Procellus

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A la clairefontaine

25 mai 2006

Se figurer Procellus dans son lit.

Se figurer Procellus, dans son lit, pas sorti de chez lui depuis des jours, pas douché depuis aussi longtemps, et pas rasé depuis encore plus loin.
Une loque malodorante, donc.

Se figurer Procellus, se rendant compte qu’il s’est réveillé trop tard, et que, pas de bol, c’est le jour où on coupait l’eau dans l’immeuble au petit matin, et où il avait un rendez-vous à midi, ça faisait longtemps.

Vite vite, il faut maîtriser ta peur, si tu ne veux pas que ta peur te maîtrise. Il n’y a pas de problèmes, que des solutions. C’est bien mignon tout ça, mais des proverbes minables, ça ne lave pas son homme. Il faudrait donc trouver une vraie solution. Et sans trop tarder.

Heureusement, je suis übermoderne, et j’aime bien boire de l’eau fraiche. Il doit en rester dans le réfrigérateur, ça devrait être suffisant pour se brosser les dents et retrouver un visage potentiellement humain.
Pas rasé, mais propre, et sans les traces de draps sur la gueule.

Après ces ablutions rapides, il ne reste plus qu’à se rendre au supermarché du coin, et leur acheter 18 litres d’eau, oui c’est pour une urgence.
Et là, remonter en vitesse faire jouer la Bree Van De Kamp / Mac Gyver touch.

Déjà, c’est bien d’avoir une bouilloire, parce que forcément, la casserole est dégueulasse dans l’évier, et ça va être dur de faire la vaisselle sans eau. Je vide une bouteille, deux bouteilles, trois bouteilles dans le lavabo, et celle là, c’est pour la bouilloire.
Comme ça, en mélangeant de l’eau chaude avec de l’eau froide, j’ai découvert un truc dingue : l’eau tiède. Dès demain, je fais breveter.

Et ça permet de se raser, j’ai la peau douce comme une fesse de bébé, touchez ma joue monseigneur.
Et ça permet de se doucher, comme au camping, en trempant le gant dans le lavabo.
Bienvenue chez les pauvres.

En tout cas, se laver à l’évian, c’est trop du bonheur, darling.

Je peux arriver presque à l’heure à mon rendez-vous, frais comme une rose et sentant bon le lait de palme des îles du Pacifique, merci la recherche Ushuaïa. J’ai même pu me faire un shampooing, à l’eau minérale, parce que tu vois, j’ai pas peur de gaspiller, et tant pis pour les enfants du Sahel qui crèvent de soif. J’en avais plus besoin qu’eux.

Classe power, always.

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