Procellus

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Ma rentrée des classes (2/2)

Bah ça s’est bien passé la reprise, en fait.

Au bout de dix minutes, je me faisais engueuler par une cliente, qui le sait bien que le magasin m’appartient et que je fais semblant d’y travailler (ça c’est un peu vrai) pour cacher mon jeu, et du coup c’est à moi qu’il faut expliquer tout ce qui est cloche, parce que moi j’ai le pouvoir de faire bouger les choses !
Pas glop les clients dès le départ.

Au bout d’un quart d’heure, une première chef me tombait dessus en me reprochant d’être arrivé une semaine plus tard que ce disaient les plannings, mais c’est pas ma faute, même que c’était prévu comme ça et sur mon contrat ils ont rayé le 22 pour écrire 29, tiens regarde connasse, alors, camembert !

Au bout d’une demi-heure, une deuxième chef me tombait dessus en me reprochant d’être arrivé une semaine plus tard etc., plannings, contrat, connasse, camembert.

Au bout d’une heure, j’en pouvais plus de bonheur d’être revenu. Sauf que je pensais être arrivé depuis au moins trois heures. Comme le temps file quand on s’amuse !

Au bout de quatre heures, j’étais quand même content d’être là.

Glop glop les journées de quatre heures.

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Ma rentrée des classes (1/2)

Aujourd’hui je faisais mon come-back à Happy Time.
Comme je ne suis pas quelqu’un de nerveux et angoissé, ça faisait trois jours que je ne dormais plus, que je me rongeais les ongles jusqu’à l’os, et j’exagère à peine.
Alors ce matin, je suis allé nager pour essayer de me changer les idées et me vider la tête, même que ça a marché.
Après j’étais tout crevé, j’ai même dû me faire un café pour me réveiller, alors que j’aime pas le café. C’est dur la vie d’honnête travailleur.
Et vu que le mercredi je fais la nocturne, je commence tard, alors j’ai pu comater sur mon canapé encore un peu, à me passer les nerfs en zigouillant du niak’ à Tenchu. Même que c’était bien.

Mais tic-tac tic-tac, au bout d’un moment il a fallu se préparer.
Avant de passer à la douche je me suis rasé. En prévision de ce grand jour, ça faisait plus d’une semaine que je l’avais pas fait, parce que si on se rase trop souvent ça fait mal, et pour ce que j’ai fait ces derniers temps (piscine-ciné-télé-sexe-rien), j’avais pas franchement besoin d’être glabre comme une fesse de bébé.
J’ai changé la lame, et je me suis coupé, là juste à côté de la lèvre. Tout impuissant, jai regardé ma plaie qui voulait pas s’arrêter de saigner, juste avant mon retour au boulot. Génial.
Après une bonne douche qui a remplacé mon odeur de chlore par celle encore plus forte d’ylang des Comores, j’ai découvert les vertus cicatrisantes ou colmatantes de mon après-rasage, je sais pas trop mais on s’en fout, parce que youhouhou, je ne me vide plus de mon sang !

J’ai mis du gel dans mes cheveux, un peu plus de noir sur mes yeux, par habitude.
Un petit coup sur les dents, l’iPod dans les oreilles (enfin je me suis habillé entre temps, quand même, hein !), et en route mauvaise troupe.

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Arachnophilia

C’est peut-être à cause de ma mère, qui m’a forcé pendant des années à regarder Nicolas Hulot tripoter des phasmes dans Ushuaïa.
C’est peut-être à cause de mon père, de ses flyers Greenpeace plein les tiroirs, et du labyrinthe à fourmis qu’il avait construit quand il était au collège.
C’est peut-être dans les gènes, après tout mon oncle mangeait des limaces quand il était petit, même que quand notre grand-mère nous avait raconté cette histoire, on avait voulu essayer, avec mes cousines, mais on l’avait pas fait, parce que quand même c’est dégueulasse.
Une chose est sûre: ça n’est pas à cause de Bernard Werber, parce que ça date d’avant son bouquin.

Si ça se trouve, je suis né comme ça : j’aime bien les insectes.
C’est rigolo à regarder, leur façon de bouger, toutes leurs petites pattes, leurs antennes, tout ça…
Une fois j’avais passé dix bonnes minutes dans une barque pourrie qui prenait l’eau, à regarder deux araignées (oui je sais, c’est pas des insectes, mais c’est pareil) se battre, jusqu’à ce que la gagnante se mette à manger l’autre.
Là j’avais arrêté, parce que c’est crade.

Bon par contre, j’aime pas les papillons de nuit. Ca fait peur. Ils ont un corps disproportionné par rapport à leur tête, ils font un gros bruit avec leurs ailes, et puis ils ont un vol trop approximatif, on ne sait jamais si on va pas s’en prendre un en pleine gueule. Et Le Silence des Agneaux n’a pas réussi à me les rendre plus sympathiques, ah ça non.

Mais à part ça, je suis un ardent défenseur de la cause des insectes : je les sors de l’eau quand ils se noient à la piscine (même si c’est des guêpes), je les planque quand il y a un oiseau dans le coin qui veut se les faire… Et si quelqu’un essaye d’en écraser un (Oh ! Une araignée ! Stomp !), j’essaye de l’en empêcher, “parce que si t’étais là tranquille à te balader et qu’un géant te marchait dessus sans raison, ben tu serais pas content, d’abord !”.

S’il y a un insecte dans la pièce, je le fais sortir, je le tue pas.
À part avec les moustiques. Techniquement c’est des vampires, et Buffy elle le dit : les vampires faut leur niquer leur sale petite gueule de merde.

Alors je nique.

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And in the Darkness bind them

Futur maître d’un monde qui l’ignore, David, du jour où il a abandonné des études qui ne lui apprenaient rien, prépare la révolution depuis son petit appartement à Vincennes.

Le problème, c’est qu’à part regarder Austin Powers en boucle, il n’a pas une grande expérience en la matière, et il se rend bien compte qu’il sous-estime peut-être l’ampleur de la tâche. Asservir des milliards d’esprits humains, si inférieurs et faibles, certes l’idée est plaisante, mais ça demande quand même des efforts non négligeables.

Alors, en attendant qu’au détour d’un coin de rue, un Maître du Monde déjà en place le remarque et lui propose de le former à sa succession -et s’il faut coucher pour avoir le job, David n’a pas peur, c’est un sacrifice qu’il est prêt à faire-, il fait contre mauvaise fortune bon coeur.
C’est ainsi qu’ayant -brillamment- déjoué les projets machiavéliques de Piñata pour l’entraîner dans ses filet, il va retrouver, à partir de mercredi et avec une joie difficilement dissimulée ses anciens collègues d’Happy Time.

Ben oui, un jour son règne viendra, mais en attendant faut bien manger.

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Sept points

“Chaque blogueur « tagué » doit énumérer sur son blog sept choses le concernant (la taille des interventions est laissée au bon vouloir du scripteur), ainsi que le règlement. Le blogueur doit ensuite « taguer » 7 personnes, c’est-à-dire les citer sur son blog, puis leur envoyer un message les invitant à venir lire ce règlement et à poursuivre la chaîne.”

1. C’est très rare que je décroche quand le téléphone sonne.

2. Je ne sais pas faire ou recevoir un compliment. Du coup j’ai l’air d’être malpoli, alors qu’en fait non pas du tout.

3. Généralement quand on commence à me faire la conversation, j’acquiesce en souriant, mais à l’intérieur je cherche désespérément une échappatoire.
J’aime pas faire la conversation.

4. Si je devais choisir une religion, ça serait un truc polythéiste, j’accroche pas à cette histoire de dieu unique.

5. Quand je prends le métro, j’essaye de toujours me mettre tout à l’avant ou tout à l’arrière du wagon, et de me coller le dos au mur. Comme ça, le danger ne peut venir que de face, on ne peut pas m’avoir par surprise, eh.

6. Je ne sais pas faire de bulles avec un chewing-gum.

7. Je fais craquer mes orteils après le sexe.

Je refile le bébé à Etasseureuh (pour qui il faut voter !), Theopiscence, Delicious, Cosmic Teddy, Niklas, Skeetfr, et encore à Alban Donné, même si je lui en veux de n’avoir toujours pas fait le dernier questionnaire que je lui ai envoyé.

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Bom Chicka Wahwah

Je sais pas comment ça se fait, sûrement mon magnétisme sexuel hors du commun (oui, à la réflexion ça doit être ça), mais à la piscine, quelle que soit la ligne où je nage, et quel que soit le nombre de personnes présentes dans les autres lignes, les nouveaux arrivants viennent toujours me coller.
Il y a trois lignes ouvertes, et on n’est que deux (un dans chaque ligne) : où va se mettre le groupe de trois potes qui vient d’arriver ? Avec moi bien sûr !

Et ça m’éneeeerve qu’on me colle…

Du coup je passe une bonne partie de mon temps de nageage à changer de ligne, pour essayer de semer les fans, et c’est pas toujours évident, surtout qu’on sait où la promiscuité peut mener.

Et hier, il y a un nouveau mec qui est venu nager, je l’avais jamais vu, mais il ressemblait à Alain, alors dans ma tête, je l’ai richement surnommé “le garçon Alain”.
Coup de bol, mon je ne sais quoi qui les fait tous tomber dans mes filets fonctionne aussi avec les beaux, et le garçon Alain est venu dans ma ligne, youhouhou !

En plus, il y a peut-être moyen de moyenner, il me mate un peu beaucoup…
Alors moi j’ai voulu faire mon kéké, à nager super vite, faire des longueurs sous l’eau, dis t’as vu monsieur comme je suis fort, hein ?
Mais bon, en fait j’ai dû mal interpréter, parce que finalement je suis retourné dans ma cabine tout seul.

Et en passant devant le miroir, je me suis fait peur : pas rasé depuis dix jours, les yeux rougis par le chlore, cernés parce que en fait, on a besoin de dormir et que se défoncer dans l’eau ça n’arrange rien…
Tu m’étonnes qu’il ait pas voulu de moi.

Alors en partant, sur un coup de tête, je suis passé au Photomaton.

Eh bah c’est la première fois que j’ai pas l’air immonde sur des photos d’identité.

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On a les NDE qu’on mérite

Ce soir, je voyais Keupine.

Je l’aime bien, Keupine, c’est ma plus vieille keupine, du coup elle a droit à une majuscule.

On est allés dîner dans un vrai restaurant japonais, où ils servent pas des sushi et autres saloperies pour touristes, même que la serveuse a été obligée de nous demander : “Mais… On vous a expliqué comment ça se mange ?”.

Pas de honte, avec Keupine.

Même quand elle m’avoue qu’on pourrait rentrer en Vélib’, mais que si son homme n’est pas à proximité pour lui tenir le vélo, elle ne sait pas en faire.

Du coup, on a été obligés de marcher, et de passer par la fête foraine immonde des Tuileries, où on a assisté à une baston de pouffes.

Ca nous a changé de nos blagues homophobes, racistes ou misogynes habituelles, on a pu se moquer des moches et des racailles.

D’ailleurs, à un moment elle a fait une blague super drôle, et je suis parti dans un grand éclat de rire, “à gorge déployée” comme on le dit parfois (trop rarement, je trouve).

C’est comme ça que j’ai avalé un moucheron, qu’il s’est collé au fond de ma gorge et que j’ai failli mourir.

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C’était le temps des fleurs

J’étais en train de regarder un documentaire -pas très intéressant- sur les moeurs sociales entre adolescents en Anatolie, et un petit détail a attiré mon attention.
Bon d’accord, on va peut-être dire que je suis maniaque, ou je sais pas quoi, et que dans ce genre de films, le décor c’est pas vraiment ce qui compte, mais quand même.
Moi ça m’a coupé dans mon élan, l’intervention de cette grosse femme blonde négligemment posée sur le canapé, et j’ai même arrêté de prendre des notes, pour faire une capture :

Alors oui bien sûr, c’est un film réalisé à la va-vite, peut-être, ils ont protégé le canapé avec la première saloperie qu’ils ont trouvée, parce que ça serait vraiment dommage de l’abîmer, un si joli canapé…

Mais le problème, c’est qu’apparemment, avoir Miss Vulgos à l’écran est un désir du réalisateur : dans la scène suivante, elle a été déplacée, de façon à toujours être visible, parce que sinon y’avait deux mecs qui se suçaient juste au dessus de sa gueule, et on la voyait plus.

Notez quand même la candeur angélique avec laquelle elle tient sa rose -et la profondeur du regard, qui montre à quel point elle est satisfaite d’avoir mis une robe qui s’accorde parfaitement avec la fleur qu’elle doit tenir.

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Piñata !

“J’ai donné ton CV a ma chef, elle m’a dit qu’elle allait t’appeler.
Pour info elle s’appelle “Piñata” (on choisit pas hein).”

Du coup quand le téléphone a sonné, malin que je suis, je me suis douté que c’était elle. Après m’avoir demandé si j’étais disponible immédiatement, sans contraintes, sans attaches, sans peur et sans reproches, elle s’est souvenu que de toute façon on s’en foutait, vu qu’elle avait rien de disponible avant trois semaines.

C’est pas grave, on va quand même se voir, pour soulager nos corps ivres de désir, ou alors juste pour discuter des postes qu’elle a à proposer, j’ai pas tout compris mais on improvisera.

- Alors, quel jour vous êtes libre monsieur Procellus ?
Mardi ? Ca tombe bien, ça m’arrange aussi.

Donc on dit mardi, à 15h30. Je vous rappelle mon nom, on ne sait jamais. Je suis madame…

À ce moment de la conversation, en un quart de millipoil de seconde, je sais exactement ce qui va se passer. Elle va me dire son nom, et bien que je l’aie déjà lu, le fait de l’entendre à haute voix va en accentuer l’effet comique. Bon bien sûr, il n’est pas si drôle, mais avec le stress du téléphone (oui, le téléphone me met dans un état de stress avancé), et à force de me concentrer pour ne pas rigoler, plus la fatigue (dure journée), je vais lui exploser de rire à la gueule.
Et ça va jeter un froid.

Comme prévu, elle prononce son nom, bien lentement, en détachant chaque syllabe : “Pini-hata”.

Mon zygomatique droit tressaute.

Mais je suis un homme fort et sûr de lui, bien au dessus de cette réaction purement nerveuse, et j’arriverai à prendre sur moi !
Grâce à mes capacités de concentration hors du commun, j’ai réussi à garder mon sérieux.
Je lui ai juste répondu “d’accord” en me mordant les lèvres et en serrant les dents et en respirant pas, du coup mon “mmmkeur” a pu me faire passer pour un demeuré fini.

Mais qu’importe.

Procellus, ou la victoire de l’esprit sur… euh, bah l’esprit ?

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La blanche Ophélia flotte comme un grand lys

Hier j’étais à la piscine, à essayer de me sculpter un corps de rêve, enchaînant les longueurs tel un Flipper (le dauphin, pas la machine) dératé, quand l’homme est arrivé. Le plus surprenant chez lui, c’était sa dualité. Il était le sosie de deux acteurs de séries télé.
De visage, c’était le portrait craché de Peter Petrelli (mais vraiment, c’était troublant) :

Gasp.
Parce que Milo, c’est où il veut, quand il veut, tout ce qu’il veut, et aussi longtemps qu’il le voudra.

Et parce qu’il y a une justice et qu’on ne peut pas tout avoir, la perfection de son visage était plantée sur le corps d’Hurley :


(Oui bon non peut-être pas à ce point là, mais presque)

Et Jorge, par contre, c’est très gentil d’avoir pensé à moi mais je… suis marié… avec Dieu, voilà, c’est triste, mais oublie-moi.

Comme par hasard, il est venu nager dans la ligne juste à côté de la mienne.
Du coup je pouvais lui jeter un coup d’oeil très discret à chaque fois que je passais à sa hauteur, mais rien de plus, parce que même s’il avait un joli visage, voilà quoi.
Lui par contre, il avait l’air de me trouver très à son goût, il n’a pas arrêté de me mater comme un porc - ce qui en un sens était flatteur, parce que Peter Petrelli, quand même.
Du coup j’essayais d’être encore plus discret, faudrait éviter un incident du type Tromblon.

Au bout d’une petite heure de nage (je sais, je sais, je suis un grand sportif), je commençais à fatiguer, une minute de plus et je coule, alors j’ai décidé que c’était mon dernier aller-retour, après à la douche et on rentre.
Forcément, c’est le moment où c’est arrivé.

On nage tous les deux en sens inverse, dans nos lignes jumelles. Au moment où on se croise, je me prépare à lentement soulever hors de l’eau un bras fatigué par tous ces efforts…
… Et je lui colle copieusement la main au maillot.

Bon bien sûr, l’incident aurait pu en rester là, on continue de nager comme si de rien n’était et on oublie. Mais non.
Je finis ma longueur, je fais demi-tour en m’apprêtant à aller aux douches… où je le vois se diriger, en me regardant.

Pas le temps de réfléchir, dès que j’arrive au mur, je refais demi-tour, et c’est reparti pour cinq minutes de plus. Ou dix. Ou le temps qu’il faudra pour qu’il finisse de se doucher et qu’il arrête de penser que je lui faisais des avances.

Après, je me suis noyé.

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Splish Splash Splosh

Raaah !

C’était impossible de résister !

En plus, j’en avais besoin !

Et puis maintenant, je vais pouvoir faire semblant d’avoir un TOC, et aller me laver les mains cinquante fois par jour.

Et c’était rigolo de le voir avancer sur le tapis de la caisse à Monop’, coincé entre le gel et les capotes.

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En apesanteur

Une des situations que je déteste le plus au monde, après “me baigner de nuit en plein océan”, c’est de prendre l’ascenseur avec un voisin.
Les silences embarrassants pendant qu’on l’attend, tous les deux.
Les connards connasses qui montent sans appuyer sur le bouton, parce qu’elles attendent qu’on leur demande à quel étage vous allez madame, ou les moments maladroits où on avance la main en même temps pour appuyer sur le bouton.
Et après, re-les silences gênants pendant la montée, où on ouvre le courrier pour se donner une contenance, ou on regarde les chiffres en tout petit sur ses clefs.

Ou pire encore, ceux qui veulent absolument faire la conversation :

- Alors comme ça, vous habitez au troisième ?
- Oui.
- …
- …

C’est pour ça qu’en général, je prends les escaliers (surtout que pour trois étages, ça va quoi).

Mais l’autre jour, je revenais de la piscine, j’avais essayé de pas me laisser rattraper par la sale anorexique de merde (je sais, c’est pas joli joli quand je deviens compétitif) dans la ligne d’à côté, jusqu’au moment où je me suis rendu compte qu’elle avait des palmes, alors forcément elle allait plus vite que moi, et donc j’avais les jambes en coton.
Donc je suis allé prendre l’ascenseur.

La remplaçante des gardiens était là à l’attendre, l’aspirateur à la main, prête à nettoyer les étages en commençant par le plus haut.
Ce qui est bien avec mes gardiens, c’est qu’on a un accord tacite de non-agression : je ne leur parle pas de mes problèmes, ou de ma vie, ou de n’importe quoi, et en échange, eux non plus, ils ne me racontent pas leurs vacances, ne me forcent pas à leur parler de ma journée ou de la leur, et les vaches sont bien gardées.

Le problème, c’est que la remplaçante n’est pas au courant de notre petit arrangement.
Et quand je suis arrivé, avant même que l’ascenseur soit là, un grand sourire est apparu sur son visage, et elle a commencé à me parler :

- Oh bonjour ! Vous allez à quel étage ?
- …Grmbl, ‘roisième…
- Oh ? On va partager le transport, et… et…

Pendant un instant, j’ai cru qu’elle cherchait ses mots, comme elle n’est pas française.
Mais non, elle était juste trop morte de rire à l’idée de la blague qu’elle allait sortir.

- … et on partagera le prix du voyage ! MOUARF OUARF OUARF OUARF !

Si elle n’avait pas eu les mains prises par l’aspirateur, je crois qu’elle se serait donné des grandes claques sur les cuisses.
Quand l’ascenseur est arrivé, elle est repartie de plus belle, qu’elle m’enverrait la facture quand elle arriverait à bon port.

Ca a été la montée la plus longue de toute ma vie.

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Dead or Alive

Oui je sais, j’en ai déjà parlé là, mais ce film, raaah, c’est énorme ! Je veux dire quoi, l’adaptation d’un jeu de baston dont le principal intérêt réside dans les gros seins qui bougent et les héroïnes court vêtues, ça peut pas être autre chose génialissime ! Imaginez, une heure trente de fantasme hétéro poussé à l’extrême !
Le scénario ? Pas besoin de ça, on a des bonnasses à gros seins !
Les acteurs ? Mais putain vous comprenez rien, c’est des bonnasses à gros seins !

Une mention toute particulière à Ayane (Natassia Malthe), une des plus mauvaises actrices de tous les temps, une horreur à vous donner envie de vous crever les yeux et les tympans pour ne pas avoir à la supporter une seconde de plus. Elle est talonnée de près par Kasumi (Devon Aoki, à droite sur l’affiche), qui a dû prendre des cours de théâtre avec notre Ingrid Chauvin à nous, même qu’elle lui a piqué son jeu de scène: tout au long du film, elle fait la gueule.
Quand elle est triste ? Elle fait la gueule.
Quand elle est contente ? Elle fait la gueule.
Quand elle fait la gueule ? Elle fait la gueule, mais elle le fait mal.

À part ça, les personnages sont quand même bien réussis, surtout Weatherby, le neuneu de service, qui nous offre des petites perles, avec Helena la bimbo :

- Quand ton père a découvert ce que Donovan (le méchant) voulait faire, ils se sont engueulés, j’ai tout entendu.
- Et il ne l’a pas arrêté ?
- Si, il le voulait, mais c’est ce soir là qu’il a été tué.
- Ah, mince… Et dire qu’on ne sait toujours pas qui est le meurtrier…
- Diable non… Et maintenant que Donovan a mis son plan mis à exécution, je me dis que je n’aurais pas dû l’aider à construire son arme ultime…

Donc voilà, ce film est un petit bijou de millionième degré (c’est impossible qu’ils l’aient fait en se prenant au sérieux), avec des scènes pseudo-lesbiennes d’un érotisme torride, qui sont à se pisser dessus.
Le plus marrant, c’était de regarder tous les mecs sortir de la séance précédente, le visage grave.
Et ce petit vieux au regard lubrique qui a filé aux toilettes où il est resté dix bonnes minutes.

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