Procellus

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Un chat, c’est drôle

Thou shall not masturbate !
La preuve en images…
Procellus, ou ceinture.

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Tu vas et tu viens

La première fois que je l’ai vu, je ne savais pas vraiment quoi en penser.
Rien, comme pour tous les autres. Il est là aujourd’hui, et demain il sera parti.
Ca m’a fait tout bizarre, et je n’ai pas fait attention à ce que je ressentais.
C’était la première fois.

Comment reconnaître quelque chose qu’on n’a jamais rencontré avant ? (Sans passer par le karma, vies antérieures, et autres conneries dans le genre).

Pourtant, il était là, le picotement. Tout comme on en parle dans les livres et à la télé !
C’était à la fois agréable et un peu douloureux.
Comme quand on gratte une piqûre de moustique : ça fait mal, et en même temps ça fait du bien.

Au début, j’étais un peu stressé.
On m’a dit que c’était normal, les deux vont souvent ensemble.

Il était là tout le temps. Tous les soirs, je m’endormais avec lui, en espérant qu’au petit matin, il serait parti, discret comme un chat.
Mais non. Il est de ceux qui s’accrochent.

Et puis, j’avais beau l’avoir dans la peau, un jour, j’ai décidé qu’il fallait qu’il me laisse tranquille. Qu’il arrête de me faire souffrir.
Et puis il faut dire qu’il est plutôt moche.
Alors, j’ai tout fait pour qu’il parte.
C’est à cette époque là que j’ai le plus souffert, je crois.

J’ai même cru que j’avais gagné, et que je ne le reverrais plus jamais.
David triomphe de toutes les batailles.

Et puis, hier, je l’ai ressenti, de nouveau, le picotement.
J’ai regardé dans la glace, et je l’ai vu, là, me narguant de sa laideur et de ma douleur.
Mon bouton de fièvre est revenu.

Aïeuh.

Mais cette fois, je suis prêt.

Procellus, ou béni soit l’Activir.

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Je suis le seigneur du château


Pour cause de déménagement, et parce que j’ai une âme de bon samaritain qui me perdra (enfin, si tout le reste ne m’a pas perdu avant), quand on m’a demandé de baby-sitter le chat, le temps que les cartons libèrent l’espace vital, j’ai dit oui.

Oui à l’invasion des poils chez moi !
Oui au ramassage du caca à la pelle dans une caisse qui pue l’ammoniaque !
Oui au chat-démon qui peut aspirer ton âme d’un simple regard et t’envoyer dans les tréfonds de la douleur d’un simple coup de patte !

En fait, elle n’est pas si méchante. Au début, elle a passé tout son temps à se cacher derrière le canapé ou sous le lit, et à essayer de dormir dans la corbeille de fruits, qui est ce qui ressemble le plus à son ancien panier. Dommage, tu es trop grosse pour tenir là-dedans !
T’es cool toi, au moins tu vas pas me faire chier !

Ensuite, elle a commencé à s’habituer à son nouvel habitat (PROVISOIRE), et à son nouveau maître (PROVISOIRE) : elle me suit partout.
Du coup, je m’en moque bien qu’on ait un mois d’août horrible ma pauvre dame : il n’y a plus de soleil, mais j’ai remplacé mon ombre par un chat. Dès que je change de pièce, elle est collée à ma jambe, toute trottinante.
J’ai essayé de ruser (attention pour les plus lents d’entre-vous, c’est toute une technique, n’hésitez pas à me faire répéter si vous n’avez pas compris) : Si je sors d’une pièce très vite, et que je reviens à mon point de départ (ou que je vais dans une autre pièce) en courant en marche arrière, elle vient aussi.
Pas folle la guêpe chatte !

Du coup, ça pose quelques problèmes.
Par exemple, le fait qu’elle me suive partout, jusqu’aux toilettes, et qu’elle se frotte à mes jambes pendant que je suis… occupé. Du coup, je peux dois caresser le chat en chiant.
Ensuite, je crois qu’on va inverser les rôles : je vais lui demander de me masser les pieds pendant qu’elle est dans sa caisse, on va voir ce qu’elle en pense.

Non, vraiment, avoir un chat c’est amusant. Il faut être son esclave, et répondre dans l’instant, quand elle réclame des papouilles.
Même si à ce moment précis, on est déjà en train de se papouiller soi-même. Elle arrive, pose une papatte sur le rebord de la chaise, me regarde dans les yeux et fait de grands mouvements avec son autre patte, toutes griffes dehors, en direction de ma main. En poussant des petits meow ! plaintifs.
Ma main, qui est donc déjà occupée avec une des parties les plus sensibles de mon pauvre corps.
Donc, peur et fin de l’action.
J’ai juste le temps de ranger le dossier sur lequel je bossais que j’ai déjà la chatte sur les genoux, prête à recevoir ses calinoux.

Mais c’est pour ça qu’on l’aime.

Procellus, ou l’ami des animaux. De tous les animaux. Même s’il aimerait aussi retrouver son intimité perdue.

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La dernière fois

C’est un concept que je ne supporte pas.
“Ce soir, c’est la dernière fois que je vais faire…”
“Aujourd’hui, c’est le dernier jour que l’on va passer à…”

Ca me le fait systématiquement, et en toutes circonstances.
En vacances, si ratées soient-elles (et croyez-moi, je suis un expert en vacances foirées), le dernier jour, ça fait toujours tout drôle.
En arrêtant un boulot, même si c’était a) un boulot chiant b) mal payé et c) que mes collègues étaient cons.

Une fois, j’avais failli y aller de ma petite larme, en regardant Loft Story, quand Benjamin annonçait aux candidats : “et ce soir, c’est la dernière fois que vous voyez vos familles ! (avant trois mois)”.
Nooon, n’y allez pas, c’est la dernière fois !
Je suis trop sensible pour la télé-réalité.

Par contre, c’est rigolo, mais a posteriori, je n’en ai absolument rien à foutre.
“Tu te rends compte, on l’a vu, et après il est mort; ça a été la dernière fois qu’on le voyait…”
Quand la dernière fois est loin derrière, j’en rirais presque.

Mais quand j’en ai conscience, le petit autiste que je suis qui sommeille en moi se réveille, et commence à paniquer.
La dernière fois, ça veut dire qu’il va y avoir de l’inconnu. Là, droit devant.
Et l’on n’y peut rien.

Dernier jour de lycée, après on a le bac !
Dernier jour où on se voit, après je pars en vacances.
Déménagement, et la dernière soirée dans un appartement.

Procellus, ou l’éternité.

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Ghost

Maman Procellus a l’habitude de le répéter : “ça fait TRENTE ANS que je voyage, TRENTE ans, et je n’ai jamais vu cela, JAMAIS !”. Oui, maman Procellus, en colère, répète en criant certains mots.
Mais le fait est qu’elle voyage depuis environ trente ans. Depuis trois décennies, à chaque voyage, elle trouve des souvenirs à rapporter.

Et même si au fil des nombreux déménagements, on a réussi à en perdre, (ils sont bizarres, les déménageurs, s’ils ont piqué des souvenirs à ma mère… Mais bon ! Tant pis pour eux !) l’appartement s’est lentement rempli d’un nombre incalculable de coquillages peints, oiseaux en bois et autres babioles infectes.
Si bien que maintenant, tous les ans à la Noël, quand elle reçoit un brûle-parfum ou une lampe à huile, ça devient difficile de lui trouver une place sur les étagères.
Ou dans la bibliothèque.
Ou dans l’appartement.

En plus, depuis trente ans (TRENTE ANS !) que ma mère parcourt le monde, elle a fini par avoir un fils (sans rapport avec les voyages, enfin, je ne crois pas). Ben oui, ça arrive.
Et un petit enfant tout mimi comme moi, quand c’est à l’école, ça fait des ravissants dessins qu’il faut accrocher au frigo, des bracelets en macramé qu’il faut porter en toute occasion, et puis, quand ça part en classe de mer, ça revient avec un zouli cendrier en coquille saint-jacques, ou un galet à la forme rigolote…
Tout ça, c’est du bordel qui s’accumule et qu’on n’ose pas jeter.

Jusqu’à ce dramatique week-end d’août 2006, où il a été décidé qu’il fallait faire quelque chose, ça ne pouvait plus durer.
Et elle a tout jeté. Les souvenirs qu’elle avait rapportés. Les souvenirs qu’on lui avait rapportés. Les cadeaux qu’on lui a faits (Lampe à huile, Noël 1999, brûle-parfum Noël 2000, lampe à huile Noël 2001, brûle-parfum Noël 2001 -une bonne année, tiens !- etc.).

Et toutes mes créations originales pré-pubertaires ! Alors que je suis en train de devenir célèbre, et qu’un jour, toutes mes oeuvres vaudront une fortune !
Surtout qu’à une époque, j’étais très actif (comme quoi…), et afin de canaliser toute celle belle énergie, on m’avait inscrit (de force, le plus souvent) à la poterie, au théâtre, à l’atelier journalisme de l’école (ah, le nombre de voisins que j’ai pu racketter, à les obliger à acheter mon petit journal… C’était le bon temps…), au karaté…

Et là, sur le dessus du sac qui dans quelques minutes partira pour le local à poubelles, que vois-je ? Ma plus belle création (puisque la seule que j’ai terminée) de mon année de potier. Alors hop, ni une ni deux, je l’arrache au sac (Tu n’auras pas ce souvenir ! Il est mien et fait partie de ma vie ! Meurs, pourriture communiste !), je la mets avec mes petites affaires, et je la rapporte dans ma maison. Non mais !
Ma poterie à la poubelle. Non mais je crois que je rêve !

Ensuite, dans quelques années, j’en aurai sûrement marre, moi aussi, de cette horreur, et je la jetterai, fin de l’histoire.

Mais en attendant, cet objet peu commun que vous ne verrez pas chez tout le monde sera du plus bel effet, sur mon nouveau meuble d’adulte affamé de décoration.
Voyez plutôt.


Procellus, ou toutes les excuses sont bonnes pour exposer ses colliers de nouilles.

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Leçon numéro 2 : dites-le avec du lait


Procellus, un café nommé désir.

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La télé ne m’enseigne rien. Mais c’est pas ce que je lui demande.

Bien sûr, il y a des inconvénients à ne regarder presque que Disney Channel, et quasiment jamais les chaînes culturelles ou d’informations (également appelées “chaînes chiantes”) : je n’assure pas un cachou dans les soirées de l’ambassadeur, pourtant réputées pour le bon goût du maître de maison.
Quand on se met à me parler d’une émission sur l’horrible destin des Aléoutes, et du triste rôle qu’ont joué les trappeurs Russes dans leur disparition, je ne peux que sourire niaisement en hochant la tête.
Les cours de la bourse, les séances de l’assemblée ou le résultat du dernier tournoi de polo, don’t know don’t care.
J’apprends en général les nouvelles avec une semaine de retard (”Et tu as entendu ce qui est arrivé à… Oui évidemment, tout le monde l’a entendu !” “Euh ? Hein non non, pas moi, quoi, il s’est passé quelque chose ? Mais dis moi !”).
Et puis, il y a la honte, quand quelqu’un allume la télé chez moi : “Ah ? Tu regardes comme ma petite nièce !”.

Mais il y a quand même LE avantage (en dehors de la grande qualité des programmes -tout, tout pour échapper à une nouvelle rediffusion du Cosby Show !).
Pendant que le commun des mortels doit se taper des publicités pour la nouvelle Nana qui, en plus de son pouvoir ultra-absorbant merci la sphaigne, permet à ta chatte de ne pas puer, moi j’apprends qu’il y a une nouvelle variété de corn-flakes double chocolat pour le p’tit-dej.

Elle est pas belle, la vie ?

Procellus, ou une télévision sur mesure.

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ma télé et moi
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Leçons de séduction

Leçon numéro 1: Timing is everything

********************

Je l’ai découvert en allant à la piscine, presque par hasard. Pour protéger son anonymat, je l’appellerai Bogosso.
La première fois que je l’ai vu, il était devant la porte, en train de fumer, et a levé les yeux quand je suis arrivé à sa hauteur, pour me lancer un Bonjour ! tout souriant.
Pendant 10 secondes, j’ai cru que c’était un mec avec qui j’avais couché et que j’avais oublié. C’était bizarre, parce que c’est plutôt le genre d’homme dont je me souviendrais, et je n’ai pas encore eu assez d’amants pour commencer à en oublier.
Du coup, je me suis dit, pendant 10 autres secondes, qu’il était là pour pécho, et que c’est moi qu’il voulait. Procellus, facilement inflammable ? Oui, peut-être.
Ensuite, j’ai compris qu’il bossait là, et que son bonjour était surtout commercial. Mais bon.

Depuis, à chaque fois que je suis allé nager, il a été là. Et ça m’a motivé pour aller faire des longueurs, maintenant j’y vais dès que je peux, dans l’espoir de le voir. Mais pas plus de deux fois par semaine, aucun mec ne vaut de s’épuiser dans l’eau, et de risquer une crampe ou la noyade.

Et à chaque fois, un nouvel indice sur l’ambiguïté de sa sexualité est apparu.
* A le voir, il ne fait pas hétéro pour deux sous. Il ne fait pas vraiment homo non plus.
* Il est toujours tiré à quatre épingles (Paris Hilton pawa !). Il fait attention à ne pas marcher dans l’eau quand il passe à côté des douches, pour ne pas se mouiller (duh, tu bosses dans une piscine !).
* Il masse toutes les caissières de la piscine. (J’allais dire “même les moches”, mais bon, elles le sont toutes), et elles se laissent toucher, et poussent des petits gémissements (salopes ! C’est MON Bogoosso !) sans que ça ait le moindre caractère sexuel.
Ni pour elles, ni pour lui.

Alors l’autre jour, je me suis dit que j’allais essayer de lui parler.
Même pas forcément pour coucher, juste pour faire connaissance, en ces temps difficiles, ça pourra servir de connaître quelqu’un qui peut me faire entrer gratuitement.

J’ai pris mon courage à demain, et je me suis dit que j’allais peut-être essayer de l’aborder.
J’ai répété toute une conversation dans ma tête.
J’ai même prévu un plan B : “ouais et sinon, je peux avoir un euro pour le casier ? Merci !”. Et zwouf, je file.
Mon plan est infaillible.
Un peu comme le coyote du dessin animé. Il ne peut pas m’échapper.

En arrivant à la piscine, j’ai cru le voir, son gobelet de café à la main, devant la porte.
J’ai failli lui parler, mais je me suis rendu compte (à temps, quand même !) que ça n’était pas lui.
Hop, scénario A-2, j’entre dans la piscine, et je vais à la caisse, c’est là que je vais l’attaquer !
Tiens, je ne le vois pas à la caisse (scénario A-3, je l’attaquerai au bord de l’eau, ch’est romantique en pluche), il n’y a que le maître-nageur (moche, of course), et une caissière (moche aussi. Moins que le maître-nageur, mais moche quand même).
Et justement, ils parlent de lui :

- J’ai cru que c’était Bogosso, là dehors ! (rhoooooo ! Moi aussi tiens !)
- Ah ben non voyons, il n’est pas là aujourd’hui Bogosso, tu sais bien !
- Boah oui, c’est vrai !

Argl. J’ai mis des jours à me préparer à lui parler, et tout est à refaire.
Je te hais, monde, je te HAIS !

Procellus, ou le missile explose toujours à la gueule du Coyote.

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Furniture Wars : Episode II

Déjà commencé la guerre des transporteurs a.


Après avoir commandé et payé mon meuble, en une fois comme il se doit, oh mais qu’est-ce que c’est que ce trou dans mon compte ? C’est mon meuble !, vient l’étape tant attendue de la livraison.
Pendant la commande, je coche l’option “être livré samedi, entre 7h et 14h”. Plus c’est long, plus c’est bon. Et une plage horaire de sept heures, un samedi matin, ça devrait être orgasmique.

En plus, c’est facile, de s’occuper, en attendant le livreur, j’ai plein de (desperate) housewife activities à faire, chez moi. Tiens, par exemple, je vais descendre la poubelle.
Ah, non, ils risquent de sonner quand je serai au local à ordures.
Forcément, c’est toujours comme ça, il suffit qu’on s’absente 5 minutes pour que ça soit les 5 minutes où ils surgissent du néant, apparaissent sur le pas de la porte, sonnent, s’impatientent et disparaissent, ne rappelant jamais, et emmenant mon meuble dans les abysses de l’oubli.

Oui, je vis les livraisons de façon traumatique et paranoïaque, et alors ?

Bon, ça n’est pas grave, j’ai plein d’autres trucs à faire.
Tiens, les courses. Ah non en fait, ça ne va pas être possible.

Et puis, ils ne vont pas tarder, il est quelle heure ? Ah, quand même. Neuf heures. Dans cinq heures au plus tard, j’aurai mon meuble !
Je n’ai qu’à m’armer de patience.
Et commence l’attente.
Comme un chien qui regarde vers l’horizon, là où son maître à disparu, je regarde par la fenêtre, n’attendant qu’un geste, un signe de vous. Mais rien ne vient.

Bon allez, ça fait un moment, il est quelle heure, là ? Neuf heures cinq ? Ah, ouais…

Finalement, de console en Famille Delajungle, de lecture en coups de téléphone, de coloriages en fixage intensif de l’interphone pour le faire sonner, on arrive à 13 heures. Comme le temps passe quand on s’amuse !
Je vais commencer à manger, ça va les faire arriver.
En fait, non.

Et là, je bascule, je sombre dans la folie, et en les attendant, je commence à penser à mon meuble. Ce que je vais en faire. Comment je vais l’aménager. Dans ce tiroir là, je mettrai ça ! Et dans ce tiroir là, ça… Ah oui, il y a celui-ci, aussi !..
A force de rêver, on arrive à 14h30. Là, le téléphone sonne.

- Allô, c’est le transporteur !
- (Ah ben quand même, j’ai failli attendre !) Oui ?
- Je sais pas ce qu’il s’est passé, je suis désolé, il y a eu une boulette (On a retrouvé Diam’s ! Quand elle ne chante pas, elle livre des meubles, et en plus elle parle avec une voix d’homme (duh !) et un fort accent portugais !), votre meuble vient d’arriver dans nos entrepôts, et je vois que vous deviez être livré aujourd’hui…
- Ben oui… Il était temps de vous en apercevoir, d’un autre côté, mon brave monsieur !
- Mais ça ne va pas être possible, à l’arrivée du meuble, il faut au moins un délai de 48 heures pour décider d’un rendez-vous (et après, c’est moi qu’on traite d’indécis ?!), donc on peut vous livrer mercredi entre huit et dix heures, ça vous va ?
- …

Adieu, veau, vache, cochon, couvée. Le meuble n’arrivera pas aujourd’hui. J’ai perdu une matinée de mon existence, pour rien. Nada. Nothing. Nichts. Que tchi. Des clous.

Must. Kill. All. Humans.

Procellus, ou la lente mais inexorable descente vers le côté obscur.

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Stairway to Hell

Il arrive un jour, dans la vie d’un homme, où il en a assez de vivre dans un show-room Ikea. Alors, il se décide à s’acheter des nouveaux meubles.

Pendant des jours, des semaines, des mois, il erre dans les magasins de meubles, passant son temps chez Fly, Atlas, Domus… Il lui arrive même d’aller dans des magasins qui vendent des trucs franchement moches et pas vendables, même pour une mauvaise émission de télé-réalité.

En plus, il y a des contraintes d’espace, pour les nouveaux meubles. Et l’homme sait ce qu’il veut : un meuble d’une forme qui semble n’exister que dans son imagination.
Deux solutions s’offrent à lui : fabriquer le meuble lui-même, de ses mains viriles et pourtant délicates, ou changer d’avis, et se trouver un autre modèle.
Evidemment, plan B).
L’homme aime l’originalité : pourquoi ne pas se mettre au mobilier asiatique ? Après le show-room Ikea, le show-room Omote.
Faut vivre avec son temps !

Bon, il ne reste plus qu’à trouver une bibliothèque-escalier aux bonnes dimensions, qui s’intègrera parfaitement sur le bout de mur qu’on lui réserve.
Le problème, c’est que ce type de meuble a une forme carrée, et que ce qu’il me faut, c’est un meuble plus haut que large.
Je pourrais en acheter un qui ait la hauteur désirée, et le scier sur le côté, mais en fait, je ne suis pas sûr.

Quand soudain, au détour d’une navigation sur le ternet, je le trouve.
Le meuble de mes rêves. Un escalier plus haut que large. Tout pile aux bonnes dimensions !
Je te veux !
Qu’importe, si tu as été fait à la chaîne dans une usine de Vasavoiroù, et pas construit à la main par un moine Tibétain, tu es beau !
Come to daddy !

Ah mais ouais, quand même, tu coûtes cher, un peu…
Plus la livraison… ah, p’tin, ils se touchent, là ?
Bon, c’est pas grave. Le comptable de père l’a toujours dit, “la meilleure façon de gagner de l’argent, c’est d’en dépenser !”.
Cool, je vais être riche !

En plus, ça va, ils proposent le crédit sur 10 mois. Ce qui du coup rend le meuble presque abordable.

Alors, clic, je prends le meuble… Non, pas le choix du coloris… Oups, j’ai recliqué, je l’ai mis deux fois dans mon panier, huhuhu, il faut en enlever un.
Hoooop, numéro de carte, je clique, je valide, YIHAAA ! Je serai livré samedi.

Et soudain, un doute.
A quel moment j’ai dit que je voulais le paiement en 10 fois ? Ah, aucun. Je ne l’ai pas dit. Je me suis foiré. Je paye en une fois.
Oups, bêtise.

Procellus, ou à ce rythme là, je serai bientôt millionnaire.

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