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Beau, beau, beau et con à la fois

29 novembre 2009

L’autre jour, pour passer, le temps, je suis allé faire un tour sur le site de Garûchûchû. Bien sûr, j’y allais comme toutes ces pucelles effarouchées qui n’ont jamais vu le loup, à la recherche de “rien de particulier” -à condition que ce rien de particulier ait entre vingt et trente-cinq ans, soit viril et TTBM.

Comme tous ces pédés bien comme il faut qui ne touchent pas au sexe, pas de ça non merci, je me réserve pour l’Amour (tout en précisant que je me déplace), j’attendais vos propositions (le pédé bien comme il faut, il est comme ça. Il ne veut rien, sauf si on lui propose : là c’est pas pareil, il a rien provoqué, c’est pas sa faute, lui Lolita), je passais en revue les différents profils, et dès que je tombais sur une photo de mâle organe, je la cachais à mon chaste regard en étouffant un gloussement, les joues rosies d’émotion.

Faut pas croire, je suis un homme marié, alors je ne vais sur ce genre de sites que pour “trouver des amis, au fait, tu es actif ?”.
Enfin bref, on l’aura compris, ces tantes qui n’assument rien ça m’énerve, et je vais me calmer avant de me transformer en vilain Hulk vert, parce qu’à l’inverse de Bruce Banner, je n’ai pas un budget chemises illimité. D’autant plus que je digresse, j’en oublierais presque ce que je voulais dire, ah crotte alors (surtout que ça va être intéressant, ce que j’ai à raconter !).

Au détour d’un profil, je suis tombé sur un beau gosse à moitié nu (roooh), que j’ai tout de suite reconnu. Mais ! Mais ! C’est lui qui bossait dans ce fast food (non, l’autre) à côté de mon boulot ! Vite vite, j’envoie son profil à Lapin, pour avoir confirmation, parce que je ne suis quand même pas physionomiste, mais bon, pendant 6 moins on a mangé des burgers juste pour le voir, alors il y a quand même de grandes chances.

Dès que son identité à été confirmée par Lapin, j’ai entamé la conversation, parce que c’est toujours rigolo de parler sur un chat gay à des mecs qu’on a d’abord vus dans la vraie vie. Et là, je me suis dit qu’il y a une justice. Très beau, gaulé comme un dieu grec, il réussissait même l’exploit de ne pas avoir ce regard de dinde décérébrée nourrie au Club Med Gym. J’aurais pu être dégoûté de n’avoir jamais osé lui parler quand on était voisins de boulot.
Mais non. En une phrase, il a réussi à apaiser tous mes doutes.

- Salut, ça va ? :) (oui, j’ai une approche super originale)

- Oui ça va, merci.

- Dis, c’est pas toi qui vendait des hamburgers à côté de Happy Time ? :)

- Oula, si si, mais c’était y’a lgtps ! :)

- Ben oui je sais, et tu fais quoi maintenant ?

- Je dîne avec mon chéri.

- … Non, mais… Je voulais dire, “ces jours-ci” ?

Curieusement, après ça n’est pas allé plus loin.

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la luxure

Vacances marocaines 3 : Du bout des doigts

18 novembre 2009

Quand j’ai raconté au boulot, à qui voulait l’entendre, que je partais en vacances, à Marrakech, ça va être cool !, une de mes collègues m’a bien mis en garde :

- Attention David, il y a deux façons de découvrir la ville ! Soit on fait tous les spas de tous les riads, on se fait masser pendant une semaine, on trouve ça génial mais on n’a rien vu du Maroc; ou on peut aussi visiter plus local : manger du couscous chez l’habitant et boire du lait de chèvre caillé, comme les touaregs, et là, on aime ou on déteste, mais au moins on découvre la vraie ville.

Je lui ai juré mes grands dieux que non, je n’y allais surtout pas pour les massages, pouah ! Sur le coup, j’étais sincère. Je n’y avais même pas pensé.
Quoi, on peut aller au Maroc pour les soins du corps ?
Mais ? Mais on m’aurait menti, il y a donc un autre intérêt au Maghreb que de se faire tripoter dans les souks et enfiler dans l’arrière-boutique, comme ils disaient dans le documentaire de Cadinot ?

Et lorsqu’en arrivant à l’hôtel nous avons trouvé, négligemment posée sur une table, une brochure pour leur Oriental Spa, j’ai bien compris ce qu’Allah essayait de me dire : je ne suis pas venu pour ça, mais je ne dois pas pour autant mourir idiot.
Quelques heures plus tard, rendez-vous était pris pour le lendemain.

L’expérience fut surprenante : après nous avoir enduits de savon noir, une accorte jeune femme nous a fait mariner pendant une demi-heure dans un hammam tièdasse, avant de nous faire un “lavage au gant de crin”. Le problème, c’est qu’avant de devenir laveuse professionnelle, elle avait dû bosser dans le bâtiment, et elle nous a frottés avec son gant comme on ponce un vieux mur : douloureusement.

Bien sûr, elle a essayé de se faire pardonner en nous oignant d’huile d’argan avant de nous confier à une douce masseuse, mais le mal était fait.
Enfin non.
Le mal fut fait au moment où je me couchais sur le ventre, pour recevoir les douces papouilles. Dès que ma tête s’est posée sur le coussinet prévu à cet effet, vestige de ma bronchite, j’ai senti monter la pire quinte de toux de ma vie, genre je suis sur le point de te cracher mes poumons, là, dans le petit bol plein de pétales de roses que tu as posé à terre pour que je regarde autre chose que tes pieds, madame.

La tête paralysée dans son petit cerceau en mousse, les bras coincés au dessus, je ne pouvais décemment pas me laisser aller à cracher mes miasmes, ça ne se fait pas. Alors je me suis forcé à respirer le plus doucement possible, en attendant avec impatience le moment où cet instant d’intense sérénité allait s’arrêter, et où je pourrai enfin tousser à m’en faire saigner la trachée.

Du coup, même si ma masseuse avait été un tant soit peu douée, et qu’elle ne m’avait pas gentiment effleuré la peau du bout des doigts, au lieu de me pétrir les muscles comme du bon pain, j’aurais été trop occupé à faire les gros yeux à mes bronches pour ressentir quoi que ce soit.

Cette première expérience des hammams marocains était un cuisant échec.

Si nous avions été malins, nous aurions pu en rester là, nous dire “ah non alors, ma collègue avait bien raison, les spas, ça craint du boudin !”.
Nous aurions pu.

Nous aurions dû.
Oh oui, comme nous aurions dû…

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non, rien

Vacances marocaines 2 : Autour de moi les fous

7 novembre 2009

Résumé des épisodes précédents : en raison d’une vie trop stressante, David et Lapin partent en vacances au Maroc.

À première vue, l’hôtel allait tenir toutes ses promesses : luxe, calme, volupté, et une réceptionniste qui a presque gardé son sang froid quand elle a compris l’ignoble vérité : “un seul lit ? Mais… Ça veut dire…?”. Oui, ça voulait dire.

Pendant l’exploration de notre nouvelle maison pour la semaine, nous avons fait une découverte stupéfiante, ralala : nous étions apparemment les seuls occupants de l’hôtel. Joie, bénies soient les vacances en dehors des périodes scolaires !

Mais bientôt, il a bien fallu se poser la question : si nous sommes seuls dans l’hôtel, mon cher Watson, où sont donc passés tous ces pignoufs qui nous ont empêché d’avoir les chambres premier prix ?
Peu de temps après, la réponse est venue nous frapper en plein visage.

Il se trouve qu’une année comprend cinquante-deux semaines. Si on ajoute à cette équation le nombre d’hôtels dans la ville, on se rend compte que les chances de réserver pile pendant l’open de poker de Marrakech, qui ne pouvait se dérouler que dans le casino de l’hôtel, étaient quasiment nulles.
Et pourtant…

Bien sûr, au début de la compétition, ils jouaient la nuit et dormaient le jour, c’était plutôt difficile de les rencontrer (et puis faut dire qu’on n’a pas vraiment essayé, imagine : tu vas en vacances, c’est pas pour partir à la chasse au Patrick Bruel).
Mais plus les jours passaient, plus les gros losers se faisaient éjecter du tournoi et venaient squatter notre piscine jusqu’ici quasi privée.

Et c’est là qu’on a bien été obligés de se rendre à l’évidence : on nous ment.

Quand on dit poker, on entend casino, James Bond, classe, smoking, Monte Carlo, pépées russes vénales moulées dans des robes bustier qui menacent de leur faire exploser les seins si elles respirent trop fort, champagne, cigares, smokings blancs et Ferrero Rocher à profusion.

Eh bien non.
Le joueur de poker, c’est tout sauf ça. Le joueur de poker, c’est le kéké de base, qui tune sa caisse, se gratte allègrement les couilles sous son boxer de bain vert fluo, et qui trouve que Lara Croft elle est bonne, putaing !
Alors oui, au début du tournoi, ils étaient calmes, ils y croyaient, on était tranquilles !

Mais plus la compétition avançait, plus ils perdaient d’argent (t’es mauvais, t’es mauvais…), et plus ils étaient énervés. Alors, ils se retrouvaient autour de nous pour en discuter. De plus en plus. De plus en fort.
À la fin, on était cernés par des hystériques, la bave aux lèvres et l’œil injecté de sang, qui se beuglaient des “brelan de dix, con !” et autres “je l’ai flushé au roi, bordel !!!”, à tout bout de champ.

Bien sûr, on aurait bien voulu participer, flusher au roi ça a l’air d’être trop de la balle, mais pudiquement, comme le font les grands de ce monde, nous avons préféré laisser la plèbe se vautrer dans la fange de leur futile excitation.

Alors, nous sommes sortis de l’hôtel.

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