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Les meilleures actrices du monde

26 juin 2009

Aujourd’hui, face aux terribles heures que vivent les pages people, après la victoire de Soan, la mort de Farrah Fawcett, rapidement éclipsée par celle de Michael Jackson, il est important de se tourner vers d’autres cieux, plus rayonnants.
Le roi est mort, vive le roi, comme on dit dans ces cas-là.

Le roi que je voudrais célébrer aujourd’hui est une reine, qui faisait pâlir Farrah dans la vie comme Bambi l’a supplantée dans la mort : Emily Procter, alias Calleigh Duquesne, dans Les Experts : Miami. Meilleure série de tous les temps, qui marque autant par son ouverture d’esprit -”Ah, vous l’avez tuée…? Bon, mais c’était une pute, elle était déjà morte à l’intérieur, qu’on ne vous y reprenne pas !”, que par le talent de ses protagonistes, David Caruso en tête, le seul homme au monde à avoir moins de charisme qu’une huître.

Mais la palme de la série revient néanmoins à Emily / Calleigh, dont la palette d’expressions ferait rêver Ingrid Chauvin, mais voyez plutôt.
Sous vos yeux ébahis, La Procter interprète :

la joie;

la tristesse;

l’espoir;

l’envie de chier;

la colère ravalée;

l’amour;

la compassion.

Sous un tonnerre d’applaudissements.

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ma télé et moi

Ce que la version 3.0 change pour moi

18 juin 2009

Aujourd’hui, comme une grande partie de la population mondiale, mon iPhone de David ! (c’est son nom) est passé à sa version 3.0. Ce qui veut dire, entre autres, que je peux maintenant envoyer des MMS.
Ouiii ! À moi les messages instantanés avec des images ! Je vais enfin pouvoir prendre des photos de mon cul et les envoyer à tout mon répertoire !

Un de mes premiers réflexes, une fois l’OS installé, a été d’envoyer un message à Keupine, pour qu’elle arrête de me narguer avec ses MMS à la con, que jusqu’à présent je ne recevais pas, et que son téléphone tût pûrri gère sans problèmes.
J’ai eu cette idée de génie, si si, vraiment, de faire parler l’image :

Sa réponse -malheureusement- ne s’est pas fait attendre :

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la technologie

Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver

14 juin 2009

À Happy Time, on n’est pas généreux sur la paye, comme me le rappelle quotidiennement Maman Procellus, mais on a un bon comité d’entreprise. Ils offrent (enfin, “offrent”, hein, comprenons-nous bien) souvent des voyages au bout du monde, pour que les moins fortunés aient le plaisir de partir en Chine, au Yémen ou en Turquie avec touuus leurs collègues, et ça c’est trop du bonheur.

Tous les ans pour la fête des mères, ils offrent aussi des cadeaux pour féliciter les reproductrices, avec une coupe de champagne en prime : du coup elles reviennent travailler en fin de journée complètement pompettes. Ils sont pas cons, notre comité d’entreprise : des cadeaux pour la fête des mères dans la plus grosse boîte à pédés de Paris, ils sont sûrs de ne pas se ruiner.

Mais cette année, ils ont entendu la révolte gronder dans nos rayons : des miyards de pédés et goudous pas contents d’être toujours lésés lors des distributions de cadeaux, parce qu’à Noël c’est la même histoire : on offre des trains électriques aux bambins, mais nous autres grands enfants, on peut se toucher (et on ne se prive pas).

C’est pour ça que l’autre jour, ils ont affiché ce mot, qui disait en gros qu’en “ces temps de crise, la culture est trop souvent oubliée. Pour permettre à tous de rêver un peu, notre CE offrira donc un chèque culture de 50 neuros à tous les employés”.

Enfin, un beau geste !

Mais le seul problème, c’est l’idée qu’ils ont l’air de se faire de la culture.
Parce que parallèlement à cette opération “la lecture pour tous”, le magasin a essayé de booster ses ventes de livres, en organisant un évènement digne des plus grands salons littéraires.

Le jour où on nous offrait un chèque culture, comble de l’hypocrisie, on recevait également Sophie Favier en dédicace, pour la sortie de son livre “Comment j’ai perdu 10 kilos en 3 mois”.

Ce jour-là, pour la première fois, j’ai eu honte de travailler à Happy Time.

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au boulot

Je ferme un oeil et je deviens Roi

11 juin 2009

Jeudi dernier, pour mon début de semaine -oui, mes semaines commencent tard, mais c’est pas ma faute à moi, c’est mon emploi du temps qui est fait comme ça- j’étais au défouloir pour clients, à discuter avec Fantine et une autre collègue blonde sans intérêt aucun, qui ne sera donc pas nommée ici. Un de nos gardes républicains Happy-Timiens s’est approché, avec à son bras un homme étrange : il portait des lunettes de soleil à l’intérieur (le con) et un grand bâton blanc, un peu comme Gandalf.
Il nous a expliqué qu’en réalité cet excentrique était un aveugle -ahhh, c’est donc ça !- et nous a demandé d’appeler le service clientèle, pour qu’ils envoient quelqu’un l’aider à faire ses achats.

Le problème, c’est que le règlement vient de changer : le service clientèle ne peut plus s’occuper des cas sociaux, on doit donc mettre en place un système de chaîne. C’est à dire que depuis l’entrée du magasin, les vigiles accompagnent le pas-d’z'yeux au rayon désiré, où ils refilent le bébé au vendeur, qui passera la patate chaude au rayon suivant (enfin, si notre non-voyant a d’autres courses à faire, bien entendu). Et ainsi de suite, jusqu’à la caisse.
C’est à ce moment que le système de la chaîne atteint ses limites : les caissiers ayant interdiction de quitter leur poste, le client est obligé d’attendre sagement dans un coin que la journée soit finie, afin que la personne qui l’a encaissé puisse le raccompagner jusqu’à la sortie.

Et ce jour-là, j’avais la bougeotte. On était trois chargés d’accueil, à un poste qui ne comporte que deux places. J’en ai profité pour faire mon Samaritain, et j’ai décidé d’accompagner Gandalf faire ses achats.

Ce fut ma première erreur de la journée.
La seconde a été de lui demander : “alors monsieur, qu’est-ce que vous êtes venu acheter chez nous ? :D “.
Il ne voit pas.
Et il cherchait une petite pochette pour ranger ses papiers, et remplacer sa banane moche -on le comprend.
Pendant notre voyage jusqu’au territoire de l’Homme, j’ai commencé à lui expliquer ce qu’il pourrait trouver : euuuh, c’est comme un petit sac-euh, en bandoulière (une besace David, ça s’appelle une besace), c’est à la modeuh, je sais pas si vous connaissez…?

Je me suis cru sauvé au moment où un vendeur s’est présenté à nous. Patate chaude, hop, à toi ! Mais vu la tournure que prenaient les évènements, j’ai décidé de rester.
J’avais pourtant expliqué en arrivant, le plus politiquement correct du monde, que j’accompagnais un client non-voyant. Mais monsieur Tact n’avait manifestement pas la lumière à tous les étages, il n’a pas arrêté :

- Alors vous voyez, j’ai ce modèle-ci… Il y a le premier que je vous ai montré, sinon… Et je ne sais pas si vous avez vu, mais les poches sur ce modèle…

En montrant à chaque fois les besaces à Gandalf, qui souriait, imperturbable, mais ne réagissait évidemment pas plus que ça. Le fait que j’attrape tous ses articles pour les mettre dans les mains du client qui se mettait à les tripoter si sensouellement ne lui a fait tilt à aucun moment.

Du coup, j’ai décidé que je ne l’aimais pas, et j’ai tout fait pour lui pourrir sa vente. Dès qu’il s’éloignait un peu pour aller chercher le modèle suivant, je me transformais en immonde Iago du commerce, et déversais mon fiel dans l’oreille de Gandalf :

-Alors celui-ci, le vendeur le porte en ce moment même, et je n’aime pas du tout, on dirait qu’il a un k-way en bandoulière… Le deuxième ? Moui, si vous voulez vous promener avec le même sac que Paris Hilton… Ah ben oui, le cuir de cette besace peut être chouette, elle coûte quand même 220 neuros !

Et ainsi de suite.
Une fois qu’il a été dégoûté de tous les modèles qu’on lui présentait (oui, bon, il est reparti bredouille, mon plan n’était pas si infaillible, mais je travaille mal dans l’urgence), j’ai dû lui faire à nouveau traverser tout le magasin, pour l’amener au rayon des tue-cafards, où je l’ai confié aux bons soins de monsieur le droguier, afin de retourner à mon poste.

J’ai poliment pris congé, et j’ai couru pour raconter cette histoire à Fantine et à la blonde, qui m’ont toutes les deux posé cette excellente question :

- Mais ? S’il est aveugle, comment il sait qu’il a des cafards ?

Question qui m’a tenu éveillé jusqu’au lendemain matin.

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