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Happy Time : la fin d’une époque


À l’origine, j’avais -assez brillamment, il faut bien le dire- emprunté le nom d’Happy Time à l’univers de Dead Like Me. Happy Time, la boîte d’intérim où George finit par se résigner à aller travailler, en se disant bien que c’est une situation temporaire, elle y va parce qu’il faut bien bosser pour rentrer dans le moule et donner le change.
Je trouvais le parallèle assez… parallèle, ça soulignait bien le côté provisoire de ce boulot alimentaire et occupatoire.

Bien sûr, je pourrais dire que nous deux ça n’a rien à voir, moi je n’ai pas de chef à moitié folle qui passe tout son temps libre à s’exhiber devant sa webcam, mais ça serait mentir, je ne connais rien de la vie de personne en dehors du boulot (et c’est aussi bien comme ça).
Mais ça avait un petit côté désespéré d’appeler ma boîte Happy Time, parce qu’au fur et à mesure des épisodes, ça devient bien plus que de l’intérim pour George. Elle fait son nid au sein de l’entreprise, et on finit par se rendre compte qu’elle ne partira ja-mais.
Ouh la menteuse !

Et ça, il n’en est pas question, Happy Time ne sera pas mon tombeau, je vais pas m’encroûter dans ce job merdique de sa mère la pute, je vais passer le CAPES (et mourir), devenir prof (et mourir), ou un truc dans le genre, peut-être plus triste qu’Happy Time, mais dont je pourrai parler la tête haute.

Alors hier, au bout d’un an dans les murs, pour me rassurer, me remettre les idées en place et bien me souvenir que je ne suis là que en attendant, ça n’est pas un vrai boulot, j’ai fait quelque chose que j’avais envie de faire depuis longtemps (dès le jour où je suis revenu, même si je n’osais pas le dire) : je suis allé réclamer un poste un peu plus mieux. Une promotion, quoi.
Parce que c’est ce qu’on fait, quand on n’a pas l’intention de rester dans une boîte, non ?
Non.

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Le Jordan Catalano à l’intérieur de moi

Quand j’étais au lycée, j’ai découvert My So-Called Life. C’était bien.
Surtout les moments avec Jared Leto, en fait.

Quand je l’ai vu dans le pilote, ça a été une véritable révélation. Je me souviens qu’Angela aimait la façon dont il s’adosse aux choses.
J’étais tout à fait d’accord avec elle.

Ce qui était vraiment cool dans sa façon de s’adosser, c’est la manière dont il réussissait à appuyer la tête en arrière contre le mur, comme s’il était en train de penser à quelque chose de tellement zen et profond, ou que tous ses soucis étaient trop lourds pour être supportés par son seul cou, c’était beau, putain, j’étais à ça d’en pleurer.
C’est grâce à lui que j’ai découvert le secret d’un adossage réussi (parce qu’on n’a pas l’air d’être un gros glandeur) : appuyer aussi la tête en arrière.

Pratiquant moi-même avec assiduité le vautrage vertical contre tout ce qui me tombe sous la main, du mur au lampadaire (ce qui m’a valu bon nombre de réflexions spirituelles- “ah tiens tu fais le tapin hu hu hu” arrive en tête) en passant par les portes -ce que je déconseille, elles ont tendance à s’ouvrir et offrent donc un appui plus que précaire- j’ai longtemps voulu l’imiter.

Sauf qu’il doit y avoir un truc que je fais mal, parce que depuis environ dix ans que j’essaye, à chaque fois, soit ma tête est déjà trop contre le mur pour pouvoir la renverser plus, soit je risque de me faire le coup du lapin inversé tellement il faut que je l’envoie loin.

Dommage, mais avoir l’air sexy et détaché du monde comme Jordan, c’est pas pour moi.
Du coup, je suis comme cette majorité de ploucs adossés comme des nazes, le corps appuyé en arrière, mais la tête parfaitement parallèle au mur, on regarde droit devant, ou limite à droite à gauche, mais ça s’arrête là.

Alors j’ai fini par oublier ces échecs à répétition et mon passé douloureux, Jared Leto qui ne vieillit pas si bien (bon si quand même), la tête en arrière, le dos au mur.

Et puis l’autre jour à Happy Time, j’étais tranquillement dehors en train de déguster un pain aux raisins dans ma position d’aplomb préferée, “alors David, on retient l’immeuble ?” quand je me suis rendu compte que je commençais à avoir des sensations bizarres dans la nuque, que ça tirait drôlement.
Et qu’il fallait que je redresse la tête, qui était négligemment appuyée en arrière contre le mur.

Putain ça y est !
Après des années de tentatives infructueuses, mon évolution vient de faire un bond en avant !
Allez, je redresse la tête… et je la laisse retomber derrière moi (doucement quand même, ça serait con de m’assommer), pour voir si je peux le faire volontairement ?
Ca marche encore !
Vive moi, vive Jordan !
Je peux enfin avoir l’air cool et mystérieux et perdu dans mes profondes réflexions !
Et ça sera quand même mieux que l’impression que je donne pour l’instant, du mec cool, mais bizarre et toujours un peu à l’ouest, perdu dans son vaste univers autistique.

Procellus, ou pas de petites victoires.

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ma télé et moi, non, rien
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Comment passer pour un petit joueur

Noël, c’est une fête de famille.
En tout cas c’est l’argument qu’a avancé Papaprocellus pour que je vienne le passer avec lui. Alors que ça fait des années, depuis que Saint Juge a décidé que j’aurais deux fois plus de cadeaux que ces cons d’enfants de parents-encore-ensemble, que je passe Noël avec ma mère, et je vais voir mon père plus tard, pour lui souhaiter la belle et bonne année, et les vaches restent bien gardées.

Mais depuis un an ou deux, il a décidé que la famille, ça voulait dire “lui”, et il joue à chaque fois sur la corde sensible, “allez, c’est une fête qu’on doit passer en famille, et tu es tout ce qui me reste…”, avec en fond sonore une marche funèbre ou un truc bien larmoyant au violon, sans oublier ses grands yeux de Bambi.
Le problème c’est que j’ai déjà une tradition pour l’anniversaire de Djizeusse, c’est de le célébrer dans un pieux recueillement avec ma mère et mes cousines et mes grand-parents, ma vraie meute quoi, et je vais pas bousculer des habitudes vieilles de vingt-cinq ans juste parce que sentant que sa fin est proche, Papaprocellus se découvre une fibre familiale, bordel de queue !

Mais je suis un fils formidablement bon, alors j’essaye de concilier.
Même si ça veut dire me démerder pour fêter Noël pendant trois jours : le pré-réveillon avec mon père, le réveillon avec ma mère, et le jour saint avec Pépé et Mémé et toute la smala.
Même si ça veut dire passer tout un repas avec les parents et les oncles de ma belle-mère, que je connais à peine.

Mais ça peut-être sympa, surtout que GrandCon et sa femme sont là. GrandCon, c’est un mec qui a arnaqué les impôts tout ce qu’il pouvait pendant vingt ans en ne déclarant pas les fosses qu’il creusait dans les cimetières (le petit malin !), ce qui lui a permis de prendre sa retraite à cinquante ans pour se construire un petit palace sur la Côte d’Azur, où il coule des jours heureux entre sa piscine et sa femelle.
Sauf que la retraite, c’est un peu chiant, alors il faut bien s’occuper.
Du coup, pour ne pas perdre ses bonnes habitudes de truand, en ce moment il fabrique du vin d’oranges, en faisant macérer des… oranges, si si, dans de l’alcool pharmaceutique emprunté à Papaprocellus.

J’avais déjà goûté de l’alcool de framboises qu’un représentant avait préparé avec la même recette (enfin sauf qu’il avait mis des framboises à la place des oranges, hein), et c’était plutôt carrément dégueulasse. Le petit côté “alcool frelaté dans le garage, qu’on utiliserait d’ordinaire pour nettoyer les vitres”, ça m’avait un peu dérangé.
Mais j’en avais juste pris quelques gouttes en digestif, si ça se trouve, cette fois-ci ça sera différent.

Déjà là c’est en apéritif, et ça change tout.

Hmm, ouais, c’est fort et sucré, et ça a pas vraiment le goût d’oranges, mais au moins cette fois on n’a pas la désagréable impression de boire un mélange immonde d’alcool à 90° et de sirop de framboises…
Bon allez, si t’en reveux y’en rena, ça tente quelqu’un ?
Ouaiiis, on en redonne à David, il conduit pas !
Je finis poliment mon deuxième verre, en mentant à GrandCon que c’est délicieux, c’est très fin ça se boit sans soif.
L’avantage c’est qu’en arrivant à table, je suis un peu pompette, hihihi.

Alez, je vais manger un peu, pour éponger. Oh en plus c’est du poisson, ça veut dire qu’il va y avoir du vin blanc, j’aime bien le vin blanc !
J’en ai bu un verre, sur tout le repas (et peut-être un deuxième avec le dessert).

Il n’y avait plus qu’à laisser le mélange opérer.

En sortant de table, je me souviens avoir dit à Papaprocellus que j’avais mal à la tête, et il s’est moqué de moi, ha ha on a bu trop de vin blanc ?

Ensuite, plus rien.
Juste une terrible envie de mourir, quand j’ai commencé à refaire surface dans le RER, quelques heures plus tard, en me demandant comment j’avais fait pour arriver jusque là.

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Mon genre d’homme

Un jour, il a bien fallu se résoudre à tourner la page Bombasse, cette espèce de connard de bouffeur de chattes. Puisqu’il refuse de goûter avec moi aux plaisirs de l’amour entre hommes, qu’il aille crever dans le caniveau (en plus ça fait un moment que je ne l’ai pas vu, si ça se trouve c’est ce qu’il a fait). Et la meilleure solution pour ça -en plus du sexe à outrance avec plein d’inconnus-, c’est de s’en trouver un nouveau !

Comme je suis moi, je n’ai pas eu trop de mal à le remplacer. Au détour d’un rayon, par hasard, j’ai rencontré Poussin, ses grands yeux bleus, sa jolie gueule d’ange toujours mal rasé qui lui donne un air de rebelle au grand coeur (non Lorenzo Lamas, certainement pas toi), et ses blagues à la con : je me suis dit qu’il avait été envoyé par mon karma, qui cherchait à se faire pardonner cette longue période de merde.
En plus il a ce grand avantage sur Bombasse : il me parle, on s’entend bien, et il a l’air de bien m’aimer -enfin je vais pas cracher dans le potage, ça faisait aussi partie du charme de Bombasse d’être un iceberg hein, n’oublions pas que je suis un masochiste de première, et que me manger en permanence un mur dans la gueule, j’aime.

Bien sûr, chat échaudé craint l’eau froide, et il faudrait être sûr que Poussin n’est pas encore un sale hétéro de merde, avant de l’envisager. Je pourrais lui demander directement, mais on m’a assez posé la question depuis que je bosse là pour que ça m’apparaisse tout de suite comme un très mauvais plan.
Alors, je me suis fié à mon flair légendaire (là, imaginer Procellus se tapotant une narine avec l’index, d’un air satisfait). Je vais mettre en action mes petites cellules grises, observer, réfléchir et déduire.

Alors, dans la colonne “Poussin est une fiotte”, j’ai noté :

- Il bosse à Happy Time;
- Il a le même prénom que quelqu’un que je connais et qui en est, alors si ça c’est pas une preuve;
- Il fait la bise à tous les mecs. Bon ok, ça ne veut rien dire non plus, et en plus moi il me serre la main, mais bon;
- D’ailleurs une fois j’étais venu lui dire bonjour, comme ça par hasard, on avait discuté cinq bonnes minutes, et pendant tout ce temps, il avait continué à me tenir la main, tout figé dans son bonjour (c’est à la fois très long et très court, cinq minutes avec sa main dans la main de son fantasme du moment);
- Il y avait aussi eu cette fois où il était passé en me disant qu’il filait en pause il allait “prendre un verre avec mon… enfin avec un pote”. La phrase qui veut tout dire.
Petit pédé qui n’assume pas, va.

Bon, mais je suis un investigateur minutieux, alors n’oublions pas la colonne “Poussin est hétéro” :

- Rien.

Alors avant-hier, je suis retourné le voir (parce que j’avais une question de boulot à lui poser, en plus). Et chacun de nous deux a dévoilé un peu plus de son intimité à l’autre.

Ca a commencé normalement, cette conversation, il me reprochait gentiment de ne pas être venu le voir depuis longtemps. Bah oui mais Poussin, je vais pas jouer les garçons faciles, non plus !
Et pendant qu’on parlait de tout et de rien, quelque chose derrière moi a capté son attention, et il a susurré avec une voix pleine de “putain si je te mets la main dessus tu vas prendre cher” :

- Hmmm… Sympa ça…

Vite vite, je tourne la tête, voyons ce qui fait se gorger de sang les corps caverneux de Poussin !

C’était une espèce de pouffiasse, avec un décolleté pigeonnant, une minijupe de rigueur quand il fait moins quinze comme en ce moment, et des allures de pute bon marché.
Argl.
Double fucking argl.

Mais je fais comme si je ne venais pas de me prendre un grand coup de machette dans le dos, j’ai ma dignité quand même !
Alors je prépare ma sortie, et je m’apprête à lancer un désinvolte et coquin “Bah je te laisse faire ton boulot de vendeur”, sur un ton où on entendra “et quand je parle de faire ton boulot de vendeur je veux dire draguer la pétasse pour essayer de la sauter et je la déteste“.

Sauf que toujours, mon problème d’improvisation et la conviction que je mets dans mes blagues font que je me limite à :

- ‘ah j’te laisse…

Et vu sa réponse, il ne l’a pas du tout, mais alors pas du tout interprété comme la blague spirituelle que j’avais prévue à l’origine :

- Ah ouais je sais, toi c’est pas ton truc, mais bon c’est quand même sympa à regarder !

Bon, l’avantage c’est qu’il n’est pas homophobe, je suis grillé depuis le début, et il ne m’a pas encore jeté des pierres.
L’inconvénient c’est qu’il est vraiment hétéro, vu que finalement on a continué à discuter, et il m’a parlé de sa femme, et gna gna gna…

L’autre inconvénient, c’est qu’il va être obligé de se mettre aux mecs, vu que je ne m’intéresse manifestement qu’aux hétéros, il va falloir que le monde s’adapte un peu, moi ça me saoulerait de devoir changer.

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La Métamorphose

Quand on était petits avec mes cousines, on allait passer tous les étés deux ou trois semaines chez nos grand-parents. C’était bien. C’était la campagne, mais c’était bien quand même. Y’avait une caravane, qui nous servait de quartier général, un portique pour jouer à la balançoire, parce que les enfants ça a besoin de faire de la balançoire, sinon c’est malheureux, et on pouvait regarder la télé tard le matin avant d’aller se laver.
Du coup c’était un peu le Paradis à cette époque, nos soucis se limitaient à ne pas laisser de traces sur les vitres quand on faisait des courses d’escargots sur les fenêtres, ou ne pas faire trop de bruit quand on pouffait tard le soir alors qu’on aurait dû dormir, genre une fois, on a même dû veiller jusqu’à onze heures, j’te dis même pas comment on était trop des rebelles.

Mais notre révolte allait bien plus loin qu’un simple combat contre la honteuse dictature de l’heure du coucher. Un jour, on a décidé de transcender notre triste condition d’humains. Rien que ça, ouais.
On y a pensé pendant qu’on jouait à la balançoire.
Il y avait des petits oiseaux sur la mangeoire juste à côté du portique.
Et ils se sont envolés.

C’est à ce moment là que la vérité nous a frappés de plein fouet, shbam, purée mais oui mais bien sûûûr ! Comme un seul homme, on a eu cette épiphanie, Cousine#1 et moi (Cousine#2 était trop petite pour avoir des épiphanies, alors elle se contentait de nous suivre et d’être d’accord) :
Il faut qu’on devienne des oiseaux !

Sur le coup, ça nous a semblé être une putain de bonne idée, ça vit d’air pur et d’eau fraîcheuh l’oiseau, c’est la solution ultime à tous nos problèmes. Bon oui, on n’avait pas vraiment de problèmes, c’est vrai, mais d’un autre côté, pourquoi attendre d’en avoir ?

On n’avait que six ou sept ans à l’époque, mais justement, c’est l’âge où tout est possible. D’ailleurs, c’est aussi pour ça qu’on y a cru. Il y a bien un gros monsieur qui distribue des cadeaux sur son traîneau magique tiré par des rennes volants, une petite souris qui échange les dents mortes contre de la thune, et à Pâques, les cloches viennent en volant pour cacher du chocolat dans le jardin.
C’était donc tout à fait possible de se transformer en zozios comme par magie, juste parce qu’on le voulait.

Le problème, c’est qu’on s’est très vite rendu compte que le vouloir, ça ne serait pas suffisant. Il fallait le mériter, ça n’allait pas nous arriver comme ça.
Ce qui est cool quand on est petit, c’est que les solutions à nos problèmes de bambins nous apparaissent toujours assez facilement, c’est évident, tellement logique, et magnifiquement simple !

On veut devenir des oiseaux ?
Ben c’est facile, on n’a qu’à se nourrir au maximum avec les graines de la mangeoire ! Ca marche pour les oiseaux, s’ils en mangent, c’est pour rester transformés, duh !

C’est comme ça que pendant deux ou trois jours on a mangé tout ce qu’on a pu de graines pour moineaux.
On faisait bien attention à ce que nos grand-parents ne nous grillent pas, on savait que s’ils comprenaient notre plan brillantissime, ils essaieraient de nous en empêcher, parce que leur seul but c’était de nous retenir prisonniers, mais ils seraient bien attrapés quand ils nous verraient nous envoler, niark niark niark.

Mais la dure loi de la vie nous a vite rattrapés.
Au début on pensait que si ça ne marchait pas, c’est parce qu’on mangeait pas les bonnes graines, le secret de la métamorphose était enfoui dans quelques spécimens spéciaux, qu’on essayait de repérer (et c’est pas facile d’essayer de différencier des graines de millet, fallait qu’on soit vraiment motivés !).
Et petit à petit, on s’est lassés, ou on a compris qu’on ne se transformerait pas en oiseaux en mangeant leurs graines, tout ça c’est que des mensonges, et on a recommencé à jouer à Cosmocats et aux Trois Mousquetaires.

Avec quand même un petit goût amer dans la bouche.

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Don’t worry be happy

Aujourd’hui, pour la première fois depuis bien longtemps, j’étais de bonne humeur, au travail. Une de mes périodes Maître du Monde, rien ne peut m’atteindre, aucune force ne peut empêcher mes vents de Déesse de souffler dans ma direction, je suis un winner, un warrior, un killer (pour nos amis non-anglophones, ça veut dire qu’aujourd’hui je vais tous leur marrav’ leurs sales petites gueules de merde).

Je ne me suis pas formalisé quand je me suis rendu compte que la collègue avec qui j’allais passer la journée était une bavarde intarissable.
Je n’ai pas tiqué non plus quand elle a sorti un petit sachet de son sac, l’a mis à infuser dans sa bouteille d’un litre et demi avant de m’expliquer que suite à son cancer (genre j’en ai quelque chose à foutre) elle a des problèmes pour “aller au petit coin” (mais est-ce que j’ai l’air de vouloir savoir ?!), et que grâce à cette tisane, c’est souverain, une fois la dernière goutte avalée, elle a juste le temps d’arriver su’l'chiottoir qu’elle se défait d’un tiers de sa masse corporelle aussi sûr que deux et deux font quatre (mais que quelqu’un la fasse taire, par pitié !).

Je ne me suis même pas laissé émouvoir quand elle m’a raconté sa vie sordide, ses problèmes d’argent, les vilaines marques sur ses bras à cause des prises de sang (ouais c’est ça, c’est ce qu’ils disent tous…), son drainage tous les deux jours, les deuils à répétition, et tout et tout.
Comme aujourd’hui c’est ma journée, j’ai pris tout ça par-dessus la jambe. Je lui ai donné un petit coup de coude, un clin d’oeil, en lui disant que toi ma cochonne, c’est pas ta période hein !
Pire, je me suis même résigné, quand elle a sorti les photos des petits enfants de son portefeuille. J’ai menti en disant que je les trouvais beaux.

Aujourd’hui, je suis l’invincible, un soleil de bonne humeur que rien ne peut éteindre, un rayonnement positif ininterrompu, je suis joie, je suis bonheur, je suis félicité.
Même quand je me suis pincé très fort la peau du ventre avec l’agrafeuse, sa mère la pute la suceuse de queues ça fait maaal, ça n’a pas entamé la forteresse de mon allégresse.

C’est dire si j’avais le cœur léger et l’esprit joyeux quand ce papy est arrivé.
Il était touchant, dans son coupe-vent rouge trop grand pour lui. Et quand il a commencé à parler, avec sa voix tremblotante de petit vieux chiant et acariâtre, c’était tellement mignon, on avait presque envie de lui faire des câlins (presque, parce que les petits vieux, même dans mes périodes euphoriques, il est pas question qu’ils me touchent, plutôt mourir).

- Bon-niou’ gne viens rend’ èniarticle !!!

- Oooh ! Mais bien sûr monsieur ! Comme votre aura est belle ! Pour rapporter un article il me faut votre ticket de caisse. :D

- Ah mais gnon monshieur, mais gne viens ren’re sha ! Gne suis dégnià revegnu deux fois, gne viens ren’re sha !

Ca fait un moment que dans ma tête, je suis complètement mort de rire. Mais je reste sérieux et professionnel.
Je lui explique calmement qu’il faut le ticket, au moins pour être sûr qu’il a acheté chez nous, et combien ça coûte, et machin et machin.
Le mignon petit vieux tout aigri commence à vraiment s’énerver.

- Mais qu’est-she que gne peux faire moi agnors hein ?!

- Ben rentrer chez vous, prendre le ticket et revenir ? :D

Le chaud soleil de ma voix ne suffit pas à faire fondre le glaçon dans son cœur.
Il me balance ses articles à la gueule et me dit qu’il s’en fout, que j’ai qu’à tout garder.

Là encore, mes gènes de Bisounours et mes vêtements pleins de Cajoline font que je suis un vrai bonbon au miel avec ce vieux con.
Je lui fais un grand sourire et je lui redonne ses merdes.

- Oh mais non monsieur gardez-les, vous avez payé, c’est idiot de me les laisser comme ça ! :D

C’est à ce moment que tous ses barrages ont dû céder. Tant de sympathie, c’est plus que ce que nos deux cœurs peuvent supporter.

Dans un ultime accès de rage, il me rebalance ses… euh, je sais toujours pas ce qu’il avait acheté en fait, et me croasse :

- Ah mais c’est pas possib’ ça ! C’est pas possib’ ce magasin ! Et vous… Et vous vous êtes un con !

Et il s’en va, en me gueulant toujours dessus que c’est pas possib’.

En temps normal, je serais peut-être parti d’un coup, eh non mais ça va changer quoi de m’insulter, pauvre connard ?!; ou alors je me serais mis à trembler, d’intérioriser tout ça, ce festival toute cette pression.
Mais là, non.

Le temps d’analyser ce qui vient de se passer, de voir du coin de l’oeil le visage de Collègue total abasourdie (ou alors la tisane commence à faire effet), et j’éclate de rire.
Son “vous êtes un con !”, de sa petite voix chevrotante et énervée, c’était tellement émouvant, tellement mignon, tellement… ridicule !
C’était même pas un rire nerveux, “je rigole mais je pourrais tout aussi bien être en train de pleurer toutes les larmes de mon corps”, non, vraiment du rire en réponse à une bonne blague.

Bon en attendant, il est bien évident que si je le revois je lui fais bouffer le peu de dents qu’il lui reste, mais j’aurais peut-être un moment d’intense compassion pour ce pépé si charmant. Avant de me souvenir qu’en fait il n’a rien de charmant, et que comme tous les petits vieux, il mérite la mort lente et douloureuse qui l’emporte un peu plus chaque jour.

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Ma collègue anorexique

- Tiens, tu veux un Tic Tac ?

- Ils sont à quoi ?

- Hmm, je sais pas, attends… À la mangue.

- Ah… Alors non. Du sucré à cette heure-là, je vais me couper l’appétit.

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It’s not a habit, it’s cool, I feel alive

Acheter des meubles, c’est mon dada. Dès que j’ai cinq minutes, je me jette sur les sites de vente en ligne. J’ai le catalogue Maisons du Monde en triple ou quadruple, et je fais bien attention à en laisser un exemplaire dans chaque appartement où je suis susceptible de revenir, comme ça, pour me rassurer.
Mais ça faisait un moment que je ne faisais plus rien d’autre que baver sur les vitrines ou me masturber en cachette sur la page centrale du nouveau catalogue Habitat, j’étais un peu frustré : “si t’as pas de thunes, t’achètes rien”, comme on dit par chez moi (non je rigole hein, personne oserait dire ça, par chez moi, c’est trop la honte).

Alors maintenant que je suis revenu à Happy Time et à mon salaire de ministre, tout a changé ! Je peux enfin renouer avec mon vice, yihaaa ! Pour fêter ma condition retrouvée de bourgeois capitaliste, j’ai fait comme tous mes camarades compagnons de fortune : je suis allé m’acheter un meuble au BHV, le paradis du truc honteusement cher.
À cette occasion, j’ai fait une découverte incroyable : on peut faire autre chose que niquer, ou piquer des trucs, ou pisser, au BHV, on peut aussi faire des achats, ouah, trop dément !

Une fois passé le choc de cette étonnante révélation, j’ai choisi un joli meuble en authentique imitation de teck véritable, disponible sous cinq jours dans leurs entrepôts (parce que ça va quoi, je vais pas en plus payer la livraison).
Super, c’est le délai idéal, ça va me permettre de ne pas m’impatienter, et ça laisse quand même le temps de se rétracter, parce que je suis très fort pour changer vingt fois d’avis, voire oublier que j’ai acheté quelque chose, quand on me donne un délai de livraison suffisant.

Au bout d’une semaine, toujours pas de nouvelles.
Je suis retourné les voir gentiment, bonjour madame BHV, oh bonjour mon petit garçon, voilà j’avais acheté un meuble et il est toujours pas là, ouin ouin, bouge pas mon enfant, on va regarder ce que dit la machine.
Et la machine a dit que tout était bon, il y avait juste eu du retard dans leurs livraisons. Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, mon meuble sera là et je pourrai venir le chercher.

J’ai encore attendu quelques jours avant de demander à Soeur Anne, ma Soeur Anne si elle ne voyait rien venir.
Ben non, toujours que dalle. Comme je n’ai que ça à foutre, je suis retourné les voir pendant ma pause déjeuner, qu’est-ce que ça veut dire, bordel de merde, il est où mon meuble, j’ai… euh, perdu mon papier de commande, mais je l’avais payé, d’abord, hein !
On re-redemande à la machine, c’t'à n’y rien comprendre mon bon monsieur, on est désolés, il va arriver dans les trois jours, on en attend à la prochaine livraison.

Cette sombre affaire a duré presque un mois, soit quasiment trente jours de pauses déjeuner avortées, pendant lesquelles j’ai dû expliquer mon problème à tous les vendeurs du rayon. Assis en tailleur autour de moi pendant que je racontais, ils ont tous trouvé cette histoire absolument palpitante.
Jusqu’à samedi dernier, où j’en ai rencontré un plus intelligent que les autres, qui s’est rendu compte qu’il y avait eu un cafouillage dans la machine, ma commande avait disparu dans un trou noir, vraisemblablement attaquée par un méchant vaisseau Goa’uld qui croisait dans les parages. Alors du coup il a refait le papier, et on me préviendra dès que ça sera là, allez salut.

Et le soir, quand je suis rentré, j’avais deux messages sur mon répondeur.
Ouaaah ! Deux personnes ont essayé de me joindre dans une même journée ! Victoire je suis populaire !

Le premier c’était ma tante, pour confirmer son invitation au repas de Noël chez elle, et là on s’en fout un peu.
Le second, c’était une voix ronchon, signe distinctif des vendeurs du BHV :

- Oui bonjour, c’est le BHV Rivoli (soupir excédé). J’vous appelle parce que vous aviez commandé un meuble là… Il est dans nos entrepôts depuis maintenant trois semaines, alors ça serait pour savoir si vous comptez venir le récupérer, un jour…? Merc…[clic].

Tout est là, pas besoin d’en faire plus.

Mais d’un autre côté : youhouhouuu !
Ca veut dire que dès demain, je vais pouvoir aller adopter mon nouveau bébé, et le ranger dans son nouveau foyer plein d’amour et d’affection, avant de l’oublier tellement il fera partie des meubles, ho ho ho, quel sens de l’à-propos.
Bon bien sûr, à l’époque où je l’ai commandé, j’avais pas prévu de devoir le transporter tout seul dans le métro, mais vu qu’entre temps Quelqu’un en a choisi un autre, maintenant il peut crever pour que je le laisse m’aider, d’abord nan mais oh.

Et comme ça, il sera bien attrapé quand il saura à quel point j’en ai chié comme un Turc avec un meuble presque en teck sous le bras, dans les rues de Vincennes, alors qu’il y a plein d’échafaudages sur les trottoirs et qu’on risque une mort certaine à chaque coin de rue.

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Vol au-dessus d’un nid de coucou

À Happy Time, tous les employés ont un même objectif, un but dont personne ne parle, mais quand on se regarde du coin de l’oeil, on sait qu’on se comprend, et qu’on oeuvre tous dans la même direction : réussir à rendre un client complètement fou.
Jusqu’à maintenant, la palme revient à une caissière toute neuve, à peine sortie de la boîte. Pendant un encaissement compliqué, avec une commande et un acompte et des trucs et des machins, elle était supervisée par une Maman Caissière, qui lui expliquait pas à pas toutes les procédures.
À un moment, elle lui a dit :

- Et comme madame paye avec sa carte Faistoimettre, on ne fait pas de livret [procédure qui permet de régler la commande et l'acompte et le truc et le machin en un seul paiement].

Et d’un coup, sans que personne ne comprenne vraiment ce qui venait de se passer, la cliente a fondu en larmes et s’est mise à hurler :

- Hein quoiii mais comment ça on ne peut pas me livrer ?! Mais c’est impossiiiible, mais vous ne vous rendez pas compte, mais ma vie est gâchée, mais pourquoi je suis venue ici aujourd’hui, j’aurais mieux fait de me casser une jaaambe, rendez-moi tout ça je m’en vaiiiis !

En beuglant comme un boeuf, elle a réussi à distraire tout un étage pendant cinq bonnes minutes, jusqu’à ce que le vétérinaire arrive avec son fusil et ses fléchettes hypodermiques.

Et puis hier soir, pendant la nocturne spéciale pour tous ces cons de Parisiens qui n’ont rien d’autre à foutre que de venir faire leurs courses jusqu’à plus d’heure, une cliente a compris le jeu, et elle a essayé de s’en servir contre moi.
La sale garce. Ou alors pendant un court instant, je suis passé dans la treizième dimension, je sais pas trop.
Elle est arrivée, et m’a montré un papier :

- Bonsoir monsieur, je voudrais savoir comment on fait ?

- Euh oui, comment on fait pour ?

- Ben je sais pas, j’ai ce papier là, et je voudrais enregistrer mon achat.

(Enregistrer un achat ? Qu’est-ce que c’est…?)

- Pardon ? Enregistrer un achat ?

- Ben oui.

- Euh ben là avec ce papier il faut passer en caisse et après vous allez voir le vendeur et il vous donne le bijou…?

- Oui oui.

- …

- …?

- Ben qu’est-ce que vous voulez de plus alors ?

- Ben savoir comment je dois faire.

- Mais comment faire quoi au juste madame ?

- Ben oui, c’est ça ?

- !!!
Non mais c’est à dire que là vous ne me posez pas de question, donc c’est dur de vous répondre, hein.

- Non mais monsieur écoutez, je voudrais juste savoir comment faire !

- MAIS COMMENT FAIRE QUOI, ESPÈCE DE BORDEL DE CONNASSE DE MERDE !!!

- Mais vous êtes stupide ou quoi ? (Avec un long soupir et un regard excédé à sa copine, genre “putain on est tombées sur l’idiot du village”).
J’ai-le-papier, et-je-vou-drais que-vous-me-di-siez co-mment-faire.

Heureusement, au bout d’un an j’ai appris à gérer ces situations difficiles, je suis équipé.
De ma poche gauche, j’ai sorti le revolver de très gros calibre (la poche droite, c’est juste pour les clients un peu lourds), je lui ai foutu dans la bouche, et quand sa tête a explosé et que son corps s’est retrouvé projeté quinze mètres plus loin, où elle allait pouvoir emmerder un autre collègue, tout le monde a applaudi autour de moi.

Sourire suivant.

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Le monde au creux de ma main

C’est arrivé comme toutes les grandes découvertes : par hasard.
J’étais chez moi, je jouais avec mes jouets, j’embêtais personne. Aucune idée négative de destruction ou vengeance ou domination du monde.

Mais chassez le naturel, il revient au galop, comme on dit quand on s’exprime uniquement avec des proverbes à la con que même nos grand-parents n’ont jamais dû utiliser (en tout cas pas les miens, ils parlent normalement).

Donc je disais, j’étais tranquille, et puis soudain, comme ça, paf, je me suis rendu compte que j’avais faim : c’était l’heure de mon goûter.

J’ai sonné, mais je me suis souvenu que c’était le jour de congé des domestiques et que j’allais devoir me démerder moi-même, ben tiens, on n’est franchement pas aidé ici, j’vous jure.

Alors je me suis levé et je suis allé à la cuisine. Là, j’ai sorti une tranche de pain de mie du sachet, et je l’ai posée sur une assiette.
Après, je sais plus trop dans quel ordre ça s’est passé, je pensais pas que l’instant serait aussi décisif, sinon bien sûr, j’aurais fait plus attention hein. Mais là, pas de bol, la trivialité de la situation et la faim qui me tiraillait m’empêchent de bien me souvenir.
Salopes de situation triviale et de faim, tiens.

Enfin bon, je crois qu’ensuite, j’ai sorti le couteau, et je l’ai posé sur l’assiette, parce que même si le couteau et le plan de travail sont propres tous les deux, ils ne faut jamais les faire se rencontrer, sinon l’univers pourrait imploser -et ça a l’air tentant, comme ça, mais c’est un peu radical quand même.

Après j’ai sorti le beurre et la gelée de groseille du frigo, salivant à l’idée du bon casse-dalle que j’allais me préparer.
Le problème, c’est que le beurre tendre Elle & Vire facile à tartiner dès la sortie du réfrigérateur dans son beurrier en plastique solide, il était quand même un peu dur.
En l’étalant maintenant, à coup sûr, j’allais tout déchirer mon pain de mie, comme le trou du cul du lapin dans la blague.
Immangeable.

J’ai donc eu cette idée de génie (si si, quand même), bon sang mais c’est bien sûr ! : je vais mettre le beurre un tout p’tit peu au micro-ondes !
D’abord, je l’ai mis dix secondes, avec le couvercle sur le beurrier, j’avais trop faim pour l’enlever.
Ca n’a rien changé. Toujours dur comme du beurre ordinaire, pouah !

Alors, j’ai enlevé le couvercle, et je l’ai remis vingt secondes, en me posant devant la porte pour le regarder tourner. J’aime bien regarder tourner les ingrédients dans le micro-ondes.

Et en le sortant, je me suis rendu compte que non seulement il avait atteint la consistance rêvée (enfin plus ou moins), mais qu’en plus, j’avais inventé une nouvelle matière, au fond du beurrier, si simple en apparence et qui pourtant allait bouleverser à jamais les lois de l’univers, comme ça, en faisant trois fois rien !

Ce jour va voir l’avènement d’un ordre nouveau, mon ordre, parce que maintenant votre Dieu sera moi, vous serez tous obligés de vous soumettre à ma volonté, avant que je ne déchaîne sur vos misérables carcasses l’expression de la toute-puissance de la nature, cette force brute et indomptable (sauf par moi) !

Tremblez, abjects humains, et soumettez-vous au pouvoir absolu du beurre en fusion !

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Ma collègue schizophrène

- Ah tiens, tu fais quoi, tu joues au morpion toute seule ? Tu essayes de trouver une technique imparable pour gagner à tous les coups, mouarf mouarf mouarf ? :)

- Non. Je fais des parties comme ça, au hasard, je me laisse porter…

- Ah, euh… Et tu gagnes, héhéhé* ? :mrgreen:

- Non… Pour l’instant ce sont les croix qui gagnent.

*Je fais quand même des blagues super drôles quand je suis au boulot, je trouve.

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