Procellus

  • rss
  • Derniers posts
  • À propos
  • NabazDav
  • Contact

Comme je respire (2/2)

19 novembre 2007

Alors c’est décidé, dès qu’ils me poseront la question, je dirai que je oui, je dois y aller de bonne heure, en plus aujourd’hui j’ai un chef différent, qui ne sait pas comment je viens.
Ca a plutôt mal commencé, mes rêves de tricherie, parce que si jeudi et vendredi ils avaient demandé dès le matin si on pouvait rester jusqu’à la fermeture, aujourd’hui que tchi, je suis revenu de miamer qu’ils s’en étaient pas encore occupés.
J’étais presque sur le point de me résigner, tant pis, c’est un signe, je ne suis pas fait pour resquiller, tel est mon triste destin, quand enfin :

- Au fait David, ce soir tu peux faire tes horaires normaux ?

Et là j’ai maudi mes réflexes conditionnés, mon éducation Bree VanDeKampienne et ma bouche qui parle toujours trop vite :

- Oui oui c’est bon.

Argl je suis trop con !
Mais pas cette fois. J’ai décidé que la grève et la grande générosité d’Happy Time joueraient en ma faveur, et j’y arriverai ! Résiste, prouve que tu existes, toussa toussa.
Alors je me reprends, si ça se trouve elle m’a pas entendu, et pendant que mon petit coeur s’emballe de mettre en route la vilaine machine du mensonge, je lance un ô combien naturel, spontané et convaincant :

- Euh… Enfin… Non, ce soir non… Faudrait qu’j'm’en aille pas trop tard…

- Ben alors ? Tu dis oui, ou tu dis non ? (Damned, elle avait entendu) Bon tu dois partir à quelle heure ?

- Euuuh…

Le problème, c’est que je n’avais pas réfléchi plus que ça, dans ma tête mon plan brillantissime se limitait à dire que je voulais y aller plus tôt, et voilà, on me disait oui, et vogue la galère.
Et là je ne peux plus faire machine arrière, ça serait difficile d’avouer que je me serais juste bien volontiers cassé de bonne heure, eux ils s’attendent surtout à ce que je leur balance un horaire de train, un impératif ou quelque chose.
Alors je fais mon lapin pris dans les phares, je reste bloqué.
C’est trop tard je suis fait, je suis trop con, argl, mais pourquoi est-ce que je ne suis pas meilleur dans l’improvisation, chienne de vie !

Mais la candeur de mes chefs est inversement proportionnelle à mes talents d’acteur. Contre tout attente, mon grossier mensonge a l’air de prendre, ils me proposent d’eux-mêmes de rentrer à dix-neuf heures, ça te va David, oui oui je pense que ça devrait être bon huhuhu.

Ca se passait trop bien.
J’avais juste oublié Collègue à côté de moi, qui sait où j’habite, et à qui rien n’échappe. Elle fait exprès de profiter que Chef soit encore à portée d’oreille, je le sais, j’en suis sûr, elle me déteste !, pour demander :

- Ah bon tu pars plus tôt ? Mais t’habites pas à Vincennes, toi ?

Gasp. Connasse.
Premier réflexe, je lui balance de toutes mes forces mon coude dans la gorge. Ensuite, je me place juste devant son corps inanimé, comme ça personne ne voit ce que je viens de faire, et je réponds, en improvisant du mieux que je peux :

- Euh, si, mais euh, ce soir, je dois aller à… Biarritz New-York Londres Perpignan Créteil Melun !

Et avant qu’elle pose une autre question, je l’achève avec un bon coup de pied dans le ventre.

La suite est plus facile. Après des débuts un peu chaotiques, je n’ai plus qu’à faire attention à la cohérence de mon histoire (Melun, donc), et à ne mettre personne dans la confidence. Aujourd’hui plus que jamais, tout le monde à Happy Time est un ennemi potentiel.
Je n’ai plus eu qu’à apporter la touche finale à mon édifice déjà irréprochable. Un peu avant l’heure H, j’ai pris mon air triste pour demander à Chef:

- Dis… Est-ce que tu sais si y’a des RER…

Et là, gros soupir de soulagement, j’ai su que mon plan avait marché, j’avais gagné : non seulement j’allais m’en aller à l’heure de mon choix, mais en plus, tout le monde allait croire que je le méritais. Elle m’a répondu avec un air horriblement désolé :

- Non, enfin je crois que sur la A, il y en a un sur trois, et sur la D (je sais que c’est celle de Melun, alors j’ouvre grand les yeux, pour montrer que je me sens très concerné), c’est encore moins…
Bon allez file en vitesse, si jamais le tien est à quinze ça serait dommage !

Elle a pas eu à me le dire deux fois.

Maintenant, si en revenant mercredi soir (un week-end de trois jours et demi, c’est ce qu’il faut) ils me virent, ça voudra dire que ça n’était pas suffisant de simplement changer le nom de la boîte sur mon blog, pour avouer mes crimes (et donc que j’ai été bien inspiré de ne pas parler de tout ce que j’ai déjà piqué depuis que j’y bosse).

Catégories
au boulot
Flux rss des commentaires
Flux rss des commentaires
Trackback
Trackback

« Comme je respire (1/2) Je dis merci à la vie, je chante la vie, je danse la vie »

6 réponses à “Comme je respire (2/2)”

20 11 2007
Alpasyr (01:43:07) :

On peut passer des commandes ?

20 11 2007
CHRONOS (07:58:42) :

Imagine qu’un autre de tes collègues venant en voiture et habitant Melun t’aies proposé de t’accompagner …. à Melun pour te rendre service…. ça aurait été amusant aussi ;-))))

Melun - Vincennes en ce moment ça doit etre coton …

20 11 2007
Nik (09:53:45) :

Bon finalement je suis bien content d’avoir attendu siiiiiiiiiiiii longtemps pour avoir la suite. Quel suspense je me suis demandé jusqu’à la fin si votre plan diabolique allait marcher… Trop fort Procellus !

PS : changer le nom de la boîte où vous travaillez ne sera certainement pas suffisant : faudrait aussi éliminer la photo dans la rubrique “à propos”, c’est quand même encore plus flag’…

20 11 2007
Steppen (18:21:09) :

Hum, et c’est en partant plus tôt que tu as réalisé qu’en fait il y a plus de monde dans les trains, que tu as du en laisser passer et que tu es rentré exactement à la même heure que si tu étais parti normalement? :)

Chez moi, on ne ment pas, on reste après le patron pour motif de “j’ai promis à un client de lui envoyer son projet pour ce soir, alors je préfère rester, le cabinet avant tout!”

Là, tu passes pour un héros quand tes collègues ne sont que des profiteurs.

Es tu en train de toucher le côté obscur? :)

20 11 2007
Diabolito (22:54:38) :

Piquer des trucs ? Je ne l’avais jamais envisagé sous cet aspect… Je devrais peut-être y bosser aussi : des pédés et plein d’objets à se mettre sous la dent, c’est le paradis !

21 11 2007
NapiNapo (00:18:45) :

Prépare toi à leur raconter comment cela s’est passé pour rejoindre Melun. Le plus fun, c’est de dire que finalement tu as renoncé, ou que l’on t’a appelé pour annuler… style, tu te vantes au final de leur avoir gratter du temps… :D

Sinon, tu postules quand pour intégrer la “ligue d’inprovisation” ? :)

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises html : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>


Blogroll

  • Antoine
  • Coquecigrue*
  • Cosmic Teddy
  • Delicious
  • Gai Luron
  • Garoo
  • Jérômeuh
  • Le blog de Ced
  • Le Nico Blog
  • Maeren
  • Monsieur le Chien
  • Pasfolle
  • Patapouf
  • PostSecret
  • Surimi Bleu
  • Theopiscence
  • Vie de merde

Archives

  • mars 2010
  • janvier 2010
  • novembre 2009
  • octobre 2009
  • août 2009
  • juillet 2009
  • juin 2009
  • mai 2009
  • avril 2009
  • mars 2009
  • février 2009
  • janvier 2009
  • décembre 2008
  • novembre 2008
  • octobre 2008
  • septembre 2008
  • août 2008
  • juillet 2008
  • juin 2008
  • mai 2008
  • avril 2008
  • mars 2008
  • février 2008
  • janvier 2008
  • décembre 2007
  • novembre 2007
  • octobre 2007
  • septembre 2007
  • août 2007
  • juillet 2007
  • juin 2007
  • mai 2007
  • avril 2007
  • mars 2007
  • février 2007
  • janvier 2007
  • décembre 2006
  • novembre 2006
  • octobre 2006
  • septembre 2006
  • août 2006
  • juillet 2006
  • juin 2006
  • mai 2006
  • avril 2006
  • mars 2006
  • février 2006
  • janvier 2006
  • décembre 2005
  • novembre 2005
  • octobre 2005
  • septembre 2005

Catégories

  • au boulot
  • cinéma tchi tcha
  • dehors
  • l'avenir
  • la famille addams
  • la luxure
  • la musique
  • la technologie
  • les études
  • les jeux
  • les voisins infernaux
  • ma télé et moi
  • mon nombril
  • non, rien
  • une page de publicité