Procellus

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Butterflies instead (3/3)

Le problème, c’est que je prends très vite les habitudes, alors une fois qu’ils m’ont eu retiré le plâtre, j’avais du mal à m’endormir sans avoir le bras surélevé
Au début, ça faisait bizarre de dormir avec le bras à la même hauteur que le reste, ensuite j’ai juste trouvé ça agréable de faire un ‘ros câlin à mon oreiller pour m’endormir, et puis c’est devenu une habitude.

Quand je suis parti vivre ma vie de presque grande personne dans mon premier appart clapier, j’ai retrouvé l’Eurotoutou en peluche chez Papaprocellus, un jour où je fouillais dans les placards, à la recherche de vestiges de mon passé à mettre chez moi. J’avais au moins besoin de ça pour me sentir à l’aise, parce qu’investir un nouveau lieu ça faisait peur, il me fallait des points de repères.

Je l’ai ramené chez moi, et je l’ai installé sur le lit, en décoration (pis j’avais pas vraiment d’autres endroits où le mettre hein).
Petit à petit, il a pris la place de l’oreiller à bras. Il a un petit espace, entre la tête et l’épaule, qui a l’air d’avoir été fait pour y caler son bras et passer une bonne nuit (oui je sais, ça s’appelle le cou, mais Eurotoutou n’a pas de cou).
Et ça fait bientôt cinq ans que je m’endors avec cette peluche ignoble, qui a déteint au lavage, qui n’a plus de formes, le nez déchiré et un oeil cassé.
Et je l’aime.

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Butterflies instead (2/3)

Quand j’avais douze ans, en faisant du roller à toute vitesse sur les bords de Marne, j’ai rencontré une pomme de pin et patatras, mon poignet est descendu d’un bon centimètre par rapport à l’axe de mon bras.
Apparemment j’avais réussi un sacré exploit, tout le service était venu voir les radios de ma fracture. J’étais ressorti de la clinique avec un joli plâtre tout neuf qui me tordait le bras d’une façon bizarre, et une recommandation du médecin :

Tu dormiras avec le bras légèrement surélevé…!

À imaginer énoncé d’une voix grave, soutenue par une musique dramatique, genre popopoooooom, un peu comme la scène de Gandalf, You shall not pass ! -enfin moi c’est comme ça que je l’ai vécu.
Il avait pas eu besoin de me dire “sinon le sang ne circulera plus dans ton bras, et il tombera, et tu seras la risée de tes petits camarades, tu seras l’homme qui n’a qu’un bras !”, je l’avais bien compris.
Et je savais aussi qu’il me surveillait la nuit pour voir si je dormais bien comme il faut, alors pendant deux mois, je me suis endormi soigneusement sur le dos, un oreiller posé sur le bidou, et le bras plâtré posé sur l’oreiller. Oui, comme un bijou sur son écrin.

C’était la fin des vacances, et on était allés rejoindre la famille de ma belle-mère sur l’île de Ré. Il avait fallu déranger tout le monde au moment de se coucher, parce qu’il me manquait un oreiller à bras.
Ah, c’était quand même le bon temps… Je faisais un caprice, et tout le monde se mettait en quatre pour m’exaucer, sans râler… Parce que oui, on avait dû priver quelqu’un d’un oreiller comme j’avais mal, pauvre chouchou !

Quoi qu’il en soit, grâce à mes soins délicats, aujourd’hui je peux taper ce texte à deux mains, oh yeah.

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Butterflies instead (1/3)

Quand j’étais petit, la pharmacie de Papaprocellus était dans un centre commercial de banlieue. Un centre commercial Euromarché -aujourd’hui, elle n’a pas bougé, mais les choses ont changé et le centre s’appelle Carrefour, woah, ça vous défrise hein ?
Enfin bon.

À la glorieuse époque d’Euromarché (autant dire que ça nous ramène pas mal d’années en arrière), ils avaient essayé de sortir une mascotte : le non moins glorieux Eurotoutou, un euh… un chien de race inconnue. Ils l’avaient décliné sous plein de formes : il y avait les bonbons (même que monsieur Euromarché il avait voulu être gentil et il m’en avait donné plein de paquets, alors qu’en fait ils étaient trop gros et ils donnaient la gerbe), la bande dessinée…
Ah, la bande dessinée Eurotoutou, un grand moment de littérature ! Dans celle que j’avais lue (et dont je me souviens), Eurotoutou escaladait courageusement un pic enneigé, bravait mille morts armé de son seul piolet, et arrivé au sommet, il était tout joyeux à en mouiller sa culotte, parce qu’en fait il venait d’atteindre le rayon des surgelés dans son Euromarché.
…
Trop fort, Eurotoutou.

Et puis il y avait la peluche Eurotoutou. Un gros chien de cinquante centimètres avec une écharpe rouge et bleue, qui a rapidement trouvé sa place comme attrape poussière dans un placard chez Papaprocellus.

Contre toute attente et malgré ce monumental coup de pub (bonbons + BD + peluche, le trio qui tue), Euromarché fut racheté par Carrefour peu de temps après, et Eurotoutou disparut en même temps.

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Die Hard 4

Hmmm, oui, c’est sympa, ça fonctionne bien, c’est énorme ce qu’on fait subir à ce pauvre Bruce, quand même (c’est vrai, sauter d’un avion en plein vol, tomber sur une rampe d’accès d’autoroute et s’en sortir sans une égratignure, quel homme !). On y va pour (le voir) s’en prendre plein la gueule, et on n’est pas déçus.

Par contre, ce qui m’a dérangé (outre le fait que la méchante ressemblait à Ségolène Royal en plus jeune), c’est les dents de Bruce. D’une blancheur éclatante, parfaitement alignées, comme une délicate rangée de petites perles, ça ne colle pas du tout au personnage, ni à celui du film, ni à celui de la vraie vie.
Un gros dur immortel qui pisse le sang pendant tout le film en jurant comme un charretier, on ne s’attend pas à ce qu’il ait une bouche à faire de la pub pour Freedent.

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Les métiers que j’ai voulu faire

Je ne pourrai jamais assez remercier Jérôme de m’avoir passé le relais… Je vais donc me contenter de le haïr bien chaleureusement.

Alors, quand j’étais petit, en bon gosse de la télé nourri à Cat’s Eye (signé Cat’s Eye ! Tin tin tin !), je voulais être voleur. Je me voyais bien en train d’escalader les maisons, m’introduire chez les gens et leur piquer leurs trucs.
Et puis j’ai grandi, et on m’a expliqué que c’était pas légal, que c’était même moralement condamnable, alors j’ai un peu abandonné l’idée.
Enfin pas complètement, ça m’arrive encore quand je passe devant des maisons (ou des appartements hein, c’est juste plus facile avec une maison) de m’imaginer comment je pourrais les cambrioler.

Sinon, toujours à cause de la télé (et puis un peu de la lecture, faut pas croire hein, je suis cultivé aussi !), j’ai voulu être mousquetaire.
Avec mes cousines on jouait aux Trois Mousquetaires, et comme j’étais le seul garçon, j’étais toujours D’Artagnan.
J’aimais bien tuer la méchante Milady, récupérer les ferrets, avoir Constance à mes pieds, tout ça tout ça.
C’était un job pour moi…
J’suis pas né à la bonne époque, c’est ça le grand drame de ma vie…

J’ai aussi voulu faire magicien. Mais attention hein, pas prestidigitateur, à faire des tours de tarlouze en sortant des pigeons d’un chapeau, non, moi je voulais être un vrai magicien, comme Willow (à l’époque, c’était le nain, pas la lesbienne) ou Miss Tick (on a les références qu’on mérite).
Un jour, j’ai testé mes pouvoirs.
Boulot suivant.

Un peu plus tard (vers le lycée), quand je me suis rendu compte que la plupart des chansons qu’on entendait c’était de la merde, je me suis dit que moi aussi je pourrais être parolier pour chanteuses débiles, faire rimer “amour” avec “toujours” ou “secours”, et “chagrin” avec “lendemain”.
Mais en y réfléchissant, je me suis dit que si le monde acceptait sans broncher les Lorie, Magalie Vaé et autres Papa Pingouin, alors le monde ne me méritait pas.

Sinon, j’ai voulu être psy pour me faire un max de thunes en exploitant la misère humaine pour aider mon prochain grâce à euh… mes nombreuses qualités humaines. Si si, c’est vrai.
Alors je suis allé à la fac, qui a cet étonnant pouvoir de vous dégoûter de tout.

Et du coup maintenant, je ne sais pas quoi faire.
Mais bon.

En attendant de trouver, je passe le relais à Théo (à qui je rappelle en passant que j’existe), Niklas et Capt’n Alban Donné. Et aussi Delicious, mais il le fera pas, salaud.

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On a tous à y gagner

Dans le monde merveilleux de la logistique, il existe une entreprise encore pire que La Poste, si si c’est possible : j’ai nommé GLS.
Ils ne piquent pas les colis, ne les perdent pas, mais ils arrivent quand même à être plus mauvais.
Mais David, vite, dis-nous comment c’est possible !

Eh bien, ils sont apparemment passés une première fois me livrer mardi.
J’étais absent, ils m’ont laissé un papier me demandant de les rappeler dès le lendemain sur leur numéro surtaxé pour prendre un nouveau rendez-vous de livraison.

J’appelle, et je tombe sur un disque : “Bonjour, et bienvenue chez GLS ! Nous sommes actuellement en train de vous sodomiser bien profond avec un message excessivement long vous informant que vous allez bientôt être mis en relation avec votre correspondant ! Ne quittez pas !”
Puis une charmante hôtesse que je dérange en pleine crise d’hypoglycémie ou au beau milieu de son suicide décroche :

- Allô… bienvenue chez GLS… Connasse à votre écoute…

Je lui explique mon problème, et elle me répond d’une voix toujours aussi atone qu’”on peut prévoir une autre livraison jeudi entre huit heures et dix-huit heures sans précision d’horaire possible”.
Ben, ouais madame, mais si c’est pour faire ça, autant que ça soit vendredi, parce que là jeudi j’ai des choses à faire dehors.
Ok, on prend rendez-vous pour vendredi.

Et jeudi, en prenant le courrier, sur quoi je tombe ?
Un nouvel avis de passage de GLS, ils sont revenus me livrer aujourd’hui, mais oh ben ça alors, j’y étais pas, alors il faudrait les rappeler dès demain à leur numéro surtaxé pour convenir d’un nouveau rendez-vous de livraison.
…

Affaire à suivre, mais à mon avis, ils ne seront pas élus transporteurs de l’année, et ne recevront certainement pas leur mention Procellus Approved.
Et toc.

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Bon appétit

Ce soir, je reçois une star à dîner, en la personne de Mamanprocellus.
Fraîchement revenue de vacances, elle veut revoir son fiston, qui lui a beaucoup manqué pendant touuute cette semaine.

Pour faire honneur à cette invitée de marque, je vais préparer… euh… je vais préparer quoi au juste ? Parce que le problème de Mamanprocellus, c’est qu’elle n’aime rien.
Mais alors, vraiment rien hein.
Une salade de concombres ? Elle aime pas.
Une pizza ? Elle aime pas.
Une petite salade au Boursin comme le beau monsieur à la télé nous a appris à faire ? Elle aime pas.
Du poulet ? Elle aime, mais elle vient d’en manger pendant une semaine à tous les repas parce qu’elle aimait pas le reste, alors ce soir, non.

Et je vois pas pourquoi je me casse la tête, de toute façon elle va me vider la bouteille de Caïpi à l’apéritif et se ruer sur les gâteaux secs “pour éponger”, et ça va lui couper l’appétit.
Mamanprocellus, c’est toujours un plaisir de lui faire à manger.

Mais j’aime les défis, je vais trouver un truc qu’elle aimera !
À moi les Supertoinette, Marmiton et autres !
Finalement, c’est avec une bonne recette de Sophie que j’ai trouvé la solution : je vais faire un cake !
Elle aimera. Et puis si elle aime pas, elle aura qu’à être polie. D’abord.

C’est comme ça que j’ai passé mon après-midi à découper des olives en petits morceaux, peser de la farine, battre des oeufs alors qu’ils ne m’avaient rien fait, et courir à Monop’ pour acheter des dés de jambon, parce que bon, je vais pas non plus me faire chier à le découper moi-même.
Et après des heures et des heures d’un labeur acharné, j’avais fièrement réussi un maguenifique cake au jambon et aux olives.
Tadaaaah !

Plus qu’à ranger un peu, refaire mon brushing et repasser la nappe, et me voilà fin prêt à recevoir mon invitée.

À l’heure H, Mamanprocellus sonne à la porte.

- Bonsoir mon petit poussinet chéri ! Ca va ? Mmshmack, shmack !
Allez, on y va ? Je t’invite au restaurant !

- …

Alors très prochainement chez Procellus, grande dégustation de cake jambon olives.
Venez nombreux.
S’il vous plaît.

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Qu’un sang impur abreuve nos sillons ! (3/3)

À la fin de [la chose qui se passait pendant ce temps et dont je ne saurai jamais rien], j’étais plutôt satisfait de moi. En bon gaucher qui étale le feutre sur le papier glacé au fur et à mesure qu’il écrit, et fait des ratures parce qu’il n’a que sept ans, j’avais complètement ruiné le calendrier.
Mais au moins, j’avais fait comme les grands, j’avais noté des trucs sur mon agenda, ouah, ça y est, j’suis un adulte, je vois pas pourquoi ils se plaignent tout le temps, c’est sympa d’être grand !

Et puis, le monsieur qui animait la J’zbeuh a commencé à parler.
Deuxième partie de la journée : on va retracer le déroulement de la révolution Française.
Pour ça, on va prendre notre calendrier spécial révolution et marquer les évènements dans les cases.

Et monsieur J’zbeuh et la maîtresse se sont baladés dans le préau, pour regarder comment chacun s’en sortait.

Dix-huit ans après, je me souviens encore de comment j’ai fait dans mon froc en les voyant s’approcher, et de la honte de ma vie au moment où ils ont regardé mon pourtant si joli calendrier.

Procellus, ou des traumatismes si profonds…

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Qu’un sang impur abreuve nos sillons ! (2/3)

Comme elle était organisée par l’école et la municipalité, la J’zbeuh n’était pas innocente : les cadeaux c’était juste pour nous amadouer, bande de chacaux. Après avoir essayé d’acheter notre attention avec leurs babioles, je me souviens qu’ils nous ont emmenés dans le préau, ou la cantine, enfin une grande salle quoi.
Par contre, je ne me souviens pas du tout de ce qu’on y a fait, si on a vu un film, ou si un pauvre fou a cru qu’il pourrait nous faire un petit discours sur ce qui s’était passé il y a deux cent ans.
Non, moi j’étais trop occupé avec mon calendrier et mes stylos.

Méthodiquement, j’ai rempli toutes les cases avec les évènements marquants de cette année : mon anniversaire, les vacances, j’ai fait des dessins dans la case de ma fête, colorié tout juillet et août d’une couleur pour papa, et une autre pour maman (un enfant de divorcés s’amuse comme il peut), bref, je me suis occupé comme un fou en prenant un pied pas possible.

Ensuite est arrivé le deuxième effet Kiss Cool.

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Qu’un sang impur abreuve nos sillons ! (1/3)

J’ai jamais aimé le 14 juillet. Quand j’étais petit, mes grand-parents m’emmenaient voir le feu d’artifice, et à chaque fois je flippais ma race : dans “feu d’artifice” il y a “feu”, et j’avais toujours peur que les petites flammèches me retombent dessus et m’enflamment.
Déjà à l’époque, tout précoce que j’étais, je me doutais qu’une mort par combustion risquait d’être douloureuse.
Alors je pleurais et faisais chier tout le monde, mais quelque part, c’est pas ma faute, fallait pas m’y emmener de force.

Mais le pire de mes 14 juillet, ça a été pour le bicentenaire. J’avais sept ans.
Je ne sais pas trop comment ça se fait, parce qu’en général la Saint Fête Nat. ça tombe pendant les vacances scolaires, mais on avait fait quelque chose pour l’occasion, à mon école.
On avait dû avoir une Journée Spéciale Bicentenaire, également appelée JSB (ou J’zbeuh), à laquelle on nous avait donné plein de cadeaux : un joli bonnet phrygien en papier crépon, des stylos, des badges, enfin bref, une vraie panoplie de révolutionnaire.
Mais le vrai cadeau, le seul, celui qui m’a le plus marqué, c’est le calendrier.
Un joli (enfin, joli comme on devait en faire en 1989 pour célébrer la révolution…) calendrier, à accrocher au mur, avec des grandes cases dessus, une par jour, ouaaaaah, j’en avais jamais vu pour de vrai avant, mais c’est trop l’éclate ce truc !

Ouais, c’est ça.

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Immortel

En plus de mes nombreux pouvoirs, j’ai une malédiction, depuis ma plus tendre enfance. Un peu comme Phoebe (Buffay, pas Halliwell) : dès que je découvre quelque chose, shazam je le fais disparaître.
Dès que j’ai commencé à aller au bar en bas de chez ma mère, ils ont fermé.
Quand j’ai commencé à aller à la fac à Gare de l’Est, pareil, ils ont tenu un an et ils ont fermé.

Mais là où ça marche le mieux, c’est quand même avec les séries télé. Dès que je découvre une série qui me plaît, patatras tout s’écroule.
Quand je me suis enfin mis à regarder Buffy, elle s’est jetée du haut d’une grue, et paf, morte et enterrée.
Quand je me suis rendu compte que j’aimais bien Charmed, quelques épisodes après Prue a été tuée.
Et ainsi de suite.

Dernièrement, j’ai vu que ma malédiction pouvait aussi toucher les blogs : au fur et à mesure de mes trouvailles, j’ai vu disparaître les blogs d’-alias-, d’Antoine, Oli, et plus récemment celui du Surimi Bleu.
Une hécatombe incessante autour de moi, et tout ça par ma faute.

Par contre, l’avantage de cette malédiction, c’est qu’à regarder le monde s’effondrer à mes pieds, je suis bien parti pour tous vous survivre.
Tremblez, donc.

Procellus, ou s’il ne peut en rester qu’un, je serai celui-là.

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Harry Potter et l’Ordre du Phénix

Wouaaaah…
Wouah, wouah, wouaaaaaah…

Des livres, c’était mon préféré, donc j’attendais le film avec plein d’impatience dans mon petit coeur, mais en même temps, j’avais un peu peur d’être déçu.
Eh beh.

Pour le moment, c’est la meilleure adaptation qu’ils aient faite. Les effets spéciaux déchirent sa mère la pute, Ombrage est rendue à la perfection, et voilà quoi, wouah !
Bon bien sûr, quand on condense un livre de 870 pages en deux heures vingt, forcément, on est obligé de faire quelques omissions, mais dans l’ensemble, rien ne m’a choqué. Ils ont même réussi à expliquer par d’habiles subterfuges les passages importants qui malheureusement ont dû être coupés au montage -sans rancune, les passages importants !-, une technique à laquelle les réalisateurs précédents auraient pu penser, ça aurait fait des films moins moches…

La seule ombre au joli tableau de David Yates, c’est d’avoir un peu trop édulcoré le film. Dans le bouquin, à chaque chapitre on enlève à Harry un petit (ou gros) quelque chose auquel il pouvait se raccrocher dans les volumes précédents, jusqu’à le laisser sans rien, avec sa bite et son couteau. Mais ils n’ont pas du tout rendu cette atmosphère noire et désespérée dans le film, à chaque coup dur, on se serre les coudes devant l’adversité et hop, ça va déjà mieux.
La bataille finale aussi est beaucoup trop propre, c’est censé être plus sanglant, plus agressif, là c’est à peu près aussi violent qu’un épisode de Charmed.

Mais enfin bon, c’est surtout pour pinailler, au final, c’est quand même le meilleur film de la série, trop grave à la hauteur de mes espérances.
Et c’est booon…

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Ceci n’est pas un post

Ca fait un petit moment que le souffle court, vous fixez l’écran à vous en faire saigner les yeux.
Frénétiquement, comme un junkie en manque, vous cliquez cliquez cliquez pour rafraîchir cette putain de page, vous menacez votre agrégateur de lui faire plein de méchantes choses qu’on peut faire à un agrégateur, sans vous soucier de passer pour un dément aux yeux de tout le monde dans la pièce - même si la pièce est vide, n’oubliez pas que vos amis imaginaires vous regardent et vous jugent, et ils parlent de vous quand vous avez le dos tourné, les salauds.

Vous vous sentez seul, nu et vidé, sans aucun but, sans aucune lumière pour éclairer votre pathétique existence.

Grande est votre impatience, longue est l’attente.
Vous ne perdez pas espoir, mais lentement, l’inquiétude commence à vous ronger de l’intérieur. Et ça fait mal.
Dans votre esprit torturé, une seule question.
Quand, quand, mais quand pourrez-vous donc lire un nouvel article super intéressant de Procellus, Dieu nous vienne en aide ?!

Ben pas tout de suite. Le monsieur il dort.

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Je déteste les enfants des autres

Un petit film français comme on sait si bien les faire, une comédie douce-amère toute en demi-mesure : ni drôle ni triste, ni prenant ni complètement chiant, ni vraiment réussi ni franchement raté, des acteurs à la fois excellents (Axelle Laffont en tête) et très mauvais (Valérie Benguigui, le salut amical le moins convaincant de l’histoire du cinéma monde)…
Ce qui est bien c’est qu’on sait à quoi s’attendre uniquement à l’affiche : des amis partent en vacances ensemble, et… tout le monde déteste les enfants des autres, et vous imaginez la suite (sérieusement hein, imaginez, c’est pas la peine d’y aller).

D’après le vieux trentenaire avec qui je l’ai vu, la frustration de ne pas pouvoir dévisser la tête au petit merdeux qui menace de vous gâcher les vacances juste parce qu’il est sorti de l’utérus d’une amie est bien rendue (moi je ne sais pas, mes ami(e)s ne se reproduisent pas encore). Le problème c’est que ça ne suffit pas.

Oui, ne pas pouvoir engueuler un enfant parce que ça n’est pas le notre, c’est dur, on en fait l’expérience tous les jours : le petit con qui renverse toutes les chaises dans la salle d’attente et à qui sa mère ne dit rien, la petite chieuse dans le métro sur le siège en face, qui vous donne des coups de pied et que les parents regardent avec un regard attendri…
Ou pire encore, la petite pisseuse dans le cinéma, sur le siège d’à côté, qui a un ressort dans le cul et qui ne comprend pas tout au film, alors il faut que sa grande soeur lui explique, et elles s’amusent à imaginer les scènes suivantes, et comme elles s’aiment fort elles se font des câlinous, mais putain connasses regardez l’écran, là, ça montre des enfants qu’on veut étriper tellement ils sont insupportables, vous y voyez pas un message caché ?!.
On n’en fait pas un film pour autant.

Là, c’est juste une succession de situations de ce genre, bien rendues, certes, mais sans y ajouter une pointe d’humour ou un soupçon de scénario, hein, juste un brin d’histoire, ben c’est pas facile d’accrocher.
Au début du film, on se demande où ils veulent en venir.
Au milieu, on se demande où ils veulent en venir.
À la fin, on se demande où ils voulaient en venir.

Et en sortant de la salle, on se souvient que tenir une heure trente sans chercher à aller nulle part, c’est un peu la raison d’être du cinéma français.
Un film sans grand intérêt, donc.

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Saint David et le dragon


Vendredi, j’ai reçu un coup de fil d’une Mamanprocellus catastrophée, parce que le chargeur de son portable (l’ordinateur) ne marchait plus, et la pauvre machine était en train de se vider de son courant sans qu’elle puisse rien faire pour stopper l’hémorragie. À part l’éteindre.

En bon fils que je suis, je lui ai expliqué pour la rue Montgallet, et tous les Chinois qui se feraient un plaisir de lui vendre un nouveau chargeur pour trois fois rien ou presque.
Vendredi soir, nouveau coup de fil, elle était toute contente yipeeeyeah, elle sortait de la boutique avec un nouveau chargeur, maintenant elle a plus besoin de rien, sa vie est complète, elle pourrait mourir à cet instant elle serait heureuse. Elle est comme ça, Mamanprocellus.

Et puis samedi matin, retournement de situation, elle me retéléphone recatastrophée, parce que le chargeur ne marchait toujours pas, l’ordinateur était peut-être en train de vivre ses derniers instants, à ne plus pouvoir recevoir de courant. C’est con, la vie.

Je lui ai expliqué que ça venait donc sûrement du portable, vu qu’elle avait bien machiné le chargeur tout comme il faut, en le mettant sur le bon voltage et en mettant le bon adaptateur qui rentrait dans le trou de l’ordinateur, et que la solution c’était de le rapporter à Montgallet pour qu’ils le réparent.

À ce moment, le démon prend possession du corps de ma mère.
J’imagine ses yeux révulsés et sa tête qui tourne à 360 degrés, pendant qu’elle se met à hurler dans ma pauvre oreille que c’est pas possib’, elle va annuler sa sortie avec sa copine, et aussi ses vacances, et bordel de merde !!!

Sur le coup, forcément hein, je sais pas trop quoi répondre, un peu dépassé par l’ampleur que vient de prendre l’incident. Ma mère ne chatte pas, ne lit ou ne tient pas de blog, elle se sert principalement de l’ordinateur pour jouer au solitaire et regarder la circulation le matin avant de partir.
Mais on dirait qu’elle vient de perdre une jambe.

Alors je lui fais part de mon sentiment :

- Bah tu fais ce que tu veux hein, mais tu trouves pas ça un peu con comme réaction ?

Avec ces mots magiques, je viens de libérer les puissances enfouies de l’Enfer maternel.
Elle repart de plus belle, si ça se trouve j’ai même plus besoin du téléphone pour l’entendre, maintenant.
En gros, elle me reproche de ne pas avoir proposé d’y aller à sa place.
Ben tiens !

S’ensuit une engueulade qui aura sûrement une bonne place dans les annales des engueulades de la famille, où il est question de chantage, d’ingratitude, d’hôpital, et qui a bien failli conduire à une destruction totale de l’univers.
Elle est aussi comme ça, Mamanprocellus.

Ma position, à laquelle je m’accroche coûte que coûte, tel le roseau dans la tempête, c’est que si elle a besoin d’un truc, le plus simple c’est encore de le demander, plutôt que de m’engueuler parce que je ne le propose pas.
Sa position, c’est que je suis un fils indigne, parce que l’oblige à mendier.
(Imaginer ma mère une main serrée sur le coeur, le visage déformé par la colère)

Finalement, de guerre lasse, je suis allé la voir ce matin, pour apporter la chose à Montgallet.
Je regarde quand même ce qui cloche, on sait jamais.

Elle regardait ce que je faisais par dessus mon épaule.
C’est comme ça que j’ai pu lui montrer que sur l’adaptateur chargeur / ordi, le petit plus se branchait avec l’autre petit plus, pas avec le petit moins.
La diode verte de la charge de batterie s’est allumée, et Mamanprocellus s’est réfugiée loin sous terre, jusqu’aux tréfonds de l’Enfer dont on n’aurait jamais dû la laisser sortir.

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