vêtements de gens qui font facile dix centimètres de moins que vous, c’est que leurs fringues sont trop petites.
L’avantage, c’est qu’en croisant les bras, je peux jouer à “regardez-moi je craque ma veste je me transforme en Hulk !“.

Donc, on abandonne l’idée de l’emprunt.

Jeudi (oui, je sais, mais j’étais malade c’est pour ça), je file au magasin le plus proche (et le plus abordable), où je me rends compte qu’il n’y a manifestement pas de rayon hommes.
Je repars bredouille, parce qu’aller à un mariage en robe, si quelqu’un a acheté la même que moi, ça va faire désordre, et il faudra que l’un d’entre nous aille se changer dare-dare.

Le destin a l’air de s’acharner.

Cool, je n’ai plus qu’à trouver des vêtements qui font habillé, “je fabrique mon costume avec mes oripeaux”, ça va être facile.
Mais je ne trouve rien, c’est pas possible, j’ai que des trucs moches, moches, moches, et je veux mourir !
(Grands cris hystériques en tapant du talon sur le sol et du poing sur la table. Si possible, pleurez)

Finalement, je pars chez ma mère, comme le mariage a lieu à cinq minutes de chez elle. J’irai à la cérémonie en jean baskets, elle sera déjà contente de me voir.

Et là en arrivant chez Mamanprocellus, je me souviens que j’ai un costume qui me va, qui est beau et qui fait habillé juste ce qu’il faut pour me donner ce petit truc en plus qu’on appelle la classe et que d’autres n’auront jamais.
Et que ledit costume est chez môman, dans l’armoire de ma chambre.

C’est dans ces moments là que la vie (enfin, la mienne) vaut trop d’être vécue.

Procellus, ou des gros soucis en ce moment quand même.

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dehors, mon nombril

Cette année encore…

13 octobre 2006

Mais personne ne leur a dit, au Bon Marché ?

Ou alors ils en jouent, ou quoi ?

Les TBM, ou tous des menteurs, d’façon.

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dehors, la luxure

Emma (2)

8 octobre 2006

Débriefing

- Inviter en première partie un groupe de rock expérimental pour montrer que tu es une rebelle, même si le guitariste est très beau et que comme il est en kilt on peut voir ses jolies jambes : NON.
En plus, un groupe de rock expérimental, ça se déplace avec ses potes, et ce sont des gros lourds.

- Tu as un gros cul ? Ca n’est pas grave, tu as bien suivi les conseils de Michèle Bernier, tu portes du noir qui amincit.
Mais bon.
A l’avenir, évite quand même de porter un pantalon taille très (voire trop) basse, ça accentue grave ta culotte de cheval, on dirait Morganne.
Ou alors, fais du footing, je sais pas, mais ça ne peut plus durer.

- Essaye de te trouver un jeu de scène, genre, un VRAI. Parce que là, on avait le choix entre :

1) Je mime tout ce que je chante avec les mains : “je saupoudre mon gigot d’herbes de Provence” pour dire cendres”, “je fais non avec mon doigt quand je chante que je ne suis pas d’accord”, “je fais un fuck avec mon majeur au cas où on n’aurait pas compris que je dis fuck dans ma chanson” (d’ailleurs, tu as du choper un sacré malus avec les mamans dans la salle ce soir ! Bouh la vilaine chanteuse !);

ou alors

2) Je mets dans ma poche la main qui ne tient pas le micro.

Forcément, au bout d’une heure, ça va lasser. D’ailleurs, ça a lassé.

- Flirter avec les appareils photos de tes petites fans du premier rang, c’est bien. Mais te pencher en avant, les jambes droites et le corps en avant à 45°, c’est pas bien.
Les petites filles sont plus basses que toi, donc elles vont te photographier le visage vu d’en dessous, et ce genre de prise de vue est rarement flatteuse.
Enfin bon, j’dis ça…

- Tu te la racontes grave.

- Il n’y a pas de honte à prendre des cours d’anglais à ton âge.
Parce que tu écris tes chansons toi-même, je t’en félicite, mais “je te jure”, ça ne se traduit pas par “I swear you”. Là ça passe, parce que ton public n’est qu’en CE2, mais bon.

- Je me suis niqué la cheville au concert, je sais pas comment, mais ça n’est absolument pas pour ça que je suis aigri et de mauvaise humeur.
Pas du tout.

Sinon, ben c’était pas mal. Enfin, un poil long, peut-être, si vraiment il fallait trouver quelque chose à redire (ça va quoi, normalement, les rappels, c’est SI le public te rappelle, ça n’est pas censé faire partie du spectacle… Y’a des gens qui auraient bien été bouffer sans se taper un quart d’heure de plus).

Procellus, ou la Raphie within.

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dehors, la musique

Haaan ! Haaan !

28 septembre 2006

Mais pourquoi personne ne m’a prévenu ?!
Ca va quoi, c’est mon seul bon score à Singstar, je vais pas louper ça !

Procellus, ou j’assume.

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dehors, la musique

Mes folles nuits

24 septembre 2006

J’ai passé la nuit de vendredi à samedi à faire quelque chose qui ne m’était pas arrivé depuis looooongtemps (non, pas ça, hélas. Ca ne m’est pas arrivé depuis longtemps, aussi, mais non) : j’ai dormi.

Couché presque tôt, et levé plutôt tard.
Je suis un homme neuf, un homme réveillé, un homme aware !

Du coup, pas besoin de vider le tube d’anti-cernes avant de sortir, je ne risque pas de faire peur aux petits enfants dans la rue. Pas besoin de m’injecter de l’aspirine en intraveineuse tellement le manque de sommeil se transforme en mal de tête. Pas besoin de sniffer du café pour essayer de me réveiller.

Bon, en fait si, j’ai eu besoin de faire tout ça, on ne rattrape pas des mois de nuits blanches en une seule fois.
Ou peut-être en hibernant.

J’aurais pu continuer sur ma lancée, et bien dormir aussi cette nuit.

Surtout que c’était bien parti, j’ai passé cinq heures à vider verre de champagne sur verre de champagne (oh, je l’ai pas goûtée cette bouteille là ! Pas de mélanges, je finis mon verre d’abord. Il est plein ? Ok, cul-sec !), j’étais donc bien parti pour cuver tranquille, et qu’on ne me réveille pas avant euh… bah, euh, qu’on ne me réveille pas, quoi.

Mais en fait, rentrer passablement complètement bourré (quand même…) en vélo, à une heure du matin et me manger un ou deux murs, puis être réveillé quelques heures seulement après m’être couché effondré par les voisins qui crient (mais, est-ce que ces gens savent parler à un volume que l’oreille humaine est faite pour supporter ?), ça ne m’a pas aidé.

Bizarrement, ça va, je me sens à peine fatigué, et presque en pleine forme.

Procellus, ou comment dormir, au final, c’est trop grave inutile.

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Ma ville

14 septembre 2006

Ma ville, c’est la plus belle ville du monde. On a le château, avec le plus grand donjon médiéval d’ Europe. En plus, du donjon, on peut jouer à “Je suis le roi du monde !”. Et c’est rigolo.

Même que dans ma ville, on a le marché un jour sur deux, alors un jour sur deux, on ne circule plus, ni à pieds, ni en vélo ni en voiture, mais c’est pas grave, parce qu’on peut acheter des produits aux vrais marchands, ce qui est une vraie garantie de qualité.
Ouais.

Dans ma ville, tout le monde est gentil, et au moment de la fête des voisins, on fait attention de faire ça à proximité de bancs publics, pour que nos vieux se fatiguent pas trop. Ca serait pas super de les voir claquer pendant la fête, quoi.

Du coup, avec son château et sa population de vieux, dans ma ville, on a l’impression d’habiter en province, dans une ville des châteaux de la Loire. A cinq minutes de Paris.
Et c’est chouette de pouvoir rentrer tard le soir (i.e. quand la nuit est tombée), quand il n’y a plus personne dans la rue, ça me donne l’impression d’être dans MA rue. Juste pour moi.
Combien on est, à Vincennes, à pouvoir dire à quoi ressemble la ville, quand la nuit est tombée ?

En plus dans ma ville, malgré la proximité du zoo, on s’occupe bien des animaux.
Et on sait qu’un chien mal dressé, c’est avant tout un maître mal élevé.

Alors, dans ma ville (enfin, au moins dans ma rue), on fait tout ce qu’on peut pour les éduquer.


Ou alors, c’est à cause de tous ces vieux qui s’oublient.

Vincennes, ou ne pissons que dans les espaces publics.

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Il y a certaines choses qui ne s’achètent pas

8 septembre 2006

Hier, j’ai vu mon père. Comme à chaque fois, il a fallu l’occuper presque toute l’après-midi. Cette fois, on a choisi l’option balade dans Paris, on a marché des Halles jusqu’à l’Arc de Triomphe, mais sans se taper la montée et la vue, parce que ça va quoi, on n’est pas des sales touristes non plus, tu nous as bien regardés ?

Avec toutes ces conneries, quand j’ai enfin pu le laisser, j’ai eu tout juste le temps de repasser chez moi, prendre mes affaires et filer au squash.
Après quarante minutes de tapage dans la baballe, à faire des câlins aux murs qui sont mes amis, et à me concentrer à mort (parce que sur le court où on jouait, les marquages sont bleus, de la même couleur que la balle, donc une fois sur deux, je ne la vois pas), j’avais perdu plusieurs litres (au moins) de sueur, et dépensé tout ce trop plein d’énergie que mon corps avait emmagasiné pour l’hiver qui approche, à grand renfort de rienfoutage.

Du coup, une fois arrivés à Ikea pour la nocturne du jeudi, j’étais un peu sur les rotules.
J’ai testé plein de fauteuils et de canapés. C’était bien. David épuisé, David heureux.

C’est sans doute à cause de mon état de fatigue que c‘est arrivé.

Je n’avais presque rien acheté, j’en ai eu pour seize euros.
Comme il y avait du monde aux caisses, pendant qu’on faisait la queue j’ai machinalement sorti mon portefeuille, pour préparer la carte bleue et gagner ainsi un temps précieux, parce qu’il fallait encore dîner, et il commençait à faire faim.
Sans vraiment regarder, j’ai sorti ma carte du recoin où elle est normalement rangée. Ca m’a pris quelques instants pour me dire que ce que je tenais avait une drôle de consistance. J’ai vérifié que c’était bien ma carte. Et j’ai eu raison.

Sinon, j’aurais tendu un préservatif à la caissière.

Procellus, ou le paiement en nature.

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Hommage à Mère Nature*

15 juillet 2006


Pour certains, la nature, c’est Bambi, les p’tits animaux dans la forêt. La verdure, la cueillette des champignons à l’automne, l’eau qui gazouille et les bêtes qui viennent y boire leur coup.

Pour d’autres, c’est la montagne, les grands paysages, les beaux espaces, un grand bol d’air pur.

La nature, ça peut aussi être trier ses ordures, économiser l’eau et l’électricité, voter écolo, tout ça pour protéger les générations futures et leur laisser un monde plein d’avenir.
Alors qu’à Greenpeace, ils l’ont bien dit : la Terre, elle est trop forte, et c’est pas parce que l’homme est apparu depuis 10 minutes que ça va y changer quoi que ce soit.

La nature, elle était là avant, elle sera là après.

Mais n’oublions que le plus souvent, quand ça n’est pas les allergies au pollen ou les pigeons qui chient sur les balcons, la nature, c’est aussi ça :

Procellus, ou la (difficile) survie en milieu hostile.

* Ta Mère la pute.

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Mes vacances

11 juillet 2006

Parce qu’à l’origine, c’est un p’tit gars ben d’chez nous.

Parce que maintenant, c’est un héros ben d’chez eux.

Parce qu’ils l’assument sans vraiment avoir l’air de se rendre compte.

Parce qu’à son époque, les noms de famille n’étaient pas juste un héritage parental, mais une petite description de la personne, un peu comme dans un Disney.

Parce que du coup, son nom fait regretter de ne pas l’avoir connu.

Et parce que, voilà quoi.

Guillaume Couillard, ou des héros qu’on n’oublie pas.

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La coupe du monde de la solitude

9 juillet 2006

Ce soir, une vision étrange, au Ciné Cité Bercy.
Tout commence aux caisses. Personne. Juste quelques guichetiers, ça et là. Personne pour acheter des friandises, du coup on peut commander en huit fois et en une heure. Le pied.

Ensuite, devant la salle 33 (une des grandes salles, donc), quelques instants avant la séance : personne. Du jamais vu.
Mais euh les gens, vous êtes où ?


Du coup, c’est sympa, une salle pour deux.
Enfin, si cinq autres pèlerins n’étaient pas venus en cours de route, en s’excusant de nous priver de notre projection privée, ça aurait été sympa, une salle pour deux.

Et puis, en sortant du cinéma, personne. Bercy Village, complètement désert. Encore une fois, du jamais vu. On se serait cru un lendemain de catastrophe naturelle ou d’explosion atomique, les cadavres en moins.

La coupe du monde, ou comment vider une ville dans la soirée.

Comme vous pouvez le voir, mon téléphone fait des photos pourries. Si vous voulez que je sois heureux (Heureux ! E-R-E !), vous pouvez vous cotiser pour m’en payer un nouveau. D’avance, merci.

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See you later, alligator

25 juin 2006

Je pars en vacances pendant 2 semaines, et donc, plus de blog. Oui, je sais, c’est dur. Ne retiens pas tes larmes, lecteur, Procellus comprend ta peine.

Et pour que vous vous sentiez moins seul, je vous laisse avec ma mascotte du moment : Pooyoo.*

En ces périodes de fortes chaleurs, Pooyoo vous apporte un peu de sa fraîcheur natale. En plus d’être tout mimi adorable, Pooyoo aime rendre service.
Enfin, je dis ça façon de parler, parce que Pooyoo est un manchot, et je ne sais pas si ces bêtes là apprécient grand chose. A part glisser sur le ventre, et se faire gerber dans le bec par les parents quand ils sont petits, puis gerber dans la gueule des petits quand ils sont devenus grands. Un juste retour de bâton.
Le manchot, un animal rancunier ?

Pooyoo ne le sait pas, mais il a de la chance. Enfin, s’il ne se fait pas dévorer par un orque en allant pêcher sa ration de krill, il aura de la chance. Il ne va pas finir comme ses cousins du Sea World, bagué et en vitrine, à tailler le bout de gras avec des gens qu’il n’aime peut-être même pas, et ne pouvant plus glisser sur la banquise, parce qu’à Sea World, il n’y a pas de banquise.

Alors cet été, rendez un manchot heureux, boycottez un zoo. Si plus personne n’y va, ils fermeront, et on arrêtera de rendre les animaux tout fous, à les enfermer dans des toutes petites cages.
Oui, je sais, je suis dur dans mes propos, mais quand il y a un vrai problème de société, un sujet brûlant, je n’hésite pas, j’enfile mon costume de justicier, et je dénonce la barbarie et l’abus.

Procellus, ou la lutte sans fin pour un monde plus beau.

*Certains noms ont été modifiés.

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Je m’aime, tu m’aimes, il m’aime…

14 juin 2006

Aujourd’hui, j’ai décidé de prendre mon avenir en main, et de retourner m’inscrire à la fac. Parce qu’être rentier, c’est bien, mais être rentier et faire des études, ben… apparemment, ça fait mieux.

Seulement, retourner s’inscrire à la fac, ça implique de prendre le métro, marcher dans le Xème arrondissement à pieds, parler à l’administration, et risquer de croiser des gens que je n’ai absolument pas envie de voir : mes anciens camarades, qu’ils crèvent.

Ma réinscription est plus importante que ces petites angoisses, alors je vais faire comme si je n’étais pas névrosé et phobique, et que tout ça ne me faisait pas faire dans ma culotte.
Je vérifie bien les horaires d’ouverture de la scolarité, je prends ma carte d’étudiant, je respire un bon coup, et j’essaie de me calmer.

Mode maître du monde : ON.

J’enfile mon polo Abercrombie. Comme ça, même avec mes valises sous les yeux (bah oui quoi, il fait chaud et on dort mal !) et pas rasé, je suis une pure bombe. Les femmes me dévorent du regard, et les hommes qui ne veulent pas sauvagement me faire l’amour, là, en pleine rue, m’envient et me jalousent.

En plus de mon pouvoir sexuel, que je lis sur tous les visages, tout me dit qu’aujourd’hui, tu vois, c’est ma journée.
Je suis jeune, en pleine ascension, je ne suis pas encore sur la pente “vieillesse - déchéance - oubli”. Je suis plein d’avenir, un excellent coup, potentiellement riche, et là je vais faire des études, même pas parce que j’en ai besoin, juste pour essayer d’avoir un travail et de vivre comme le commun des mortels.

Et si quelqu’un que je connais m’aborde, je lui ferai bien comprendre que je lui accorde quelques instants de mon temps, afin que dans mon infinie miséricorde, je le laisse, pauvre fou, baigner dans la lumière de ma perfection.
Viens, approche de David, tu peux lui parler pendant quelques secondes. Si tu n’es pas trop pète-couilles, je t’autoriserai même à le raconter à tes amis, si tu vois encore un intérêt à avoir des amis - ou même une vie -, après cette expérience.

L’assurance, c’est dans le regard et la démarche.

Voilà quoi. La prochaine fois, j’essaierai quand même d’aller à la fac un jour où la scolarité n’est pas exceptionnellement fermée.

Mode maître du monde : OFF.

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dehors, les études

Paranoïa

6 mars 2006

L’autre jour, je suis sorti de chez moi sans mon sac. Parce que parfois, dans la vie d’un homme, on pense que le sac, c’est superflu.

Mais une fois arrivé dans le métro, je me suis retrouvé un peu bête, il me manquait quelque chose. Je m’en suis rendu compte quand d’un coup, la foule s’est infiltrée.
En cas d’affluence, je ne me sens jamais en sécurité. Mais d’habitude, j’arrive à me raisonner :
Ok, tu es un grand garçon, tu es dans le métro, il ne peut rien se passer. Rien. Ca n’arrive que dans les films, qu’un volcan surgisse et qu’un flot de magma en fusion vienne tous nous cramer.

Evidemment, l’autopersuasion, ça n’a qu’un temps, donc j’ai trouvé un autre truc : je me dis que de toute façon, quoi qu’il arrive, j’ai de quoi me défendre :

- si on m’agresse, j’ai un stylo que je peux parfaitement planter dans l’oeil de mon attaquant. L’oeil peut à loisir être remplacé par la jugulaire.
- Si quelqu’un se trouve mal, je pourrai mettre en application mes cours de secourisme télévisuels et pratiquer une trachéotomie d’urgence avec mon Bic.
- Si j’ai soudain un éclair de génie, j’ai un papier pour le noter.
- Et si vraiment la situation dégénère, je pourrai toujours faire un chèque.

Oui, la seule arme vraiment valable dans mon sac, c’est mon stylo.
Mais là, que tchi, de stylo il n’était point. Et quand tout le monde est entré dans la rame, j’ai eu un petit moment de panique. Rien. Pas de stylo. Rien pour me protéger. Rien pour attaquer, non plus. (Aucune hypothèse ne doit être laissée de côté. Dans le métro, il ne faut jurer de rien.)
Bien sûr, je peux toujours en étrangler un ou deux avec le câble de mes écouteurs, mais est-ce qu’on a déjà éprouvé la solidité de ce petit fil ?

Du coup, j’envisage sérieusement de glisser, de façon préventive, un stylo dans tous mes vêtements.

Et un sous le lit aussi, on ne sait jamais.

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La Galerie de l’évolution

25 novembre 2005

Hier, journée culture : je suis allé voir la Galerie de l’évolution (sans l’exposition sur les rituels amoureux du monde animal, j’avais ma migraine et pas le coeur à ça).

Tout d’abord, je tiens à dire que je préfère, et de loin, voir des animaux morts, dont on a arraché la peau pour la retendre sur une armature en bois, métal ou autre matériau, que de les voir au zoo. Je n’aime pas les zoos.
Si ça ne tenait qu’à moi, dès qu’un animal meurt dans un zoo, il faudrait l’empailler et le laisser là. Personne ne verrait la différence. Mais comme ça n’arrivera jamais, j’aimerais encourager les badauds qui se pressent devant les cages des gorilles à déserter les zoos et à venir voir les cadavres de la galerie de l’évolution. Au moins, c’est éducatif.
Enfin bon. Refermons cette parenthèse.

J’ai découvert un truc fabuleux là-bas. Une fois qu’on a survécu à la montée dans l’ascenseur (bouh la petite cage en verre qui tremblotte pour monter 3 longs étages !), on arrive à la salle des espèces disparues ou en voie d’extinction, dont le dodo est le plus fier représentant. D’ailleurs, tout le monde vient voir ledit dodo. Du coup, ils l’ont mis en dehors de la salle, parce que les chevaux de Prevalski, franchement, tout le monde s’en fout.

Du coup, la salle des espèces disparues ou en voie d’extinction peut devenir un vrai baisodrome. Elle est complètement déserte, car inintéressante au possible. C’est éclairé comme il y’a cent ans, donc quasiment pas. Il faut laisser la porte fermée en permanence. Ladite porte s’ouvre très difficilement et bruyamment, ce qui permet de se rhabiller au cas où quelqu’un entrerait. En plus, il y’a plein de recoins.
D’ailleurs, je crois que le couple qui est entré quand je sortais avait l’intention de tester la baisabilité de l’endroit.

Il faut absolument que je retourne m’instruire, en bonne compagnie cette fois-ci.

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dehors, la luxure

Un nuage de lait avec votre eau chaude ?

18 novembre 2005

Quand j’entends “salon de thé”, ça m’évoque plein de choses.

D’abord, le thé, l’Angleterre Victorienne, la classe. Sir Thomas Lipton rapportant fièrement à sa Majesté les feuilles de thé les plus délicates qui soient. Ou le monsieur des pubs Tetley, qui garde une stiff upper lip en toutes circonstances.

Ensuite, si on me dit “salon de thé à Vincennes”, mon imagination fertile me fait voir un petit salon cosy, des sièges en velours, des macarons sur des petites assiettes en porcelaine délicatement ciselée.
J’imagine des vieilles dames à cheveux bleus servant une bergamote à d’autres dames aux cheveux bleus, dans une atmosphère délicatement embrumée, comme un souvenir lointain.

Ce soir, en rentrant, je suis passé devant un salon de thé à Vincennes. Je ne l’avais jamais vu.
Eh bien, apparemment, je me suis fait beaucoup d’illusions. Un salon de thé, ça n’est pas rempli par des petites mamies qui sentent la violette et le Patchouli. C’est plein de gros Turcs bedonnants et moustachus qui servent du thé à la menthe à d’autres gros Turcs bedonnants et moustachus.

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