Procellus

  • rss
  • Derniers posts
  • À propos
  • Contact

Les limites des nouvelles technologies

Pour mon anniversaire, Mamanprocellus m’a offert une DS. Ouais trop fort !
Bon, évidemment, elle aurait été encore plus gentille en ayant la bonne idée de m’offrir des jeux avec, parce que la console a beau être très jolie, si on n’a pas de jeux à lui faire manger, l’intérêt qu’elle présente se retrouve quand même grandement amputé.

C’est pas grave, j’ai filé un grand coup de marteau dans mon cochon-tirelire, et je suis allé donner mes petites économies au marchand, qui me les a échangées contre les deux meilleurs jeux de tous les temps de l’univers sur DS : Pokémon et Zelda.
Yippeee !

J’ai d’abord essayé Pokémon, sans savoir qu’en fait ça allait être une grosse daube chiante au possible, c’est exactement comme toutes les autres versions sorties précédemment sur toutes les autres consoles, on n’a même pas besoin du stylet, tout ce qu’on fait c’est avancer, se faire attaquer par un vilain pokémon sauvage, le capturer et en faire notre bitch, et on recommence.
Supair.

Vite vite, passons à Zelda !
Là, c’est autre chose. Déjà c’est joli, et puis c’est rigolo, et puis c’est super avancé, ils nous demandent si on est gaucher ou droitier.
J’ai répondu la vérité, que je suis gaucher, parce que je ne vois pas trop l’intérêt de mentir à une console.
En plus, s’ils demandent ça, c’est sûrement parce qu’il va falloir jouer avec l’écran tactile, et ils vont l’inverser pour que ça soit plus pratique. C’est des z’amours, chez Zelda.

Bingo.
Pour jouer, tout passe par l’écran tactile : on dirige Link avec le stylet, pareil pour le boomerang et toutes les armes.
Là où je m’étais trompé, c’est sur l’influence qu’aurait la question droitier / gaucher. Tout ce que ça change, c’est que la flèche de défilement de texte est à gauche, plutôt qu’à droite.

Et au final, je me rends compte que chez Zelda c’est des gros enfoirés de leurs mères les putes, parce qu’ils se sont amusés à faire un jeu tout pas pratique.
Diriger Link avec le stylet, c’est rigolo et ça change et tout, mais quand on est gaucher, il peut y avoir un petit problème.

Par exemple, pour amener Link vers la statue.
Je lis bien le mode d’emploi. J’attrape mon stylet comme j’attraperais un stylo, et je n’ai plus qu’à pointer où je veux diriger Link, et il va suivre la pointe comme une carotte.
Facile, hein ?

Eh bien vous n’imaginez pas les trésors d’ingéniosité que j’ai dû déployer pour réussir (et encore) à voir où j’emmène mon petit bonhomme. Parce que quand je tiens le stylet comme un stylo, comment dire, au niveau de la visibilité, c’est pas tout à fait ça.

C’est vraiment un combat de tous les instants, d’évoluer dans un monde fait pour vous autres anormaux.

Commentaires
7 Commentaires »
Catégories
les jeux
Trackback Trackback

Les pieds dans le plat

Hier soir je suis allé dîner chez Papaprocellus, qui est bien triste quand on passe plus d’une semaine sans se voir. Comme d’habitude, on a commencé la soirée entre couilles, parce qu’avec son boulot, Marâtre rentre souvent tard, working girl power.

Du coup c’est sur nous autres hommes qu’est tombée la lourde responsabilité de préparer le repas. Heureusement, une hotline était à notre disposition, alors Papaprocellus s’est pas gêné pour appeler sa meuf et lui demander de l’aide :

- Au secours, c’est quel bouton pour mettre le four en marche ?

Oui bon c’est sûr, comme ça il fait un peu boulet qui ne met les pieds dans la cuisine que pour piller le frigo, mais 1) à sa décharge le four est vraiment difficile à faire fonctionner, et 2)… ben en fait oui, il est un peu du genre à ne mettre les pieds dans la cuisine que pour piller le frigo, mon popa c’est l’hétéro type qu’on voit dans les pubs et qui ne sait pas comment laver son linge.

Une fois le four allumé, il a fallu passer à la partie dégueu du repas : préparer le poulet.

- Allô ? Oui donc là mon roudoudou, tu lui écartes les pattes arrière, tu dégages l’entrée du croupion et tu mets les abats à l’intérieur.

- Ok. Eww. Je le fais. Je te passe David en attendant.

Il a joint le geste à la parole, et je me suis retrouvé avec ma belle-mère au bout du fil.
Et là, gros blanc.

- … (merde je fais quoi je déteste le téléphone et j’ai jamais vraiment rien eu à lui dire ?)

- Alors, ça va ?

- … Oui. …

Finalement pour faire la conversation je lui ai raconté comment mon père tentait vainement de sodomiser un poulet avec ses propres organes, et quand le foie a été bien en sécurité à l’intérieur, je lui ai dit qu’on gérait et j’ai raccroché.
Soulagement.

C’est pas que je ne l’aime pas, non. Simplement, on ne peut pas dire que je sois un grand bavard, surtout avec la famille. Sorti des séries télé, les sujets avec lesquels je me sens à l’aise sont assez limités : pas le boulot, pas les études, pas la vie sexuelle, pas la vie sentimentale, pas la vie privée.
Donc là avec la grève des scénaristes… j’avais pas grand chose à raconter, quoi.

Et puis pendant le dîner, l’alcool aidant, je me suis dit que j’allais essayer de discuter un peu avec elle, depuis plus de vingt ans qu’elle est là, ça lui fera peut-être plaisir si pour une fois je fais un effort.
Elle parle souvent d’une de ses collègues à l’hôpital, une fille à moitié folle qu’on surnomme Tyrannosa, allez savoir pourquoi.

À chaque fois, les conversations tournent autour des plans machiavéliques que tout le service fomente pour s’en débarrasser : essayer de la tuer en posant des objets lourds et tranchants (genre une hache, qu’on trouve dans tous les bons services de chirurgie) sur le rebord d’une armoire branlante, scier la selle de son cheval pour la voir s’écraser comme une merde et se faire bien mal, et tout et tout.
Ils sont caustiques dans cet hôpital…

Alors moi j’ai cru bien faire en demandant :

- Et Tyrannosa alors, elle fait quoi en ce moment ?

- Oh bah, elle est malade !

Vu ce qu’on en raconte d’habitude, j’ai pris ça comme un “oh bah tu sais pas ce qu’elle nous a encore inventé cette conne ?”. Et à la façon dont elle l’a dit, j’ai compris qu’elle avait chopé la grippe ou une gastro.
Alors pour montrer à quel point je peux être fin et spirituel, j’ai voulu faire mon malin :

- Ah ben c’est cool, vous êtes tranquilles comme ça, tu dois être soulagée, et c’est bien fait pour sa pomme ! :mrgreen:

Je crois que pour tomber plus à côté de la plaque, il aurait fallu que je change de galaxie.
Belle-maman m’a répondu sur un ton bouleversé :

- Oui enfin non, là elle s’est piquée avec l’aiguille d’un patient séropositif, donc elle a peut-être le SIDA…

- …

Voilà voilà.
Pom pom pom tout va bien, on va oublier ma blague légère et passer à autre chose…

C’est évidemment sur cette heureuse note que s’est achevée ma brève période de sociabilité familiale.
Parfois je me dis que l’autisme, y’a que ça de vrai.

Commentaires
5 Commentaires »
Catégories
la famille addams
Trackback Trackback

La mort d’un mythe

Qu’est-ce qu’on peut bien faire un dimanche après-midi à deux sous la couette ? Comater devant la télé, bien entendu ! Surtout quand on tombe par hasard sur le marathon Yakari que propose Télétoon, youhouuu !
On s’est donc tapé je sais pas combien d’épisodes à regarder ce cher petit Indien accompagner une vieille dans sa dernière promenade, aider une chèvre à mettre bas en la protégeant de ce salaud de puma ou sauver la tribu en trouvant de l’argile pour faire du rouge, parce que sinon ils auraient dû peindre d’une autre couleur, et ça, c’est juste pas possible.

Et puis, cet épisode. Le castor a abattu l’arbre dans lequel l’oiseau avait fait son nid, qui tombe à l’eau, avec les oeufs pas encore éclos dedans. Nooon !
Yakari essaye de rattraper le nid avant qu’il n’atteigne les rapides, mais comme il faut que ça dure plus de cinq minutes, il le loupe. Et les pauvres zoisillons se retrouvent coincés dans une grotte, où justement dormait un méchant animal : le carcajou.

Alors forcément, on n’est pas plus malins que les polatouches (en tout cas pas moi), on ne peut que se demander : un carcajou ? Mais quèqu’c'est qu’ça (et non, ça n’apporte aucune réponse de le voir dessiné) ?

Eh bien déjà un carcajou, c’est trop un salaud : il veut manger Yakari, le castor, la gentille chauve-souris qui veut les aider parce qu’il l’a virée de sa grotte, et en plus s’il se rend compte qu’il y a des oeufs à ses pattes, il va vouloir les gober.
Non mais quelle enflure !

Et pendant tout l’épisode, à voir cette espèce de croisement entre un coyote et un ours, je me suis demandé si c’était un vrai animal. Ils ont l’air d’être assez fidèles à la réalité dans Yakari -si on met de côté le fait qu’un petit garçon ait de grandes conversations avec tous les animaux de la forêt et que son meilleur ami soit un poney blond coiffé comme Thierry Amiel.
Mais quand même, un carcajou, jamais entendu parler, ça me la coupe !

Alors dès que le nid a été sauvé et que le carcajou a été viré de la grotte (oui, ça finit bien, soyez rassurés), direction le PC pour en savoir plus.
Clic clic google, hmmm… Ah oui, c’est un vrai animal, il habite dans le Grand Nord, son nom est un dérivé de Kwi’kwa’ju, “esprit maléfique” en Micmac.
Ca oui, c’est vrai qu’il est maléfique !

Oh, et en français, on l’appelle “glouton”, sûrement parce qu’il mange tout ce qu’il trouve.
Et soudain, dans la partie où ils nous donnent son nom dans toutes les langues possibles et imaginables, l’horrible, l’ignomineuse vérité est venue me frapper de plein fouet.
Shbam !

En anglais, on l’appelle… wolverine.

Alors voilà. Wolverine, cette bête sauvage, ce parangon de virilité, l’homme le vrai dans toute sa splendeur, avec du poil et du vrai muscle et un squelette en adamantium, ce pur fantasme s’appelle en réalité Carcajou.
Maintenant à chaque fois que je regarderai X-Men, je saurai que le fier combattant aux côtés de Storm / Tornade, Rogue / Malicia et Cyclops / Cyclope n’est pas Wolverine mais Carcajou.

“Tremblez, craignez la fureur de… Carcajou !”

Ma vie est foutue.

Commentaires
6 Commentaires »
Catégories
ma télé et moi
Trackback Trackback

Je gère les conflits comme je peux

- Pardon monsieur, j’ai un problème !

Forcément en entendant ça j’ai levé les yeux de mon 20 Minutes, hein. Et là devant moi, un petit pépé super classe, genre trader sur le retour, le costume noir parfaitement ajusté, le chapeau assorti, les cheveux blancs jusqu’aux épaules mais sans ressembler à un soixante-huitard qui n’aurait pas compris qu’après un certain âge c’est plus possible.
Bref, un pépé classe, quoi.

Qui a commencé à renverser la tête en arrière, a levé sa main gauche toute crispée au ciel et s’est mis à trembler.
Et merde, il y a un vieux qui fait un arrêt cardiaque dans le magasin, et il faut que ça me tombe dessus.

Sauf que non, c’était juste un tic nerveux, ou le début de la crise d’hystérie qui allait suivre, parce qu’en un clin d’oeil il s’était remis d’aplomb, et il m’a expliqué son souci.

- Je voudrais faire plusieurs achats chez vous et mes les faire livrer, et de là où je viens, on envoie quelqu’un pour m’accompagner dans tout le magasin pour remplir un bordereau de livraison, et là, on m’a dit que ça n’était pas possible ! Alors je voudrais savoir si on ne peut pas me donner le bordereau pour que je le remplisse moi-même !

Rolala oui, en effet ce monsieur a de gros problèmes dans sa vie… Mais je suis payé pour lui répondre aimablement. Et je veux mériter mon tout petit salaire.

- Ah non monsieur ça n’est pas possible… C’est aux vendeurs de chaque rayon de remplir votre bordereau…

C’est à ce moment que sa deuxième personnalité s’est réveillée. Il s’est mis à hurler, très haut dans les aigus. Il était passé de trader à cantatrice. Pourquoi pas hein, m’en fous je suis payé pareil.

- Mais c’est pas possible ! Mais vous vous rendez compte du temps que je vais perdre ! Appelez-moi votre directeur !

Premier tilt. Je vois Palace. Je vois Eva Darlan souhaiter le bonsoir aux pauvres. J’ai envie de rire.
Mais c’est mal. Je me mords les joues. J’arrondis les yeux pour avoir l’air compatissant.

Pour calmer le jeu, j’ai cette nouvelle idée de génie : je vais lui répéter la même chose, mais sur un ton encore plus désolé !
Ca n’a pas marché.
Il est reparti de plus belle, qu’il venait pour dépenser une fortune, en s’étranglant sur le mot, et qu’il habitait Nouillorque, et que là-bas quand il rentre dans un magasin on lui déroule le tapis rouge et on lui offre le café.

Ah ben voilà ! Si y’a que ça, je peux prendre trente centimes et aller lui chercher un truc à notre distributeur employés hein !
Mais non, le problème ne venait pas de là, il continuait de vociférer, que quand quelqu’un vient pour dépenser autant d’argent que lui, on peut quand même faire un effort !

J’ai laissé Collègue lui expliquer que la politique américaine n’est pas la même bla bla bla on s’en fout, c’est pas moi qui parlait, ça n’intéresse personne, et j’ai appelé ma boss (parce que bon, déranger Monsieur le Directeur pour ce genre de litige, euuuh…) :

- Ouais c’est David. J’ai un monsieur très très en colère là, qui veut qu’on l’accompagne faire ses courses…

- Un monsieur aveugle ?

- Non non, juste un monsieur. Mais je vois qu’on a un tournevis dans le pot à crayons, il peut le devenir…?

- Oh non c’est bon, je t’envoie Cop’s (Cop’s, parce que c’est ma copine, pas parce qu’elle est flic).

J’ai raccroché et je suis retourné donner les dernières nouvelles au vieux, en lui disant que “ma responsable arrive”.
Comme je n’avais manifestement pas compris l’objet de sa réclamation et de son courroux justifié, il me l’a expliqué une nouvelle fois, et nia nia nia il vient pour acheter pleeein de trucs dans le magasin, il va nous laisser une petite fortune, on devrait offrir ce service, ça se fait quand quelqu’un vient dépenser au moins deux mille euros !

Euh ?
C’est ça la somme gastronomique qu’il veut dépenser chez nous ? Mais monsieur, des clients à deux mille euros, on s’en fait quinze pour le petit-déjeuner ici, vous croyez quoi ?

C’en était trop. Je tenais bon depuis qu’il était arrivé, mais là j’ai craqué.
J’ai sauté sur la première excuse qui m’est passée par la tête, “excusez-moi un instant, je crois qu’on a éternué dans mon sac à dos”, et je me suis précipité hors de son champ de vision pour éclater de rire.
Professional attitude, on ne rigole pas devant le client.

Une fois calmé, ça n’a pas été compliqué de le contenir jusqu’à l’arrivée de Cop’s, qui l’a envoyé chier sévère. Je l’ai juste laissé vociférer, en transformant mon envie de rigoler en sourire compatissant, et vivent les études de psycho et l’apprentissage de “l’écoute flottante” !

Je suis trop fait pour ce boulot, c’est certain.
Il faudrait juste que j’apprenne à réagir autrement qu’en étant mort de lol quand un client chiant se présente, un jour ça risque de me jouer des tours.

Commentaires
4 Commentaires »
Catégories
le cravail
Trackback Trackback

Guerre ou paix

Comme un bonheur n’arrive jamais seul, quand j’ai emménagé dans mon bel appartement il y a quatre ans, j’ai eu une place de parking en prime. Malheureusement, je fais partie de ces gens qui ne voient pas l’intérêt de la voiture alors que le métro est si pratique, et en plus maintenant y’a le Vélib, alors vraiment, pourquoi apprendre à conduire franchement ?
Du coup, ma place de parking était triste, elle ne pouvait pas remplir son destin, son existence était vide et morne, et toutes les autres places se moquaient d’elle, en la traitant de pucelle ou de mal garée.
Propriétaire ingrat (enfin, “propriétaire” hein, j’me comprends), je m’en foutais un peu.

Même quand mon gardien, ardent défenseur de la cause des places de garages mal utilisées a commencé à me démarcher, je m’en foutais royalement.

- Mais vous savez monsieur Procellus, une place de parking c’est comme une femme (mon gardien est évidemment un hétéro de base), il faut y garer votre engin !
- Boarf, vous savez j’ai pas le permis. Allez, b’soir.

Il avait alors commencé à me faire des propositions indécentes :

- Mais ça vous intéresserait pas de la louer, au noir ?
- !!! Comment de quoi ?! Ma place de parking n’est pas une pute, môssieur, je vous prierai de cesser sur le champ vos sous-entendus plus que douteux !
Hors de ma vue, rat puant !

On en était restés là.

Et puis il avait insisté, m’avait dit combien je pourrais la louer, qu’il connaissait quelqu’un que ça intéresserait, et qu’en plus en ce moment un mec la squattait pour pas un sou, alors autant en tirer du pognon.
Sensible à l’appât du gain, j’avais fini par céder.
Ma place, je suis désolé de me séparer de toi, de te forcer à échanger tes services contre de l’argent, mais c’est pour mon profit personnel, c’est purement égoïste, alors tu me pardonnes hein ?

Le karma m’a fait payer cette histoire de profit personnel au centuple.
Bien sûr ça aurait pu être de l’argent facile qui tombe tous les mois dans ma boîte aux lettres. Mais non !
Le loyer transite par les gardiens, et ça c’est difficile à gérer.

Tous les mois, c’est la même histoire.
Est-ce que je dois aller les voir à la loge, “bonjour je viens relever les compteurs, kaching !” ?
Je me dis que non, ça le fait pas.
Mais du coup, si je vais pas chercher les sous, est-ce que ça fait pas un peu trop jmenfoutiste ?
De deux maux, j’ai choisi le 2). J’attends de le croiser et qu’il me dise sur un ton entendu que j’ai “quelque chose qui attend à la loge”, je vais chercher mes sous et j’ai un mois pour me remettre de ce coup de stress.

Aujourd’hui en sortant de chez moi, le karma s’est lâché.
Je n’ai pas croisé mon gardien, mais sa femme.

- Tiens. Il y a quelque chose pour vous à la loge.

Je l’ai suivie. En entrant dans la loge, elle a fait un petit signe de tête à son mari, “tiens regarde ce que je viens de trouver”.
Il m’a tendu l’enveloppe, j’ai tendu la main pour l’attraper.
C’est à ce moment que tout a basculé.

Sans que j’aie le temps de sentir le vent tourner, elle a craché son venir et a lancé sur un ton très sec et hautain et agacé :

- Et vous savez, ça serait bien de penser à nous pour les étrennes, hein !

Un peu comme on engueulerait un gosse qui vient de tuer mémé.
Tout estomaqué, j’ai levé les yeux vers elle. Le problème c’est que je ne savais pas trop quoi répondre.
Je me suis rendu compte que j’avais déjà l’enveloppe à la main, alors je suis sorti de là le plus vite possible, humilié, tout rouge et presque les larmes aux yeux.

Parce que oui, je ne donne pas d’étrennes aux gardiens. Je sais, c’est mal, il faut bien leur montrer notre gratitude pour faire… euh, leur boulot, non ?
Alors bon, d’accord, grâce à eux je sous-loue ma place de parking, mais je leur avais rien demandé, c’est lui qui a insisté parce que quelqu’un en avait besoin !

Maintenant, l’heure de la vengeance va bientôt sonner, cet affront ne restera pas impuni.
Deux écoles, deux plans machiavéliques, et il faut choisir :

1. Je laisse pisser. Je réponds à son attaque en me drapant dans un silence passif-agressif, et je ne paye pas. Le problème de ce plan, c’est qu’en ne répondant pas je lui laisse le dernier mot, elle reste sur ma sortie pathétique.
L’avantage, c’est que ça nous permet de vivre dans une paix relative.

2. Je me la joue petit con arrogant. Je leur glisse un billet de 50 et un petit mot, “parce que c’était si gentiment demandé et que vous avez l’air d’en avoir plus besoin que moi. Bonne année (en retard)”. Le seul petit souci c’est que c’est un acte de guerre ouvert, qu’il faut en assumer les conséquences, on ne sait pas où ça peut mener.
L’avantage, c’est que je ne me laisse pas traiter de radin par cette conne sans répondre.

Sinon bien sûr, il y a toujours la bonne vieille solution de m’introduire chez eux et de barbouiller les murs de merde, mais ils l’ont déjà fait dans South Park, et j’aime pas copier.

Mais en tout cas, quelle qu’elle soit, ma vengeance sera terrible (et pour une fois, j’essaierai de faire autre chose que juste me moquer d’eux sur mon blog).

Commentaires
10 Commentaires »
Catégories
les voisins infernaux
Trackback Trackback

Moi aussi je suis Catherine Deneuve

Ouais, j’ai un nouveau job à Happy Time, je suis enfin placé plus haut que les prises électriques !
Et je suis comme Spider-Man, maintenant moi aussi j’ai des grandes responsabilités. Par exemple, je suis chargé de faire les “annonces intermédiaires” dans le magasin : si un parent pense avoir bien réussi son coup en perdant son Petit Poucet dans nos étages, j’appelle La Voix pour qu’elle annonce au micro que “le petit Morveux attend ses parents, alors qu’ils se grouillent un peu”.
Du coup ça me permet de ne pas avoir à parler dans le micro, parce que je crois que je ne l’aurais pas très bien vécu.

Mais bon, ça reste quand même chiant d’être dérangé toute la journée par des têtes de cons qui ont perdu leur enfant, ou leur femme, ou leur chais pas quoi.
Comme ce groupe de trois ou quatre pintades, les deuxièmes en dix minutes, qui viennent me demander de faire appeler leur copine. Alors oui comment elle s’appelle ? Bougez pas je téléphone.
“Allô c’est moi. Ouais. Ca serait pour faire une annonce. Pour Minette [Poukse]. Ben ouais, je pense que ça s’écrit comme des poux hein. Voilà merci”.

Hop on raccroche, on dit aux dames que ça va être fait, et je peux retourner à mes mots fléchés. On attend quelques minutes, et comme par magie, La Voix appelle Minette dans les hauts-parleurs.
Juste le temps de sécher sur ma grille et de lire mon horoscope, et une mamie toute frêle et tremblante m’interpelle :

- Bonjour, je suis Muzette Poux. On m’a appelée ?
- Euh oui, enfin on a fait appeler Minette Poux ?
- Oui oui c’est moi ! Mes copines m’appellent Minette !

Sauf qu’en fait, j’ai oublié de dire aux copines qu’il fallait attendre là où elles étaient, et elles sont pas bien malignes, elles se sont barrées.
J’en fais quoi moi de ma vieille ?
J’étais en train d’hésiter : reprendre mon horoscope, rappeler La Voix, compatir avec Minette, quand soudain :

- Bonjour, je suis Minette Poux, il y a eu une annonce pour moi ?

Cette fois, c’est une jeune blonde élancée.
What the fuck ?! Vous êtes combien comme ça ?
Surtout que le problème n’est toujours pas résolu, elle aussi elle a des copines, mais elles ne sont pas plus là.
Euh ?
Euh ?
On fait quoiii ?

C’est alors que j’ai eu cette idée de génie, si si, de génie farpaitement :

- Eh bien Minette Poux, je vous présente Minette Poux !

Pendant cinq minutes, elles se sont esclaffées, ha ha, mais on est deux à avoir le même nom au même moment au même endroit, quelles étaient les chances, ah mais dis donc c’est quand même dingue hein !
Et puis finalement, elles ont oublié que leurs copines les cherchaient, ou elles ont vraiment cru qu’on les avait appelées pour les présenter l’une à l’autre, parce qu’elles sont parties toutes les deux bras-dessus bras-dessous, et vogue la galère.

Si ça c’est pas une preuve que j’étais fait pour ce job et pour gérer les situations difficiles…

Commentaires
5 Commentaires »
Catégories
le cravail
Trackback Trackback

Je peux peindre en mille couleurs l’air du vent (2/2)

Il faut toujours commencer par le plus dur. C’est pour ça que je me suis d’abord attaqué au mur “marron plus clair que taupe et plus foncé que blanc”, soit le mur 2, celui dont j’avais un peu choisi la couleur au pif (où ça ?).
J’ai commencé par bien dégager les angles au pinceau, comme la grosse Damidot me l’a appris.
Voiiilà, on peut s’éclater avec le rouleau, c’est rigolo le rouleau.
Ouaaah, mon mur est fini, il est beau, y’a plus qu’à attendre que ça sèche !

En bonne petite lavandière, j’en profite pour aller rincer mes outils, lalalaaa.
Maintenant ça doit être à peu près sec, on peut aller voir ce que ça donne.

Euh.
En séchant, la jolie couleur que j’avais repérée sur le pot a viré au jaune moutarde.
C’est laid.
C’est très laid.
C’est tellement laid que je m’étonne qu’une telle couleur soit en vente libre.

Pas de panique, je cours acheter un pot d’une autre teinte, parce que je ne peux pas rester avec ce mur moutarde, j’ai envie de vomir dès que je rentre dans ma chambre.
Dans le magasin, je fais bien attention, et j’en trouve une qui a l’air pas trop moche : ficelle.
J’attends que le temps de séchage réglementaire soit écoulé avant d’en recouvrir mon moche mur.

J’attends.
J’attends.
J’en peux plus ça doit être sec, je pose la main sur le mur, oui ça va, fait chier merde.
Re-on dégage les angles, et re-on s’éclate avec le rouleau.

Le problème, c’est que je n’ai pas assez attendu : le milieu du mur n’avait pas fini de sécher, alors au fur et à mesure que je rouleaute, ça fait un gros paquet (hmm), qui s’accroche, et qui essuie les deux couches d’un coup.
Je me retrouve donc avec un joli mur (en séchant, ficelle n’a pas du tout la teinte promise, mais c’est ‘achement mieux que ce qui était vendu sur le couvercle), sauf au milieu, où il n’y a rien.
Et le pot est vide.

Je vais, cours, vole et nous venge, pour en acheter un deuxième.
Évidemment, rupture de stock.
Damned.

Avec des grands yeux humides, je demande au peinturier de m’aider à trouver une solution, parce que j’en ai besoin, et là je n’en puis plus, et je commence à ne plus distinguer les teintes sur les couvercles, c’est tous la même couleur, ouinnn.
Il m’a alors donné cet outil magique qu’est Le Nuancier.
C’était un peu plus facile, pour voir ce que faisaient toutes les marques et acheter la même chose chez le concurrent.

Hop, on colmate la brèche sur le mur, et on attend que ça sèche.
Le problème, c’est que la ficelle du concurrent a bien la teinte promise, elle. Je me retrouve donc avec un mur bicolore.
Gnfrxslf.
On reste calme.
Cette fois-ci j’ai assez de peinture pour recouvrir en entier le mur, et je ne me gêne pas. Voilà, la bourde est rattrapée.

Sauf qu’en séchant, cette ficelle là est super laide.
$&@#& !!!
À ce moment là, plusieurs vaisseaux explosent dans ma tête, du sang me gicle par les oreilles, je me fais péter quelques cordes vocales en hurlant, je mange mon rouleau et je fais un trou dans le mur à force d’y donner des coups de tête.
Il est possible que j’aie également invoqué Belzébuth, pour le voir apparaître et me défouler sur quelqu’un, je ne me souviens plus trop (mais ça expliquerait l’odeur de soufre et les hordes de démons qui me vénèrent depuis ce jour).

J’avoue qu’à cet instant, j’ai failli laisser tomber.
J’avais déjà repeint trois fois le même mur, pour finalement arriver à un résultat plus que gerbos.
Surtout je n’ai toujours pas vraiment d’idée de la couleur qui me plairait. Mais en les éliminant toutes une par une, je finirai par trouver !

Le lendemain je suis reparti à l’attaque : mon mur ressemblait à un trottoir, c’était pas possible de le laisser comme ça. J’ai commencé à feuilleter le catalogue des couleurs, pour voir.
Et là sur quoi je tombe ?
La photo d’une chambre comme la mienne, avec un mur taupe et ça va en dégradé vers le blanc.

Depuis le début, la solution était là, sous mes yeux ?
Je hais l’ironie.

Je suis donc rererereretourné à Castorama, pour acheter la couleur qu’ils disaient, au passage je me suis trompé de pot, j’ai pris une peinture brillante, ça faisait moche, j’y suis retourné pour la prendre en satinée.
J’ai ensuite lancé tous les démons qui me vénèrent et m’appellent Maître aux trousses de l’inventeur de tous ces types de peinture : acrylique, glycéro, monocouche, brillante, mate, satinée…

Dix-huit couches de peinture, plusieurs gigalitres de sang et de sueur plus tard, j’ai fini le premier mur ! Vive moi !
Après avoir terminé (sans anicroche) les deux autres, je suis allé ranger mes outils et les pots en rab. Dont un presque plein, qui m’avait juste servi à faire un petit bout de rien du tout.
Pot que j’ai mal posé et qui s’est renversé dans sa totalité sur la moquette de l’entrée.

Mais la chambre va bien.
Comme on me l’a spirituellement fait remarquer : “ah bah tu t’en souviendras du jour où t’as voulu faire de la peinture !”.

Commentaires
6 Commentaires »
Catégories
non, rien
Trackback Trackback

Je peux peindre en mille couleurs l’air du vent (1/2)

Il y a deux semaines, pendant que je convalescençais de ma gencive, j’ai décidé de repeindre ma chambre. Et aujourd’hui, assez d’eau a coulé sous ce pont, je peux enfin en parler le cœur léger, ça a arrêté d’être douloureux de mentionner ces terribles évènements.

Pourtant tout avait bien commencé, un peu comme dans les pires films d’horreur. Sur trois murs (le quatrième c’est une grande porte-fenêtre, et on ne repeint pas le verre, c’est pas beau), le plan était le suivant : un mur en marron (enfin, “taupe”, marron ça n’existe pas en déco), un autre en plus clair, et le troisième en presque blanc.

Pour le mur taupe, ça s’est bien passé. J’avais repéré la couleur sur une assiette dans une boutique, j’ai bien aimé, j’ai pas eu trop de mal à la retrouver sur un des nombreux pots de Castorama.
Les vrais soucis ont commencé avec le deuxième mur : j’avais pas d’idée précise de ce que je voulais, seulement que ça devait “faire la liaison entre taupe et blanc”, je comptais me décider devant les pots et les nuanciers, comme ça allait être facile et rigolo !

Mais une fois devant le rayon, je me suis rendu compte à quel point j’avais été naïf de croire ça, pauvre petite oie blanche !
Une cinquantaine de pots sur un immense pan de mur. Avec que des déclinaisons du marron clair : sable, sable mouillé, cassonnade, lin, papyrus, chiure de mouche, boue séchée etc.
Euuuh… Laquelle je prends ?
Surtout qu’au bout d’un moment, toutes les couleurs se mélangent, et sur chaque pot, tout ce que je voyais c’était l’espèce de même beigeasse. Trop de choix tue.

J’en ai pris plusieurs qui avaient l’air de correspondre à ce que je voulais (sans être vraiment sûr de ce que je voulais, certains diront que c’était mon erreur), et je les ai mis à côté de Taupe, en imaginant que chaque couvercle était une représentation miniature d’un mur de ma chambre.
J’en ai trouvé un qui faisait bien.
On prend le rouleau, la bâche pour protéger par terre, et direction la caisse.

Ensuite, je suis rentré chez moi, et je me suis mis au travail.

Commentaires
1 Commentaire »
Catégories
non, rien
Trackback Trackback

Sache que je

Je ne sais pas combien de temps on a passé ensemble. Au bout d’un moment, j’ai eu l’impression que tu avais toujours fait partie de ma vie, partie de moi.
Bien sûr, notre relation était loin d’être rêvée, on n’a jamais rien fait d’autre que se détruire mutuellement. Mais tu as quand même réussi à faire de moi un homme changé : adieu l’alcool, les nuits trop courtes et mes habitudes alimentaires d’américain moyen.
Et avec toi, après nos joutes nocturnes, diurnes et entre les deux, je n’ai jamais eu envie d’aller frivoler dans les lits des voisins.
Tu as pris le dessus sur moi.
Des jours, des nuits à genoux pour toi, à gémir ma douleur.
À m’empêcher de vivre.

Il m’en a fallu des forces, pour réussir à te faire face.

Je ne sais pas qui a gagné, parce qu’on n’en sort jamais totalement indemne, mais un jour tu n’étais plus là.
Tu as laissé un vide en moi que j’ai cru ne jamais pouvoir combler.
Mais petit à petit, j’ai fini par reprendre le dessus. La vie finit toujours par reprendre le dessus (ils le disaient dans Jurassic Park, et bon sang ne saurait mentir).

J’ai presque compté les jours, à partir du moment où tu m’as laissé.
Tu m’auras accordé trois semaines.

Trois semaines de paix, de tranquillité, avant que tu ne reviennes, avant que je te laisse te faufiler dans mon intimité.
Je sais que tu ne liras jamais ces quelques lignes (et si tu le faisais, l’humanité vivrait sans doutes ses derniers instants), mais je te le dis quand même :

Crève, pute de deuxième seconde gastro, CRÈVE !

Commentaires
6 Commentaires »
Catégories
mon nombril
Trackback Trackback


Blogroll

  • Antoine
  • Coquecigrue*
  • Cosmic Teddy
  • Delicious
  • Gai Luron
  • Garoo
  • Jérômeuh
  • Le blog de Ced
  • Le Nico Blog
  • Maeren
  • Monsieur le Chien
  • Pasfolle
  • Patapouf
  • PostSecret
  • Surimi Bleu
  • Theopiscence
  • Vie de merde

Archives

  • juillet 2008
  • juin 2008
  • mai 2008
  • avril 2008
  • mars 2008
  • février 2008
  • janvier 2008
  • décembre 2007
  • novembre 2007
  • octobre 2007
  • septembre 2007
  • août 2007
  • juillet 2007
  • juin 2007
  • mai 2007
  • avril 2007
  • mars 2007
  • février 2007
  • janvier 2007
  • décembre 2006
  • novembre 2006
  • octobre 2006
  • septembre 2006
  • août 2006
  • juillet 2006
  • juin 2006
  • mai 2006
  • avril 2006
  • mars 2006
  • février 2006
  • janvier 2006
  • décembre 2005
  • novembre 2005
  • octobre 2005
  • septembre 2005

Catégories

  • cinéma tchi tcha
  • dehors
  • l'avenir
  • la famille addams
  • la luxure
  • la musique
  • la technologie
  • le cravail
  • les études
  • les jeux
  • les voisins infernaux
  • ma télé et moi
  • mon nombril
  • non, rien
  • une page de publicité
rss Flux rss des commentaires valid xhtml 1.1 design by jide powered by Wordpress get firefox