Procellus

  • rss
  • Derniers posts
  • À propos
  • NabazDav
  • Contact

Ma vie en couleurs

28 juillet 2008

En ce moment, ça ne va pas fort, avec les grosses chaleurs et ma dépression saisonnière et tout et tout. Alors, comme je ne suis pas du genre à me laisser abattre sans lutter, ou au moins sans essayer d’y remédier, j’ai cherché une solution à mon problème.
Et j’ai fini par trouver, alléluia !

Finalement, quand on y réfléchit, la réponse était simple comme bonjour, devant mon si joli nez depuis le début : je n’ai qu’à rêver ma vie en couleurs, c’est ça le secret du bonheur, merci Peter Pan !
Non je rigole hein, ça c’est des histoires pour les enfant. En fait, le secret du bonheur pour les adultes est beaucoup plus simple : il faut se trouver un nouveau meilleur ami !

J’en ai trouvé un, et j’en suis très content, parce qu’il est beaucoup plus gentil que l’ancien. Déjà, l’ancien c’était Josh, mon ami imaginaire, et on n’arrêtait pas de s’engueuler : il s’amusait à m’enfoncer (et non, c’était même pas sexuel…), se moquait de moi et de ma carrière à Happy Time, et je suis à peu près sûr que c’est lui qui s’amusait à faire démarrer les travaux le matin à 8 heures dans la rue et l’immeuble, et à tuer les bébés phoques en leur donnant des grands coups de piolet.

Mon nouveau meilleur ami est autrement plus agréable : jamais un mot plus haut que l’autre, toujours d’accord avec moi, il me promet des journées calmes et reposantes, des nuits looongues et bercées de jolis rêves, et des moments où ma tension ne dépassera sûrement pas celle d’un gastéropode décédé.

Mon nouveau meilleur ami, je l’aime déjà.
Mais j’ai quand même hâte qu’arrive le jour où je pourrai enfin le reremplacer par Josh…

Commentaires
9 Commentaires »
Catégories
non, rien

Au bout du fil

25 juillet 2008

Un des trucs les plus pète-couilles à mon poste actuel (donc mon ancien nouveau job, pas le nouveau nouveau job, que je n’ai pas encore commencé, mais ça ne saurait tarder), c’est quand un client se présente parce qu’il a perdu son copain Boulet dans le magasin, et du coup il faut qu’on l’appelle.

Je ne passe pas les messages (putain, Dieu merci !) : mon rôle se limite à appeler le service clientèle, qui met quinze plombes à répondre, pendant que le client trépigne et me lance des regards méchants, genre je fais tout mon possible pour lui gâcher la vie. Ensuite quand ça décroche, je leur explique qu’il faut faire un appel magasin, ils prennent leur micro, vont s’enfermer dans une pièce complètement hermétique, pour qu’il n’y ait pas de bruits parasites, et ils le passent leur message très très vite pour se dépêcher de sortir, parce que sinon ils meurent asphyxiés.

J’ai assez rapidement appris de mes erreurs. Au début, quand les gens me disaient “je pirrrdiou mon ami, vous pivez l’appiouler s’il vus plait ?”, je leur répondais “oui bien sûr, il s’appelle comment ?”, en composant déjà le numéro, comme ça, le temps qu’ils décrochent j’étais tout prêt.

Le problème, c’est que souvent, on me répondait un truc du genre “Strkwghtzlk Wolgrzqxpti”, avec un grand sourire. Alors là, je me trouvais bête. Je souriais aussi. Je demandais de répéter, toujours en souriant. Et on me répétait : Strkwghtzlk Wolgrzqxpti. Alors j’essayais de retenir en gros la prononciation, Tina Arena arrive bien à chanter en français comme ça, et je ne crois pas être plus bête qu’elle, ça me ferait mal.
Mais le temps que le service clientèle réponde, j’avais eu le temps d’oublier trente mille fois les sons que j’avais entendus.
Plus bête que Tina Arena.

Alors maintenant, trop fort le mec, quand on vient me voir pour les messages, je tends mon petit bloc d’une main, je compose le numéro de l’autre, et je demande aux gens de m’écrire le nom de la personne. Après, y’a plus qu’à attendre que ça décroche, je leur prononce très vite ce qui est écrit, en épelant bien le nom. Hop, je me suis débarrassé du bébé les doigts dans le nez.

Mais en apprenant des erreurs desquelles j’avais déjà appris, je me suis rendu compte que c’était has-been de faire passer des messages dans le magasin : six fois sur sept (j’ai compté), quand un couple se perd dans le magasin, un des deux va chercher l’autre dans tous les étages, logique, pendant que sa moitié l’attendra dehors, ce qui semble moins logique, et qui diminue de beaucoup l’utilité des messages, qui ne sont malheureusement pas diffusés dans tout Paris.

Alors, j’ai découvert qu’il y avait une alternative à ces appels au micro.
La première fois, c’est une petite dame enceinte jusqu’aux yeux qui m’y a fait penser. Le magasin était fermé depuis dix minutes. Elle cherchait son mari. Deux solutions s’offraient à moi. Soit je faisais passer un appel, j’attendais avec elle parce que je n’ai pas le droit de fermer l’accueil tant qu’il y a un client, on risquait d’y passer la nuit parce que son mari s’était sûrement fait sortir par la sécurité, rapport à la fermeture, tout ça…
Soit :

- Ben… S’il a un portable, je peux vous passer le mien, pour que vous l’appeliez ?

Et depuis ce jour, quand quelqu’un est vraiment désespéré, et encore plus quand il est mignon (ce qui veut dire que ça n’arrive pas souvent), je propose de prêter mon portable, ou encore mieux, j’attends qu’ils réclament, mendient, et supplient. J’aime les voir ramper à genoux en se traînant avec les coudes devant moi, et me proposer de me payer une communication qui ne me coûte rien.

Et à chaque fois, au moment où j’ouvre le tiroir pour attraper mon téléphone, je me souviens.
Et merde.

Je sais pas trop de quoi j’ai le plus honte.
Du vieux téléphone de merde dans son ensemble, de cet étrange vestige de la fin du vingtième siècle ?
Ou alors, de son écran monochrome -ou bichrome, si on considère que “vert” et “vert plus clair” ça fait deux couleurs ?
Et en fait non, à chaque fois, la plus grosse affiche c’est quand même mon petit Winnie déguisé en dauphin, accessoire überviril s’il en est. Bien sûr, je pourrais essayer d’expliquer que c’était un souvenir de Copenhague, que c’était rigolo sur le coup, et que pour une raison qui m’échappe, j’avais voulu l’accrocher à mon téléphone. J’avais du mal, alors Lapin m’avait aidé, en y passant lui aussi dix minutes, et du coup je n’ai jamais osé l’enlever, pour ne pas le vexer.

Peut-être que les gens comprendraient, expliqué comme ça ?
Et puis je me tais.
J’ai un Winnie déguisé en dauphin accroché à un vieux Nokia monochrome.
Est-ce que je peux vraiment dire quoi que ce soit pour m’en sortir ?

Commentaires
3 Commentaires »
Catégories
au boulot

Il n’y a que des sottes gens

20 juillet 2008

Mon plus grand drame, c’est de ne pas savoir quoi faire comme boulot, ni même de ma vie. Bien sûr, je pourrais en parler à tous les gens que je rencontre, au cas où quelqu’un aurait une idée de génie à me proposer, la vision des choses qui éclairera toute mon existence sous un jour nouveau et me fera dire “mais oui, c’est ça que je veux faire !”.

Mais en plus de ne pas être du genre à aller parler aux autres de mes soucis, je me suis rendu compte, malin que je suis, que les gens ont tous la même réponse face à ce problème. Enfin non, pas une réponse, une question. Parce que les gens, c’est trop des surdoués, ils savent présenter l’équation simplement, et ils pensent à poser la question fatale, qui bien sûr ne m’était jamais venue à l’esprit avant leur brillante intervention :

- Ah bah c’est facile t’aimes quoi dans la vie ? Qu’est-ce qui t’intéresse ?

Sur un ton condescendant insupportable, avec un sourire satisfait et agacé. Satisfait d’être le petit génie qui va trancher mon nœud gordien, et agacé, parce que franchement si je ne trouve pas, c’est que je n’y mets pas du mien, je pourrais être comme tout le monde et avoir imaginé ma carrière de juriste depuis le collège, quand même !
C’est pour ne plus voir ce sourire ni entendre cette question qu’à chaque fois que le sujet pointe le bout de son vilain museau, je sors un mouchoir de ma manche, ou je me fous à poil, pour faire diversion.
Et en général, ça marche plutôt bien.

Ca m’évite d’avoir à me sentir un peu plus un loser à chaque fois, d’avoir à expliquer pour la enième fois que non, je ne sais pas ce que je veux faire, ce que j’aime ou ce qui me plaît, et de voir qu’en face on s’imagine que je suis un gros flemmard qui ne veut même pas se sortir les doigts du slip trois secondes pour se trouver un vrai job, alors que c’est franchement pas sorcier.

C’est aussi pour ça qu’Happy Time est si confortable. Je fais mes petites affaires tranquillement, en étant juste assez occupé pour ne pas déprimer à me dire qu’il faut trouver un vrai boulot, parce que eh, j’en ai un ! Le travail est rigolo, pas trop stressant, avec des horaires assez arrangeants… Bref, le petit boulot de rêve.

L’ennui, c’est qu’autour de moi personne ne loupe une occasion de me rappeler que c’est un petit boulot. Chaque fois que je vois ma mère, dans les dix minutes elle va me parler de mon petit salaire d’un ton chagriné, et en remettre une couche avec la régularité d’une horloge suisse, mes grands-parents proposent tout le temps de me payer pour reprendre des études, n’importe quoi, pourvu que ça soit autre chose…

Et plus le temps passe, plus mes compagnons d’infortune trouvent des vrais jobs, arrêtent d’être des pires losers que moi, et ça n’aide pas mon moral. Surtout que grâce à ce formidable outil qu’est facebook, je retrouve la trace de pleeein de copains d’école qui forcément ont tous des situations de rêve : “je viens de monter ma boîte ça marche super”, “on vient de me nommer à la tête d’une chaîne de télé câblée”, “je suis l’assistant personnel de Chris Evans, c’est vraiment l’enfer ma vie, je te raconte même pas”, “j’ai trouvé par hasard un job de voyageuse temporelle, d’ailleurs je pars avant-hier poser pour De Vinci, en fait la Joconde c’est moi”.

Pourtant, c’est pas faute d’avoir eu des idées et des projets fous. Depuis mon entrée en seconde (putain, en 1996, non mais je veux dire quoi, je suis entré au lycée il y a douze ans !), je me suis vu -dans le désordre- astronaute, avocat, journaliste, entrepreneur de pompes funèbres, patron de bar, prof, conseiller d’orientation, sans oublier le projet récurrent de fuite à l’étranger : en Australie, en Angleterre, au Danemark…
Comme je suis quelqu’un de très constant, courageux et optimiste, chaque projet a eu une durée de vie approximative d’un mois, avant abandon total et re-déprime parce que “je trouverai jamais ma voiiie”.

Surtout que chaque abandon est suivi des gros yeux pleins de reproches de la famille, et de l’inéluctable question, “mais tu vas faire quoi maintenant ?”. Ben continuer Happy Time, mais ça n’a pas l’air de compter pour “faire quelque chose”…
C’est dire si j’étais content de moi, avec mon projet de tourisme. Un vrai boulot, dont on peut parler la tête haute, un vrai avenir, quoi !
Je me voyais déjà tout ébloui par l’étincelle de fierté que j’allais allumer dans les yeux de mes parents, qui depuis le début me poussent à trouver autre chose que ce “boulot minable”. J’imaginais une scène bien gnian-gnian quand je leur en parlerai, où tout le monde se tomberait dans les bras les uns des autres en pleurant, genre “le retour du fils prodigue”, avec si possible un accompagnement au violon, des ralentis et une image grainée.

C’est dire si je me suis senti soutenu et encouragé quand mon père comme ma mère m’ont demandé du bout des lèvres, comme s’ils parlaient de fist-fucking : “le… tourisme…? Mais… Ca mène à quelque chose ?”.

La fuite à l’étranger, donc.

Commentaires
8 Commentaires »
Catégories
au boulot, l'avenir, non, rien

À la croisée des chemins

13 juillet 2008


Ma dernière lubie, c’est de bosser dans le tourisme (pas pour avoir des prix sur les plages de sable blanc nia nia nia, j’ai horreur de ça), une fois que j’aurai fini de trouver Happy Time amusant. Mais bon, pour ça il faut une formation (pour faire du tourisme hein, pas pour ne plus s’amuser à Happy Time).
Alors, je me suis renseigné. Il y a moyen de préparer ça par correspondance, ce qui m’évite de retourner à l’école, et de me faire appeler monsieur et taxer mon tipp-ex par tous ces boutonneux à peine sortis du lycée, et en plus ça me permet de rester encore un peu dans mes murs actuels, tellement confortables. Le seul petit souci, c’est qu’il faut faire des stages, et j’ai beau ne pas bosser à temps plein, ça risque d’être problématique, au niveau des horaires.

Pas grave, je vais aller voir Naëlle, la fille chargée de… euh… de… en fait, personne ne sait. Même quand, ivre de curiosité, je lui ai demandé, elle n’a pas été capable me dire de quoi elle s’occupait. Mais tout le monde s’est accordé à dire qu’elle était la seule à pouvoir me renseigner.

Alors pendant ma pause, j’ai pris mon courage à deux mains (mais j’aurais pu le prendre avec une seule, c’est pas un gros courage) et je suis monté au septième, vers les bureaux, vers Naëlle.
Et vers la treizième dimension (insérer ici une musique angoissante).

Arrivé devant la porte, j’ai toqué mais pas trop fort, parce que tous ces murs en préfabriqué, on ne sait pas trop à quel moment ça va se casser la gueule, et quand on m’y a invité, je suis entré.
Naëlle et ses colocataires de bureau étaient là, ce qui tombait plutôt bien -enfin surtout pour Naëlle, parce que les autres je m’en fous un peu. Je venais de m’asseoir quand, surprise et joie mêlées, elles m’ont proposé une part de gâteau et à boire, toutes les trois en chœur.

Euh pardon ? Je venais voir Naëlle, mais peut-être que je suis monté trop haut et que je suis arrivé directement sur l’île du Plaisir ? Vous avez du nectar, et de l’ambroisie ? Bon je vais juste prendre un jus de pommes alors.
Du coup, c’est la bouche à moitié pleine des restes d’un gâteau d’anniversaire fêté en loucedé dans leur bureau (c’était donc ça) que j’ai dû expliquer le pourquoi de ma venue :

- ‘e oud’ai fai’ u’e fo’mafion dans le (un peu de jus de pommes pour faire passer) tourisme, et j’ai vu qu’il y avait des stages, comment je peux faire, dis, dis ?

- Bonne question, hé hé, j’en sais rien !

- Bah arrête de rigoler bêtement et cherche, non ?

Alors elle a renversé la tête en arrière et s’est caressé les cheveux à deux mains, dans une pose très L’Oréalienne, parce qu’être jolie, ça aide à mieux réfléchir -enfin peut-être pas, mais quand on ne sait pas quoi dire, il vaut mieux être bien coiffée.
Et soudain, elle a redressé la tête. Elle savait.

- Ce qu’il te faut c’est un fongécif !

- Hein pardon ? Mais non tu as pas compris, je n’ai pas de champignons, je veux bosser dans le tourisme !

- Non non, pas un fongicide, un fongécif, bêta !

- ??? C’est une insulte ? Ca se mange ? C’est sexuel ?

- Un fongécif, ça veut dire que tu arrêtes de bosser pendant un mois, six mois, un an, tout en continuant à percevoir ton salaire, et pendant ce temps on te laisse faire ta formation, à l’école, et après tu nous reviens, car ton âme immortelle nous appartient pour l’éternité.

- Hmm, donc mis à part le côté “école”, qui est hors de question, c’est super intéressant, non ?

C’est à ce moment là que Girafa, ma Big Boss, est sortie de son bureau, curieusement situé à l’intérieur de celui de Naëlle (l’architecte d’Happy Time boit).

- Comment ça on parle de fongécif, David veut nous quitter ?!

- Hein mais non pas du tout, c’est Naëlle qui me parle de ça !

- Oui, exactement. J’ai regardé mon agenda, j’ai vu que j’avais du temps libre, alors j’ai eu envie de proposer un fongécif à quelqu’un, et c’est tombé sur David !

- Ah mais il fallait me demander, Naëlle, si tu veux vraiment faire partir des employés j’ai des noms à te proposer !

Et elles ont rigolé toutes les deux, sans que je comprenne vraiment pourquoi, parce que le niveau des blagues : zéro.
Girafa est partie, et je me suis dit que j’allais en faire autant, surtout qu’avec tout ça ma pause touchait à sa fin. J’ai promis à Naëlle que j’allais me renseigner sur cette histoire de fongécif, oh oui alors, parce que les champignons, quelle horreur !

En sortant du bureau, j’étais tout songeur, à me demander si je n’allais quand même pas saisir cette chance en or de poursuivre mon désir fou de devenir “vendeur de rêve” (mais non, letudiant.com ne survend pas le job !), quand dans le couloir, j’ai croisé Girafa, “par hasard” (on ne me la fait pas à moi).

- Alors David, tu veux t’en aller, c’est vrai ?

- Beeen… Non, je voulais juste voir pour bosser dans le tour…

- Parce qu’en fait, je voulais te voir !
Voilà, j’aimerais te proposer une nouvelle promotion, un nouveau job moins stressant, pour lequel tu serais parfait puisque tu es un tel parangon de génialitude, et que tu sens tellement bon, et que ton corps de rêve semble avoir été taillé par les dieux !
Bien sûr, ça serait temporaire, tu pourrais arrêter à tout moment si ça ne te convient pas, mais au final ça serait pour t’offrir encore une autre promotion, et finalement voir si tu aimerais prendre ma place, voire celle du directeur ?

J’ai ouvert la bouche pour répondre…
Et je suis parti en courant.

Parce que maintenant à cause de cette conne, je dois choisir entre :
1) suivre une formation pour faire un boulot qui pourrait potentiellement me plaire (glop), mais en arrêtant Happy Time pour aller suivre des vrais cours avec des vrais gens (super pas glop), ou
2) grimper les échelons d’Happy Time, donc rester dans une boîte où je m’éclate pour avoir un boulot un peu plus intéressant (glop), mais pour au final me manger le mur, parce que le jour où je me rendrai compte que c’était un job de merde et que ce que je voulais faire c’est du tourisme, il sera trop tard (super pas glop).

Et je suis très mauvais pour faire des choix (c’est d’ailleurs pour ça que j’ai une Magic 8 Ball et un Oui-Ja Board, mais j’ai peur que là ça ne m’aide pas).

Commentaires
6 Commentaires »
Catégories
au boulot

L’art de se faire des nouveaux amis - 2 (blame it on the karma)

12 juillet 2008

Aujourd’hui, j’étais en train de bosser quand j’ai vu arriver Salopa. Méfiance. Surtout qu’elle était encore avec fille que je ne connaissais pas, alors encore plus de méfiance, chat échaudé craint l’eau froide !
Soulagement, elle accompagnait simplement cette dame pour lui faire profiter de sa réduction employée, alors que c’est farpaitement interdit, mais dans mon infinie miséricorde, j’ai fermé les yeux (surtout que bon, moi-même je passe un peu ma carte à n’importe qui, alors charité hôpital tout ça).

Le problème c’est que Grolourdo rôdait. Et une femme qu’il connaît, accompagnée d’une autre qu’il ne connaît pas, il n’en faut pas plus pour le lancer.
Alors il s’est approché. Regard vers Salopa puis :

- Ah mais je vous reconnais, c’est vous qui tournez dans des films pornographiques !

Pouêt, pouêt !
Enfin non, personne n’a fait pouêt, il y a eu un petit silence.
Et un sourire désolé de la part de Salopa.

- … Je te présente ma mère…

J’ai bien mis cinq minutes à arrêter de rigoler.

Commentaires
2 Commentaires »
Catégories
au boulot, non, rien

L’art de se faire de nouveaux amis

9 juillet 2008

À la lointaine époque (six mois déjà) où j’attaquais mon nouveau poste, ce que j’avais trouvé le plus bizarre c’est tous ces nouveaux collègues que je découvrais, alors que depuis un an je leur passais devant tous les jours, mais sans les voir, p’tin, mais on a les mêmes patrons, on marche sur le même sol synthétique en même temps, on se croise, mais on ne s’est jamais vus ? Trop wouah !

Un que j’ai tout de suite beaucoup aimé, c’est Grolourdo, qui passe son temps à faire des blagues super lourdes. Genre les jours où je bosse avec ma collègue Indienne très gentille mais un peu coincée du cul et qui ne parle pas encore très bien le français, il vient la voir pour a) lui apprendre un nouveau mot, aujourd’hui “fellation”, ou b) lui demander si elle crie quand elle fait l’amour.
Ho ho ho, Groulourdo, oh toi alors.
Et je le trouve super drôle, dans son rôle de gros lourd obsédé (enfin, j’espère que c’est un rôle, parce que sinon, ça voudrait dire qu’il est juste lourd, et pas drôle du tout).

Un de ses jeux préférés, que j’ai découvert avant même de connaître son prénom, c’est “ce soir j’organise une orgie (comme toutes les semaines) !”. La première fois qu’il a fait cette blague, en me demandant si ce soir je venais au château pour participer à la petite sauterie qu’il organisait, j’ai eu comme un blocage.
Euh, c’est quoi ce mec ? Et il est sérieux là ?
Après, je me suis vite rendu compte que c’était pour déconner. Ce que j’aime bien avec cette blague, c’est qu’il ne parle jamais ouvertement d’orgie, juste de “soirée au château”. Après, chacun est libre d’y voir ce qu’il veut. Avec ma pureté virginale, j’ai d’ailleurs cru pendant des semaines qu’il parlait de bals masqués, si si, c’est vrai.
Et de la même façon qu’on finit par adorer une chanson de merde qu’on entend toutes les deux heures à la radio (Madonna poweeer !), au bout de deux mois à bosser là, j’étais son plus grand fan.

Sauf que récemment, j’ai appris qu’il allait partir, ouin snif nooon, Grolourdo pars pas !
Alors un jour, pendant ma pause je suis passé le voir, pour profiter de ces derniers instants d’humour lourd. Il était en train de discuter avec Salopa, une vendeuse bonnasse mais un peu vulgos et qui parle toujours très fort. Ils déconnaient sur les soirées au château, que bien sûr on continuera à organiser quand il sera parti, maintenant qu’on est tous habitués à occuper nos soirées comme ça !
Alors j’ai participé un peu à la conversation, et du coup fait la connaissance de Salopa.

Après, je les ai laissés là et je suis sorti pour discuter avec des collègues qui étaient aussi en pause (et qui comme moi auparavant ne connaissaient pas Grolourdo). C’était chouette. Tous les gens que j’aimais bien à Happy Time, tous réunis au même endroit. J’ai discuté avec tout le monde, j’étais un peu le centre de l’attention, et ça ne me dérangeait même pas, oh yeah !
C’est pendant cette expérience sociale inédite et hors du commun que j’ai vu s’avancer Salopa avec une de ses copines.
Elles rigolaient.

Je ne me souviens pas vraiment de ce qu’elle avait à me demander, peut-être dix centimes pour prendre un café, ou un mouchoir, bref on s’en fout. Non, ce dont je me souviens bien, c’est la façon dont elle m’a présenté à sa copine, avec un gros clin d’oeil, au milieu de tous mes collègues, et des passants, et de tout Paris, avec sa voix qui porte :

- Ah bah on n’a qu’à demander au charmant jeune homme, et puis tu vois lui aussi c’est un gros partouzeur !
Commentaires
2 Commentaires »
Catégories
au boulot, non, rien

Rain Man

3 juillet 2008

À mon poste dans les bas-fonds d’Happy Time, à l’abris de tous les regards, je suis bien tranquille. Mais là n’est pas la question, non. Ce poste, comme tous les autres postes, est installé comme suit : un plan de travail où je peux poser mon 20 Minutes pour faire les mots fléchés, et où les clients (quand il y’en a) peuvent s’affaler, taper du poing pour montrer qu’ils sont pas d’accord, oublier leurs affaires ou asseoir leurs enfants.
Et de chaque côté de ce plan de travail multi-usages à faire pâlir d’envie tous les designers d’Ikea, deux appareils, que j’appellerai “éléphants”, pour bien montrer à quel point c’est difficile de ne pas les remarquer, et aussi parce que c’est tout cool les éléphants, et en plus en utilisant des noms de code comme ça, j’ai l’impression de faire un job glamour style agent secret, ou scientifique qui fait des recherches ultra-secrètes.

(Si besoin était, preuve que l’éléphant c’est trop cool et trop meugnon)

Deux éléphants, donc : un pour moi et un pour les clients. Le mien me sert à voir ce que je tape sur mon clavier, et celui des clients, si je fais bien mon boulot, ne leur sert à rien : ça leur dit à peu près la même chose qu’à moi, mais avec moins de détails. Or je suis censé tout leur expliquer comme à des demeurés, et du coup ils n’ont même pas besoin de faire l’effort de consulter l’éléphant, et ça me permet de parfaire ma diction, parce que je me suis rendu compte que quand j’écoute ce que je dis, même moi j’ai du mal à me comprendre, tellement j’articule pas.

Quand je suis à ce poste-là, j’aime bien jouer avec l’éléphant des clients. Je le fais tourner sur lui-même, je lui offre une vraie vie, il fait des choses et de vit de bien belles histoires. Je pourrais aussi jouer avec mon éléphant à moi, mais ça serait beaucoup moins drôle, déjà parce que c’est mon outil de travail, si je l’abîmais je serais bien embêté, en plus je suis sûr que c’est interdit de jouer avec l’éléphant des clients, alors j’ai un peu l’impression d’être un rebelle.

Et puis c’est moins gênant si je casse l’éléphant des clients, parce que de toute façon comme je l’ai dit, il ne sert à rien.
Sauf ce soir, où j’avais un client étranger, qui ne parlait même pas le français, trop la honte. Bien sûr, j’aurais pu lui parler en anglais, mais au moment de lui donner ses sous, j’ai trouvé plus malin de lui montrer l’éléphant du doigt, pour lui expliquer combien il allait recevoir.
Et là, horreur, malheur, je me suis rendu compte que l’éléphant des clients avait disparu.
Nooon !

Clopin-clopant, j’ai réussi à me faire comprendre, en machinant mon éléphant à moi pour lui montrer ce que je refusais de lui dire (parfois, je refuse de communiquer, c’est mon côté autiste), et dès qu’il a été parti, je me suis précipité dans le bureau à côté, pour leur faire part de mon désarroi :

- Mon éléphant des clients a disparu, aaaah, au secours !

Comico a levé les yeux et m’a calmement répondu :

- Ben oui monsieur Procellus, mais vous savez, ça fait au moins deux semaines qu’il est plus là.

- ???

- Vous aviez pas remarqué ?

Ben non. Je viens de le voir.
Ca pourrait ne pas être grave, si je n’étais pas installé à ce même poste deux fois par semaine toutes les semaines depuis bientôt huit mois, avec rien d’autre à faire que de remarquer ce genre de petits trucs.

Je leur ai raconté à tous ma mésaventure, on a bien rigolé, ha ha, quelqu’un a piqué l’éléphant des clients, le con !, mais j’étais quand même sur le cul.
Je suis retourné “bosser”, et comme il n’y avait rien à faire, je suis rerereparti dans le bureau pour discuter avec Comico. Au bout d’un moment, j’ai remarqué une grosse tache verte dans un coin.

- Tiens, c’est nouveau votre énorme coffre vert chewing-gum, là ?

- Oulaaa… Non monsieur Procellus, ça c’est là depuis… depuis toujours je crois.

- Ooo… kay.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à me poser des questions.
Est-ce que le moment ne serait pas venu de faire attention à mon entourage, d’ouvrir les yeux sur le monde et tout ça ? Je veux dire, ça fait bientôt deux ans que je bosse là, et je commence à découvrir des trucs qui se voient comme le nez au milieu de la figure, c’est peut-être pas normal ?
Alors, pour ne pas risquer de faire une autre découverte choquante, genre “aaah, mais en fait je fais un job pourri ?!”, je suis retourné dans mon coin, me balancer sur ma chaise, le regard dans le vague.
Et je me suis calmé.

Commentaires
7 Commentaires »
Catégories
au boulot


Blogroll

  • Antoine
  • Coquecigrue*
  • Cosmic Teddy
  • Delicious
  • Gai Luron
  • Garoo
  • Jérômeuh
  • Le blog de Ced
  • Le Nico Blog
  • Maeren
  • Monsieur le Chien
  • Pasfolle
  • Patapouf
  • PostSecret
  • Surimi Bleu
  • Theopiscence
  • Vie de merde

Archives

  • mars 2010
  • janvier 2010
  • novembre 2009
  • octobre 2009
  • août 2009
  • juillet 2009
  • juin 2009
  • mai 2009
  • avril 2009
  • mars 2009
  • février 2009
  • janvier 2009
  • décembre 2008
  • novembre 2008
  • octobre 2008
  • septembre 2008
  • août 2008
  • juillet 2008
  • juin 2008
  • mai 2008
  • avril 2008
  • mars 2008
  • février 2008
  • janvier 2008
  • décembre 2007
  • novembre 2007
  • octobre 2007
  • septembre 2007
  • août 2007
  • juillet 2007
  • juin 2007
  • mai 2007
  • avril 2007
  • mars 2007
  • février 2007
  • janvier 2007
  • décembre 2006
  • novembre 2006
  • octobre 2006
  • septembre 2006
  • août 2006
  • juillet 2006
  • juin 2006
  • mai 2006
  • avril 2006
  • mars 2006
  • février 2006
  • janvier 2006
  • décembre 2005
  • novembre 2005
  • octobre 2005
  • septembre 2005

Catégories

  • au boulot
  • cinéma tchi tcha
  • dehors
  • l'avenir
  • la famille addams
  • la luxure
  • la musique
  • la technologie
  • les études
  • les jeux
  • les voisins infernaux
  • ma télé et moi
  • mon nombril
  • non, rien
  • une page de publicité