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Les réunions d’Happy Time, c’est toujours un succès (3/3)

La réunion se poursuit, et je commence à piquer du nez jusqu’au moment où le débat s’élève et me réveille : est-ce que les produits sont de meilleure qualité chez Franprix, chez Monoprix, ou chez Lidl ? Et est-ce que c’est vraiment plus cher ? Parce que Grossechef fait ses courses chez Franprix, mais elle arrive pas à savoir si c’est parce qu’il est juste en bas de chez elle, ou si c’est parce que c’est vraiment moins cher qu’à Monop, où Schtroumpfettechef passe sa vie.
Euh… on s’en fout ?

Oui, on s’en fout, c’est vrai.
C’est comme ça qu’on arrive au point ultime de la réunion, celui qui justifie à lui seul cette heure et demie perdue dans ce placard surchauffé : “la présentation est importante au travail”.
C’est pour ça qu’ils nous rappellent qu’il faut arriver en étant douché et en portant des vêtements propres.
“Sinon, si on n’est pas propre, ça se sent et le client n’aime pas”.

Duh.

Ensuite, on commence à dire qu’on va parler de comment gérer les clients difficiles, les situations de crise et tout ça, mais pas de bol, on n’a plus le temps, il faut partir.

On a donc passé une heure et demie à dire qu’il fallait continuer à se laver, porter des vêtements propres, et dire bonjour et au revoir (et que c’est cher chez Monoprix).

Heureusement, c’était sur mon temps de travail.

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Les réunions d’Happy Time, c’est toujours un succès (2/3)

D’abord, on s’auto-congratule pendant 10 minutes parce que notre BQS est quand même un des meilleurs du magasin, ouais, vive nous, allez on se fait la bise ? Non. Définitivement non.
Les dix minutes suivantes, on essaye de comprendre ce qu’est le BQS. Un Brevet Qualité Service ? Un Baromètre Qualité Service ?
Bon de toute façon on s’en fout, le notre est très bon, alors hein qu’est-ce qu’on est forts, et hop, deuxième round de félicitations, on fait des blagues en demandant des augmentations, c’est refusé, tout le monde rit jaune.

Ensuite, la réunion commence pour de bon.
Le thème de la réunion ?
Le BQS.

Or, je ne sais pas si je vous l’ai dit, mais le notre est excellent. Donc les trois quarts de la réunion se passent à énumérer tout ce qu’on fait bien, et toutes les façons dont on pourrait ne pas bien le faire.
Par exemple : on dit bonjour au client quand il arrive, c’est bien, on est fort, parce qu’on pourrait aussi l’ignorer ou lui tirer la tronche, là ça serait pas glop.
Bon par contre si vraiment on voulait être des lèche boules comme les auditeurs le suggèrent, on pourrait dire bonjour monsieur quand c’est un client mâle, et bonjour madame quand c’est une cliente femelle. Mais ça, c’est laissé à notre entière appréciation, à Happy Time ils veulent pas nous tenir trop en laisse, ça va quoi on n’est pas des branques.

C’est juste après ça qu’on a abordé les vrais motifs de la réunion.

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Les réunions d’Happy Time, c’est toujours un succès (1/3)

Hier, pour la deuxième fois de ma carrière, j’étais “convié à une petite réunion d’une heure”, comme c’est joliment dit, on croirait une invitation à un mariage.
A l’heure dite, j’arrive dans la “salle” (eux ils disent salle, moi je dis cagibi), et je vois qu’elle est de la même taille que l’autre fois, sauf que cette fois, on est trois fois plus nombreux. Pas grave, je m’assieds le plus loin possible des gens que je n’aime pas (c’est à dire juste en face, vu la taille de la pièce).

Une fois que tout le monde est installé, on se rend compte qu’il ne manque plus que la fille qui doit nous faire la réunion (en retard, paaaas bien !). Et qu’il faudra qu’elle aille s’installer à l’autre bout de la “salle”.
Or, la table + les chaises autour + les gens dans les chaises = occupation totale de l’espace de la pièce. Il faudrait qu’on évacue les locaux pour qu’elle puisse aller s’asseoir.

Heureusement, il n’y a pas de problèmes, juste des solutions, et en arrivant, elle n’a pas d’autre choix que de monter sur la table et ramper jusqu’à sa chaise, à la Kim Basinger. Comme elle le dit elle-même, heureusement qu’elle a un physique à la Mimie Mathy, sinon elle aurait pu avoir des problèmes.

Tout le monde est prêt, la réunion peut commencer.

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Slap me with a splintered ruler

J’aime me faire du mal. La preuve, après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps devant Le Secret de Térabithia, je me suis acheté le bouquin.

Déjà, se remettre à la lecture au bout de presque un an, c’est pas facile.
J’ai promené le livre dans mon sac pendant une bonne semaine avant de l’ouvrir. Et encore, si la batterie de l’iPod n’était pas lâchement morte dans le métro, je ne sais pas si j’aurais attaqué.

J’ai commencé par lire un peu ce qu’il disaient sur l’auteur, et ça m’a fait tout bizarre, parce que d’après le résumé de ses autres livres, c’est l’équivalent américaine de la comtesse de Ségur, elle n’écrit que des belles histoires pour les petites filles qui ont encore des papillons dans les yeux.
Bon, ben c’est pas grave, je vais lire un livre pour gamines, y’a pas de honte à ça hein…

Non, la honte elle est arrivée plus tard.
J’ai commencé à lire, le chapitre 1, jusqu’ici tout va bien.
Comme le film est encore récent dans ma tête et apparemment très fidèle au bouquin, je visualise tout ce qu’elle dit.

Je visualise tellement que je commence à me remémorer la fin.
Et je sens un pincement dans mon petit coeur, au premier chapitre. Pas parce que le livre est triste, non, Jess est en train de prendre son petit déjeuner.
Non, là je suis triste 100 pages à l’avance, par anticipation.

Je ne suis donc pas capable de lire un livre du niveau des Malheurs de Sophie sans avoir envie d’y aller de ma larmichette.
Mais je vais tenir bon, et bientôt, oh oui, bientôt, je serai fort et j’attaquerai le chapitre 2.
Les yeux secs, with a stiff upper lip.

Procellus, réveille la guimauve à l’intérieur de toi.

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Les Tortues Ninja

Après Big Movie, il fallait bien remonter la pente, se hisser vers les bons films, toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort (merci Olivier Minne) !
Mais bon, avant d’arriver au sommet, il faut bien faire des petites haltes.

Alors, c’est pas mal hein (Big Movie a flingué tous mes critères), si on en croit l’expert, c’était même une très bonne adaptation, super fidèle (oui, sauf qu’April est devenue une ninja-archéologue…), l’animation est super jolie (ça c’est vrai, on peut pas leur retirer).
C’est aussi très sympa que les Teenage Mutant Ninja Turtles fassent vraiment teenagers, cette fois : ce sont quatre crevettes (mais non, c’est des tortues, hihihi) aux allures d’ados, et pas les paquets de muscles stéroïdés qu’on avait l’habitude de voir.
En plus (mais je ne l’ai découvert qu’au générique), il y a plein de voix célèbres, comme Sarah Michelle Gellar, Chris Evans ou Laurence Fishburne, ouah, si seulement je l’avais su avant j’aurais pu les reconnaître…

Maintenant, régalons-nous avec les points négatifs, youpiiiiie !
D’abord, l’histoire.
Ils ont découvert un truc super original : tiens, s’il fallait arrêter le méchant avant que les étoiles soient alignées selon l’axe de machin truc chose ? Ah mais ouais mais c’est génial, oh, et ça n’a probablement pas été fait des miyards de fois auparavant !
Ben, si, un peu quand même… Et même, normalement, ils essaient de greffer des trucs autour de leurs histoires d’alignements trimillénaires, là, ben… non.
Tant qu’il y a des scènes d’action (qui déchirent ta race, quand même), ça va, mais dès qu’on s’intéresse plus à l’histoire, c’est difficile de ne pas rire (alors que pourtant je suis super fort pour garder mon sérieux, si si !).

Mais le truc le plus chiant, ça a été la salle.

Une toute petite salle aux fauteuils défoncés, pleine de geeks, forcément (à part deux mamies à cheveux bleus qu’on se demandait qu’est-ce qu’elles venaient bien foutre là), mais de geeks méchants : et vas-y que je sors mon sac plastique pendant le film pour pique-niquer, et que je discute, que je commente, que je joue avec mon portable, que je me crois dans mon salon…
Même que quand on leur criait dessus (pourtant ça non plus c’est pas dans mes habitudes), ça les faisait pas taire, et ils disaient qu’ils faisaient pas tant de bruit que ça.
Les salauds.

Du coup moi ça m’a un peu gâché le film, une petite salle sans clim (!!!) avec plein de moches à cheveux gras qui font du bruit en parlant (même pas ils auraient chuchoté, non ?) avec leurs chips plein la bouche.
Et tant pis si le fait d’avoir conscience que le cinéma n’est pas mon salon, même si je ne paye pas la place, ça fait de moi un vieux con.

Alors bon, bien sûr, on n’était pas en train de nous jouer La Dame Aux Camélias, c’était que les Tortues Ninja, ça ne réclamait pas un silence religieux. C’est juste une question de respect. Mais au cinéma, ça n’existe plus, maintenant, à chaque séance, quel que soit le film et la salle, il y a toujours des cons pour faire chier.

Et faut que ça cesse.
Parce que là, au final, c’était un pas si mauvais film, punchy et rigolo, mais dans lequel je n’ai pas réussi à rentrer, à cause des autres connards de leur mère la pute.
Alors la prochaine fois que je vais au ciné et que je tombe sur des chieurs irrespectueux à côté (ce qui ne loupe jamais, les chieurs irrespectueux sont toujours dans le siège à côté), je passe en mode Punisher, et ça va chier.

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cinéma tchi tcha
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Wouah. Trop, trop wouah.

Vous en avez assez de votre vieil XP qui plante tout le temps depuis qu’ils ont voulu mettre leur saloperie de mise à jour de validation de Windows (cette bande de cons de paranos) ?
Vous l’avez réinstallé et activé tellement de fois que les filles de chez Microsoft vous regardent d’une sale oreille quand vous appelez, sous-entendant que vous êtes assez con pour avoir une version pirate et quand même demander à la hotline de la faire marcher ?
Vous vous dites, entre deux sanglots, que vous êtes pourtant quelqu’un de bien, et que c’est pas possib’ qu’est-ce que vous avez fait pour mériter ça ?
Arrivé au bout du rouleau, vous vous dites : quitte à reformater le disque une énième fois, si on passait à Vista, eh ?

Rien de plus simple, il vous faut :

- Une chèvre;
- un joli CD d’installation de Vista acheté à bas prix à une jolie jeune fille aux yeux bridés et à gros seins;
- un PC de merde (pléonasme)
- votre vieux CD d’installation d’XP;
- quelques chastes jeunes filles;
- des heures de patience.

1 - Commencez par égorger la chèvre. Barbouillez-vous le visage de son sang, tout en pratiquant une dans rituelle autour de sa dépouille. Au mieux vous vous attirerez la sympathie des dieux, au pire ça ne sert à rien mais vous vous serez changé les idées avant de partir pour l’enfer.

2 - Mettez le CD de Vista dans le lecteur. Redémarrez à partir dudit CD. Regardez l’installation se dérouler sans problème.
Naïvement, croyez-y.

3 - Sacrifiez une de vos vierges en remerciement, à la fin de l’installation.

4 - Remarquez avec stupeur que non, Vista ne s’est pas installé par dessus XP, il s’est simplement assis à côté. Ne vous étonnez pas des conflits que ça crée, forcément, pendant une révolution, si le nouveau dictateur ne tue pas le précédent mais s’installe à sa droite en lui faisant un câlin, le peuple est tout confusionné.

5 - Sacrifiez une autre vierge, ça peut pas faire de mal.
Cherchez comment formater avec Vista, rendez-vous compte qu’on ne peut pas.

6 - Sortez votre vieil XP d’une boîte tout poussiéreuse pleine de vieux souvenirs (il s’en est passé des choses depuis janvier). Lancez le formatage, et vite vite vite, une fois que c’est fini et qu’XP veut s’installer, échangez les CD.
On peut reprendre l’installation de Vista sur un disque propre, lavé des précédentes souillures de Microsoft.

7 - voir 3.

8 - À présent que tout s’est bien déroulé, arrachez-vous les cheveux, griffez-vous jusqu’au sang, massacrez le reste de vos vierges à coups de pelle, mais ne vous étonnez pas de la merde dans laquelle vous vous êtes mis, tout seul comme un grand.

Les vrais ennuis commencent maintenant : configurer Vista (i.e. ne pas avoir Explorer comme navigateur par défaut, faire sortir le son par les haut-parleurs - un truc inimaginable), le challenge d’une vie, même les mecs de Microsoft ont l’air d’avoir baissé les bras.

9 - Lancez un regard amoureux à votre Mac. Réfugiez-vous dans le réconfort de son clavier.

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la technologie
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Ca doit être vos yeux

Ca fait plus d’un an qu’on m’a fait remarquer que j’avais une vue de taupe.

J’avais mis plusieurs mois à me décider, et puis finalement j’étais allé voir un ophtalmo, qui m’avait prescrit plein de séances d’orthoptie.
J’avais dit “ouais ok”, j’étais parti et je suis jamais allé faire les séances, parce que ça va quoi, la kiné des yeux, pas que ça à foutre non plus. Moi j’veux des lunettes pour bien voir et pour pouvoir jouer à Clark Kent / Superman quand je m’ennuie.

Mais bon, pour ça il faut retourner voir l’ophtalmo.

De préférence, un autre, parce que celui-là je me vois pas lui dire “oui je suis venu vous voir il y a un an, mais bon, vous m’avez dit de la merde, je veux des lunettes, ok ?”.

Alors, début janvier, j’ai pris les pages jaunes, j’ai cherché un ophtalmo pas loin de chez moi, et hop, on prend rendez-vous.
Ah, vous n’avez pas de place avant le 23 avril ? Oh quand même.
Bon bah oui, je viendrai.

Même que je l’ai noté sur mon Google Agenda, parce que grave comment je suis trop un homme moderne qui vit avec son temps.

Seulement voilà.
Depuis janvier, je ne me souviens pas de grand chose sur ce rendez-vous. Déjà, si j’avais pas regardé sur l’agenda, j’y serais allé le matin.

Et puis je me dis que j’aurais aussi dû noter le nom du médecin, parce que je n’ai aucune, mais alors aucune idée de avec qui j’ai rendez-vous.

Alors je vais me la jouer “j’ai de la chance, je me fie à mon instinct”, refaire une recherche dans les pages jaunes et aller voir celui qui a le nom qui m’inspire le plus, parce que c’est déjà comme ça que j’avais choisi la dernière fois.

Mais bon.
Ca serait quand même plus pratique avec un cerveau.

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mon nombril, non, rien
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Sex is not the enemy

Le sexe, c’est chouette.

Ca fait du bien dans le corps, ça fait du bien dans la tête.
On peut le faire tout seul quand on s’ennuie.
On peut le faire à deux quand il n’y a rien à la télé, ou qu’on n’a pas trouvé de cadeau d’anniversaire ou qu’on a n’importe quoi d’autre à se faire pardonner.
Ca permet de briser la glace quand on vient de se rencontrer.
On peut même le faire à plusieurs, si personne ne veut jouer au Monopoly.
Et puis même si ça salit les draps (ou le clavier quand on le fait tout seul), la plupart du temps ça vaut le coup.

En plus, l’avantage avec le sexe, c’est que contrairement à l’iPod ou la Game Boy, on peut en faire même si la batterie est morte et qu’il n’y a pas de prise électrique dans le coin.
Et on peut le faire partout, dans la chambre, dans le salon, pas sur la moquette parce que ça brûle, à la piscine, en forêt…
Vraiment, avec le sexe, on ne s’ennuie jamais, en plus y’a plein de positions rigolotes pour varier les plaisirs.

Et justement puisqu’on en parle, l’inconvénient, c’est qu’à force de positions inventives, un matin on se réveille avec un torticolis de sa mère la pute.
Et du coup, à force de s’amuser, on finit par passer la journée suivante à ne plus pouvoir bouger ni le cou ni les épaules et on donne l’impression d’être un snob fainéant qui a un balai dans le cul (oh comme je choisis bien mes expressions).

Aïeuh.

Enfin, soit ça, soit je suis encore resté trop longtemps assis sous la clim.

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la luxure
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Bombasse (3)

En revenant de déjeuner, je bataille sévère pour récupérer ma place à côté de mon homme, non mais ça va ils ont cru quoi les autres, ils l’auront over my dead body !
Comme ça, je peux faire durer l’instant de grâce un peu plus longtemps.

Pour pouvoir parler avec Bombasse, j’augmente mon efficacité de 156% et je traite 19 clients à la minute seconde, pour qu’on ait du temps pour nous, mon amour, j’ai fait ça pour toi, battement de paupières et grand sourire.
Oh, quelle erreur !

On en a eu, du temps. Et en plus, Bombasse se sent bien. Très bien. Trop bien, vu le tour que prend sa conversation (moi je me tais, et je bois religieusement chacune de ses paroles) :

- J’adore cette période de l’année…

-

- …les filles mettent pas de soutien-gorge, elles ont des tee-shirts super fins, et on voit les seins qui bougent à travers le tissu, moi ça me brrr, ça me met les hormones en folie !

Mon univers vient de s’effondrer. Il aime les femmes.

Dans un ultime effort, un sursaut d’espoir, j’agite le haut du torse comme Shakira m’a appris à le faire, en baissant les yeux pour vérifier, mais peine perdue : rien ne bouge et je veux mourir.

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Bombasse (2)

Après son entrée en matière pour le moins… surprenante, la glace était quand même brisée.
Et puis quand quelqu’un entame la conversation en racontant ses intentions de menu pour le déjeuner à la cantine d’entreprise, forcément, il demande à se faire vanner.
Alors du coup, j’ai pu montrer à Bombasse à quel point j’étais spirituel et drôle, et lui aussi, allez finalement, il n’est pas si bête (siiiii, comme ses pieds, et il n’a pas vraiment d’humour, mais putain qu’il est beau !).

Comme il n’y avait encore personne à Happy Time (décidément, je risque de finir au chômage technique avant la fin de mon CDD), on a pu pas mal discuter : Bombasse m’a raconté qu’il aimait bien courir, et après je ne sais plus, parce que je suis parti à me l’imaginer en train de faire son jogging, au ralenti, en plein effort, moite et les muscles bandés…

D’un coup hop, on se refrôle, ça me réveille.
Décidément, sa peau douce…

Pendant ma pause déjeuner, je fais ma Perrette. Avec Bombasse, c’est comme dans les beaux films, on commence à s’apprécier, à se faire des blagues, à devenir proches. Bientôt, on pourra faire des folies de nos corps ivres de désir.
Bon, bien sûr, au fond de moi, il y a la petite voix qui me souffle que peut-être je vais un peu vite en besogne. Mais c’est pas grave, je peux bien continuer à fantasmer, ça fait de mal à personne !

Et puis j’ai eu fini de manger.

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Bombasse (1)

Ouais, aujourd’hui je bosse avec Bombasse ! En arrivant, dès que je vois qu’il est là, je me précipite pour m’installer à côté de lui. On a déjà bossé ensemble, alors c’est normal que j’aille à côté des gens que je connais, eh.
Et là commence le doux rêve.

Je ne l’ai jamais vu d’aussi près, et je n’en perds pas une miette.
Oh Bombasse, comme tu as de beaux yeux et de belles dents blanches (Bombasse, recommandé par l’Union Française de la Santé Bucco-Dentaire) !
Et que tes cheveux sont jolis, tout blonds et tout bouclés, on dirait un ange…

Il a (encore) un tee-shirt à manches très courtes, et je peux voir tous les muscles de ses bras bouger, les veines qui apparaissent et disparaissent selon les gestes qu’il fait. Putain Bombasse, arrête de bouger les bras comme ça, j’ai mis un caleçon tout neuf et il va être trempé !

Et il y a même des moments où on se touche, sans faire exprès. Bombasse a la peau beaucoup trop douce pour être hétéro, trop beau pour être honnête.
En plus, je suis tellement près que je peux le renifler, et Bombasse sent diablement bon. Un peu plus et je risque de basculer et me mettre à fantasmer tout seul dans ma tête sur mon lieu de travail, ce qui n’est absolument pas mon style.
Je ne vois vraiment pas comment Tromblon avait pu croire à ces conneries sur l’hétérosexualité de Bombasse, il transpire le sexe entre hommes.

Heureusement, pour m’aider à garder les pieds sur terre, il entame la conversation :

- Hmm, ce midi, je vais prendre une pizza je crois.

?
Euh, ben, oui, et alors ?
Vous en étiez à “pizza je crois”, que se passe-t-il ensuite ?

Eh bien, ensuite, tout a commencé.

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David en temps de crise

Hier, je me suis fait engueuler par un client. Comme ça, sans raison, sans que je comprenne vraiment pourquoi, un truc qui se fait d’une certaine façon dans le magasin, et dont je l’ai informé, comme j’en informe tout le monde à chaque fois et que à chaque fois ça se passe bien.
J’avais même pas fini de parler qu’il m’a coupé la parole en gueulant.

- De queuah de queuah, qu’aisse que c’aist qu’caitte histoââââre ?

Euh ?
Je recommence mon explication, exactement pareil, vu que 1) c’est comme ça que ça se passe et 2) c’est tellement normal pour moi que je ne vois qu’une façon de le dire.

Malheureusement, ça ne le calme pas, et il repart de plus belle, que c’est n’import’ nawak, et que chez Été, nos concurrents, c’est pas comme ça que ça se passe…

Pour une raison qui m’échappe encore, il m’a gonflé.

- Et bah, si ça vous plaît pas faut aller chez Été (et nous foutre la paix) !

- PARDON ?!!!

Oups, bêtise, je viens de jeter de l’huile sur le feu. Je me présente, David, briquet des Enfers.
Et je crois bien qu’on m’avait dit qu’il ne fallait pas être désagréable avec le client. Je crois.
Essayons de rattraper le coup.

- Euh non, je veux dire, chez Été, ça se passe comme ça, mais ici, la procédure est différente, on n’y peut rien. (sourire poli)

Et rien n’y fait, tel le lapin Duracell, il ne lâche pas le morceau. Alors que, je le rappelle, je ne lui ai fourni qu’une information, il pourrait se casser et nous laisser tous les deux continuer notre journée, mais il n’est pas d’accord avec ce que je lui dis.
Alors j’appelle un responsable.

- Responsaaaaable !

Mais c’est un grand magasin, et les chefs n’ont pas que ça à faire, alors il faut attendre qu’ils arrivent.

Et hop, on se retrouve comme dans un ascenseur, à n’avoir rien à se dire ni à faire. Et on est partis pour une cinquantaine d’étages.
Faut que je me donne une contenance en attendant que les portes s’ouvrent.
Je pourrais… euh… et puis aussi euh…

Finalement, après m’être reraconté dans ma tête les blagues Carambar que Coupain m’a racontées à la pause (alors c’est une vache et un citron qui rentrent dans une banque…) et avoir pouffé tout seul, je commence à jouer au présentateur de J.T. pendant le générique : je sors toutes mes feuilles de mon tiroir, je les aligne bien, et je les remets dans le tiroir du dessous.

Au bout de quelques longues heures (il va se lasser il va partir, il va se lasser il va partir… Nope, il est resté. Connard.), une de mes chefs qui est sympa mais pas autant que Glory (que tout le monde détestait effectivement, ou alors je vois pas pourquoi ils la traitent de pétasse) arrive.

J’imagine la scène, je la vois au ralenti juste avant que ça n’arrive : il va gueuler, dire que j’ai été méchant, et on va me fouetter et me jeter aux cachots d’Happy Time, je le sais, je le sens.

Mais à peine il ouvre la bouche, ma chef (et donc ma nouvelle meilleure amie) le prend de haut, et en une minute dix secondes elle lui dit mot pour mot ce que je me tuais à lui répéter, mais en l’envoyant chier comme jamais je n’ai vu ça, et il repart la queue entre les jambes, avec une punition et un mot pour ses parents.
Ma chef, je t’aime !

Une fois qu’il est parti, elle m’explique : dès qu’elle est arrivée, elle a compris que “c’était un chieur”, elle l’a vu, “il avait une tête de con”. Je l’aurais pas mieux dit.
Mais là, avec la retombée de la pression, l’explication, et le fait que je viens d’arriver aux chutes de mes blagues (plus un zeste, on ne bouse plus !), je commence à être pris d’un fou rire. Et dès que la chef est partie, les clients arrivent. Et il ne faut pas leur éclater de rire à la gueule. Alors je me retiens.
Du coup j’ai passé cinq minutes à parler à tout le monde avec la mâchoire crispée et le menton tout tremblant.
Et avec la satisfaction de savoir qu’une sale gueule, ça se paye toujours.

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Quicky de Nazareth

Après le chocolat en poudre, les céréales pour le petit-déjeuner, les barres céréalées et les yaourts, on pensait qu’ils avaient tout donné, que plus jamais le génie Nesquikien ne viendrait frapper à nos portes.

Et un jour ils se réveillent.

Mais… mais on n’avait pas encore fait, ça ?

Et c’est comme ça que, importées directement par Nestlé Israël, après avoir fait le voyage à dos de chameau (vu l’état de la boîte), rompu mille fois la chaîne du froid, après avoir été décongelées puis recongelées, être passées aux mains de pirates assoiffés de chair fraîche (ou ça c’est l’ogre, peut-être) et finalement échouées dans un petit supermarché du vingtième arrondissement, les glaces Nesquik sont arrivées jusqu’à moi.

Et c’est bon.

D’ailleurs je ne suis pas le seul à le penser, y’a qu’à voir comme Quicky la brandit fièrement, sa grosse baguette à faire fondre sous la langue, un psychanalyste se régalerait avec ce packaging.
Non mais franchement, vous avez vu ça ? Rien qu’à l’emballage on comprend qu’on va passer un moment gastronomique intense !
C’est même dommage de ne pas parler hébreu, je suis sûr qu’ils disent plein de trucs super alléchants.

Par contre il n’y aura pas de photo de comment c’est sous le papier, comme ça pour vous le rêve reste entier.

Vous saurez juste que malgré son délicieux aspect “j’ai eu trop chaud mais je fais comme si de rien n’était”, cette glace raffinée révèle une texture et un goût qui rappellent ceux des meilleurs gâteaux au chocolat surgelés à faire cuire, qui raviront les palais les plus délicats, dont le mien fait partie, parce que non je mange pas que de la merde.

En tout cas, la Terre Promise c’est vraiment l’avenir, je vous le dis moi !

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Big Movie

Big Movie
Bon ben… voilà hein, je sais, c’est mal, mais après Térabithia, il fallait un bon film bien léger pour se changer les idées, hein on va rigoler cette fois-ci, si on pleure ça sera de rire !, et c’est tombé sur Big Movie.
Avec son affiche à la Scary Movie, son titre à la Scary Movie, son sujet à la Scary Movie, on pouvait s’attendre à ce que ça ressemble quand même un peu à Scary Movie, et moi il m’en faut pas plus pour me motiver, parce que la série des Scary Movie, j’a-dore (ça vous donne une idée du niveau de mon humour).

Ben non.
En fait, là, c’est nul, bouhouhou déception. Y’a quelques scènes qui font sourire, et encore, pour leur faire plaisir, et parce qu’on est venus pour ça, autant se forcer.
Mais quand on fait un film dans la lignée de Scary Movie, le moins qu’on puisse faire c’est quand même d’essayer d’arriver au moins à leur niveau, hein les réalisateurs !

Parce que là, le film ne décolle jamais, toutes les blagues sont du niveau Cauet (roooh, la grosse sorcière blanche qui arrive pas à descendre de la calèche - bam, je viens de vous raconter la blague la plus drôle du film !), c’est tout planplan, ils n’osent rien, ils ont oublié qu’ils passaient après des films qui ont quand même été… loin, très loin, parfois trop loin.

En plus, par rapport à Anna Faris et Regina Hall, les acteurs sont tous fadasses, pas attachants, mais c’est pas grave, ça sert bien les personnages.

Du coup, je me suis fait un peu chier.
Donc au final, je reprends, le film n’est même pas du niveau Cauet (parce que oui il m’arrive de bien accrocher à La Méthode Cauet, mais chuuuut, j’ai une réputation ici, moi !).

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Bonjour (sauf si vous lisez ce post le soir, auquel cas, bonsoir)

Bon voilà, cette fois-ci normalement c’est la bonne, je vais essayer de ne pas déménager pendant un peu plus longtemps que neuf mois, en plus que là ça a l’air chouette.
Puisque je vois que ça vous intéresse, sachez que le déménagement s’est bien passé, surtout que je ne me suis pas occupé de grand chose… (encore merci Garoo ! :)).

Bon pis voilà, je vais aller casser une bouteille de champagne pour inaugurer ça, darling, mais personne n’est invité à la fête qui va suivre.*

Niark niark niark !

* parce qu’en fait, il n’y a pas de fête, ça va quoi, c’est juste un nouveau blog, et encore, “nouveau”…

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Je suis le fantôme d’Happy Time (2)

Normalement là je racontais la suite de mon histoire palpitante, et on découvrait qu’en fait j’ai eu deux heures et demie d’absence parce que sans que personne ne sache ni ne comprenne pourquoi, à un moment dans la soirée j’ai disparu du système informatique, poupouf, on me voit on me voit plus, et alors du coup ils en ont déduit que j’étais parti, vu que pour l’ordinateur j’ai arrêté de travailler.
Je racontais aussi que ça avait pas été facile de convaincre les chefs et le service de paye que j’étais là, mais qu’à force de couchages, j’avais réussi à me faire payer.

Mais pas envie, à cause de la sale nouvelle que j’ai apprise au boulot.

Il y a une chef que je trouve très sympa, avec qui je m’entends bien.
Même que j’en parle à personne, parce qu’apparemment tous mes collègues la détestent, ça doit être parce qu’elle est bonnasse et super punchy, alors forcément, comme les collègues c’est tous des vieilles moches ou des gros lambins qui ont deux de tension, elle doit leur renvoyer leurs défauts à la gueule, et ça leur plaît pas.
Moi ça ne m’atteint pas, je partage son problème, les envieux sont toujours aigris, c’est pas facile tous les jours, mais il suffit de se comparer pour relativiser.

En plus, elle a un petit regard dédaigneux et moqueur qui fait qu’on a toujours l’impression qu’elle est ailleurs, et qu’en même temps intérieurement elle se fout bien de la gueule de celui qui se trouve en face.
J’adore.

Et aujourd’hui, j’ai commencé à bien déconner avec elle. Limite à lui faire des blagues de cul et lui toucher les seins en disant pouêt-pouêt.
Limite.

Et ce soir, à l’heure du départ, alors que je m’apprêtais à lui taper dans le dos à lui en décoller la plèvre pour rigoler hahaha, elle a balancé à tout le monde, avec son petit sourire en coin :

- Bon week-end et joyeuses pâques !
Ah, et je voulais aussi vous dire que c’était mon dernier jour, mardi je commence à Autre Division ! Salut, et mangez pas trop de chocolat c’est mauvais pour votre ligne.

Soudain, mon monde du travail s’effondre.
Elle s’en va. Pas dans un mois ou une semaine, elle part, là maintenant.

En plus que juste avant, j’avais vu passer un autre chef qui est presque très beau avec ce qui est très vraisemblablement sa copine.

Procellus, ou y’a des jours…

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Je suis le fantôme d’Happy Time (1)

Depuis quatre mois que j’ai commencé ce boulot pas de merde mais presque, j’ai enfin réussi à faire un truc que j’essayais depuis le début : comprendre la fiche de paye. Ca tombe bien, parce que ça m’a permis de voir qu’ils m’avaient compté une absence de deux heures et demie un jour, alors que je ne suis jamais absent, même malade comme un chien, je vais bosser, rien que pour le plaisir de cracher mes microbes sur les clients et les chefs.

Je me suis dit qu’un matin en arrivant j’avais dû oublier de pointer, et que du coup ça m’avait compté absent, alors qu’en fait j’étais là (ben oui, j’ai juste oublié de pointer !!!), et j’avais qu’à aller voir mes chefs pour rétablir l’horrible, l’atroce vérité sur ce malentendu, parce que forcément même si c’est une absence qui date de février, ils ne peuvent pas avoir oublié qu’un jour, je n’étais pas absent.

Oh, comme je me fourrais le doigt dans l’oeil bien profond.

Je suis allé dans le bureau des chefs, et j’ai expliqué mon problème au grouillot de service :

Grouillot grouillot au secours
Mon salaire est bien trop court !
Il me manque deux heures et demie
Alors que j’étais ici !

Et Grouillot m’a renvoyé vers une des chefs suprêmes. Ah, les joies de la hiérarchie…
Seulement, Chef Suprême était partie déjeuner (c’est pas facile tous les jours de bosser sous les ordres d’une boulimique, moi j’vous l’dis), alors il fallait revenir plus tard, merci.

En sortant du bureau, je suis tombé sur qui, dis donc ? Sur Chef Suprême qui revient de table ! C’est quand même bien fait, la vie…
Je lui laisse à peine le temps de digérer sa pizza dont elle a encore les herbes collées sur les dents, et j’attaque :

Chef suprême chef suprême
Je comprends pas ce qui se passe
Mon salaire a un petit problème
Alors corrige l’erreur, sale pétasse !

Insensible à ma ritournelle, elle m’a donné congé en me disant qu’elle allait s’en occuper et me rappeler dès qu’elle aurait du nouveau.

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Les nuits agitées de Procellus

Cette nuit, j’ai rêvé que je rencontrais un client, à Happy Time.
Par curiosité, pour l’expérience, je l’ai ramené chez moi, et là je l’ai jeté par la fenêtre. Forcément, il est mort. Du coup, j’ai dû m’arranger pour maquiller ça en crime crapuleux, et j’ai piqué sa carte de crédit (comme ils disent dans le film, “je l’ai déjà tué, autant y aller à fond et lui piquer son portefeuille).

Ensuite, la police est venue enquêter, et je me suis débrouillé pour les orienter sur une fausse piste. J’ai décrit un suspect, ils ont eu l’air d’y croire, y’avait même un avis de recherche qui correspondait au portrait-robot bidon que j’avais dessiné.
Je vous le dis, je suis trop fort en criminel !

Enfin pas tant que ça, parce qu’ils ont fini par comprendre, je crois, alors ils se sont mis à ma poursuite.

Après, le réveil a sonné.

Et ben, sur le coup, j’étais encore sous le choc, je m’en voulais d’avoir tué ce mec.
Pas parce que tuer c’est mal, au réveil je suis bien au dessus de ça. Mais plutôt parce que du coup, à cause d’une expérience idiote sur la gravité, j’ai bien failli gâcher ma vie. Un peu plus.

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Elles sont toutes comme ça les mamans, ou j’ai juste pas de chance ?

- Allô ?

- Oui bonjour c’est maman !

- Ah oui bonjour, mais là je suis désolé, j’ai grave trop pas le temps, je suis super en retard, quand t’as appelé, j’avais la main sur la poignée…

- Oui oui, je reste pas longtemps, je voulais juste te dire que blablablablabla blabla blablablabla…

- Euh, oui mais là je dois…

- … bla bla blablabla. Blablabla bla blablabla…

- Mais j…

- …blablablabla blablabla bla bla bla… Mais je veux pas te retarder, tu commences à quelle heure ?

- Ben… midi, et il est, ho ho, 11h40, alors je vais te laisser hein…

- Oui oui, et blablabla blablabla bla, et tu te rends compte, Coupine m’a encore appelée, et elle m’a encore tenu la jambe pendant une heure à me raconter ses conneries, et je disais qu’il fallait que je raccroche, elle est vraiment d’un sans-gêne !

- …

- Bon allez je te laisse, il faut que j’aille me préparer, au revoir !

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Le Secret de Térabithia


Moi, on m’avait dit “allez viens, on va voir ça, ils le présentent comme le nouveau Narnia !”, alors forcément j’y allais sans m’attendre à grand chose de phénoménal, parce que bon, Narnia, voilà quoi.
Surtout que je n’ai pas lu le livre, le dernier truc que j’ai lu, c’est mon contrat d’embauche chez Happy Time, alors je ne savais pas du tout dans quoi je mettais les pieds.

Coup de bol, en fait, ça n’a rien à voir avec Narnia.
Les héros sont des losers, les asociaux de l’école, les outsiders, les sans amis… Alors forcément, ils finissent par se rencontrer, et unissent leurs problèmes et leurs psychoses pour s’inventer un monde imaginaire, dans lequel tout est possible, les libellules sont des soldats, les arbres des trolls…

Alors non, ça n’est pas une nouvelle histoire qui se passe uniquement dans la tête des ch’tites n’enfants, dans leur monde imaginaire gna gna gna, c’est plus psychologique que ça, le film raconte comment leur monde imaginaire va les aider à surmonter la vie qui craint et à grandir un peu.

Ben oui, eh.

Et du coup, c’est bieeen… (oui, j’ai décidé de ne plus utiliser que cet adjectif pour parler des films qui m’ont plu, et comme je ne vais presque plus au cinéma, tous les films me plaisent. Deal with it).

Un film sur un monde imaginaire dans lequel le monde imaginaire n’intervient presque pas, mieux encore, qui ne se passe pas dans le monde imaginaire, et où les enfants sont à moitié fous (non c’est pas vrai, c’est des enfants avec une imagination débordante, c’est tout), refusent de laisser la magie derrière eux et en avant les histoires, l’innocence de l’enfance, tout ça tout ça, moi ça me plaît.
Beaucoup.

Le seul truc, c’est que la deuxième partie du film est un peu dure.
Et pourtant, je ne suis pas sensible aux films : je n’ai pas pleuré quand Ennis trouve la chemise de Jack, ni quand E.T. rentre chez lui, ni quand Rose fait couler le corps de Jack, ni quand Glory rend Tara folle et qu’on croit que tout est perdu, ni quand John Smith laisse Pocahontas toute seule…
Là, pareil, pour Térabithia, j’ai tenu bon cinq minutes, puis dix minutes, puis, à cause des changements de températures et de mon dérèglèment hormonal et des musiques sirupeuses, je me suis mis à pleurer comme un veau jusqu’au générique.

Film de merde* qui me fait passer pour une mauviette.

* Oui non c’est ironique hein, j’ai adoré. Mais n’y allez pas, vous vous n’y survivriez pas.

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