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Shrek le Troisième

Dans notre grande série des “films qui étaient bien mais ils ont décidé de les saborder en faisant de la merde avec le troisième opus”, après Spider Man, après Pirates des Caraïbes, après Desperate Housewives, aujourd’hui, c’est Shrek qui s’y colle.
Il faut supporter les dix premières minutes, super lourdes, où ils nous montrent avec une succession de 250 gags que ouh la la, qu’est-ce que Shrek est pataud, non mais regardez, il en rate pas une, mais vous avez vu comme il est gauche et maladroit, attendez, mais c’est pas possible, regardez ça, c’est vraiment une catastrophe, et vous allez voir, c’est pas tout…!
Après on a droit aux gags réchauffés des deux premiers volets, ah ouais, ça c’était marrant, on va le refaire tout pareil, mais curieusement, ça ne prend pas.

Bon bien sûr, c’est pas complètement mauvais, ça ne descend pas aussi bas que Pirates des Caraïbes, il faut leur reconnaître des bonnes trouvailles.
Les méchants des contes de fées qui décident de prendre leur revanche, j’adore.
Quand Merlin crée l’ambiance, j’ai failli ne pas m’en remettre.
Et une mention toute particulière à Blanche Neige, une garce tout comme j’aime.

Mais le problème, c’est que sorti de ces deux ou trois trucs sympatoches, on n’a pas l’impression qu’ils ont vraiment essayé de faire un bon film. C’est dommage, surtout quand on sait qu’ils ont prévu de nous en pondre un nouveau tous les trois ans, ça serait bien qu’ils se remettent à déchirer sa race.

(Et toujours, toujours, toujours, la malédiction du couple bruyant qui s’installe juste à côté, avec la pétasse qui raconte au fur et à mesure qu’elle les comprend les références du film. Die, bitch, die).

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Han lágar mat. Han står och lágar mat. (2/2)

L’autre jour, j’étais dans le métro, les portes se sont ouvertes (à la station hein, pas comme ça poupouf d’un coup), et un groupe de jeunes est monté.
Hmmm, en cherchant bien y’en a un ou deux qui sont quand même pas si moches, dans le lot… Mais putain, qu’est-ce qu’ils sont bruyants ! Et c’est rigolo, ils parlent une langue qui ne ressemble à rien de ce que je connais. Ah mais ça c’est trop fort !
Du coup, ma curiosité était piquée, aïeuh ça fait mal.

Un…. hnnnnng…. rapide…. ptin, tu vas arrêter de bouger connasse…. coup d’oeil à une étiquette sur un sac à dos, et oh mon Dieu et ma Déesse, ils sont de Stockholm !
Mais oui, maintenant je reconnais les traits sensuels des Suédois, même la grosse moche qui ressemble à Cascada (ok, juste parce qu’elle était blonde et qu’elle avait des jambes comme des poteaux) devient une noble Walkyrie !

Vite vite vite, il faut absolument que je les écoute parler, que j’habitue mon oreille à la si douce musicalité de leur langue -non, je ne veux pas dire que je leur ai demandé de me léchouiller l’oreille, pas dans le métro.

Et écoutés je les ai.
Et problème il y a eu.

Parce que dans ma tête, le suédois c’est une langue belle et forte, qui impose le respect, et que j’arriverai sûrement à apprendre comme je suis quand même super doué, si si.

Mais en fait, le suédois, ça ressemble un peu à ça :


Et le Suédois aussi, faut croire.
Putain, ça va pas être facile.

Sinon, j’aime bien l’Australie aussi…

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Han lágar mat. Han står och lágar mat. (1/2)

Un de mes grands projets, c’est d’aller vivre en Suède. Et quoi que vous ayez pu lire sur ce blog, ça n’est encore qu’un vague projet parmi tant d’autres, rangé entre “écrire un best-seller” et “devenir le Maître du monde”.
Mais David, pourquoi la Suède au juste ?

Ben déjà, c’est l’Europe, donc ça doit pas être trop chiant de s’y installer, et puis c’est une monarchie, ce qui est quand même plus classe que notre présipauté.
En plus, un pays où au plus fort de l’été les températures ne dépassent pas 23 degrés, ça ne peut pas être un mauvais pays. J’veux dire, ouah, c’est possible de ne pas fondre à 35 degrés entre juin et septembre ?!
La Suède, terre promise qui a offert au monde Ikea, Abba, les Cardigans, les Krisprolls, les Daims (les bonbons hein, parce qu’on s’en foutrait un peu qu’ils nous aient refilé Bambi)…

La Suède, pays de tous les possibles, où non content de célébrer le hareng fermenté et les anguilles, on fait des sacrifices rituels à la fin de Noël. Bon bien sûr, ça se pratiquait surtout à la glorieuse époque des fiers Vikings, je crois que c’est malheureusement un peu tombé en désuétude, mais bon, quand même, des sacrifices rituels !

Et puis la Suède, pour les aurores boréales, les beaux Suédois (hiiiii, Nallé je te veux !), les fleuves propres, les saunas, et surtout parce que le suédois c’est une langue nordique, et les langues nordiques, ça donne envie de se faire crier dessus menotté à un radiateur.

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De l’inconvénient d’avoir des gènes de Bisounours (4/4)

- Y’a un homme, pour ouvrir la bouteille ?

Forcément, je me suis précipité. On a besoin de déboucher le champagne ? J’suis lààààà ! Enfin, tous mes étés passés au room service vont me servir à quelque chose !
Le problème c’est que le champagne, ça coûte cher, alors ils s’étaient rabattus sur du cidre. Pas grave, c’est facile à ouvrir, je vais briller à peu de frais.
J’avais ma bouteille à la main, Sous-cheftaine m’a tendu un verre pour ne pas que j’en renverse, et c’est là que Big Bossette a eu cet éclair de génie :

- Ah ben c’est bien David, tu sers à boire…
Bon les gens si vous avez soif, allez voir David, c’est lui qui s’occupe des boissons !

- &#@~% !!!

Mon erreur, ça a été de ne pas gueuler “Nan mais ça va connasse, c’est ton pot, alors tu vas te sortir les doigts du cul et t’occuper de la boisson ! Va chier” avant de lui éclater la gueule avec la bouteille de cidre.
Au lieu de ça, Bree Van de Kamp en glorieuse action, j’ai ravalé ma bile et mon fiel, et j’ai souri et acquiescé en lui servant sa bolée.

C’est comme ça que je me suis retrouvé marié de force au bar frigo minibar minibar de merde, à servir du Banga et du Coca et de la Badoit Rouge à ces têtes de cons qui me demandent des crêpes au sucre toute la journée.

Pendant que tout le monde se goinfrait de quiche en écoutant Bimbo raconter pourquoi on ne mangerait pas de cake aujourd’hui et elle tuerait le prochain qui lui poserait la question, je servais à boire.
Pendant que tout le monde pleurait parce que Big Bossette avait fondu en larmes en découvrant ses cadeaux, je servais à boire, pour qu’ils oublient cette dure journée.
Tout en buvant verre de cidre sur verre de cidre sur verre de cidre (parce que bon, vous avez déjà essayé de vous bourrer la gueule au cidre ?), je servais à boire -mais du jus de fruits, parce que eux ils bossaient, niark niark.

J’ai quand même mis une heure à me rendre compte que je ne travaillais plus ici, et que je pouvais sans problème montrer aux gens où étaient la bouteille quand ils me demandaient à boire, ou même ne rien répondre, me jeter comme un porc sur les gâteaux, faire la bise alors que j’en avais encore plein la bouche et me casser.

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De l’inconvénient d’avoir des gènes de Bisounours (3/4)

En entrant dans la pièce où allait se tenir la fête la plus folle de Paris, ma première impression a été que j’étais sûrement en avance, parce qu’en comptant Big Bossette et moi, on était quatre. Ma seconde impression, devant l’étalage de fraises Tagada, de Savane et d’oursons à la guimauve, c’est que j’avais peut-être mal compris, et en fait elle faisait un goûter pour sa fille ?
Mais non, c’était bien ça.
Oh putain.

Comme on était “peu nombreux”, je suis allé lui dire bonjour, et j’ai remis une couche de ma super excuse :

- Oui je me souvenais plus si c’était aujourd’hui…

Et je suis allé me poser dans un coin, en faisant attention de ne pas renverser la bouteille d’Oasis qui traînait là.

Après, Big Bossette est partie : un malicieux collègue l’avait bipée pour “régler un problème à l’autre bout du magasin” (clin d’oeil complice), et pendant ce temps il fallait finir de tout préparer.
???
Euh, les gars, vous savez que c’est elle qui organise la fête, elle a vu les gâteaux, je pense qu’elle se doute de quelque chose, c’est la chef, elle est pas si bête !

Non, en fait il fallait sortir les cadeaux de leurs cachettes (celui-là c’est le mien ! - et voilà, problème réglé), pour qu’elle les trouve à son retour.

Les gens commençaient à arriver, la fête pouvait commencer.
Let’s rock.

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De l’inconvénient d’avoir des gènes de Bisounours (2/4)

J’veux pas y aller à ce dîner
J’ai pas l’moral, j’suis fatigué
Ils nous en voudront pas
Allez on n’y va pas

Finalement, après avoir pesé le pour, et le contre, et le pour, et le contre, et encore un peu le pour, et encore un peu le contre jusqu’à ce que ma balance se casse, j’ai décidé d’y aller.
De toute façon, une promesse de David c’est sacré, donc j’avais pas trop le choix.

En arrivant à Happy Time, je me suis rendu compte que j’allais à une fête les mains vides, et ça, ouh la la, qu’est-ce que c’est mal élevé ! Peut-être que je devrais acheter un petit cadeau, vite fait, mais je la connais pas, mais c’est mal, mais ils m’ont même pas encore payé, mais aaaaah !

Et là, d’un coup, j’ai trouvé le truc imparable pour justifier mon arrivée malpolie.
Je vais faire genre je passais dans le coin par hasard, pom pom pom, j’me balade, et oh, il me semble que c’était aujourd’hui, c’est bien ça ? Ils y verront que du feu.

Arrivé devant le bureau, je dis bonjour, et je demande nonchalamment:

- Et euh, au fait, c’est bien aujourd’hui le pot de Big Bossette ?

- Mais oui, allez viens, viens, rentre !

Sous entendu putain mais on s’éclate trop, un pot de départ à 15h30, quoi !

Alors, je suis rentré.

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De l’inconvénient d’avoir des gènes de Bisounours (1/4)

Ma dernière semaine à Happy Time, la phrase que j’ai le plus entendue ça a été : “Bon et David, tu viens à mon pot de départ hein !”. Comme je partais, Big Bossette n’avait plus aucune raison de rester, et apparemment elle voulait me voir une dernière fois, avant de partir refaire sa vie dans le midi.
Donc elle m’a invité quand elle m’a vu le mercredi, le jeudi, le vendredi, re-le vendredi, et le samedi.
Ca m’a un peu surpris de voir qu’on était proches à ce point, parce qu’avant son invitation, je crois qu’on ne s’était jamais vraiment adressé la parole.

Mais à chaque fois, je lui ai promis que je viendrais.
Allez, Big Bossette, si tu tiens tant que ça à voir David, il fera acte de présence à ta petite sauterie. Regarde, je m’ouvre une veine pour le marquer en lettres de sang sur ce papier, (en fait j’avais un stylo rouge, mais elle y a cru), et je le range contre mon coeur, comme ça je suis sûr de ne pas oublier. Alors maintenant tu peux te relever, et ne reviens plus m’inviter, parce que là tu me pètes les couilles, t’as pas idée.

Et là, plus on s’approchait du jour J, moins j’avais envie d’y aller, tout enivré que j’étais de ma liberté tout fraîche. Non, plus Happy Time, plus jamais ça !
Mais j’étais lié par mon pacte de sang.

On ne se soustrait pas aux pactes de sang.

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Un beau jour

Hier à Vincennes, c’était encore jour de marché en bas de chez moi. Je suis sorti, parce que j’avais des trucs à faire.
Il y avait plein de monde, des tas de péquenauds affamés de robes à 10 euros vendues par un pauvre type mal décoloré, des vieux qui n’avancent pas, des moins vieux avec des poussettes, qui s’arrêtent au beau milieu du trottoir pour discuter de conneries dont tout le monde se fout.
Et moi, comme un crétin, j’étais bloqué derrière tout ce petit monde, à ne pas pouvoir rentrer chez moi, ou même bouger. Il y avait du monde partout.

Alors j’ai sorti mon arme, et j’ai commencé à tirer.
D’abord sur ceux qui étaient le plus près de moi, pour pouvoir respirer un peu.
Après, sur ceux qui criaient le plus, pour avoir un peu de calme.

Ensuite, j’ai voulu me finir le chargeur dessus, pour être vraiment tranquille, mais il n’y avait déjà plus de munitions.

Alors, je suis rentré chez moi.

C’était bien.

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Pirates des Caraïbes : Jusqu’au Bout du Monde


Ralala, ce film, il est trooooop !

Déjà, il est trop long. Ca me saoule leur mode de faire des films qui durent pas moins de 2h30, bientôt faudra prévoir une journée entière pour aller au cinéma ! Bordel !
Enfin là ça va encore, on ne les sent pas trop passer les 2h48 (!!!). Pas comme pour le Retour du Roi, là c’est un gros concentré d’action du début à la fin. Mais vraiment du début à la fin.

Du coup, il est aussi trop direct. On attaque directement là où Dead Man’s Chest s’était arrêté, et j’ai passé les vingt premières minutes à essayer de m’en souvenir. Mais pas moyen. Et ça aussi ça m’énerve, les films-séries où on doit absolument avoir vu les précédents au plus tard la veille pour avoir une chance de comprendre. Un petit résumé, ou un reminder, ou n’importe quoi au début, ça aurait pu aider, mais non, si t’es pas content, ben tu t’achètes le DVD du 2 et tu reviens.

En plus, c’est d’un compliqué ! Elizabeth trahit Jack qui trahit Will qui trahit Elizabeth qui trahit Will qui trahit Jack qui trahit Davy qui trahit Calypso qui trahit Jack qui trahit le gouverneur qui trahit Will et Jack qui trahit Barbossa qui trahit Elizabeth… À la fin on a du mal à savoir qui se bat contre qui, ni pour quoi ils se battent, ni qui on a envie de voir gagner.

Mais c’est pas grave, parce que de toute façon, la dernière heure et demie, c’est tellement du nawak complet qu’on n’a plus forcément envie de comprendre quoi que ce soit. J’avais l’impression d’être à une soirée où tout le monde était bourré sauf moi, et que c’est pour ça que je ne pouvais pas rentrer dans leurs délires, genre la déesse dont le pouvoir est de se changer en crabes, ou le mec qui s’arrache le cerveau et se le lèche…

Donc voilà, au final, une bonne grosse daube ce film.
…
Et vivement le prochain visionnage, parce que la première fois que j’ai vu Curse of the Black Pearl, que j’adore, j’en pensais à peu près autant de mal. :mrgreen:

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L’important c’est d’assumer

Tiens, c’est marrant, à cet endroit là on dirait que la moquette est posée sur un espèce de support en plastique, quand je pose le pied ici, ça fait un bruit, ben comme si on marchait sur du plastique !
Ah tiens, et là aussi !

En plus ça peut pas être moi qui marche sur un vieux sac, je viens de ranger et passer l’aspirateur, non, y’a rien par terre, ça vient vraiment de sous la moquette !
Putain mais c’est carrément trop hallucinant ce truc, ils ont pas enlevé l’emballage ou quoi, j’avais jamais remarqué !

Croushik, croushik, ah non mais c’est bizarre quand même que je l’ai jamais entendu avant, je suis pas fou…

J’ai bien mis cinq minutes à remarquer le bout d’emballage de CD collé à ma chaussette.

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Quand je suis dans la rue, j’aime bien m’imaginer que j’ai des super pouvoirs.

Pouvoir m’enflammer comme la Torche Humaine quand il y a trop de monde qui me colle aux feux rouges ou dans le métro, pour faire un peu de place, ou alors pouvoir me téléporter sur le trottoir d’en face, quand j’en ai marre d’attendre que ce putain de feu passe au vert.

Mais j’ai aussi mon pouvoir du métro : quand je passe les portillons automatiques (pas les tourniquets hein, les portillons, avec les tourniquets ça marche pas !), je lance mon bras en avant (enfin, il reste attaché à mon corps, je l’étends, c’est tout), et je m’imagine que par ce geste plein de grâce et de magie, j’ai ouvert la porte par la seule force de mon esprit.

À l’origine, j’avais commencé à faire ça pour être sûr de pas me faire mal si jamais ça restait bloqué, parce que ça arrive, de temps en temps.
Et puis finalement, j’ai fini par me convaincre que j’étais un grand maître de la télékinésie.

La preuve, c’est qu’il suffit que j’oublie d’avancer en tendant le bras pour que la porte ne s’ouvre pas et que je me la mange dans la gueule.

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My achievement

Oyez, oyez !

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité,

David a fini un jeu vidéo (et en moins de vingt-quatre heures je vous prie) !

Alors camembert, tous ceux qui pensaient que je ne ferais rien de constructif de mes journées maintenant que je ne travaille plus.

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Retour à Happy Time

Ce matin, en me levant aux aurores et en me préparant à la vitesse de l’éclair, je suis allé voir la DRH, dans leur si petite fenêtre d’ouverture (10 heures - midi, et c’est tout, on va pas se tuer à la tâche).
Ben oui, j’ai arrêté samedi, et j’aimerais bien recevoir mon chèque de solde de tout compte, quoi.

La dernière fois, j’avais dû frapper à la porte jusqu’à ce que mon poing saigne, avant qu’on daigne m’ouvrir.
Cette fois-ci, j’ai commencé à tambouriner comme un malade sur une porte épaisse comme le mur d’un donjon quand j’ai vu le petit bouton, sur la droite.

Ding Dong !

Oh ouah, c’est magique ça, la porte s’ouvre, ah mais je suis vraiment une truffe moi des fois j’vous jure !

J’explique mon problème, “euh oui madame, vous me payez quand ?”, on me dit qu’on me rappellera, et je me casse.
Leur bureau ouvrait à 10h, il est maintenant 10h05, j’en profite pour aller faire un petit tour dans le magasin, narguer les anciens collègues, je les emmerde je suis libre !

Je trouve deux trois trucs à acheter, et je vais au bureau des chefs pour dire bonjour, parce qu’à la réflexion, je n’aimais pas les collègues avant, alors pourquoi j’irais leur parler maintenant que je n’y suis plus obligé ?

C’est le matin, et devant le débordement d’activité, Cheftaine Ouane et Cheftaine Tou sont très occupées à se toucher la nouille.
On discute cinq minutes, ha ha, non, on en rigole mais ils ont du mal à se remettre de mon départ, et j’en viens au fait.

Vu que je n’ai pas encore signé mon solde de tout compte, j’ai encore ma carte d’employé, qui me donne droit à des réductions trop géniales sur plein d’articles, comme ceux que j’ai dans les mains.
Est-ce qu’elles pensent que j’ai encore le droit de l’utiliser ?

- Hmmm… En théorie, non…

- Ouaip. Non… En théorie…

Euh, Cheftaine Tou, est-ce que tu pourrais insister un peu plus lourdement sur le “en théorie”, parce que je ne suis pas certain de saisir ton allusion…

- Ok les filles. Et en pratique ?

En pratique, je sors du bureau pour faire toutes les courses que je veux avec la carte de Cheftaine Ouane, tout en en lui promettant de n’en parler à personne.

Alors chut, vous n’avez rien lu.

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No hope no love no glory, no happy ending

Dans un bureau plein de poussière, une femme hurle. Ca n’est pas possible, elle va se réveiller.

En silence, des hommes et des femmes se regardent, hébétés. Eux aussi aimeraient croire à un mauvais rêve.

Mais non, c’est bien réel.

Rien ne sera plus jamais comme avant.

Ah, s’ils avaient su, tous, ce qui allait se passer…

Mais quelque part, tout le monde le savait. Depuis le début, c’était écrit.

La veille du drame, les yeux pleins de larmes, la femme en parlait à sa copine : “tu es au courant que demain… ?”.

Son regard horrifié montre que non, elle n’était pas au courant.

Pas au courant que mon contrat à Happy Time a pris fin samedi, et qu’il ne leur reste plus que leurs yeux pour pleurer.

Donc TacTac, Chronos, Serge, Parklife et les autres, vous pouvez arrêter de m’y chercher.

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J’étais né pour travailler dans le commerce (2/2)

Hier, comme je vis mes derniers jours chez Happy Time, j’ai décidé d’essayer de devenir le killer de la carte : je vais en placer coûte que coûte, quitte à poursuivre les gens à travers tout le magasin pour qu’ils me la prennent (parce qu’en général, je m’arrête à “bonjour, vous avez la…” “NON”, et j’ose pas continuer).

J’attends que ma première victime cliente, une petite vieille à cheveux bleus, soit à portée de voix, et j’attaque.

- Bonjour madame, vous avez la carte Faistoimettre ?

- Oh non monsieur, c’est une carte de crédit, c’est ça…?

Elle me demande ça d’une petite voix chevrotante, derrière laquelle on imagine des mois de privations sur sa petite retraite, juste pour venir acheter sa pelote de laine, histoire de tricoter un cadeau à ses petits enfants qu’elle aimerait gâter plus, mais en fait non, c’est juste une pauvresse.

Mais bon, je peux pas plaindre tout le monde, j’ai la chance d’être devant un cas d’école, tout comme ils nous ont dit à la formation, je ne peux décemment pas laisser passer une occasion pareille.

Sans hésiter, je lève et agite l’index, tel le maître prêt à énoncer une bonne leçon de derrière les fagots :

- Ah non madame.

(pause for effect)

C’est une carte de paiement.

Ca ne peut pas marcher, il n’y a aucune raison pour que ça marche, personne ne peut être stupide à ce point, ça ne va pas marcher, je suis sûr que ça ne marche pas !

Oh, comme je surestime les gens.

- Ah bon ? Ah, oui ça m’intéresse alors !

Et je la regarde s’éloigner vers les bureaux de Faistoimettre, d’une démarche tremblante mais décidée, sans vraiment savoir où elle met les pieds.

Encore une victoire de David.

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J’étais né pour travailler dans le commerce (1/2)

Un truc que je ne savais pas quand j’ai commencé à Happy Time, qui n’était pas marqué sur le contrat et dont personne n’avait parlé, c’est qu’on doit essayer de faire prendre aux gens la carte de crédit du magasin.
Il y a des panneaux un peu partout “avec votre carte Faistoimettre, achetez aujourd’hui et payez dans 3 mois”, “-10% sur votre premier achat avec la carte Faistoimettre !”, “La carte Faistoimettre guérit les écrouelles et a voté comme vous aux présidentielles !”, des annonces faites à longueur de journée par VoixOff-Mâle ou VoixOff-Femelle, dont on ne sait pas encore lequel est le plus insupportable, mais il faut encore que tous les employés du magasin en remettent une couche, sans avoir peur d’être lourds.

Comme on est tous des branques et que leur carte est quand même pas facile à placer, peut-être à cause de son T.E.G. encore plus gros que ma bite, ou alors parce que la plupart des gens à qui j’en parle me répondent avec une sordide histoire de surendettement qui leur a coûté un rein, ou parce que mes collègues et moi on s’en fout de leur carte, on a régulièrement des réunions pour apprendre à la placer.

Dans ces réunions, on nous apprend plein de ruses de sioux, pour convaincre les gens qu’une carte proposée par un organisme de crédit et qui permet oblige à payer en différé n’est pas une carte de crédit, parce que les gens, bouh les vilaines personnes, ils aiment pas payer à crédit.

L’une de ces techniques commerciales est dite “de la mauvaise foi” :

- Madame, vous avez la carte Faistoimettre ?
- Non, mais ça ne m’intéresse pas, c’est une carte de crédit…

Et là, la super parade de la mort qui tue :

- Oh mais non madame, c’est une carte de paiement !

Hop, on a dit paiement à la place de crédit, et ça endort les gens qui sont cons comme des balais, ils oublient tout ce qu’ils savent sur la carte -c’est à dire, que c’est une carte de crédit.

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Les employés d’Happy Time sont des gens formidables

- Oh David, t’as acheté des cadres !
Tu veux un grand sac ou un petit sac ? Non parce que faudrait pas qu’ils se cassent…

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À toutes les futures mamans

C’est difficile de ne pas les remarquer.
Elles ont un gros ventre tout rond, et bientôt elles se feront appeler “maman”.
Elles marchent comme si le ballon de foot qu’elles ont dans le ventre venait de leur rentrer par le cul.
Et je les déteste.

Elles se croient tout permis, tout ça parce qu’elles ont eu un accident de préservatif ou qu’elles sont pas capables de prendre la pilule sans se planter.
“Ah monsieur je suis enceinte, je vais prendre votre place dans le métro”. Ouais t’as raison connasse, et puis fais-le sans demander, donne-moi un ordre, t’as pas besoin d’être polie, t’es enceinte.
Et ça encore, c’est quand elle explique pourquoi elle vire tout le monde pour s’asseoir, sinon en général, sa présence et son regard sont ses seuls arguments.
C’est comme pour les vieux, une femme enceinte ça a tous les droits.

Combien de fois elles passent devant tout le monde à la caisse, “parce que vous comprenez, je ne peux pas rester debout trop longtemps”, avec un visage de martyre à faire pleurer les cailloux ?
Mais bon, chérie, t’aurais peut-être aussi pu y penser avant d’aller faire les grands magasins un samedi après-midi alors que t’es enceinte jusqu’aux yeux ? Et puis si t’es vraiment si mal en point, fallait rester chez toi à tricoter des chaussons pour ton chiard, hein.
Surtout que Diane Robert l’a bien dit, dans le cultissime 25° Sud : “hé, tu crois pas qu’une femme peut porter un sac et un bébé ?”

En plus, quand elles ont rien à faire, elles se touchent le ventre d’une façon que je trouve dégueulasse, on dirait qu’elles sont en pleins préliminaires avec elles-mêmes, c’est répugnant.

Alors bien sûr, on peut se consoler en se disant qu’elles vont souffrir comme c’est pas possible au moment de l’accouchement, mais c’est pas suffisant, je veux dire, avant au moins, il y avait souvent une chance qu’une femme meure en couches.
Maintenant, à cause des progrès de la médecine, elle peut se reproduire presque à l’infini, et infliger sa grossesse et sa marmaille à un monde qui ne demande rien d’autre que de vivre en paix.

Et après, en plus, faut leur souhaiter une bonne fête et leur acheter des cadeaux, fait chier quoi merde.

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Une fois n’est pas coutume, un commentaire du Canard a apporté quelque chose d’utile : il m’a permis de découvrir le génial, le fabuleux, le merveilleux blog du Surimi Bleu.
C’est super drôle, super bien dessiné, et super bien écrit*, je suis fan absolu (personnellement, avec I, Robot j’ai failli me faire dessus).

Ne le ratez pas, ou soyez maudits.

* Je ne suis pas publicitaire.

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Délit de sale gueule

Hier au courrier, j’avais une petite enveloppe blanche assez épaisse.
J’ai essayé de palper pour deviner ce que c’était, mais il y avait toute une espèce de protection en mousse ou chais pas quoi, et tout ce que j’ai pu dire, c’est qu’il y avait un objet dedans (oui bon, mais c’est déjà pas mal, quoi).
Allez, on se la joue Veronica Mars, je sors ma loupe pour observer l’enveloppe, je vais sûrement relever plein d’indices. Je sais ce qu’il faut chercher, on me la fait pas à moi.
C’est assez vite fait : vu qu’il n’y a pas d’adresse d’expéditeur et que mes coordonnées ont été imprimées sur une étiquette autocollante, j’apprends que tchi.

Et là, d’un coup, l’évidence vient me frapper en plein visage, aïeuh.
Un agent secret m’envoie une micro-puce ou un truc dans le genre, sur laquelle il y a plein de renseignements ultraconfidentiels, et maintenant c’est à moi de la protéger au péril de ma vie, parce qu’il a donné la sienne pour m’envoyer ça.*

Vite vite, dès que j’arrive chez moi je déchire l’enveloppe pour voir si j’avais raison.
À ma grande surprise, je trouve un petit tube de crème :

Nivea Men, Crème Q10 Revitalisante, Revitalise et Fortifie.

D’abord, j’ai cru à une nouvelle opération de pub, comme celle de Lindt. Mais non, c’est pas possible, là c’est nominatif, il y a mon nom sur l’enveloppe.
Puis j’ai vu la lettre.

Bonjour,

Fatigué, éreinté, vanné… Les résultats de votre test sur nivea.fr le prouvent : il est temps de réagir et d’effacer tous les signes de fatigue. Et si vous pensiez un peu à vous ?

Ooooh ! Mais oui, moi je veux bien penser à moi, et pas qu’un peu !
Par contre, est-ce qu’ils auraient pu trouver une façon plus sympathique de dire “putain, cette gueule que tu te traînes ! Tu veux pas essayer notre crème, parce que là…?”.
Oui, probablement.

Mais là n’est pas la question. De mémoire de moi, je n’ai jamais mis les pieds sur leur site. Donc ils ne peuvent pas savoir qu’en en ce moment, c’est vrai, j’ai l’air de sortir de ma tombe tous les matins.

Alors :
- soit un site sur lequel j’ai déjà fait des achats a vendu mes coordonnées à Nivea, mais c’est mal, ça se fait pas, c’est pas possible ;
- soit quelqu’un que je connais trouve que j’ai une sale gueule et n’a pas les couilles de me le dire en face. Mais ça soulève les questions du 1) qu’est-ce que c’est que ce test ?, et 2) qu’est-ce qu’il a bien pu répondre pour qu’on me dise ça ?.

De toute façon, c’est pas grave, parce que j’ai essayé la crème et c’est de la merde. Sa seule façon de revitaliser la peau, c’est de la graisser et la faire briller comme si je venais de me faire un masque à l’huile pure.
Dommage Eliane.

*Oui, pendant une milliseconde, j’y ai vraiment cru.

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