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Je pardonne mais je n’oublie pas (et je pique mes titres aux Corrs)

21 juin 2008

C’était il y a un an, jour pour jour. La fête de la musique 2007. Je m’en souviens comme si c’était hier. Normal, puisque c’est aussi le jour où mon père et ma marâtre ont essayé de me tuer. Ca à tendance à marquer.

Ca faisait un moment que je ne les avais pas vus, alors ça promettait d’être une soirée bien sympatoche, riche en retrouvailles émouvantes et viriles accolades, pour célébrer le retour du fils prodigue. En plus, je venais d’être libéré une première fois de chez Happy Time, alors j’étais plutôt de bonne humeur, ça change.

Ce que j’avais complètement zappé, c’est que ce soir-là c’était la fête de la musique (oui bon on le savait déjà, mais c’est parce que je l’ai écrit au début du post, c’est tout). Par contre, lui et Marâtre s’en souvenaient bien et avaient tout prévu : on allait manger un petit morceau vite fait et aller se balader tranquillement pour voir tous ces gens qui chantent, tiens, l’année dernière y’en avait même un qui jouait du Hugues Aufray, c’était trop bien.
À ce moment-là, je me suis dit que j’avais peut-être mal calculé mon coup. Aller chez mon père pour la fête de la musique et me retrouver embarqué dans une sordide histoire de promenade chiante pour écouter des orchestres de vieux chanter des trucs has been, c’est dire si la soirée s’annonçait terrible.

Pourtant, le dîner avait bien commencé : Marâtre avait préparé du bon poisson, sur lequel elle avait mis de la crème à fondre. Comme Papaprocellus et elle sont au régime, ils ont mangé le leur à la Spartiate : cuit à la vapeur, sans assaisonnement et avec les mains. Du coup, j’ai eu droit à une double ration de crème. J’étais plutôt content.
Mais les repas de Marâtre ne durent jamais bien longtemps, et en un quart d’heure c’était fini.

La promenade pouvait commencer.
On a marché dix minutes, et on est effectivement tombés sur un mec qui faisait du Hugues Aufray, et c’était chiant. Il y avait plein de vieux autour qui ne s’en rendaient pas compte, ils avaient même l’air de trouver ça bien.
Heureusement que mon papa c’est le plus fort de tous les papas et qu’il n’aime pas Hugues Aufray, ça nous a permis de ne pas nous éterniser. On a marché encore un peu, on est passés devant des d’jeuns qui montraient que la techno c’est trop cool, que le rap c’est trop cool, et que la viole de gambe c’est trop cool aussi.

Comme en fait ça n’avait rien de cool tout ça, on a décidé de se rentrer gentiment, eux chez eux et moi vers mon RER.
Et là, sur le chemin du retour, j’ai senti comme un violent coup de couteau dans mon ventre.

Aïeuh.
J’ai regardé, je ne saignais pas, et mes boyaux ne pendillaient pas lamentablement derrière moi, comme une horrible de traîne de mariée sanguinolente.
Enfin, pas encore.
Mais putain, mon ventre !

J’ai assez rapidement compris ce qui m’arrivait. Soit la crème sur le poisson n’était plus fraîche depuis un bon moment, soit cette conne avait mis du citron ET de la crème, mais quoi qu’il en soit, le délicieux repas de tout à l’heure était en train de me tuer le bidou.
Hmmm, me suis-je dit, il est temps de partir.

À force de marcher, on a fini par se retrouver à égale distance de chez eux et du RER. J’aurais pu leur demander de repasser visiter leurs toilettes une dernière fois, avant de rentrer. Mais non. Je suis fou. Je me suis pris pour un surhomme, j’ai pensé que ça n’était pas si horrible que ça, vingt minutes jusqu’à chez moi avec Tchernobyl dans mon côlon, ça va je sais me retenir quand même. Alors je leur ai dit au revoir, en serrant les fesses, et je suis allé prendre mon train.

Quand je suis arrivé sur le quai, j’ai compris que j’avais fait une erreur.
Mes boyaux continuaient de s’autodétruire, il n’y avait pas de toilettes disponibles avant longtemps, j’étais perdu.
Bien entendu, j’étais debout, je n’aurais pas pu m’asseoir sans risquer d’exploser. De chez mon père à chez moi, il y a dix minutes de RER. Et pendant tout le trajet, dans mon wagon bondé, j’ai ressenti chaque vibration, chaque accélération, chaque coup de frein. Le plus important c’était de rester tranquille et d’éviter tout mouvement brusque. Ce connard de chauffeur ne l’entendait pas de cette oreille.
Alors, je me suis concentré. Tenir. Tenir jusqu’à la maison. Ou au prochain bosquet (en préférant quand même la maison, mais on verra en temps voulu).

Quand le train s’est arrêté à Vincennes, je suis descendu, en évitant toute précipitation, mais en ne traînant quand même pas trop, parce que voilà quoi.
J’ai marché, d’un pas décidé, posé mais nerveux, en sentant la réaction en chaîne provoquée par ce petit morceau de crème qui continuait son ouvrage destructif à l’intérieur de moi. Et plus j’approchais de la maison, pire c’était.
Encore cinq minutes jusqu’à destination. Aucune possibilité de s’arrêter en route : à Vincennes après dix heures, il n’y a plus rien, aucun café, aucun bar, aucun buisson. Alors j’ai dû lutter, tenter coûte que coûte de faire gagner l’esprit sur le corps.

En attendant l’ascenseur, j’aurais pu pleurer, avec mon alien dans le ventre qui menaçait de sortir. Quand les portes se sont enfin ouvertes sur mon troisième étage, j’avais les clefs à la main, la ceinture et les boutons de mon jean défaits, en espérant que je n’allais croiser personne dans cette posture délicate.
Euuuh… Non madame Voisine, je ne me touche pas dans l’ascenseur…

J’ai violemment ouvert et claqué la porte, et comme dans Olive et Tom, je me suis jeté au ralenti sur la salle de bains, qui heureusement se trouve juste à côté de l’entrée.
J’étais sauvé.

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« C’est la luuutteuh finaaaleuh Mon sac de Joséphine »

7 réponses à “Je pardonne mais je n’oublie pas (et je pique mes titres aux Corrs)”

21 06 2008
Le Canard (10:21:14) :

J’ai pas compris en quoi mettre de la crème et du citron est équivalent à de la crème périmée O_o

21 06 2008
CHRONOS (10:51:38) :

Grand moment de solitude ……

21 06 2008
TacTac (14:40:40) :

Je suis choqué : je pensais que Procellus ne faisait pas caca.

21 06 2008
Delicious (19:31:34) :

Ce post est à chier!

Tout comme mon commentaire d’ailleurs… ^^

22 06 2008
Irony (03:14:18) :

Je me souviens très bien de ce jour là, c’était la fête de la musique (cf début du post) et je créchais chez une amie à Montreuil, enfin côté Vincennes et un type tout vert sortait en serrant les fesses du même RER que moi… C’était donc toi… dire que nous avons pris le même RER…

22 06 2008
Pheel (20:48:18) :

David, cette vidéo c’est tout toi :

http://www.youtube.com/v/vQjPgkhjZ-s&hl=en

22 06 2008
Wee (23:06:11) :

Tu piques tes titres aux Corrs qui piquent les leurs à Guy Roux : c’était sa réplique dans une pub pour Citroën ;-) .

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