Procellus

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La lose, quand elle te tient…

Ca fait deux jours que je suis en vacances.
C’est facile pour m’en souvenir, parce que ça coïncide tout pile avec le début de ma crève, à avoir la gorge en feu, à me moucher toute la journée, et à être plein de courbatures tout partout aïeuh.

C’est pas grave, hier, j’ai décidé qu’un petit rhume de rien du tout n’allait pas me gâcher mes vacances, alors je me suis dit que j’allais aller à la piscine. Comme ça, au moins, je saurai pourquoi je suis malade.

Pas de bol, la piscine est fermée, inventaire, travaux, tout ça tout ça.

Bon bah tant pis, je rentre chez moi, et comme ça je vais pouvoir changer la tour du PC, vu que ça fait un petit moment qu’elle vibre bizarrement, et que j’ai une tour toute neuve dans un carton depuis une semaine.
Et puis c’est vrai quoi, maintenant que j’ai un Mac qui marche bien, je m’ennuie un peu, c’est le moment de trifouiller le PC.

Allez, banzaï, ça doit pas être bien compliqué à faire !

D’abord, je dévisse tout ce qui est dévissable.
Après, je la retourne, je la secoue pour que tout s’en détache, et je revisse tout ce petit bazar dans la nouvelle.
Et voilà, une tour toute neuve !

Hmm, comment ça ça marche pas, et il faut tout reconfigurer ?
Je passe plusieurs heures au téléphone avec ma maintenance informatique pour finalement trouver la solution tout seul comme un grand.

Peu de temps après, le ventilateur du processeur meurt, dans d’atroces souffrances. Bon, qu’est-ce qu’on fait quand le pacemaker vient de griller ?
Bah, on en rachète un autre…

Du coup aujourd’hui, j’ai découvert qu’aller à Montgallet en vélo, avec un rhume et le vent de face, c’est pas facile.
Et puis on remet ça, youpie, je redévisse tout, secouage, remontage du nouveau ventilateur, je brûle un cierge, je sacrifie une jeune vierge et un agneau et je me rase la tête en signe d’humilité, et j’allume.

Et rien ne se passe.
&”#@%& ???!!!!

Pour la troisième fois en deux jours, je redémonte et remonte ma carte mère, en prenant bien tout mon temps et en faisant attention à ce que je fais, on sait jamais, si ça se trouve ça va changer quelque chose…
Miracle, la lumière se fait, et jusqu’ici tout va bien.

Enfin bref, tout ça pour dire que je vais pas baiser tout de suite.

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Enfin !

Il en aura fallu, du temps et des efforts.

J’ai dû supplier, téléphoner, tricher, mentir, menacer, falsifier des documents officiels, coucher, parfois même tuer.

Souvent, j’ai été sur le point d’abandonner.

Mais finalement, la pérséverance a fini par payer.

Depuis ce soir, je suis en vacances.

À dans quinze jours, Happy Time !

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Méduse

Sur le plan humain et sociologique, chaque jour à Happy Time apporte son lot de découvertes. La dernière en date, c’est Méduse.
J’étais à mon poste depuis une petite heure, à me faire chier comme c’est pas possible, à ranger et réorganiser tout le magasin et tout remettre dans l’état initial quand elle est arrivée.

Chouette, je me suis dit, elle a des chips à la main, alors avec un peu de chance elle va se goinfrer et pas faire chier, et avec beaucoup de chance elle va m’en offrir.
Et en posant ses affaires, Méduse a entamé la conversation. Pas un bonjour, non, elle va directement au coeur du problème, et avec une voix entre Courtney Love et Fran Drescher, la classe et le glamour en moins, elle a attaqué :

- Ah putain merde, j’voulais pas v’nir bosser c’matin, j’ai la crève, j’étais sous la clim hier, fait chier, j’aurais été mieux chez moi !

C’est là que j’ai compris que moi aussi j’aurais sûrement été mieux si en effet elle avait eu la bonne idée de ne pas venir.
Je me dis que la journée va être loooongue, si je la laisse me parler, alors, en bénissant l’inventeur de la chaise à roulettes, je me tourne à son opposé.
No eye contact et tout ira bien.

Là où je n’ai pas de bol, c’est que Méduse a plein d’amis dans ce coin, et à chaque fois que quelqu’un passe, elle repart de plus belle avec sa voix de crécelle égosillée, fait chier, elle a la crève, elle voulait pas venir, merde, et hier soir elle a mangé tard… Tout le monde compatit, mais personne ne reste à proximité.

Comme il n’y a personne et qu’elle a compris que pour la conversation, fallait pas trop compter sur moi, elle finit par se calmer.
Quand arrive l’heure de son déjeuner, elle se lève et se prépare. Le mouvement me fait tourner la tête, pour voir ce qu’il se passe. Là, je vois Méduse debout, dans un geste plein de grâce et de féminité écarter les jambes et se gratter vigoureusement la chatte.
Ahhhhhhh, cha fait du bien, ché bon, hein Méduse ?

Du coup, toute la journée, je me suis promené dans Happy Time. Et à chaque fois que je croisais ma chef par hasard, je lui demandais si je ne pouvais pas changer de poste. Comme il n’y avait personne là où j’étais, peut-être qu’on avait besoin de moi ailleurs, hein, s’il te plaît Délivrance, dis oui dis oui dis oui !
Et c’est dingue le nombre de fois qu’on peut croiser quelqu’un par hasard, quand on va dans son bureau !

A chaque fois que je revenais à ma place, elle m’énervait un peu plus, à se plaindre qu’il y a trop de boulot, et pas assez de clients, et que les horaires sont mal faits, et que c’est pas juste que le rayon Hommes de Happy Time devienne plus important que le rayon Femmes, et que ceci, et que cela, tout ça ponctué d’élégants jurons.

On atteint le pire au moment où elle me force à prendre le numéro d’un collègue moche qui passait par là.

- Oh tiens David, c’est cool t’as déjà un stylo à la main pour noter mon numéro !

- Euuuuh… Ah…. Oui, mais j’ai pas de papier, c’est con la vie…

- Roooh, mais si, tiens, prends une facture ! (Avec un grand sourire, toute fière de sa bonne action).

Finalement, après qu’elle a eu la bonne idée de raconter à Délivrance que merde elle avait pas envie de v’nir c’matin, fait chier, elle a eu pitié de moi et m’a envoyé finir la journée sous d’autres cieux plus cléments.

Procellus, ou les collègues c’est vraiment de la merde.

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Superstar

La semaine dernière, je suis allé au cinéma, je connaissais pas, c’est une grande salle toute noire où on voit un “film”, et il paraît que quand on a la carte UGC, comme moi, il est de bon ton d’y aller.

Évidemment, arrivé sur place, y’avait plus de place pour le film de Ben, ni pour aucun autre.
Comme Nobis était arrivé en avance et nous gardait des places au chaud, il fallu faire du charme au monsieur qui déchire les billets pour pouvoir aller le prévenir que c’était plus la peine de nous attendre.
A force de flatteries et de grands yeux plein de larmes, il a fini par cédér, et là, trop wouah !, c’était l’avant-première de Scorpion, alors j’ai pu voir plein de vraies stars de près, genre, euh, Clovis Cornillac (ooooooh), Princess Erika (OOOOOOOH !!!!), et d’autres gens qui apparemment étaient connus, mais pas de moi, c’était La Ferme Célébrités dans mon ciné.
Mais surtout, dépassant d’une tête maigrichonne toute l’assemblée, il y avait Ramzy, de Eric et Ramzy.
Mais ça n’a pas été suffisant pour nous retenir, les “people”, c’est bien mignon, mais une fois qu’on les a reconnus, ben il n’y a plus grand intérêt à les voir.

Et puis finalement hier soir, on n’a pas perdu espoir, on prend presque les mêmes et on recommence, reciné, on retente La Nuit au Musée, de toute façon y’a rien d’autre en ce moment.
Victoire !
On peut voir Ben chéri passer des nuits bizarres dans son musée, c’est rigolo, c’est mignon, à chaque film je l’aime un peu plus.

Et puis, après le cinéma, on va manger un morceau, parce que bon, c’est bien mignon, mais les émotions, ça creuse.
Et là, qui qu’c'est qu’on croise encore au MacDo de Rivoli ?
Ramzy, de Eric et Ramzy, qui peut se balader dans la rue sans faire d’émeute, commander son Big Mac sans que personne ne se retourne sur son passage, c’est quand même bien d’être has been…

Alors que moi, je ne connaîtrai jamais ça, maintenant, dès que je sors, je suis poursuivi par une horde de fans hystériques, dont le plus assidu à ce jour reste quand même Ramzy.

Procellus, ou dur dur d’être une star adulée de tous…

(Non, ça n’est pas non plus pour dire que j’ai encore baisé)

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Et paf le chien

Je sais pas à quoi ça tient, peut-être les prénoms, la petite histoire pour situer, mais cette fois-ci, ils ont bien réussi à en faire des vraies personnes, des accidentés de la route. Ils avaient une vraie vie, ils faisaient des choses, avant de mourir, fauchés par un bus ou une voiture.

Alors pour une fois, je trouve qu’une campagne de prévention est bien tournée, et marque plus que leurs films gores qui rendaient la chose complètement surréaliste, “attention, rouler trop vite, ça peut être encore plus dangereux que de nourrir son Mogwaï après minuit !”.

En plus au début, en sortant du métro, quand j’ai vu ces panneaux tout le long de la route, ça faisait effet de masse, j’ai presque eu peur de traverser la route, un peu plus et j’appelais Happy Time depuis l’autre côté du trottoir pour leur dire que je pouvais pas venir, à cause de la méchante campagne qui fait peur.

Bon, par contre, le seul bémol, c’est que d’après les panneaux, il y a eu plein de morts. D’ailleurs, il y a plein de panneaux, on s’attend à ce qu’il y ait plein de monde, plein de morts, hmm, réveille le voyeur assoiffé de sang qui dort en toi, sauf qu’en fait non, on me la fait pas, j’ai bien vu que c’était toujours les trois ou quatre mêmes qui revenaient.

Et ça fait un peu léger.

Mais quand même, ça fait réfléchir.

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La positive attitude

Avoir un parfum d’intérieur qui pue Le Mâle, ça n’est pas grave, ça pourrait être pire.

Par exemple, j’aurais pu faire tomber une chaise sur le meuble sur lequel il est posé, et le renverser.

Mais même ça, c’est pas grave, ça pourrait être pire.

J’aurais pu le renverser sur de la moquette, et avoir le parfum qui ne sent plus du tout bon, comme il n’est plus “légèrement diffusé”, mais plutôt imprégné dans chacune des bouclettes de la moquette.

Ca non plus, c’est rien, là aussi ça pourrait être pire.

Mettons, si j’avais fait ça sur le coup d’une heure du matin, et que j’avais dû éponger du parfum sans serpillière, avec mes petites mains, et vider une bouteille de Fébrèze sur la moquette pour essayer de masquer l’odeur, et envisager d’aller réveiller les voisins en pleine nuit pour mettre leur fille au bûcher dans un rituel sacrificiel, parce que même de la chair brûlée ça sentirait moins pire.

Là encore, ça ne serait pas si grave, il pourrait y avoir pire.

Par exemple, si le parfum, pour être plus décoratif, était coloré, et qu’il menaçait de faire une tache verdâtre par terre.

Euh, attends une seconde ?


Quelques instants après le drame
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Comme un dimanche

Hier matin, une fois bien réveillé, je suis parti à la piscine. C’était bizarre, sur le chemin j’ai remarqué que les arbres commençaient déjà à faire des fleurs, alors qu’on n’est même pas encore au printemps, nan mais où va le monde hein franchement ?

Arrivé à la piscine, c’était chouette, y’avait pas encore trop de monde, juste la vieille qui est tout le temps là et qui avance à deux à l’heure en faisant chier tout le bassin, mais c’est pas grave, on la double.
Alors j’ai commencé à nager, et j’ai été aspiré dans un univers parallèle aquatique (paratique, ou aquarelle, donc), où j’ai dû délivrer un peuple de sirènes du joug tyrannique des poulpes maléfiques. Ca a été dur, surtout au niveau de la respiration, parce que j’ai pas de branchies, alors forcément, ça aide pas. Mais je me suis débrouillé, je vous en dis pas plus, juste que ça impliquait de vider des boyaux de poulpe pour en faire un tuba, sale affaire, brrr.

Les sirènes ont voulu faire une fête en mon honneur, mais je suis rentré chez moi prendre une douche, parce que sinon je puais le chlore, et c’est agréable pour personne, on est bien d’accord, merci.

Après ça, je suis sorti me balader un peu, pour me changer les idées, et là un dragon est venu me supplier de venir aider le prince d’un pays lointain, aux prises avec une malédiction ancestrale, ou un complot pour le tuer et lui piquer son trône, ou les deux, je sais pas j’ai pas tout compris.

J’y suis allé, j’ai combattu une armée de squelettes, des goules et un temple antique qui s’est effondré sur moi. Cette fois-ci, pas de problème de branchies, mais du sable plein les yeux, je sais pas lequel je préfère…
Le prince a voulu que je reste un peu pour qu’on puisse faire l’amour comme des sauvages, et comme cette fois-ci je ne sentais pas le chlore et que je n’aime pas décevoir, j’ai dit pourquoi pas.
C’était sympa.

Après je suis rentré, j’ai essayé de chatter un peu, de jouer aux Sims, de m’intéresser à Warcraft ou de regarder Lara Croft : Le berceau de la vie, mais le problème quand on mène une vie comme la mienne, c’est que les loisirs paraissent bien fades, comparés au quotidien.

Procellus, ou dur dur d’être un héros.

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Chuis en réu

Ce matin en arrivant au boulot, une de mes chefs m’interpelle :

- Non David, tu t’installes pas, tu vas partir en réunion chez Jézabel.

- Ah ? Euh, d’accord. Mais qui c’est ?

- Bah tu sais, notre chef de l’étage ?

Ouah trop cool, je participe à des réunions Happy Time ? C’est comme si j’avais un vrai boulot, c’est super, faut absolument que j’en parle sur mon blog en rentrant !
Mais en chemin, je m’interroge.
Ils m’ont dit que mon erreur avait été corrigée, mais si ça se trouve c’était pas vrai, et là en fait c’est un piège, ils me font aller dans une pièce sombre pour me punir, et je vais m’asseoir sur une chaise et y’a un tunnel qui va s’ouvrir sous mes pieds et je vais tomber dans les catacombes d’Happy Time, et mourir.
Ou pire.

Finalement ça va, sur place, je retrouve une fille qui est aussi là “pour la réunion”. Ouf, sauvé ! Au moins, si je tombe, ça ne sera pas seul.
Je suis son exemple, et moi aussi je pique un bonbon d’une boîte que quelqu’un avait apportée pour célébrer le nouvel an chinois.

Mais… Mais qu’est-ce que c’est que cette matière ? C’est de la merde ?
Non, c’est kloug.
C’est vraiment curieux cette substance qui colle aux dents comme un bonbon au sucre tout en n’ayant absolument aucun goût. Mais au moins, essayer de se le décoller de la bouche, ça permet d’attendre patiemment que ça commence.

Jézabel profite de ces instants pour préparer son bureau à la réunion. Il va falloir sortir les chaises, sinon il n’y aura pas de place pour tout le monde.
Ah, mais on va être combien ? Une petite dizaine ?
Ca va être chaud de faire tenir tout ce monde ici, parce que si on compte les chaises qui étaient là, la pièce est fait pour… une… deux… oui, c’est ça, deux personnes.

Et puis, tout le monde est enfin arrivé. Jézabel nous conseille de nous asseoir sur le bureau, “c’est du solide !”, mais personne n’ose.
Elle ferme la porte, commence ses dessins au tableau, et Collègue est prise d’une violente quinte de toux.
Jézabel aimerait pas que quelqu’un meure à sa réunion, alors vite vite elle la fait sortir, et l’accompagne dans la pièce d’à côté. On l’entend lui servir à boire, puis lui dire toute fière :

- Alors, tu vois, ça y’est ça va mieux maintenant que tu as bu !

A travers la porte, Collègue se remet à tousser de plus belle. On dirait que non, Cristaline ne soulage pas si efficacement que ça les crises d’asthme.
Finalement, elle finit par se calmer, quand même, et la réunion reprend.

Et je suis tellement bien, là, adossé au dessus du radiateur, mes restes de bonbon encore accrochés aux dents, que j’en oublie d’écouter.

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Je suis prêt pour une augmentation, je crois

Il paraît que c’est inévitable, l’erreur est humaine, tout le monde finit un jour ou l’autre par se tromper dans son travail.
Ca m’est arrivé au début, j’ai été convoqué deux fois dans le bureau de la Chef Suprême pour mes erreurs, suite à quoi j’ai battu ma coulpe, promis que je ne le ferais plus, pardon maîtresse j’ai été vilain, et tout a été oublié.

Ensuite, j’ai discuté avec des collègues, et j’en ai eu la confirmation : en effet, tout le monde a merdé un jour ou l’autre, on n’y peut rien, c’est tout c’est comme ça, on est tous bêtes (même si ça fait plus mieux de dire “faillibles”).

Mais voilà, je n’ai pas une âme de mouton.
Je n’aime pas suivre les tendances, faire partie d’un groupe, être comme tout le monde, alors les petites conneries vite oubliées, merci mais non merci.

Du coup, aujourd’hui j’ai fait une connerie qui risque de coûter 8000 euros à Happy Time.

Ouais.

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Seul contre tous

Ce soir, j’étais chez Papaprocellus, à me plaindre de ce que mes poches étaient déchirées. À une époque, j’aurais sûrement essayé de pleurnicher pour l’attendrir, que c’est l’hiver, que j’ai des trous dans mon blouson, que je risque de mourir comme la petite marchande d’allumettes, ouin, mais j’ai fini par comprendre que rien ne peut fissurer le coffre fort de Papaprocellus.

Alors j’ai décidé de me prendre en main, et je lui ai plutôt demandé vers quel commerçant il faut se tourner pour faire réparer la doublure de ma poche.
Belle-maman est arrivée elle aussi, et ils se sont tous les deux penchés sur mon blouson pour voir l’étendue des dégâts.

Et le verdict est tombé :

- Bah, c’est la doublure, sur du cuir… Il te faut une grosse aiguille, et tu fais ça toi-même !

Comme Ingrid me l’a appris, je jette la tête en arrière, je plisse les yeux et j’éclate de rire, en réponse à cette bonne blague.
Et je me reprends.

- Non mais sérieusement ? Faut aller voir qui ?

La même réponse, mais cette fois-ci, belle-maman met la main dans la poche et plie le tissu de la doublure, pour me montrer comment coudre en fermant le trou.
Doucement, le voile se lève, et je comprends qu’ils ne plaisantent pas. Je dois le faire tout seul.

Mais c’est pas possible !
Et le cordonnier ? Et je sais pas moi, la costumière, y’a pas quelqu’un dont c’est le métier de réparer les trous dans les poches ?

J’étais mortifié, cloué sur place.
Mais dans quel monde on vit ? Les gens veulent plus bosser, ou quoi ?

J’ai bien cru que j’allais devoir me mettre à coudre, moi qui ai déjà du mal à utiliser une fermeture éclair sans la casser, mais finalement, devant mon air atterré, ou pour essayer de me faire bouger du milieu du salon où j’étais encore scotché, belle-maman a gentiment proposé de me le faire “la prochaine fois que je viendrai dîner”.

On n’a rien sans rien.

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La vie secrète des toilettes d’entreprise

Pour revenir au thème du pipi-caca, aujourd’hui je vais vous parler des toilettes publiques. Vous connaissez, les toilettes publiques ? Sur les portes de la cabine, on trouve inévitablement les pseudo annonces de cul, avec des réponses plus ou moins sympathiques du type “sale pédé”, “sale black”, “sale céfran”…
Il y a aussi les dessins à la gloire de la levrette, de la sodomie et de l’éjaculation : le sexe, c’est encore plus fun quand c’est dessiné.

À Happy Time, les toilettes du personnel ne dérogent pas. On en a à chaque étage, et à chaque fois, c’est comme partout.

Sauf que l’autre fois, je me suis rendu compte qu’il y a aussi des grands penseurs parmi les employés, des philosophes dont le talent ne peut-être que sous-exploité, quel que soit leur poste.
Si si.


Moi je dis, y’en a quand même ils doivent se faire bien chier aux toilettes (notez le sens de l’à-propos avec ce jeu de mots, merci).

Oui bon, moi quand j’y suis, je prends des photos, mais c’est pas pareil, moi c’est moi.

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La leçon de bon goût


Pourtant, je ne suis pas un expert en la matière. Je n’aime pas bien m’habiller, mettre des fringues jolies et pas confortables, passer des  heures à accorder les couleurs (d’ailleurs je sais juste que le noir, ça va avec le blanc), tout ça, ça me gonfle.

Pour ça, je suis content de bosser à Happy Time, où le seul dress code de rigueur est “Ne venez pas en sous-vêtements. S’il vous plaît”.

Mais bon, malgré mon absence totale de sens de la mode, je sais que :

1) On ne met pas des petites chaussures à talons quand on a un vieux jean moche.

2) Si vraiment on veut mettre des talons (alors que ça ne se fait pas !) avec un vieux jean moche, on s’arrange pour que ça ne soit pas des chaussures violet flashy.

Parce que habillée tout en noir, tu es jolie classe, avec ces chaussures là tu es à chier.

3) Puisqu’on parle du vieux jean noir, c’est aussi bien de ne pas le porter avec des vêtements qui se veulent chics, surtout avec un manteau en daim beige, c’est laiiiid !

4) Quand on décide de passer outre les pourtant judicieux conseils vestimentaires de David, on évite d’attirer l’attention sur soi en rigolant comme une dinde avec ses copines tromblons dans une rame bondée.

Par contre, ce que je ne savais pas, c’est qu’on peut parfaitement prendre plusieurs photos (c’est pas évident d’en avoir une nette, le métro ça bouge !) des pieds des filles d’à côté sans que ça ne surprenne personne.

Procellus, ou le vrai chic parisien.

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Le jour où la science est allée trop loin

Tous les objets bonshommiformes à la mode en ce moment, j’adore.
Ch’est rigolo, ça sert à rien, ça coûte la peau du cul, mais je craque à chaque fois.

Le Dégraiss’Boy ? Aussitôt repéré dans mon Monoprix, aussitôt acheté.
Depuis, chaque fois que je fais la vaisselle ou que je suis dans la cuisine, en avant les histoires : on se fait la conversation, il me fait rire, je l’aime.

Toute la collection Koziol ? Si j’avais l’argent, moi aussi j’aurais un gondolier en plastique qui tient ma cuiller en bois, ou un guerrier sauvage qui tient mes cure-dents.
Comme ça en plus, le Dégraiss’Boy ne s’ennuierait pas quand je ne suis pas là.

Vraiment, il suffit qu’un objet soit un minimum ludique pour que je me jette dessus.

Mais là, je sais pas…

C’est peut-être que cette fois ils l’ont rendu un peu trop mignon, ou alors parce que c’est juste dégueulasse, mais ça me pose un gros problème moral de volontairement pisser (et plus si affinités) sur un surfeur qui serait suspendu toute la journée dans la cuvette de mes toilettes.

Même s’il est vrai qu’on n’est pas censé le viser, non plus.
Mais quand même, j’aurais du mal à ne pas le faire.
Je suis comme ça, quand je vois une cible, je vise.
C’est mon instinct de chasseur.

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Non mais je passe pour quoi moi après ?!

- Ouah trop fort*, ce matin à Happy Time, y’a une collègue qui a pleuré !!!

- Ah ? Mais… à cause de toi ?

Procellus, ou la mauvaise réputation.

* Oui bon en ce moment il se passe pas grand chose au boulot, alors un rien me distrait.

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Le lutin de Procellus

Dans ma famille, quand un enfant naît, un lutin malicieux lui est assigné, pour veiller sur lui, qu’il soit toujours heureux, et qu’il ait toujours à ses côtés un petit compagnon rigolo.
C’est une chouette tradition, je trouve.

Le problème, c’est que mon lutin avait un jumeau. Ils ont été séparés à la naissance, et le frère de mon lutin a grandi avec plein de haine dans son petit coeur. Forcément, il a fini par basculer du côté obscur, et un jour il a pris la place de son jumeau.
Il lui a tendu une embuscade, lui a mis un mini masque de fer sur la tête, et il l’a enfermé dans une petite prison sur une des îles de Lérins.

Maintenant, où que j’aille, quoi que je fasse, c’est le jumeau maléfique de mon lutin qui veille sur moi.
Et il est méchant. Oh ça oui alors.

Sa dernière trouvaille, ça a été de me blesser au pied. Comme une petite photo vaut tous les longs discours, voyez plutôt :

Voilà, ça c’est mon pied, et le truc rouge qu’on voit (mais siiiiii, regardez !), c’est la plaie béante qui me fait souffrir comme c’est pas possib’.
Je me souviens juste que je me suis fait ça en me grattant et en une seule fois, mais je ne comprends pas vraiment comment on peut arriver à ce résultat juste en se grattant, si ce n’est en faisant intervenir les pouvoirs magiques d’un lutin.

Et ça va faire une semaine que ça dure, et en plus c’est situé à un endroit bâtard où le jean frotte contre la chaussette et ça fait encore plus mal et aïeuh ouin.

Bon bien sûr, ça pourrait s’arrêter là, un méchant bobo mal placé.
Mais le méchant lutin m’en veut, en ce moment, et depuis que je me suis blessé, il n’arrête pas de mettre plein d’obstacles sur mon passage, si si je le sais c’est lui je l’ai vu !

Alors dernièrement, il m’a jeté sur le pied un bureau, une chaise (plusieurs fois), une porte, la roue de mon vélo, et même, mon autre pied.
‘Culé de lutin, va.

Heureusement, comme je suis quelqu’un de prévoyant, j’avais mis un pansement.
Du coup, ça me permet de ne pas trop souffrir de ses tours pendant la journée.

Mais quand vient le soir, que je pense que je suis en sécurité et que le monde extérieur ne peut plus m’atteindre, je retire mon pansement.
À ce moment là, le lutin met tous ses petits pouvoirs au service du mal en augmentant la capacité de collage du sparadrap.
Et je me fais une épilation de la cheville.

Le lutin maléfique de Procellus, un jour il dominera le monde.

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Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens

Comme mes voisins ne sont pas des bons catholiques, le jour du Seigneur ils s’en foutent, ils ne se reposent pas. Alors hier, ils ont eu la bonne idée d’abattre un mur.
Ben oui, le dimanche, ça sert aussi à ça !
Du coup, toute la journée (j’imagine, au bout d’un moment je suis parti) ça a été des bruits de perceuses, de coups de masse, de marteaux, juste de l’autre côté de mon mur… De quoi se faire plein d’amis dans l’immeuble.
Pour moi, ça a été comme une déclaration de guerre, un motif de meurtre, la fin de notre entente cordiale.

Et ce matin, j’ai croisé monsieur Voisin dans le hall. Il a commencé à s’excuser pour les travaux, et après, il a enchaîné sur le pourquoi de la chose.
J’ai eu droit à toute une histoire palpitante sur son installation électrique vétuste, qu’ils se prenaient des coups de jus en mettant la main sur le mur, “et quand j’embrasse ma femme (en avançant la tête pour embrasser le vide, au cas où je ne comprendrais pas), on se prend de l’électricité, vous vous rendez compte !”…

Comme je ne répondais rien à part un sourire moyennement poli de temps en temps, que dès qu’il s’approchait j’avais un mouvement de recul et que je regardais désespérément l’ascenseur, la liberté, là, à quelques mètres de moi, il a dû comprendre que j’en avais rien à secouer de son histoire, et il a abrégé.
Hier, ça a pris feu dans leur mur, donc ils ont dû tout refaire faire en urgence, d’où l’abattage dudit mur et les travaux qui n’en finissent pas.

Moi je dis, pourquoi pas.
Mais bon. L’idée que mes voisins, le mari, la femme et les enfants auraient pu mourir brûlés vifs, dans d’atroces souffrances est plaisante, certes.
Mais ça ne compense malheureusement pas la gêne occasionnée.

Va falloir y remédier.

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les voisins infernaux
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Dans un an et un jour, il sera mien. Un an. Et un jour.


Je sais, je sais, trop bon trop con, trop honnête trop bête. J’aurais dû le mettre dans ma poche comme on me l’a conseillé…
Mais on ne se refait pas !

Et puis, comme collègue me l’a fait judicieusement fait remarquer, “maintenant t’es obligé de rester encore un an pour gagner vingt euros !”.

Procellus, ou je gagne ma vie en différé.

Gnihihi, et en plus du coup j’ai un autographe de ma chef trop cool !

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l'avenir, le cravail
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The Imperius Curse

Alors voilà, à peine dix-huit ans et Harry Potter joue les allumeuses, non mais vraiment hein, où va le monde, si c’est pas malheureux de voir ça !

Ceci dit, Daniel Radcliffe ça a été un bon investissement, quand même.

J’ai juste un peu de mal à comprendre le trip avec le ch’fal, j’imagine que le photographe voulait faire passer une idée, mais là, c’est un peu raté, au moins pour moi.



Harry Potter, ou vivement les prochaines sorties.

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We only come out at night

Il y a un mal ancestral qui rode dans ma cuisine. Plus méchant que la date de péremption dépassée, plus vicieux que les vilaines tâches de graisse qui ne partent pas même avec du Cillit Bang, et même pire que les verres ébréchés qui font tout bizarre quand on boit là où c’est abimé.
C’est dire, hein ?

Je l’avais déjà vu quand j’étais chez ma mère, il m’avait trouvé, sans que je le comprenne. Les nuits sans lune, quand tout était calme (contrairement aux autres nuits où Maman Procellus faisait une teuf d’enfer dans la cuisine), il sortait de sa tanière pour s’attaquer méthodiquement à ses proies, une à une, jusqu’à les contaminer toutes.

Son repaire, je le connais. Il se cache dans le lave vaisselle, sournois, à épier ce qu’on y dépose. Je ne sais pas ce qu’il veut, ni comment en venir à bout, ou si je dois appeler Buffy ou Van Helsing ou les Ghostbusters.

Ce mal, j’ai décidé de lui donner un nom, pour en avoir moins peur : vu qu’il fait des vilaines tâches brunâtres je vais l’appeler… “rouille” [ʁuj].
Voilà, maintenant qu’il a un nom, peut-être que si je lui fais prononcer à l’envers, il disparaîtra ? Mais faire dire “elliuor” au démon qui habite dans le lave-vaisselle, ça va pas être facile, accroche-toi hein.

Il ne me reste plus qu’à le comprendre, avant de le vaincre. Alors voilà, aujourd’hui, je lui pose la question bien haut : pourquoi, mais pourquoi est-ce que tu ne t’en prends qu‘aux couteaux ?!
C’est même pas logique, au début je pensais que c’était parce qu’ils avaient une plus grande surface en contact avec l’eau / le produit / le whatever attaque que tous les autres couverts, mais en fait non, les cuillers à soupe ont une surface encore plus importante, alors non, vraiment, je ne vois pas.

Mais un jour, oh oui, un jour, je comprendrai, et je le vaincrai.
Et ce jour, là… J’aimerais mieux pas être lui.

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