Procellus

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Le Come Back


C’était bieeen…

Je m’attendais à ce que ça soit une bonne grosse comédie bien lourde qui tache à la Sex Academy, ou un truc bien niaiseux à la Bye Bye Love.
Mais non, en fait, c’est bien, c’est léger, frais, c’est rigolo, une comédie romantique qui arrive à ne pas verser dans le sirupeux, ouah, et ça fonctionne bien du début à la fin, j’adore.

Et Hugh Grant il est beau, et il vieillit bien, presque mieux que Tom Cruise, du coup maintenant ça va devenir super difficile de faire un choix pour l’homme de ma vie…

En plus, c’est le genre de film qui donne envie de devenir parolier, et romancier, et célèbre, et oublié, et de déplacer tous les meubles, et de tomber amoureux d’une popstar has been.
Bon alors oui, par contre, ça ne sera sûrement pas élu le chef d’oeuvre de l’année par Télérama, on connaît toute l’histoire rien qu’en voyant l’affiche, ça ne fait pas réfléchir au sens profond de la vie, à pourquoi on est sur la Terre, toussa toussa, mais au moins ça permet de sortir du cinéma en souriant bêtement.
Rien que pour ça, ça va être mon film préféré pendant au moins un mois ou deux (le temps d’en voir un autre…).

Et surtout, il y a la bande-son, avec de la pop-pour-et-par-des-pétasses (Cora, plus forte que Britney et Christina !), et ce morceau, qui tourne en boucle dans l’iPod depuis… trop longtemps, mon Dieu tuez-moi, et longue vie aux années 80 !

Procellus, ou pop (pop !) goes my heaaaaart !

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cinéma tchi tcha

Le coming-out au boulot : pourquoi faut pas (4)

De temps en temps, entre deux constructions de projectiles, je jette un coup d’oeil aux collègues, dont Tromblon, en levant les sourcils, avec mon regard qui dit “ah putain, qu’est-ce qu’on se faiche, hein…”, et un petit hochement de tête pour bien insister sur combien on s’ennuie.

Puis, Tromblon a eu envie de pisser.
Enfin, j’aime à croire que c’est pour ça qu’il a prévenu tout le monde qu’il allait aux toilettes.
Il se lève, et en passant à ma hauteur, me glisse tout bas :

- Arrête de me lancer des regards comme ça, tu essayes de me mettre dans tous mes états ou quoi…?

@#&!$*#²% !!!
Premier réflexe : répondre.

- Ah non mais alors là, vraiment pas, t’inquiète pas !

Et tant pis si avec le recul, ça n’était pas très poli. C’est lui qu’a commencé, d’abord.
Second réflexe : mordre violemment mon Bic, ça me donnera une contenance, et ça me permettra de réprimer mes haut-le-coeur.

- … Et quand tu te mets un stylo dans la bouche, ça me donne encore plus d’idées…

Gasp. Mais pourquoi moi ?!

Ptiou, je crache mon stylo loin devant, et bam !, les deux mains bien en évidence, posées devant moi, immobile et tétanisé, je plonge les yeux dans le décolleté de la première fille qui passe, oui elle a cinquante ans et alors ?!
Tout, tout pour l’éloigner de moi et avoir l’air le moins intéressé possible !

L’autre avantage de regarder les seins de la voisine, c’est que je ne vois pas Tromblon s’éloigner. Et ça me laisse le temps d’essayer d’analyser calmement ce qui est en train de se passer.
Tromblon pense que Cristal lui fait des avances, alors que franchement, voilà quoi, faut pas rêver non plus.
Tromblon pense que je lui fais de l’oeil, alors que franchement, voilà quoi, faut encore moins rêver.

Bon, bien sûr, il y a toujours la solution du “c’était pour rire”, mais ça n’y ressemblait pas : j’ai déjà entendu des plaisanteries, il m’arrive d’en faire (t’aimes manger épicé ?), et là ça n’y ressemblait absolument pas.
Et il l’a dit sur un ton tellement plein de sous-entendus et de promesses secrètes (certains secrets ne devraient jamais être dévoilés) que s’il n’était pas sérieux, il mérite l’oscar.

Je vous le dis moi, c’est un fou, un érotomane (ouais, j’ai fait psycho, je peux étaler mon riche vocabulaire…), et bientôt si je fais pas gaffe, je vais rentrer chez moi un soir et il aura fait cuire mon lapinou.

Et puis l’avantage de cette théorie, c’est que Bombasse peut revenir en tête de mes fantasmes, et ça explique cette théorie idiote sur son hétérosexualité.
Parce que la prochaine fois qu’on me posera la question, faut pas déconner, moi aussi je serai hétéro et ma femme attendra notre troisième quatrième enfant.

Procellus, ou un pédé de moins à Happy Time.

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Le coming-out au boulot : pourquoi faut pas (3)

Pendant la pause de l’après-midi, pour occuper ce looong dimanche (Japrisot pawah !), je suis allé à la machine à la café, pour essayer de me fondre dans la masse, et de faire comme tous les collègues.
J’ai attendu que plus personne ne regarde, et je me suis pris un chocolat chaud, comme ça après les gens me voient avec mon gobelet, ils pensent que c’est du café et que je suis un gros dur qui boit du pur arabica alors qu’en fait j’aime pas ça.

Après je suis allé sur le trottoir, avec tous les autres (non, je ne bosse pas dans une maison close, quoi que…), pour qu’ils me voient en train de boire.

Et j’ai commencé à discuter avec Cristal, un mec avec qui j’avais bossé une fois, et qui n’avait parlé que de son mec.
Là encore, ça ne loupe pas : Cristal a la possibilité de finir plus tôt, mais il doit  d’abord appeler chaton pour avoir son avis, parce que chaton gna gna gna.
Comme j’ai fini mon chocolat et que sa conversation téléphonique ne m’intéresse pas, je retourne à mon poste, au moins je suis assis et il y a la télé.

Quand je reviens, le vent commence à tourner.
Tromblon vient me parler : il a vu que j’ai discuté avec Cristal, et il veut savoir ce qu’on s’est dit.
Parce qu’il a l’impression que Cristal lui fait des avances.
…
Je n’entends plus rien, à cause du fou rire dans ma tête. Je le rassure et le renvoie à sa place, va, Tromblon, apaise ton esprit tourmenté, repose-toi, tout va bien se passer.

Et c’est reparti pour un tour d’ennui.
Au cours duquel l’incident s’est produit.

Procellus, ou j’ai appris mes effets devant Lost.

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Le coming-out au boulot : pourquoi faut pas (2)

L’inconvénient de travailler un dimanche dans un magasin vide, c’est qu’on se faisait chier, alors pour passer le temps, il a fallu discuter.
Et ce jour là, je bossais avec Tromblon (le bien nommé).
Quand il en a eu marre de s’amuser à vanner la collègue à côté de lui (”haaan, t’as fait quoi avec ton rimmel ? On dirait que t’as un oeil au beurre noir !” - ok j’ai rigolé, parce que c’était vrai), il est venu me parler.

- Ouais, t’vois quoi, t’habites où ?

- Vincennes.

Sourire, et je me replonge dans la contemplation de mon trombone.

- Et euh, t’as une copine ?

- Nope.

Resourire, et re-je me replonge dans la contemplation du trombone.

- Et euh, t’as un copain ?

Ah, ok, donc on est en train de jouer à me demander mon orientation sexuelle l’air de rien, comme ça, ouh j’ai rien vu venir.
J’aime ce jeu.

- Nope.

Sourire. Trombone. Roger and over.

Mais ça ne l’arrête pas le bougre, il revient à la charge un peu plus tard, en me demandant s’il y a des bars, des endroits où j’aime bien sortir…
Genre, je vais répondre un truc pour l’aider.
Finalement, il se décide à poser la question plus directement, et là, hop miracle, il a sa réponse.

Du coup forcément, on se met à parler des mecs d’Happy Time. Il me dit qu’il est déçu, que tous les mecs qui bossent ici sont hétéros, qu’on lui avait promis une gay pride permanente alors qu’en fait non.
Ceux qui savent où je bosse, vous comprendrez à quel point j’ai été surpris en entendant ça.

Pour les autres, ben sachez juste que Happy Time est en plein Marais, et depuis quatre mois que j’y travaille, en rencontrant des nouveaux collègues tous les jours, je n’ai croisé que deux mecs hétéros. Et pour le premier, j’ai de gros doutes.

Et puis, fatalement, inévitablement, il me parle de Bombasse. Bombasse, que tous les employés d’Happy Time ont dû remarquer, ses muscles saillants, ses jolis traits, ses mignonnes bouclettes… Son seul problème, c’est que forcément, il est bête comme ses pieds. Mais bon, on lui pardonne. Thank God you’re pretty.

 - Et tu connais Bombasse ?

- Ah, oh, euh, non, qui ça ?, oh, euh, lui, oui, peut-être…

- Ouais, bah il est hétéro, il a une copine.

Alors voilà. La fois où j’ai bossé avec Bombasse, il avait failli casser mon gaydar tellement ses signaux étaient forts, et finalement, il serait hétéro ?!
Je peux pas y croire, je ne veux pas y croire.

C’est un peu plus tard que j’ai compris pourquoi Bombasse est hétéro, comme tous les mecs que croise Tromblon.

(Procellus, ou le suspense, tan tan tan taaaaaan)

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Le coming-out au boulot : pourquoi faut pas (1)

Comme tous les autres grands magasins de Paris, Happy Time était ouvert, ce dimanche 25 mars. Ce que les copains font, on le fait, faut pas déconner, on n’est pas des p’tites bites !

Avec sa grande campagne publicitaire pour l’annoncer, le changement d’heure et plein d’autres paramètres super compliqués que personne n’avait pris en compte,  pour Happy Time, ce dimanche a été ce que les professionnels appellent “un four”.

Même qu’en milieu de journée, pour essayer d’arrêter l’hémorragie, la direction a proposé aux employés qui n’étaient pas de fermeture de rentrer chez eux plus tôt ce soir, parce que bon, on paye déjà le courant pour des prunes, alors barrez-vous cons de mimes, on veut pas vous payer (double)  à rien faire.
Les clients ne comprenaient pas trop ce qu’ils faisaient là, après le “vous aussi vous êtes en solde, hihihi ?”, la phrase du jour, ça a été “mais pourquoi vous êtes ouverts aujourd’hui ?”.

Mais la meilleure blague de la journée, c’est un charmant vieux monsieur qui l’a faite, en nous expliquant qu’il ne savait pas que le magasin était ouvert (ah vraiment ? Ca m’étonne).
“Mais je passais dans la rue, j’ai vu des gens qui rentraient, alors je suis venu voir…”.
La blague du “j’ai vu de la lumière…”, faite avec une sincérité bouleversante.

Comme c’est pas mon argent qui est en jeu et que je serai payé quoi qu’il arrive, j’ai rigolé.

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Walt Disney nous ment

Moi, je dis, cette image c’est vraiment du gros port’nawak :

L’onc’ Picsou, dans un avion (on voit pas que c’est un avion, vous allez devoir me faire confiance), avec un parachute et une bouée ? Mais de qui se moque-t-on ?!

Onc’ Picsou, c’est le canard le plus riche du monde.

Or, un canard, c’est un oiseau qui nage (oui bon j’ai pas pris la définition du Larousse non plus).

Donc, à la limite, ok, il est pas tout jeune, je peux comprendre qu’il prenne l’avion pour essayer de s’économiser.

Mais le parachute ?!
En cas de catastrophe, il peut quand même se souvenir qu’il est un oiseau, et que par conséquent il sait voler !
Flap flap, bat des bras, vole petit canard !

Et la bouée, alors n’en parlons pas hein, un canard qui sait pas nager, nan mais oh, on se fout de la gueule de qui là, franchement ?

Ca va, quoi, merdalors.

Et pour le moment, ça ne dérange personne que Mickey (une souris) soit à peine plus petit que Dingo et le commissaire Finot (des chiens).
Tssss…

Procellus, ou comment mettre à profit ses jours de congés quand on ne passe pas le CAPES, finalement.

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La Nouvelle Star : premières déceptions, nouveaux espoirs

Alors voilà hein, non seulement Ilyes nous balance son hétérosexualité à la gueule, comme ça, sans prévenir, mais en plus il en remet une couche en crachant son bonheur mièvre à la face du monde : “ah, je suis au téléphone avec ma fiancée, on va se marier !”. Avec un grand sourire béat, s’il vous plaît.

Adieu, Ilyes, va la rejoindre, ta pétasse, de toute façon, t’avais même pas une jolie voix (siii ) et t’étais même pas le plus beau après Gaël (siiiiii !!! ), alors on ne te regrettera pas, je te rends ta liberté.
Non, retiens tes larmes, ma décision est sans appel, tu ne ferais que te ridiculiser.
Va, vis ta vie d’homme, et quand tu seras prêt, que tu auras réalisé ton erreur, je serai là, à t’attendre.

In the meantime, la Procellus Inc. est heureuse de vous présenter son nouveau coup de coeur : Julien, le petit joueur de ukulélé, avec son “humour second degré” (dixit M6) qui le rend si craquant.

Julien, je crois en toi, ne déçois pas.

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ma télé et moi
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À nos actes manqués

D’après l’ordinateur, je suis donc fait pour être psychologue ou écrivain.
Psychologue ? Veni, vidi, et j’ai abandonné. Enfin, j’ai tenu bon trois ans, mais la dernière année, je me demande encore comment j’ai fait.
Écrivain ? Moui, cracheur de feu, ça a son charme, dommage que ça ne soit pas un vrai métier, et puis ça doit être difficile…

Je peux aussi continuer et essayer de faire carrière à Happy Time, sauf que je suis à peu près au point culminant dans cette boîte, et il y a des prises de courant qui sont plus hautes que moi.

Donc tout ça nous amène au point zéro, au pied du mur, au moment où il faut faire quelque chose de drastique.
Ouais, et avec le sourire !

Je défie le destin, je ne serai ni psychologue ni écrivain. Je veux plus, plus, toujours plus, alors je vais braver les éléments déchaînés et enseigner l’anglais à des élèves assoiffés de sang dans un lycée du 9-3.

Bon évidemment, ce concours je ne l’ai absolument pas préparé, j’ai appris il y a une petite semaine qu’il y avait un programme, ouah, mais je savais pas, des trucs à lire, tout ça ? Heureusement que je m’en fous un peu, sinon je pourrais m’inquiéter…

Surtout que j’ai pas envie d’y aller, j’ai passé la soirée d’hier à peser le pour, et le contre, et le pour, et le contre, à me dire que je voulais pas y aller, mais il faut, mais je veux pas, mais c’est bien d’y aller, mais je suis sûr de pas l’avoir, bref, des jérémiades à n’en plus finir (pardon Garoo d’ailleurs).

J’ai même fini par demander à la Magic 8 Ball, pour qui la réponse a été claire à deux reprises : “YES” il faut que je passe le concours, “Signs point to yes” il faut que je passe le concours, et “My Sources say NO” il faut pas que je reste chez moi.
Traîtresse.

Alors voilà, parce qu’un jouet m’y a forcé, je dois rassembler tout mon courage, être fort, ne pas avoir peur, tout ça tout ça.

Je me décide à y aller, je prépare toutes mes affaires, je mets la convocation dans le sac, je mets le réveil à l’heure, j’ai rien oublié ?
Non, c’est bon, je me couche…

… Et je n’entends pas le réveil, j’émerge trop tard pour pouvoir le passer.

- That was the bravest thing I’ve ever seen !
 
- That was nothing really, I…
 
- Oh it’s not a compliment. To a possum, bravery is just dumb.
 
- Yeah, we’re spineless.

- Lily-livered.

- Maybe mammoths are going extinct because they put themselves in danger too often ? Maybe you should run away more.

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l'avenir
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A part ça tout va bien

Bon voilà, finalement je me suis mis aux médicaments, c’est nul, je sais, mais au bout d’un moment on n’a plus le choix.

Tout à l’heure, j’ai passé je sais pas combien de temps les yeux plein de larmes, sans rien faire, sans pouvoir rien faire, avec ma boîte de mouchoirs devant la télé, comme dans un mauvais film.
Une fois la crise passée, je me suis senti vidé, j’avais encore le souffle tout court, les yeux rouges et bouffis, sexy en diable.

Je me sentais à plat, sans savoir ce qui m’avait mis dans cet état. Juste l’impression d’avoir vécu l’enfer.

Et puis d’un coup, je me suis souvenu de ce qui n’allait pas.
Et je me suis senti bête.

Ah mais oui, c’est vrai, je suis pas en pleine dépression, c’est pas un coup de blues, non !

Simplement, pour la quarantième fois en trois mois, je suis enrhumé.

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mon nombril
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Je suis bien à plaindre

Dans une semaine, on va passer à l’heure d’été. Même qu’à Happy Time on nous a mis des papiers tout partout pour nous le dire, avec des jolis clipart qui représentent le soleil et une horloge, enfin il me semble, et un message tout punchy pour nous dire, en gros, que dimanche 25 mars on passe à l’heure d’été, et comme le magasin est ouvert ce jour là, ben ça serait bien qu’on soit à l’heure…

En plus quand ils m’ont demandé si je voulais bosser ce jour là, j’ai dit oui, tout de suite sans hésiter, parce que quand on bosse le dimanche on a des croissants en arrivant, on gâte ses employés ou on ne les gâte pas (et là, on les gâte).

J’ai aussi précisé que si possible j’aimerais bien être de fermeture, comme ça je commence pas trop tôt, petit dimanche tranquille, sans se lever aux aurores. Et après le soir j’aime bien quand il n’y a plus aucun client dans le magasin, c’est rigolo. En plus comme les collègues c’est tous des bâtards et ils veulent faire genre ils ont une vie en dehors de Happy Time, ben à chaque fois ils m’attendent pas, du coup je peux marcher tout seul dans les rayons, je suis un peu le fantôme de l’Opéra, mouheuhaha.

Finalement, depuis que j’ai commencé à y bosser, jamais je n’aurai commencé aussi tôt que dimanche prochain. Mais bon, on va dire que c’est ma faute, et quand j’ai écrit “fermeture” ils ont lu “ouverture”…

Alors voilà par dessus ça on nous saoule avec l’heure d’été, ça fait chier, ça me fait me lever encore plus tôt, on va nous voler une heure de sommeil, je le sais, je les ai vus les voleurs de dodo, ils viennent quand ils pensent que personne ne regarde.
Déjà, à la base, j’aime pas l’heure d’été, ça veut dire que l’été arrive (ben oui hein), il fera jour vingt heures par jour, on aura chaud, beurk j’aime pas avoir chaud.

Et puis en été on dort mal, on ouvre les fenêtres pour aérer, et y’a plein de mouches qui rentrent, et puis avec les montées de températures, on a les hormones en folie, et on devient les esclaves de notre corps, on est obligés de baiser tout le temps, de suivre nos pulsions, tout ça, nan mais quelle horreur, ralala c’est duuur !

Et tout le monde va se balader à moitié à poil, et y’aura encore plus de gens dans les rues on pourra plus marcher,  mais c’est pas grave parce qu’on sera tout engourdis par la chaleur, et on se mettra à fondre et on va mourir comme des bonshommes de neige, et ça sera horrible, parce que je suis trop jeune pour mourir et j’ai encore rien vécu.

Alors voilà, je trouve que la vie c’est déjà bien assez dur comme ça, ils auraient pu faire l’effort de ne pas me faire bosser tôt le jour où on dort moins et où je leur demande et merde.

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non, rien
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Mon nom est personne

Il y a quelques mois, quand Jézabel m’a dit “Oh bonjour Denis“, elle a vu que je la regardais bizarrement.
Du coup, elle a senti qu’elle venait de merder, et elle m’a demandé si c’était bien mon prénom.

Je lui ai répété deux fois, en détachant bien chaque syllabe que non, je m’appelle David.

Elle a eu l’air d’imprimer, et à part La Pinpin, qui régulièrement m’appelle Eric, Alexis, ou n’importe quel prénom qui lui passe par la tête, plus personne ne fait d’erreur, tout le monde connaît mon prénom, oh ouah je suis populaire, et bientôt, après le bal de Printemps, vous allez m’élire homecoming queen, merci, merci !

Sauf que.

Ce soir, Jézabel vient me féliciter, j’ai vendu une carte de crédit à un pauvre hère, j’ai violé tous mes principes, je suis un monstre, pardon maman.

- Félicitations Denis, c’est bien, une carte…

J’ai mis une seconde à comprendre.
C’est à moi qu’elle parle.
Elle pense encore que je m’appelle Denis.

Et là, je suis encore à me demander ce qui sera plus simple, lui faire comprendre qu’elle se trompe, ou faire croire à tout le monde qu’en fait je m’appelle bien Denis.
C’est pas facile, c’est la chef, et elle a l’air tellement fière de connaître les prénoms des employés !

C’est donc comme ça qu’on devient Chandler Bing, le mec qui n’arrive pas à dire à ses collègues qu’ils se trompent de prénom…

Bientôt, ma transformation en loser sera terminée.
Bientôt.

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le cravail
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Ma plaidoirie

Monsieur le juge, comprenez-moi, il était plus d’une heure du matin, et le bébé pleurait, pleurait… Alors j’ai fait ça en pensant d’abord à ces rares Vincennois qui ne sont pas encore à la retraite, qui doivent travailler demain matin…

Oui, j’ai bien conscience que tuer un petit bébé à grands coups de programme télé, comme un moustique, c’est maaaaal et cruel, mais on n’a pas toujours des armes à portée de main pour faire ça proprement et rapidement, malheureusement.
Et puis vraiment, il pleurait depuis plus de vingt minutes, et ses parents ne faisaient rien, ils avaient l’air de s’en foutre, alors je lui ai sûrement épargné la souffrance de grandir dans un monde où il n’aurait jamais été vraiment aimé (et bon, quand on gueule comme ça en pleine nuit, aussi, on cherche hein…).

Alors voilà, c’est justement pour empêcher ces parents indignes de remettre le couvert et de ressortir un autre gueulard dans neuf mois que j’ai ligaturé les trompes de madame, avec de la ficelle de boucher.

Mais je considère que j’ai fait une bonne action, pour la paix, pour l’exemple, pour un monde plus beau, et si c’était à refaire, je n’hésiterais pas une seule seconde.

J’ai parlé.

Sous un tonnerre d’applaudissements, il quitte le tribunal, libre, évidemment, et poursuit sa carrière de défenseur des opprimés, poste qu’il occupe encore aujourd’hui.

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les voisins infernaux
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Top 50

J’ai remarqué un truc bizarre, un secret ancestral, qui ne peut pas être une coïncidence, un truc énorme, qui risque peut-être certainement de modifier à jamais la face du monde, une fois que la vérité aura éclaté au grand jour.

Sur tous les disques qui sortent, sont sortis ou sortiront, une des trois premières pistes est systématiquement un single.
Dans 97% des cas, c’est la piste 3.
Quand ça n’est pas la 3, c’est la 2, et plus rarement, la 1.

Mais pour la piste 3, c’est ÉNORME !

Prenez le CD le plus proche de vous (si vous n’êtes pas un sale pirate de merde qui télécharge la musique, bouh que c’est pas bien !) et vérifiez.

C’est édifiant.

Procellus, ou on nous cache des choses, mais moi je sais.

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la musique
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Moi je tourne en rond, je tourne en rond

Après avoir lâchement abandonné des brillantes études d’anglais et de psychologie, après avoir perdu une année, puis une autre, après s’être rendu compte qu’en fait Happy Time n’était pas la solution, notre valeureux héros a décidé de prendre son avenir en main (oui, encore).

Direction La Villette et la Cité des Métiers.

Ouaiiiiiiis, je va faire plein de tests pour savoir pour quel métier je suis fait !
L’ordinateur est bon et généreux, grand est son coeur, et il va me donner la formule magique, la solution à tous mes problèmes, m’indiquer la voie, la porte à ouvrir, et s’assurer que ma route soit à tout jamais bordée de soleil et de pétales de roses.

Alors, il y a plein de questions rigolotes, tiens par exemple, sur une île déserte, est-ce que j’emporterais une radio, une chaîne hi-fi, des armes de chasse, des livres sur l’agriculture ?
J’ai assez regardé Lost, Seul au monde, lu Robinson et assez de bon sens pour répondre : des armes de chasse. Par contre, je ne vois pas trop en quoi ça va m’aider pour mon avenir… Félicitations, vous êtes fait pour être échoué sur une île déserte ?

Et puis après m’avoir demandé ce que je fais le dimanche, ce que je pense des vaisseaux spatiaux et où j’irais me faire des amis après un déménagement (nulle part ?) le test est fini.
Oh ben non, pas déjà !
Je clique, et je clique encore, et la réponse, et… Non, c’est pas possible.

On va jouer la carte de la sécurité, et passer un autre test.
Ordinateur suivant ? Merci.
Tiens, déjà c’est pas les mêmes questions. Je réponds “oui / non” à une dizaine de questions avant de découvrir qu’il existe une case “je ne sais pas”.
Sur soixante questions, j’ai dû m’en servir une bonne trentaine de fois.

Et une fois le test fini, clic clic pour savoir, pour être sûr.
La réponse est la même qu’à l’ordinateur précédent, juste dite avec d’autres mots.

Je suis fait pour être psychologue ou écrivain.

Pas plus avancé qu’en entrant, mais je me suis bien amusé.

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l'avenir, le cravail, les études
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Marabunta

Ca fait trois ou quatre jours qu’au réveil, ma jambe droite me démange. Alors je gratte, je gratte, pas jusqu’au sang mais presque. En y regardant de plus près, j’ai vu que j’avais des petits boutons, et que ça ressemblait fortement à des piqûres d’araignée.

Alors voilà. Je partage ma couche avec une saloperie de putain de merde d’araignée.
Ô joie.
Je pourrais m’en plaindre, m’en lamenter, une araignée, non, quelle horreur !

Mais je préfère voir le bon côté des choses.

Déjà, une araignée c’est pas grave, c’est signe qu’une maison est saine ou un truc dans le genre, l’araignée mange les autres insectes, tout ça tout ça. Et puis une araignée, c’est toujours mieux qu’un moustique, au moins elle fait pas chier avec son petit bziiiiiiiiiiiiii.

Mais il y a plus.
Je suis un loser, j’aurais besoin de lunettes, et je me fais piquer par une araignée ?
Ma transformation en super héros est imminente, Spider Man tu n’as qu’à bien te tenir.

Oui, je sais, Peter Parker ne se fait piquer qu’une seule fois, mais lui c’est une araignée génétiquement modifiée, alors que moi comme c’est une araignée normale, ben il aura fallu beaucoup d’attaques pour que ça soit efficace.

Mon autre consolation, c’est qu’en ce moment, elle tourne à 60° avec une bonne dose de Bonux, et que demain matin si tout va bien, je me réveillerai avec des super pouvoirs et une jambe qui ne gratte pas.

Procellus, ou mon verre est à moitié plein.

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Parce que oui, je ne fais que me plaindre

Alors oui bon c’est pas super drôle en fait d’avoir vingt-cinq ans et de voir que tout le monde tout autour a un boulot formidable (ou pas, mais un vrai boulot quand même), ou des études qui leur plaisent et qui déboucheront sur un brillant avenir, ou des idées plein la tête, pendant que moi je me fais chier à servir des têtes de cons qui me demandent des crêpes au sucre toute la journée.
C’est pas vraiment agréable non plus d’avoir un boulot chiant et mal payé, parce qu’on n’a fini aucun cursus et du coup on n’a que des diplômes qui permettent de faire… ben, rien, hein.

Alors bon, c’est vrai que j’ai le choix, je peux recommencer des études, allez hop, on se réoriente une troisième fois dans un truc que je supporterai jusqu’à la licence (enfin nan, ça a changé de nom, au Master 1) avant d’abandonner et de me retrouver au même point qu’aujourd’hui, c’est à dire nulle part, avec aucune autre perspective d’avenir que de croupir à Happy Time.

Bon, bien sûr, je peux aussi me consoler en me disant qu’en me prenant la tête comme ça, aujourd’hui tant que je suis jeune, je risque d’aborder plus sereinement la crise de la quarantaine, et de ne pas me jeter dans le vide depuis le toit de mon bureau, parce qu’en fait gagner 5000 euros par mois c’était pas ça le but ultime de ma vie.

Nooooon madame, ça ne sera pas moi, parce que je ne serai jamais dans un bureau avec des étages à gagner 5000 euros par mois, du coup je ne me réveillerai pas un matin en me disant que j’ai gâché ma vie en faisant un truc qui ne me plaisait pas.
Par contre, l’inconvénient, c’est que je me couche tous les soirs en me disant que je gâche ma vie en ne faisant rien parce que je ne trouve rien qui me plaît.
Mais bon, c’est le revers de la médaille, le yin du yang, bla bla bla.

Et en attendant, je suis encore là à me lamenter sur une situation qui dure, et dure, et dure (…), au lieu d’essayer de trouver une solution, un plan de carrière, une idée de boulot, un job, un avenir quoi.
A croire que c’est agréable de se lamenter.

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Les vacances de la lose

C’était plutôt mal parti. Après avoir changé de tour, le PC est mort une première fois. Mais mes soins délicats l’avaient ressuscité. C’était sans compter sur mon karma.

Le lendemain des réparations, la méchante nouvelle alimentation a tué la carte mère, en laissant quand même intact le processeur.
Le processeur de Procellus, c’est du solide, il résiste à son ventilateur, aux faux contacts de l’alimentation, aux coups de marteaux et aux insultes.

J’ai donc passé la fin de ma première semaine de vacances à courir à Montgallet jusqu’à trois fois par jour pour en acheter une nouvelle, et racheter de la mémoire en me faisant gronder par le monsieur du SAV parce que j’avais pas pris le bon modèle de carte, mais c’était pas ma faute en fait, on ne vend plus de cartes comme il m’avait dit de prendre.

Ensuite je me suis fait traiter de pirate par les gens de Microsoft, parce que forcément, activer Windows à deux jours d’intervalle, ben c’est louche.
Mais bon, en allant chercher au fond de moi une patience insoupçonnée, j’ai quand même réussi à le faire remarcher.
Vive moi ! Je suis un surhomme !

Et maintenant, je peux enfin en profiter, les doigts de pieds en éventail, à boire des milk-shake à la banane toute la journée, à faire souffrir mes Sims tant que je veux (hein, quoi, non c’est pas une vengeance !), et à surtout ne pas penser que dans une semaine, je devrai retourner à Happy Time.

Ne rien faire, c’est quand même choueeeeeette !

Procellus, ou tout ça pour dire…

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la technologie
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Ouaiiiiiiiiis


Alors : deux séries de dessins animés, dont Myster Mask.

Le prochain Harry Potter.

Steven.

Procellus et Amazon, ou le secret du bonheur.

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non, rien
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La Nouvelle Star 2007

Mouais, mouais…

Bon, alors c’est vrai que Ilyes est beau a beaucoup de charme, qu’il arrive à chanter et jouer de la guitare en même temps, qu’il a une jolie voix cassée qui donne envie de lui faire plein plein de choses.
Soit.

Mais le problème, c’est qu’il arrive un an trop tard, parce que ça va quand même être difficile, très très difficile de nous faire oublier le beau Gaël, ses petits airs penauds, ses bras puissants et son amitié si particulière avec Florian…

Gaël, ça fait un an, mais je t’aime encore.
Reviens !



Procellus, ou la fidélité.

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ma télé et moi
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