Procellus

  • rss
  • Derniers posts
  • À propos
  • NabazDav
  • Contact

Pourquoi je ne cherche pas à me faire des amis au travail

10 février 2009


Bien sûr, j’ai eu du mal à me faire à mon nouveau poste : le boulot n’avait plus rien à voir avec l’ancien, j’avais presque des responsabilités (les malades), et surtout, on avait remplacé le contact avec la clientèle par des collègues avec qui je dois rester enfermé toute la journée, dans la même pièce. Quand on est autiste et paranoïaque comme moi, ça donne une réaction du genre : aaaaah !
Parce que même si c’est des boulets, on les aime bien les clients, surtout quand ils m’abreuvaient de cadeaux, de drogue ou d’insultes -heureusement pour obtenir des résultats similaires, il me reste encore les plans cul.

J’ai quand même fini par m’habituer et apprivoiser le travail, debout sur ma chaise avec un fouet à la main, à crier des ordres en allemand à tous les caissiers qui appellent. Après des débuts hésitants, je réponds maintenant à toutes les questions qu’on peut me poser, je m’avance dans le boulot, bref, j’assure.
Je suis même à l’aise avec les gens, et il m’arrive d’avoir des discussions personnelles avec mes collègues : à celle qui me parlait de ses remontées acides quand elle boit du jus d’orange (ewww), j’ai raconté ma fausse dent qui a bougé en poussant toutes les autres, et qui me fait saigner la bouche en permanence, ‘iens, ‘ega’de (ewww encore plus, Collègue : 0, David : 1).

Le bureau du sous-sol est devenu mon fief, ma terre de prédilection, mon domaine : on me reconnaît quand je décroche, je n’ai plus peur de m’engueuler avec les petites caissières de merde (dont je n’ai jamais fait partie, non non non), je suis enfin devenu quelqu’un.
Aujourd’hui, je peux enfin dire la tête haute que ma vie ressemble en tous points à ce dont je rêvais quand j’étais petit.

Enfin non, absolument pas. J’ai un boulot de merde (comme me le rappelait ma mère hier encore), quand je rentre le soir, j’ai à peine la force de ramper jusqu’à mon lit, et je me fais exploiter.
Mais en bon masochiste, j’adore mon job, je m’y éclate comme une bête.

C’est pour ça que samedi, quand on m’a annoncé qu’on allait former Putasse (son vrai prénom est encore pire) pour bosser avec moi, sur mon terrain, j’ai tiqué. Certes, on est plusieurs à occuper ce poste. Mais les deux pauvres jours où elle vient travailler, la place est déjà prise. Par moi.
Comme elle n’arrive qu’en fin d’après-midi (contrat de feignasse), j’ai passé toute la matinée à supplier Girafa, ma big big boss : ça ne sert à rien, à l’heure où elle vient tout sera déjà fait, elle va être dans mes pattes, bouhouhou…
Une nouvelle tête dans une équipe que j’ai mis six mois à accepter ? Je crois pas, non.

Rien n’y a fait. À seize heures pétantes, Putasse était là, avec son chewing-gum, son humour de pouffe et ses hanches généreuses.
Comme prévu, elle a passé la journée dans mes jambes, à discuter avec ses copines, sans que je lui explique quoi que ce soit sur ce qu’on attend d’elle, parce que faudrait voir à ne pas pousser le bouchon trop loin, Maurice.

J’étais tout occupé à la détester quand j’ai eu une idée de génie. À l’heure où le magasin ferme, quand on s’apprêtait tous à faire nos heures supplémentaires, je lui ai proposé de partir, ça ne sert à rien que tu restes, tu ne verras rien de plus ce soir, allez je te fais une fleur, vas-y on peut fermer sans toi !

Un samedi soir, soutenu par Girafa, je n’ai pas eu à lui dire deux fois. La porte s’était à peine refermée sur son gros cul que je commençais déjà à la descendre en flammes, auprès de tous. À qui voulait l’entendre, je répétais que vraiment, elle ne convenait pas pour le poste, t’as vu comme elle a deux de tension, et elle travaille pas elle discute…
Je n’ai rien laissé passer. L’ambulance flambait déjà, mais je continuais de la bombarder, à bout portant et au mortier. Sans scrupules.

Alors oui, c’est pas joli joli, moralement très discutable et sûrement une très mauvaise gestion de mes points de karma.
Je vais probablement être réincarné en pot de chambre, mais vu comme ça a bien marché, je suis content de moi, vous n’avez pas idée. :mrgreen:

Catégories
au boulot
Flux rss des commentaires
Flux rss des commentaires
Trackback
Trackback

« René Coty, notre Raïs à nous La mère suffisamment bonne »

4 réponses à “Pourquoi je ne cherche pas à me faire des amis au travail”

10 02 2009
Leto (00:49:15) :

You are SOOO mean. But in a way, that’s refreshing & good. Especially if the nickname Putasse fits her as much as it seems to do.

10 02 2009
Matoo (10:33:40) :

Comme je disais sur FB, tu es trooop Meg. :mrgreen:

10 02 2009
David (11:27:21) :

Merci ;)

10 02 2009
NapiNapo (17:11:47) :

J’adoooooooooore… !!!! Aussi jubilatoire que du Zemmour…^^

“Déjà Rastignac perçait sous Procellus.” ;)

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises html : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>


Blogroll

  • Antoine
  • Coquecigrue*
  • Cosmic Teddy
  • Delicious
  • Gai Luron
  • Garoo
  • Jérômeuh
  • Le blog de Ced
  • Le Nico Blog
  • Maeren
  • Monsieur le Chien
  • Pasfolle
  • Patapouf
  • PostSecret
  • Surimi Bleu
  • Theopiscence
  • Vie de merde

Archives

  • mars 2010
  • janvier 2010
  • novembre 2009
  • octobre 2009
  • août 2009
  • juillet 2009
  • juin 2009
  • mai 2009
  • avril 2009
  • mars 2009
  • février 2009
  • janvier 2009
  • décembre 2008
  • novembre 2008
  • octobre 2008
  • septembre 2008
  • août 2008
  • juillet 2008
  • juin 2008
  • mai 2008
  • avril 2008
  • mars 2008
  • février 2008
  • janvier 2008
  • décembre 2007
  • novembre 2007
  • octobre 2007
  • septembre 2007
  • août 2007
  • juillet 2007
  • juin 2007
  • mai 2007
  • avril 2007
  • mars 2007
  • février 2007
  • janvier 2007
  • décembre 2006
  • novembre 2006
  • octobre 2006
  • septembre 2006
  • août 2006
  • juillet 2006
  • juin 2006
  • mai 2006
  • avril 2006
  • mars 2006
  • février 2006
  • janvier 2006
  • décembre 2005
  • novembre 2005
  • octobre 2005
  • septembre 2005

Catégories

  • au boulot
  • cinéma tchi tcha
  • dehors
  • l'avenir
  • la famille addams
  • la luxure
  • la musique
  • la technologie
  • les études
  • les jeux
  • les voisins infernaux
  • ma télé et moi
  • mon nombril
  • non, rien
  • une page de publicité