Procellus

  • rss
  • Derniers posts
  • À propos
  • Contact

Mon jambon star

C’était jeudi dernier, je rentrais juste de vacances. Une de mes premières clientes de la journée s’est approchée, et je l’ai accueillie avec un grand sourire, pour essayer de me donner une contenance.
Un peu comme aujourd’hui, quand je me suis occupé du monsieur qui n’avait pas de mains, mais juste des moignons avec lesquels il manipulait son portefeuille et toutes ses affaires, et qu’il a fallu que j’accroche son sac à son poignet inexistant, en essayant de ne pas regarder trop fixement ou de me demander ce que je voyais exactement : est-ce qu’il est amputé au niveau des poignets ? Des coudes ? Mais qu’est-ce qu’on voit au juste, c’est quoi cette extrémité de bras qui bouge toute seule ?!
Je n’ai pas arrêté de sourire. Même si tout le temps qu’il a été en face de moi, mon esprit essayait de ne pas vomir ou hurler ou pleurer ou se jeter contre les murs pour ne plus voir, ou un peu des quatre en même temps, je lui ai souri, l’air de rien, genre, “ah bon ? Vous n’avez pas de mains / d’avant-bras ? J’avais pas remarqué !”.

Eh bien la semaine dernière c’était le même genre de plan, mais sur un registre un peu différent. Je l’ai vue arriver de loin, parce que c’était difficile de ne pas, avec son mètre quatre-vingt, ses quatre-vingt-dix kilos et une carrure à pouvoir étrangler des ours à mains nues. Elle avait une coiffure improbable, avec des longues mèches noires de plein de longueurs différentes, une frange à la Ugly Betty, des grandes lunettes opaques qui lui bouffaient la moitié du visage (mais qui étaient parfaitement justifiées, parce que, ouh, la luminosité à Happy Time, protégeons nos yeux !).
Niveau fringues, c’était le même assortiment bizarre, une jupe longue à froufrous, une veste en cuir pleine de pin’s, ouverte sur un décolleté pigeonnant, pieusement caché une croix de vingt centimètres sur dix.
Le bon vieux look trashy-gothico-bigot qui passe partout, une espèce d’Harajuku Girl qui se serait habillée dans le noir.

Là encore, en bon professionnel, j’ai souri poliment, et fait ma petite affaire sans juger (enfin si, mais sans le montrer). Le problème, c’est qu’une fois qu’on en a eu fini, elle ne partait pas. Elle avait tout rangé, sa carte, ses sous, ses machins, mais elle continuait à fouiller dans son sac.
Toujours en bon professionnel, je suis resté sage et immobile. Peut-être que si je ne parle pas et que je ne bouge pas, elle va oublier que je suis là et s’en aller ?

Mais non, en fait elle n’avait pas oublié (mémoire d’éléphant !). Elle était tellement satisfaite de son remboursement qu’elle voulait me faire un cadeau. Oh non madame, je n’ai pas le droit, vraiment, allez si vous insistez vous pouvez, mais c’est bien parce que c’est vous !
Sauf que tu parles d’un cadeau.

- Tenez… Gmpffff C’est ma carte visite. Oui parce que je suis mannequin (!!!). Alors je vous laisse ça, vous pourrez vous vanter auprès de vos collègues ! Ben oui, c’est toujours flatteur de dire “j’ai parlé à un mannequin (et elle faisait pas loin du double de mon poids)“.
Oh mais vous savez, je vous la donne pas pour vous draguer hein, non (là, elle se met la main entre les seins et me montre sa croix) : j’ai fait voeu de chasteté depuis deux ans !

- Euh… Oui… Merci… C’est très gentil… Euh… Il faut partir maintenant…

Après son départ, j’ai attrapé le cahier de liaison, qui nous sert à raconter nos malheurs, comment les vendeurs c’est trop des salauds de pas faire leur boulot, et les clients ils veulent ça et ça, alors peut-être qu’on pourrait blah blah et ouin ouin ouin…
J’y ai raconté mon expérience, histoire de partager avec mes collègues ce moment intense. Pour leur montrer que je suis quelqu’un de formidable qui ne ment jamais, j’ai collé la carte de visite, en précisant bien que “madame machin, mannequin alternatif, m’a laissé sa carte. Si quelqu’un veut aller voir son site, parce que moi, ça va aller merci”.

Et aujourd’hui, j’ai croisé un de mes chefs, avec qui je m’entends bien.

- Ah David, je viens de lire le cahier de liaison, j’ai vu ton mot…

- Hi hi oui oui, c’était une grosse habillée comme un sac, et…

Il m’a coupé, d’un ton glacial :

- Oui, ça n’était pas vraiment en rapport avec le travail. Le cahier de liaison ne sert pas à ça.

Comme quoi c’est faux, ça n’impressionne personne de savoir qu’on a parlé un mannequin. Ou alors, il est allé voir le site. C’est pour ça qu’il est fâché.

Commentaires
10 Commentaires »
Catégories
le cravail, non, rien
Trackback Trackback

Souvenirs de vacances danoises

En bon petit pédé honteux, un seul de mes parents est au courant de mes pervers penchants homosexuels (mes PPH, ou pipiètch, pour les amoureux des acronymes) : Papaprocellus. Quand je lui avais dit, au cours d’un repas, je crois qu’il l’avait plutôt bien pris :

- Ah… et j’imagine que maman n’est pas au courant ? Ouais, c’est pas plus mal… Bon et sinon, tu veux quoi comme dessert ?

Je crois bien que j’avais pris de la tarte au citron. Et donc non, pour plein de raisons, maman n’est pas au courant, et en effet c’est tout aussi bien comme ça : tout le monde s’accorde à dire que ça n’apporterait rien qu’elle le sache, et ça m’arrange bien (hein quoi lâche ?).

Mais en revenant de Copenhague, je me suis rendu compte que ça pouvait parfois poser des petits problèmes. Déjà, j’ai été obligé de passer certains instants sous silence, parce que “et le samedi soir on est allés faire un tour au sauna, putain ils sont chauds les Danois !”, c’est pas le genre d’anecdotes que Mamanprocellus approuverait, ah ça non alors.
Du coup, elle a dû avoir l’impression qu’on n’avait rien foutu (ce qui n’est pas entièrement faux).

J’ai aussi dû faire un rapide tri dans les photos, parce qu’il y a des choses qu’elle n’avait pas besoin de voir, genre “et là sur cette photo je mime une fellation avec ma paille, et là je fais semblant de me faire enculer par la statue, regarde c’est rigolo !”. Il est vrai, c’est rigolo. Mais Mamanprocellus, en plus d’être un peu réac’, a un sens de l’humour plutôt limité.
C’est pour ça que j’aurais peut-être dû trier en faisant plus attention.

On était en plein diaporama, “ah ça c’est la petite sirène, ça c’est une autre statue moche, ça c’est moi qui mange, ça c’est un lapinou qui faisait du saut d’obstacles”, quand soudain.
(Hop, je vais à la ligne, ça fait encore plus de suspense)

C’était au beau milieu des photos prises dans l’Ørstedsparken, un joli parc en plein centre ville où ça drague en permanence, près des arbres la nuit, et dans les toilettes la journée.
“Ca c’est moi qui bronze, ça c’est le lac, et ça… euh… ça… bah… comment dire ? Ben c’est une statue de deux mecs qui ont l’air de s’enfiler copieusement, quoi”.

Commentaires
8 Commentaires »
Catégories
dehors, la famille addams
Trackback Trackback

Vacances danoises (4)

Ce qui est bien au Danemark, c’est que c’est un pays nordique, peuplé de fiers Vikings. Du coup, un mec sur deux est une pure bombe de la mort qui tue, et l’autre moitié, ben… c’est des bombes normales. Et comme il faisait super chaud pendant qu’on y était, il se baladaient tous torse nu, alors on a assisté à un véritable festival d’abdos et de pecs parfaitement dessinés, avec tout plein de mecs ni trop musclés, ni trop crevettes, ni trop gym queens ni trop rien.

À Copenhague, à chaque coin de rue, à chaque terrasse de café, chaque sortie de métro, on tombe sur un mannequin Abercrombie, à tel point que ça en devient presque louche.
Pour l’instant, la théorie la plus plausible c’est que vers treize ou quatorze ans, les Danois moches sont offerts en sacrifice aux Danois beaux, qui les mangent pour fabriquer tous ces jolis muscles qui plaisent tant aux touristes.
Mais voyez Odile.

Commentaires
10 Commentaires »
Catégories
dehors
Trackback Trackback

Contre les matins difficiles

J’ai des amis formidables. Pour fêter mon glorieux retour des hostiles territoires du nord, l’un d’eux a décidé d’organiser une petite fête en mon honneur, vendredi soir prochain. Enfin, j’aime à penser qu’il l’a organisée pour ça, même si une partie de moi sait bien que ça n’a rien à voir, et que je ne suis qu’un invité parmi tant d’autres.
Mais bon, dans le petit monde que je crée dans ma tête, tout tourne autour de moi, même les soirées. Et dans ce monde, je suis empereur et je pratique avec succès la télékinésie et la pyrokinésie. C’est chouette. Mais je digresse.

Le problème, c’est que vendredi, j’aurai repris le boulot, et qu’on n’a pas tous la chance de se toucher la nouille dans un bureau du lundi au vendredi et le samedi c’est repos. Quand on a le malheur de travailler dans le commerce, le samedi, on n’y coupe pas.

Or, si je bois comme un trou vendredi soir (enfin, “si”…), il y a des chances que j’aie une tête de cul le lendemain matin, dans le meilleur des cas.
Alors pour éviter la gueule de bois du samedi au boulot, qui est le jour où les chefs et les clients sont super lourds, j’ai trouvé un super système, si si, un truc carrément génial : ne pas y aller !
Tadaaah !

Ca ne règle qu’une partie du problème : vu que j’aurai à peine recommencé à bosser, ça va être difficile de reprendre une journée de congés comme ça, surtout en m’y prenant trois jours à l’avance.
Mais ça me laisse jusqu’à mercredi pour trouver une excuse, un impératif de dernière minute (l’impératif du samedi… en plus on n’a jamais dû leur faire…), parce que “dites, je pourrais avoir mon samedi, pour pouvoir me mettre minable vendredi soir ?”, je doute que ça passe.

Par contre, ça va être difficile : pour le moment les seuls trucs auxquels je pense sont de l’ordre de “la cousine au second degré de ma grand-tante par alliance est morte, on l’enterre samedi”, ou “il faut que j’aille faire castrer ma licorne en urgence, et le vétérinaire n’avait que samedi à me proposer”.
Mais j’ai confiance. Je sais mentir.

Commentaires
9 Commentaires »
Catégories
le cravail, non, rien
Trackback Trackback

Vacances danoises (3)

Présentée en exclusivité mondiale par mon ticheurte et ma main qui n’est pas un rabot à merde, la première (et probablement dernière) vidéo de ce blog, pour toi lecteur, ouais, t’es content hein ?

Alors je sais, c’est moche, je parle trop vite, je n’articule pas, mais d’un autre côté, je suis pas vraiment acteur, encore moins cinéaste, alors permettez-moi de vous emmerder bien chaleureusement.

Et pour répondre aux critiques éventuelles, non, je ne suis pas comme ces petites mamies qui comptent encore en anciens francs, c’est juste que c’était beaucoup plus pratique de raisonner comme ça.

Commentaires
4 Commentaires »
Catégories
dehors, non, rien
Trackback Trackback

Vacances danoises (2)

Le danois n’est pas une langue facile, contrairement aux apparences. Surtout quand on a pris allemand en LV2 au lycée, comme moi : on a l’impression que ça se ressemble, mais en même temps ça n’a rien à voir, alors on est complètement perdu et c’est horrible.
Du coup j’ai fini par acheter un magnifique petit dictionnaire de poche fransk / dansk (ça veut dire “français / danois”, comme ça hop hop, vous avez appris deux mots, merci qui ?), parce qu’il y avait des mots impossible à deviner, même avec la meilleure volonté du monde.

Grâce à mon petit dico, j’ai découvert que leurs lettres bizarres -genre les å et les æ- ne font pas partie de l’alphabet traditionnel. Ce qui veut dire que les mots en å ne se trouvent pas rangés avec les mots en a normaux, mais tout à la fin.
Ca donne un alphabet voyellique du style a-e-i-o-u-y-æ-ø-å.
Ils sont fous ces danois.

Par contre, même avec l’aide du dictionnaire, il y a des trucs impossibles à comprendre, comme les publicités. Si ça se trouve, ils proposent des produits super inutiles que j’aurais voulu rapporter dans mes bagages à tout prix, mais là… Des affiches de ce genre, ça laisse plutôt perplexe.

Non mais c’est vrai, qu’est-ce qu’ils vendent ?
Un lustre ? Une assurance ? Un forfait de téléphone ? De la lessive ? Des putes ?
Et finalement, opmærksomheden ou pas ?
Bon ok, c’est peut-être aussi parce que j’ai eu la flemme de regarder après avoir acheté le dictionnaire, mais ça n’en reste pas moins une langue incompréhensible.

Commentaires
7 Commentaires »
Catégories
non, rien
Trackback Trackback

Vacances danoises

Pour échapper à la brusque montée des températures et à ce putain d’été précoce qui fait ressortir ma dépression saisonnière, j’ai réussi à convaincre Lapin d’aller au Danemark. Et oui, c’est comme ça, je vous crache mon argent à la gueule en déballant mes excès vacanciers, c’est aussi ça Procellus.
Normalement, je voulais aller en Suède, mais c’est quand même un peu plus cher (et puis le seul sauna gay de la ville a fermé, alors aucun intérêt). Du coup il a fallu trouver une autre solution à la fois fraîche et économique, et c’est Copenhague qui l’a emporté.

Ceci dit, pas de beaucoup, puisqu’en sortant de l’aéroport, en voulant prendre le métro vers la ville on a failli se retrouver dans le train pour la Suède, ce qui aurait été relativement ballot, faut bien l’avouer. Mais c’est leur faute aussi, les deux sont presque sur le même quai, ça prête à confusion -surtout quand on ne parle pas un mot de danois.
Et en plus on a même failli passer les vacances à l’aéroport (Tom Hanks power !) : pour faire nos kékés on a essayé d’acheter les tickets de métro au distributeur, et pour comprendre leur système de zones et de couleurs et de machins, c’est pas bien facile, encore moins quand la machine ne parle même pas anglais.

Comme on est très forts, on a réussi à vaincre leurs traîtres obstacles et leurs pièges grossiers, et à nous Copenhague, sa mère la pute !
On a même pu voir la petite sirène, pas celle de Disney, la vraie, qui ne porte pas de soutif et qui finit transformée en écume, pour montrer à toutes les petites filles que quand on est trop exigeante, ça finit toujours mal.

Le seul petit bémol de ces vacances, c’est que de mémoire de Danois, on n’a jamais vu un mois de mai aussi chaud. Et tout le monde n’a pas arrêté de se réjouir pour nous, “oh mais c’est génial il fait le même temps qu’à Paris ? Vous en avez de la chance ça doit être agréable !”.
Bande d’åndssvager.

Commentaires
5 Commentaires »
Catégories
dehors
Trackback Trackback

Vrrroum… Vrrroum…

En ce moment grâce à ma console, je peux assouvir mes plus mâles instincts, et satisfaire mes besoins de vitesse : toute la journée, je joue à GTA, je bute du pédé, je pique des caisse, je vais me détendre dans des clubs de strip-tease, et je conduis comme un porc dans les rues de Liberty City, en me grattant les couilles avec la main qui ne tient pas la manette.

Non, je déconne.
GTA IV, c’est beaucoup trop violent pour mes yeux délicats. Alors pour calmer mes envies de vitesse et de violence, je fais crisser les pneus de ma moto à Mario Kart Wii. Je les fume tous, ces petits enculés de leurs mères sur leurs karts pourris, je leur fais mordre la poussière, je les enrhume avec mes déplacements d’air, je suis une tigresse, une panthère, une comète que rien n’arrête !
Parce que oui, mes mâles instincts, apparemment, s’assouvissent uniquement si je joue avec Peach. Et une moto.


Ca a été un peu dur à vivre au début, de n’arriver à bien jouer qu’avec une princesse rose bonbon, et puis finalement, on s’y fait. Surtout qu’au boulot on me prend pour un champion de tecktonik, alors à choisir je préfère encore être une princesse dans le monde virtuel.

Du coup, je fais avancer mon petit alter ego moulé comme une chienne dans sa combinaison en cuir, avec un petit cul à faire pâlir d’envie Lara Croft et compagnie, en agitant le poignet comme un malade pour faire les petits sauts (Mario Kart, un jeu de branleurs, ha ha ha, sacré David), même qu’à la fin d’une course j’ai presque mal à la main.
Mais c’est une douleur exquise, ça veut dire que pour une fois, ils ont fait un jeu bien sur Wii (à part Zack & Wiki) !

Par contre il y a un petit problème (en plus du volant qui n’est pas pratique du tout).
Déjà, il y a le fait que j’avais débloqué plein de trucs chez Lapin, parce que c’est son jeu. Des heures d’amusement, hein. Et comme finalement je suis reparti avec le jeu chez moi (chuuut), je dois tout me retaper, depuis le début.
Encore plus d’heures d’amusement…

C’est là qu’on en arrive au vrai problème. Parce qu’à force de passer mes journées en immersion totale dans Mario Kart, à secouer la moto sur les dos d’ânes pour avoir des petits boosts, l’autre soir sur mon vélo, à plusieurs reprises j’ai eu comme une furieuse envie de secouer le guidon quand je passais sur des ralentisseurs.

Commentaires
5 Commentaires »
Catégories
les jeux, non, rien
Trackback Trackback

Ces petites humiliations au travail (2/2)

Bien sûr j’aurais aussi pu mal le prendre, quand je suis entré dans le bureau sur le coup de huit heures, affamé comme toute la Somalie, et que tout le monde se régalait avec des hamburgers.
Comico, le seul chef mâle de cette soirée, et le seul à ne pas manger, a tenté de prendre ma défense :

- Eh bien mesdemoiselles vous avez encore oublié monsieur Procellus (oui parce que toutes les semaines ça se passe comme ça) ? Je pense que dans trois mois elles penseront enfin à toi quand elles commandent…

La première à avoir fini sa bouchée a fait genre elle s’excusait :

- Oh David on est désolées. Tu voulais manger quelque chose ? Enfin bon là c’est trop tard, hihihi.

Connasse. Oui, je le voulais. Mais de toute façon, j’aurais pas pu en profiter : eux ils peuvent bâfrer tout ce qu’ils veulent parce qu’ils sont cachés dans le bureau, mais si de mon côté j’accueillais les clients avec les mains dégoulinantes du jus de gras de mon Gros Mac et de la sauce pour les frites, ça risquerait de ne pas le faire.
C’est pour ça que là encore, j’ai décidé de passer outre et de ne pas me vexer.

Non, ce que j’ai vraiment mal pris, c’est la toute fin de soirée.

Comico était en train de discuter à côté avec un collègue qui passait par là et que je trouvais mignon, jusqu’au jour où j’ai appris qu’il avait déjà fait deux enfants à sa copine, alors j’ai décidé que peut-être il fallait que je me fasse une raison, et je m’en étais désintéressé.
Du coup, même si la porte était ouverte, j’écoutais leur conversation d’une oreille très distraite, et j’en ai même loupé le début. J’ai commencé à prêter attention au moment où Comico lui expliquait la tecktonik :

- …ce que c’est ? C’est trop marrant la tecktonik, ils ont l’air de canards qui se sèchent les plumes, tu as jamais vu ?

Jusqu’ici, rien d’anormal. Mais c’est juste après qu’il s’est mis à me tirer à boulets rouges dans le dos :

- Mais tiens d’ailleurs, monsieur Procellus est expert en tecktonik, on va aller lui demander !

!!!
J’ai tout de suite lâché tout ce que je faisais (c’est à dire rien, mais du coup je me suis arrêté) pour faire irruption dans le bureau. Comme c’est Comico, je me suis dit que peut-être il disait ça pour me taquiner, le fripon.
Mais non. Quand il m’a vu, il m’a posé la question, “Ah, tu es balèze en tecktonik, toi, non ?”. Il était super sérieux.

Je ne vois pas d’où il a cru ça. Si encore j’arrivais au boulot habillé / coiffé comme ça :
(monsieur que je ne connais pas sur la photo, pardon, mais voilà quoi), ou si je me mettais à danser entre deux clients je ne dis pas, mais non !
Non non non non non !

Je crois que je n’ai jamais été aussi vexé de toute ma vie -en tout cas au boulot. Alors pour leur faire comprendre, et parce qu’à mon entretien annuel on m’a reproché de ne pas aller vers eux en cas de problème, je les ai tous massacrés, en tuant Comico un petit peu plus que les autres.

Commentaires
3 Commentaires »
Catégories
le cravail
Trackback Trackback

Ces petites humiliations au travail (1/2)

Une autre journée caché dans ma petite pièce. Heureusement cette fois, j’aime bien les chefs qui sont dans le bureau d’à côté. Parce que souvent, c’est que des têtes de cons (normal, c’est des chefs), alors je leur parle pour faire genre, alors qu’en vrai, j’les aime pas. Mais non, ce soir, bonne pioche.
Comme ils sont gentils et trop cool, je laisse la porte ouverte, pour profiter de la bonne ambiance qu’ils ne vont pas manquer de distiller, ouais, allez, on va s’éclater, quelqu’un a de la tequila ?

J’aurais dû savoir que je me trompais lourdement.

Le premier signe est arrivé au milieu de la soirée.
Je lisais tranquillement, sans déranger personne, pendant qu’ils rigolaient de leur côté. Et d’un coup, shblam. La porte de communication qui claque.
Comme je suis quelqu’un de prévoyant, j’avais des papiers à leur apporter, ce qui m’a donné l’occasion de voir un peu de monde (parce que sinon, le soir de la nocturne y’a pas un chat, c’est triste un magasin vide, on en pleurerait), et surtout de rouvrir la porte. Bordel.

Je retourne m’asseoir, je recommence à lire, et shblam, la porte qui se referme. Vu la situation du bureau, ça ne vient pas d’un courant d’air. C’est pas grave, j’ai toute une tripotée de documents en réserve, je peux leur en apporter toute la soirée. Leçon numéro 1 : n’ayez pas peur d’être lourd. Je suis donc retourné les voir, j’ai rerelaissé la porte ouverte, non mais qu’est-ce qu’ils s’imaginent, je vais pas me laisser faire, ils ne peuvent pas me tenir à l’écart, bande de chiens !

Je suis reretourné m’asseoir, pour me rendre compte qu’en fait ils peuvent.
C’est dommage parce que ça devenait intéressant, une des chefs est célibataire, alors un autre voulait lui présenter un copain, mais elle a refusé parce que… C’est là qu’ils ont claqué la porte pour la troisième fois.
Sûrement pour protéger mes chastes oreilles, hein…

La soirée s’est poursuivie avec cette délicieuse dynamique : quand je me faisais trop chier, j’allais faire signer un truc bidon ou demander un renseignement, j’arrivais à entendre trois minutes de leur conversation et ils me fermaient la porte au nez, genre ils ont des trucs à dire qui ne me concernent pas ? Bande de rats puants.
J’ai fini par les laisser gagner, j’ai compris, ma présence n’est pas désirée, eh bien vous ne méritez pas que je vous accorde mon attention, peuh. Leçon numéro 2, sachez quand même vous arrêter.
Et puis c’est pas grave, c’est pas comme si c’était vexant de se faire claquer la porte à la gueule toute la soirée, hein…

Non, ça n’aurait pas été grave, s’ils s’étaient limités à leur rejet perpétuel… Ah, si seulement…

Commentaires
2 Commentaires »
Catégories
le cravail
Trackback Trackback


Blogroll

  • Antoine
  • Coquecigrue*
  • Cosmic Teddy
  • Delicious
  • Gai Luron
  • Garoo
  • Jérômeuh
  • Le blog de Ced
  • Le Nico Blog
  • Maeren
  • Monsieur le Chien
  • Pasfolle
  • Patapouf
  • PostSecret
  • Surimi Bleu
  • Theopiscence
  • Vie de merde

Archives

  • juillet 2008
  • juin 2008
  • mai 2008
  • avril 2008
  • mars 2008
  • février 2008
  • janvier 2008
  • décembre 2007
  • novembre 2007
  • octobre 2007
  • septembre 2007
  • août 2007
  • juillet 2007
  • juin 2007
  • mai 2007
  • avril 2007
  • mars 2007
  • février 2007
  • janvier 2007
  • décembre 2006
  • novembre 2006
  • octobre 2006
  • septembre 2006
  • août 2006
  • juillet 2006
  • juin 2006
  • mai 2006
  • avril 2006
  • mars 2006
  • février 2006
  • janvier 2006
  • décembre 2005
  • novembre 2005
  • octobre 2005
  • septembre 2005

Catégories

  • cinéma tchi tcha
  • dehors
  • l'avenir
  • la famille addams
  • la luxure
  • la musique
  • la technologie
  • le cravail
  • les études
  • les jeux
  • les voisins infernaux
  • ma télé et moi
  • mon nombril
  • non, rien
  • une page de publicité
rss Flux rss des commentaires valid xhtml 1.1 design by jide powered by Wordpress get firefox